La pluie, avant qu’elle tombe – Jonathan Coe

52759847La pluie, avant qu’elle tombe
Jonathan Coe
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 249
Traducteur : Jamila et Serge Chauvin
Publication : 2007 en Angleterre
Parution en France : 2009
Origine de l’auteur : Anglais

Pensez-vous connaître l’histoire de votre famille? La pluie, avant qu’elle tombe va vous emmener au cœur d’une famille qui va découvrir une parcelle de son passé.

Rosamond, 73 ans, a décidé de mettre fin à sa vie. Avant de partir, elle a enregistré sur quatre cassettes, une histoire a transmettre à la jeune Imogen. Son histoire. Gill, s’occupe du testament de sa tante, et doit retrouver cette Imogen, qu’elle a rencontré lors d’une soirée familiale. Ces deux filles l’aident à passer des annonces en ligne et dans la presse nationale. Elles ont contacté par courrier les homonymes, ne donnant rien non plus. Ces cassettes deviennent bien intrigantes. Que pouvaient-elle contenir?

Gill décide de monter chez ces filles à Londres, afin d’écouter en famille le contenu. Toutes les trois confortablement installées, mettent en marche la machine, et la voix de Rosamond va les captiver jusqu’à leur dernière écoute. « J’espère, Imogen, que c’est toi qui m’écoutes. Je crains de ne pas pouvoir en être certaine, car tu as l’air d’avoir disparu. Mais je fais confiance au destin – et surtout à l’ingéniosité de ma nièce Gill – pour que ces enregistrements finissent pas arriver jusqu’à toi. » Voici les premières phrases prononcées. A travers 20 photos, elle va décrire des morceaux de sa vie. « Vingt scènes de ma propre vie, pour l’essentiel, car c’est ça, j’imagine, que je me propose de te raconter : l’histoire de ma vie – jusqu’au moment où tu en es sortie, si peu de temps après ton apparition. » Est-ce que Gill connaissait bien sa tante?

Presque en une seule fois, assises ensemble, pour partager ce moment unique, les sentiments à fleur de peau, captivées écouter l’histoire. Rosamond avant pendant la guerre était hébergée chez sa tante, qui habitait loin de Londres et loin des bombardements. Elle sympathisa avec sa cousine, Béatrix. La seule personne de la maison à faire attention à elle, à lui donner de l’attention. D’aventures en aventures, elles vont devenir sœur de sang, et ce sentiment de rattachement, elle va le ressentir très longtemps en elle. Les deux filles grandirent, et gardèrent contact. Béatrix grandit, se mariant jeune car grandissait en elle un enfant. L’amour n’était pas vraiment au rendez-vous. Elle avait du mal à donner de l’amour à cet enfant, Théa, n’en ayant pas reçu elle même. Un soir, elle décide de fuir en Irlande avec un homme dont elle est tombée amoureuse.

Trois ans, de voyage en roulotte, qui se conclut, car de nouveau Béatrix a rencontré un homme dont elle amoureuse. Elle quitte Jack, fait un détour par Londres et confit sa fille à sa meilleure amie, Rosamond pendant 2 ans, car elle part rejoindre son futur mari au Canada. Rosamond est follement amoureuse de Rebecca. « Je me suis blottie dans la chaleur de mon lit, les mains entre les genoux, serrant ce souvenir contre moi. Et en même temps, je sentais planer une vague terreur à la lisière de mes pensées, la conscience de m’aventurer en territoire inconnu et dangereux. Mais j’ai repoussé cette terreur, je n’ai pas voulu la prendre en compte. » Elles hébergent dans leur petit logement ce bout de chou qui leur a procuré tellement de bonheur. Son départ a été une vraie déchirure, a telle point que son amoureuse va la quitter très peu de temps après.

Un lien invisible c’était crée avec ce jeune enfant et Rosamond. Même quand Béatrix est partie au Canada, elle a essayé de rester en contact avec Théa, que sa mère détestait profondément. Mais les choses ne pouvaient être si simple. Béatrix dévoilait son vrai visage de femme cruelle et manipulatrice, brisant à jamais cette affection magique qu’elle pouvait avoir. Sa fille, Théa en grandissant se mit à devenir taciturne, imperméable aux émotions. Elle brisa la coeur aussi de Rosamond, qui lui laissait tout de même une affection éternelle. Surtout lorsqu’à son tour, elle eut un enfant, Imogen. Un magnifique enfant, mal aimé. Suite à un mauvais traitement de sa mère, elle perdit la vue. La mère partit direction la prison et la fille, une famille d’accueil aimante et chaleureuse.

L’histoire se finit-elle ainsi? Tout est beau dans le meilleur des mondes? Non, car nos vies ne sont pas si roses, même si on le voudrait. La brave Imogène est morte, sans pouvoir revoir sa mère, sa grand-mère biologique et Rosamond, qui l’aimait tant.

Assise sur mon canapé, mon thé au sirop d’érable, je finissais la lecture du livre avec plaisir avec en fond sonore les albums de Devendra Banhart. Une lecture très agréable et plaisante. J’avais l’impression moi aussi d’être assise à mon aise, d’écouter les cassettes, avec ce bruit que font les vieux lecteurs et d’écouter cette histoire familiale si incroyable. Ce n’est pas pour autant que je crois au déterminisme social et à la reproduction de la violence familiale sans possibilité de modification. A chaque page que je tournais, j’avais l’impression d’écouter l’histoire. A être même perturbé, légèrement quand au milieu du livre la maman et ces filles doivent se rendre à un récital, car je voulais écouter la suite de l’histoire. Après avoir tout entendu/lu, j’aurais voulu rencontrer Gill et ces filles pour partager ce moment remplis d’émotions. « Une chose n’a pas besoin d’exister pour rendre les gens heureux. »

D’autres avis 
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