Le front de Seine par Thomas Clerc et Lionel Engrand

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4ème de couverture
Un voyage fiction sous la plume de Thomas Clerc et une analyse historique et contemporaine de Lionel Engrand sur le site du Front de Seine, l’un des programmes de rénovation urbaine les plus ambitieux et controversés du Paris des Trente Glorieuses. Depuis 2003, la SemPariSeine a engagé une réhabilitation lourde du site dont l’échéance est programmée en 2014. L’objectif est de moderniser des installations vieillissantes et de remédier aux dysfonctionnements de cet ensemble qui accueille aujourd’hui 10 000 habitants et 5 000 emplois : coupure physique avec l’environnement immédiat, difficultés d’accès, dégradation du paysage de la dalle, obsolescence des parcs de stationnement et des équipements, inadéquation et déclin du centre commercial… Aujourd’hui, la mue du Front de Seine dépasse les enjeux d’un toilettage de circonstance. Derrière cette volonté de redynamiser un quartier assoupi se dessine l’enjeu patrimonial des opérations de rénovation des années 1960-70 et notamment de l’urbanisme de dalle.

Le Front de Seine est un ensemble d’immeubles construit pendant les Trente Glorieuses. De grandes tours à des aspects plus étranges et surprenantes les unes des autres fait à présent l’objet de rénovations. Ce quartier qui avait pour objectif de rassembler les gens tout en proposant des activités aussi bien professionnelles que divertissantes va se transformer. Comment?

Le livre propose deux regards sur le Front de Seine. Le premier, celui de Thomas Clerc, romancier qui a reçu le prix de la nouvelle de l’Académie française. Il va nous raconter une histoire se déroulant au sein de ces 5 hectares de sol artificiel. Et le second, celui de Lionel Engrand, architecte et critique. Lui, va plutôt nous présenter le côté historique et aménagement de l’espace entre 1959 à nos jours. En effet, le front de Seine devient l’espace Beaugrenelle ou les tours d’habitation vont côtoyer un gros centre commercial qui pour objectif de dynamiser le quartier.

J’avoue avoir été frustrée de la première partie du livre. Une fois les personnages mis en place, je me suis bêtement attachée à ces femmes infidèles, à la femme guide, à ces jeunes hommes amoureux… J’aurais voulu savoir ce qu’ils allaient leur arrivée. Mais non. Tout s’arrête brutalement pour laisser place de façon équitable à la seconde partie.  Autre point assez énervant, la liste des marques des produits. L’auteur touche t’il des primes. Un homme porte des chaussures Mephisto, il va sur un canapé Knoll, il téléphone d’un iPhone… C’est quoi l’intérêt?

Ce détective-sprinter est incompétent, mais il est le seul à le savoir. Il a l’excuse d’être jeune dans un métier qui n’est pas le sien. Arrivé très (trop) en avance – ce qui est mieux que l’inverse, certes, mais qui dénote une certaine fébrilité, une certaine impréparation dans l’exercice de ses fonctions -, il aborde la dalle par la façade orientale, c’est-à-dire par la rue du Docteur-Finlay, croyant gagner du temps : selon les instructions de Jack, son payeur, il est plus rapide de passer par là pour accéder à la tour Paris côté Seine, cette tour transformée en hôtels-appartements où Jack pense que Béatrice se rend avec un autre homme que lui pour jouir, accessoirement, de la vue. 

Après avoir laissé la légère contrariété s’évanouir, je poursuis l’aspect projets. Malgré une grande quantité d’informations importantes, j’ai des difficultés à lire. Le bus n’est pas le lieu adéquate à la concentration minimum demandée pour la compréhension. Les explications auraient été plus parlantes avec des illustrations. Certes, il y a des photos mais elles ne sont pas liées toujours aux textes.

Les concepteurs ont revisité l’imaginaire et les figures imposées du grand magasin, archétype du commerce parisien : occupation d’îlots entiers cerclés de verre sérigraphié et de vitrines engageantes; liaison aérienne entre les îlots par une passerelle couverte; distribution autour d’atriums dont les éclairages zénithaux aux facettes irisées changent de couleur selon l’intensité de la lumière. 

Une lecture enrichissante qui m’a permis de changer ma vision de ce quartier. J’ai très envie d’aller y faire un tour ainsi que des photos pour découvrir l’histoire d’une « utopie » sociale.

