Silencieuse(s) – Salomé Joly et Sibylline Meynet

« Psst Mademoiselle ! Ho réponds salope !! », « Chatte à talons!», «tu te prends pour qui sale pute? », voilà ce que de trop nombreuses femmes peuvent entendre dans la rue. Des mots grossiers, agressifs et violents. Face à cela, il ne faut pas rester silencieuses. Venez entendre des histoires d’harcèlements de rue. 


De quoi ça parle? 
Le récit rassemble des témoignages de jeunes femmes qui subissent du harcèlement de rue. Anaïs prend le bus et un nomme lui dit : « Hé tâches de rousseur! T’es bonne ». Mahé attend tranquillement quelqu’un en terrasse d’un bar quand une voiture ralenti et que le passage lui hurle : « Soulève ta jupe! Soulève ta jupe j’ai dit! ». Dans le métro, Zoé, est collé par un homme qui lui met déjà sa main sur son genou. Puis après il la suit en lui demandant comme elle s’appelle, de lui donner son numéro, de lui dire où elle descend. Julie se fait alpaguer par des hommes sur un chantier qui lui propose de passer la nuit avec eux. Puis vient l’inquiétude de porter une jupe ou une robe car cela va induire des remarques désobligeantes. Les filles en discutent entre elles et parlent du malaise que cela leur procure. 


Ce que j’en pense
Salomé Joly est à l’initiative de cette bande dessinée. Lorsqu’elle avait 18 ans, elle avait fait un travail sur le harcèlement de rue. Elle avait écrit un journal intime d’une jeune fille qui décrit des remarques et actions déplacées d’hommes. Au préalable, elle avait été sur internet, discuté avec des amis, des proches pour recueillir des témoignages. Certaines histoires ont été choisi et mis dans les mots d’une héroïne fictive nommée Anaïs à travers son journal intime. C’est la base de la bande dessinée qui a été adaptée par l’illustratrice Sibylline Meynet. 

Toutes les histoires racontées sont tirées de faits réels. Les insultes comme « Chatte à talons » existe vraiment. Des agressions quotidiennes qui certains trouvent sans importance où que la réaction des femmes est exagérée. D’ailleurs, cela est abordé dans la bande dessinée à travers le regard d’adultes qui disent que dès que l’on fait des compliments à des femmes elles le prennent mal. Et si elles entendent certaines choses c’est qu’elle le provoque également. Qui n’a jamais entendu que si une femme qui porte une jupe se fait violer, c’est normal. Elle l’aurait cherché. Quand elle disent non, cela veut dire non. Et absolument rien d’autre. Rien ne justifie et n’autorise d’abuser de quelqu’un.

Beaucoup banalisent et légitiment ces agressions et le harcèlement. Se faire insulter ne doit pas une chose normale et il est important d’en parler. Par chance, on commence à parler de plus en plus du harcèlement de rue. Par exemple au Japon, il y a des wagons qui sont réservés aux femmes pour éviter tout frottage. La RATP, depuis 2005, mène des campagnes contre le harcèlement dans le métro, principalement.  

Cette bande dessinée est la premier travail de Sibylline Meynet. L’illustratrice qui travaille aussi bien pour Microsoft que Netflix appose ces douce couleurs à cette histoire toute féminine. Les roses orangés côtoient le mauve et le rouge intense avec une grande harmonie. L’univers est pleine de vie de dynamisme malgré le sujet traité. Les pages se tournent assez vite avec une certaine colère face aux situations trop banales. Toutefois, l’ouvrage est un peu court. Certains aspects plus personnels sur les demoiselles auraient pu être développés comme d’autres thématiques. D’ailleurs quelques portes sont ouvertes sur des relations amoureuses qui ne sont que montrées vite fait. C’est bien dommage. Je serais bien restée une cinquantaine de pages de plus avec elles. 

Une bande dessinée à mettre dans les mains aussi bien des demoiselles que de ces messieurs qui se croient souvent trop irrésistible pour accepter un refus.Il ne faut pas garder le silence et dire non au harcèlement de rue.  

L’avis de Mo : « Avoir honte de soi, honte de ce que l’on porte, honte d’avoir provoqué cette situation est une réaction quasi systématique. Pourtant, on parle bien là de respect, d’intégrité, de liberté… alors pourquoi se remettre en question alors que ce sont ces attitudes masculines qui ne sont pas adaptées ? Ces attitudes misogynes ont un nom : le harcèlement de rue. Et la réaction la plus saine à avoir face à cela est avant tout de réagir. Dire non, s’opposer, s’indigner. Et puis aussi ne pas se laisser envahir par la honte et ne pas rester seule avec ce que certaines peuvent vivre comme un traumatisme. La femme qui subit cela n’est pas responsable de ce qui se passe, elle est victime. On opte trop souvent pour le silence et on constate que, lorsqu’on accepte d’en parler, on n’est pas seule à vivre cela. »

 

 

 

Ecouter une chanson très parlante : https://www.youtube.com/watch?v=_NT6ieAy1TY

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