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Un homme à distance – Katherine Pancol

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J’ai aimé votre librairie, les murs hauts et blancs, le grand palmier qui en occupe le centre au rez-de-chaussée, les longs panneaux où les livres sont bien classés, la parti pris de ne vendre que des ouvrages que nous aimez ou respectez, les tables en bois clair où vous entreposez vos coups de coeur, ornés de ce bandeau « si ce livre pouvait me rapprocher de vous… »

Je suis obsédé par les destins qui se croisent et se manquent, faute de communication, d’explication, de courage pour s’affronter. J’ai toujours envie de me glisser entre les pages des romans et de forcer les personnages à se parler.

L’amour est un grand menteur, un grand dissimulateur. Il vous force à tout donner puis s’en va, repu, ennuyé, à la recherche d’autres coeurs à dévaliser.

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4ème de couverture
Kay Bartholdi est libraire à Fécamp, Jonathan Shields est un écrivain américain. Pour un guide touristique de la côte normande, il lui commande des livres par correspondance. Elle répond à cet inconnu qui semble partager les mêmes goûts qu’elle. Lettre après lettre, ils se découvrent une même passion pour la littérature. Cette relation épistolaire devient bientôt aussi passionnée que celle de deux amoureux. Ils se découvrent, se jaugent, s’offrent l’un l’autre leurs plus belles lectures : Maupassant, Jean Lorrain, Flaubert, Barbey d’Aurevilly, Roger Martin du Gard, etc… et se disent, à travers leurs auteurs préférés, des choses qu’ils n’auraient pas osé avouer.

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Il était là sur l’étagère de mon libraire. Je suis passée quatre fois devant. Il me faisait de l’oeil avec sa couverture bleue, ces lettres échangées avec une libraire passionnée. Alors j’ai craqué. Confortablement installé dans le train, presque silencieux, j’ouvre mon livre et me plonge dans l’histoire, dans l’échange entre le libraire et ce mystérieux Jonathan Shields.

Les échanges entre les deux protagonistes sur les livres qu’ils aiment donnent une épaisseur, un aspect véridique. D’ailleurs, je n’ai qu’une envie : lire les livres qui sont cités dans le roman. C’est dire que j’ai été convaincue des échanges. Mais voilà, tout va bien, on s’enflamme et je veux savoir ce qui va se passer. Et là le drame. Quoi. Ils se connaissent. Toute la curiosité, l’envie d’un happy end qui était monté en moi comme un coup de chaud, redescend aussitôt. C’est quoi cette fin? Je ne me l’explique pas. On me vend du rêve pour me donner du drame. Je dis non. Que connait-on de l’amour à 16 ans quand on aime un homme plus vieux que soit de 10 ans au moins? Cela doit-il rester une référence pour la vie entière? Parfois il faut faire le choix d’avancer et de panser ces blessures.

Bref, une lecture décevante malgré une écriture lisible, très accessible à tous et des références de livres qui ont l’air intéressant. Je pense qu’il ne faut pas que je reste sur cette lecture concernant Katherine Pancol. La certitude est que le roman ne va pas rester dans ma bibliothèque, il ne le mérite pas du tout.

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Le mot du dictionnaire
Outrecuidance : Présomption, prétention, suffisance, impudence.

Les livres cités dans le livre
Les Carnets de Malte Laurids Birgge – Rainer Maria Rilke
Les Palmiers sauvages – William Faulkner
Maison des autres – Silvio d’Arzo
Trois chevaux – Erri de Luca
Tu, mio – Erri de Luca
Le fils de Bakounine – Sergio Atzeni
Sonnets portugais – Elisabeth Browning
Lettres de la religieuse portugaise 
La Princesse de Clèves – Madame de Lafayette
Le Grand Meaulnes – Alain Fournier
Les Hauts de Hurlevent – Emily Brontë
Lettre d’une inconnue – Stefan Zweig
Ce que je savait Maisie – Henry James
Les Liaisons dangereuses – Choderlors de Laclos
La Cousine Bette – Honoré de Balzac
Les Diaboliques – Barbey d’Aurevilly
Une vieille maîtresse – Barbey d’Aurevilly
Amour de perdition – Camilo Castelo Branco
Quatrains – Emily Dickinson
Confidence africaine – Roger Martin du Guard
Chroniques inédites – Guy de Maupassant
Journal – Delacroix
Correspondance – Flaubert

Dans le même genre mais en mieux
84 Charing cross road – Helene Hanff

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Le vieux qui lisant des romans d’amour – Luis Sépulveda

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Luis Sepulveda
Editeur : Points
Nombre de pages : 121
Traduit de l’espagnol par François Maspero
Publication en France : 1992

Partez à la découverte de cette magnifique ode à la nature. Il ne faut pas hésiter et suivez l’appel de la peinture de couverture du Douanier Rousseau.

Luis Sepulveda a rédigé ce premier roman en hommage à un de ces ami, Chico Mendes qui c’est fait tuer car il protégeait la forêt amazonienne. Ici, le personnage principale, est le vieux Antonio José Bolivar Proaño. Il a quitté une ville de la Cordillère des Andes avec sa femme Dolores Encarnacion del Santisimo Sacramento Estupiñan Otavalo pour s’installer sur les rives du Nangaritza près d’El Idilio. Mais après deux ans de la vie intense et très difficile une maladie l’emporta. Il se retrouve seul, mais les shuars qui peuple la forêt vont lui apprendre à chasser, pêcher et manger les fruits comestibles.

Il va découvrir une autre culture qui vit en harmonie avec la nature. Un mode de vie qui lui convient très bien en plus qu’il a découvert une passion, lire des romans d’amour. Un jour qu’il devait s’inscrire pour voter, il apprit qu’il savait lire, il ne restait plus qu’à trouver quoi lire. Le dentiste passe tous les 6 mois et à cette occasion, il remet deux livres au vieux qu’il connaît bien.

La société change et évolue, il s’en rend vite compte. On détruit la nature, des maisons se construisent et les chercheurs d’or sont de plus de plus présents et de moins en moins prudents. On en retrouve souvent mort emportés par les fortes pluies ou tuer par des animaux sauvages. D’ailleurs, il entra en conflit un jour avec le maire surnommé la limace, car il accusa deux shuars d’avoir tué un homme, un chercheur d’or pour le voler de ces biens. Le vieux était là, il les a défendu en prouvant que l’homme possédait encore sur lui tous ces biens et aussi que c’était un animal qui l’avait tué. Une femelle ocelot qui folle de rage a voulu tuer ce gringo qui a abattu ces petits.

A partir de là, le maire va lui chercher des ennuis et le menace de l’expulser de sa maison. Il va aider à tuer cette femelle vengeresse pour éviter quelle attaque le village. Mais le voilà face à un conflit intérieur, face à un choix culturelle de la vision du monde que les shuars lui ont inculqué.

Un sublime livre sur la nature, qui l’instant de quelques pages m’a fait voyager et d’autant plus rendu compte l’importance de la nature et des cultures présentes. On apprend les rites de vie et de mort dans ce peuple qui vit au rythme des saisons. On ne tue pas de bébés, on ne capture que des animaux adultes pour ce nourrir. J’ai aimé le rite quand les personnes meurent, où on enduit leur corps d’une substance ce rapprochant du miel. Puis on dépose le corps dans la nature. Le lendemain, on vient récupérer les os qui ont été nettoyé par les fourmis. Et on découvre, avec stupeur la destruction de la nature sans se préoccuper autre chose que le profit, l’installation de l’homme moderne qui se croit supérieur et meilleur.

Prix
1992 : Prix Relay du roman d’évasion
1992 : Prix France Culture étranger

Cinéma
Adapté en 2001, par Rolf de Heer

L’avis des participantes au challenge Le nez dans les livres
Book Addictes : thebookaddictes.canalblog.com/archives/2011/08/18/21791301.html
Le petit livre de Mia : hibiscus971.eklablog.com/le-vieux-qui-lisait-des-romans-d-amour-l-sepulveda-a21426377

L’avis d’un participant au challenge Romans Cultes
Ps aime lire : psaimelire.blogspot.fr/2013/03/le-vieux-qui-lisait-des-romans-damour.html

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La vie très privée de Mr Sim – Jonathan Coe

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La vie très privée de Mr Sim
Jonathan Coe
Editeur : Folio
Nombre de pages : 465
Traduit de l’anglais par Josée Kamoun

Mais qu’a t’elle de si privée la vie de Mister Sim? Un cadavre dans le placard? Une femme dans chaque port? Des centaines d’enfants? Rien de cela, juste l’histoire d’un homme qui part à la découverte de soi-même.

Maxwell Sim, a une vie assez insipide, fade même. Une mère morte assez jeune et un père très distant. Il travaille dans un magasin de jouets dans le service après-vente. Un métier qui lui plaît. D’ailleurs, c’est dans cet endroit qu’il a rencontré sa futur femme, Caroline qui va le quitter en partant avec sa fille, Lucy. Plus de véritables échanges entre eux, comme si c’était devenue des étrangers ou presque. Elle décide de partir à loin et refaire sa vie comme elle l’entend. Cette séparation ainsi que le voyage en Australie, qu’elle lui a offert, va le plonger en dépression.

« Les voitures, c’est comme les gens. On va, on vient dans le grouillement du quotidien, on passe à deux doigts les uns des autres, mais le vrai contact est très rare. Tous ces ratages de peu, tous ces possibles irréalisés, c’est effrayant quand on y pense. Mieux vaut éviter soigneusement d’y penser . »

Partir en Australie voir son père alors qu’ils n’ont rien à dire, juste partager des silences. « Mon père et moi ne nous sommes jamais dit un mot plus haut que l’autre. Que l’un de nous deux ne soit pas d’accord, qu’il se vexe, et nous nous retranchons tout bonnement dans un silence blessé, silence susceptible de durer plusieurs années. » Toutefois, une rencontre va habiter son esprit. Au restaurant, un soir il regarde une mère avec sa fille et jalouse secrètement cette complicité qu’il aimerait avoir avec sa fille. Il voudrait les approcher, mais il n’ose pas. En plus, il doit repartir en Angleterre.

A l’aéroport, il fait une nouvelle rencontre Poppy, qui a un emploi bien étrange. Elle créée des alibis pour les maris volages, en enregistrant des sons dans les aéroports par exemple. La moral n’est pas le sujet, la société est ainsi. Une rencontre surprenante qui va donner un tournant à sa vie en l’incitant à la voir différemment. En parallèle, un nouvel emploi s’offre à lui, vendre des brosse à dents écolos. Pour cela, il débute son nouvel emploi en devant aller aux îles shetland au volant d’une Toyota hybride. Il profite de se voyage pour passer dans l’appartement de son récupérer un classeur qui lui a demandé. Un classeur qui contient l’histoire de sa naissance et une révélation sur son père.

Il va revoir aussi une ancienne amie, sa femme, sa fille et des inconnus qui vont enrichir son séjour. L’alcool et la compagnie de son gps, Emma vont l’aider à accepter l’improbable. Lui sans ami et sans attache, va aimer l’aspect non contrariant de la voie de son guide automobile qui va toujours l’aider à trouver le meilleur itinéraire. Puis va venir un déclic après la profonde déchéance et un espoir s’ouvre à lui. A moins que cela ne soit qu’une illusion?

Un livre qui se lit très vite et qui est très bien écrit. Je mettrais un petit hic, puisqu’il faut quand même en mettre un petit. Quelque soit la personne qui écrit – dans l’histoire – le style est toujours identique. Etrange. Sinon, j’ai souris à beaucoup d’endroits et parfois compatit à ce type qui n’a vraiment pas de chance, qui accumule poisse, mauvaise nouvelle et légèreté d’esprit.
Bref, un deuxième livre de Mister Coe qui m’appelle à en lire un nouveau prochainement….

Ce qu’en dit la presse
Télérama : « Divinement caustique, ce roman de Jonathan Coe est l’odyssée d’un perdant majuscule, désespérément drôle jusqu’à la dernière page, où l’auteur se révèle le plus subtil des manipulateurs. »

L’Express : « Etonnant mélange de mystère, de romantisme et de suspense dans un cadre faussement banal, le tour de force de l’écrivain anglais au sommet de son art prend le lecteur en otage et ne le relâche, abasourdi et ébloui, qu’après une sidérante pirouette finale. »

L’avis de Métaphore : metaphorebookaddict.wordpress.com/2013/05/28/la-vie-tres-privee-de-mr-sim-jonathan-coe/comment-page-1/#comment-2501

Du même auteur
La pluie, avant qu’elle tombe
Testament à l’anglaise

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Les romans au cinéma

images-2Dans ma librairie imaginaire, dans l’espace cinéma, je disposerais des romans qui sont adaptés sur grands écrans, que cela soit d’actualité ou pas. Une sortie en salle, booste les ventes des livres.

Ne juge jamais un livre par son film
J. W. Eagan

L’élégance du hérisson – Muriel BarbeySorti le 3 juillet 2009, sous le titre Le Hérisson, réalisé par Mona Achache avec Josiane Balasko et Garance le Guillemic.

Le magasin des suicides – Jean Teulé
Sorti le 26 septembre 2012, réalisé par Patrice Leconte.

Lettre d’une inconnue – Stefan Zweig
Adapté en 1948 sous le titre éponyme du livre par Max Ophüls puis en 2001, en téléfilm par Jacques Deray.

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran – Eric-Emmanuel Schmitt
Sorti en 2003, réalisé par François Dupeyron. Omar Sharif, qui incarne à merveille M. Ibrahim, a reçu le César du meilleur acteur en 2004.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee
Sortie en 1962, réalisé par Robert Mulligan, sous le titre anglais To Kill a Mockingbird, titré en français Du silence et des ombres, avec Gregory Peck dans le rôle d’Atticus Finch.

Novecento : pianiste –  Alexsandro Baricco
Adapté au cinéma, sous le titre La légende du pianiste sur l’océan, en 1998 par Giuseppe Tornatore.

Comme un roman – Daniel Pennac

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Comme un roman
Daniel Pennac
Date de parution : 1992
Nombre de pages : 175

Aimez lire est un vrai problème, surtout pour les jeunes qui clament avec ferveur : « J’aime pas lire ». Mais pourquoi tant de haine?

Pour Daniel Pennac, l’amour du livre est une évidence. Ce qui l’est moins, est de comprendre pourquoi tous le monde n’aime pas lire. A travers son livre, il fait le portrait de l’enfant à l’adulte de parcours de rencontre de la lecture. Tout petit, certains parents lisent une histoire à leurs enfants pour qu’ils s’endorment. Et lorsqu’ils commencent à apprendre à lire, on les laisse se débrouiller tout seul. Et beaucoup de parents, récupèrent ce temps pour eux. On les laisse à lecture silencieuse.
A l’école, vient l’obligation de lire de gros ouvrages comme Mme Bovary de Flaubert avec de longues descriptions. Ici, commence à apparaître un problème, un blocage. Cela va devenir trop difficile. Peut-être une peur sous jacente de ne pas comprendre l’histoire, de ne pas s’approprier les mots. Alors, un rejet en bloc va se faire.
Les parents disent qu’il faut aimer lire, mais ne sont pas les premiers à pratiquer et accusent ouvertement la télévision, le cinéma et même l’écoute du walkman. Donner envie de  lire n’est pas chose aisé.
Daniel Pennac, professeur de littérature, va dans sa classe lire à haute voie des ouvrages comme Le Parfum de Süskind. Et sans détour, les élèves ont adhéré, jusqu’à trouver le livre en dehors de cours pour les relire ou connaître la fin. Il leur a permis d’acquérir assez de confiance en eux pour aller vers la lecture sans apriori et se laisser aller aux mots.
Ils pensent qu’il doit avoir 10 droits du lecteurs, comme les 10 commandements mais sans éléments liés à la souffrance, douleur ou mort.

Les droits imprescriptibles du lecteur : 

1 –     Le droit de ne pas lire.
2 –     Le doit de sauter des pages.
3 –     Le droit de ne pas finir un livre.
4 –     Le droit de relire.
5 –     Le droit de lire n’importe quoi.
6 –     Le droit au bovarysme ( maladie textuellement transmissible ) .
7 –     Le doit de lire n’importe où.
8 –     Le droit de grappiller.
9 –      Le droit de lire à haute voix.
10 –    Le doit de nous taire.

Beaucoup prétendent ne pas lire car le temps manque entre le boulot, les enfants, les courses…. Mais le temps, on choisit de le prendre dans beaucoup de chose de notre quotidien. Il écrit un paragraphe sur ce sujet qui m’a beaucoup fait sourire.
« C’est sans doute la raison pour laquelle le métro – symbole rassis dudit devoir – se trouve être la plus grande bibliothèque du monde. 
Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilatent le temps de vivre.
Si on devait envisager l’amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s’y risquerait? Qui a le temps d’être amoureux? A-t-on jamais vu, pourtant, un amoureux, ne pas prendre le temps d’aimer? 
Je n’ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais n’a pas m’empêcher de finir un roman que j’aimais. 
La lecture ne relève pas de l’organisation du temps social, elle est, comme l’amour, une manière d’être.
La question n’est pas de savoir si j’ai le temps de lire ou pas (temps que personne, d’ailleurs, ne me donnera), mais si j’offre ou non le bonheur d’être lecteur. »

La plume de Pennac se fait agréable et linéaire, ponctuée de cours chapitre. Même si le livre a été publié en 1992, j’entends encore les parents dirent qu’internet nuit à la lecture du livre, qu’ils n’ont pas le temps le soir de raconter une histoire. Les choses n’ont pas changé. Je garde aussi en mémoire des livres qui m’ont paru illisible et d’ailleurs, je n’en ai pas lu même pour passer le bac. J’ai fortement croisé les doigts pour ne pas tomber dessus. Et à contrario, je me souviens de livre comme Le joueur d’échecs que j’avais aimé et des discussions que nous avions eu en classe. Peut-être que la taille de l’ouvrage a joué dans sa lecture. Maintenant adulte, j’apprécie les livres, j’ai une bibliothèque et j’adore partagé mes lectures sur mon blog certes, mais aussi avec mon père, des inconnus du métro…  J’aurais aimé avoir Pennac en professeur à l’école et qu’il m’ouvre les portes d’un univers si riche et réconfortant.

Les avis des participantes aux challenges Le nez dans les livres et celui sur Daniel Pennac
Elora : lireparelora.wordpress.com/2013/01/16/comme-un-roman-daniel-pennac
Itzamma : itzamna.over-blog.fr/article-comme-un-roman-daniel-pennac-76488493.html
La vie page à page : nath-pageapage.blogspot.fi/2012/09/comme-un-roman-de-daniel-pennac.html
Thé, lecture et macarons : sylectures.wordpress.com/2012/12/03/jolie-libraire-dans-la-lumiere
The book addictes : thebookaddictes.canalblog.com/archives/2011/09/06/21963322.html

Du même auteur
Le roman d’Ernest et Célestine

lu le 5 février 2013

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Matin Brun – Franck Pavloff

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Matin Brun
Auteur : Franck Pavloff
Edition : Cheyne

Après la lecture d’Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor, j’ai repensé à ce livre qui était dans ma bibliothèque et que je n’avais pas lu depuis très longtemps. Une fois fini le roman épistolaire, hop je monte les marches et attrape l’ouvrage.

L’histoire m’avait tellement touché que j’en ai acheté plusieurs pour mes amis, et à 1€, je pouvais me le permettre. Je m’installe dans le canapé, un bon thé Fleurs de Geisha à porté de main, une couverture pour rester au chaud. « Les jambes allongés au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. » Voici la première phrase de ce court roman.

Le sujet pourrait paraître trop simple, des amis doivent faire euthanasier leurs animaux de compagnie : un chien et un chat car ils ne sont pas de la bonne couleur. L’Etat a décidé que seul les animaux bruns sont autorisés. Les amis sont attristés par la mort de leurs compagnons et on en acheté des nouveaux et bruns. Mais un soir, le copain de Charlie est arrêté par la police, lui a eu le temps de fuir. Pourquoi? Il a eu un animal qui n’était pas brun. Toutes personnes ayant des animaux non bruns seront arrêtés  et par la suite cela sera le tour de leur famille sur le système de la délation. « On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun dehors. Mais arrêtez de taper si fort, j’arrive. »

Le choix de la couleur brune n’est pas innocente, cela fait référence aux chemises brunes, nom donné aux SA. C’est un parallèle à la situation de l’Allemagne avant et pendant la seconde guerre mondiale. Pas besoin d’écriture 300 pages pour être percutant et saisissant. Une petite nouvelle à mettre entre toutes les mains, comme les enfants et en discuter avec eux.

Ecouter le livre en ligne : www.litteratureaudio.com

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