Les Faux British – Théâtre Tristan Bernard

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Il était une fois l’Association des Amis du Roman Noir Anglais (AARNA) qui décida de monter une pièce de théâtre qui serait, selon des sources incertaines, d’Arthur Conan Doyle. Quand 7 comédiens amateurs se mettent à jouer, plus rien ne les arrête. L’enquête va commencer, le sang va couler, les décors vont tomber alors tenez-vous dégainer votre plus beau rire.

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Arsène Lupin au Théâtre Michel

affiche LUPIN 2015Le théâtre Michel a décidé de rendre homme au personnage de fiction crée par Maurice Leblanc en 1905 avec la pièce Arsène Lupin adapté au théâtre par Delphine Piard. Une aventure pour rendre homme au plus célèbre gentleman cambrioleur que connu la France.

Arsène Lupin apparaît pour la première fois dans le magazine Je sais tout en juillet 1905. La nouvelle L’Arrestation d’Arsène Lupin marque le début d’une longue histoire d’un personnage qui va ravir le cœur des grands et des petits. C’est pour cela que même en 2014, le héros intrigue et intéresse toujours le public qui l’aime autant sur le papier que sur les planches. D’ailleurs, l’ouverture de la pièce en ombre chinoise nous propulse dans le temps.

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Une belle occasion pour Delphine Piard de montrer son talent de metteuse en scène en proposant une aventure de cambrioleur au grand cœur. Dans un décor simple mais très astucieux avec des décors à deux faces, des espaces cachés entre deux planches où sont rangés les accessoires (moustaches, barbes…) pour que notre héros change de têtes, des trompes l’œil bien peints avec les petits détails. Puis des costumes rappelant le début du 20ème mais pratique pour être retiré et remis rapidement sans faux plis. Car oui, n’oublions pas qu’Arsène est bien un cambrioleur, il est parfois utile de mettre une tenue de camouflage.

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Tout est respectant l’esprit, le ton et les codes du genre, j’ai été plongé dans une aventure pleine de rebondissement. En effet, ce filou d’Arsène usurpe l’identité du Duc de Charmerace et se prépare au mariage avec Duchesse de Lamballe qui possède dans sa demeure un diadème d’une valeur inestimable. Pour découvrir la cachette et s’emparer de ce dernier, il s’entoure de complices en utilisant la roublardise, des messages cachés, des passages secrets… Le suspense est à son comble quand le commissaire qui essai par tous le moyens de piéger Arsène Lupin, le démasque mais n’arrive pas à prouver sa culpabilité. La légende du filou a encore de beau temps devant lui.

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Cette histoire rocambolesque est servie par cinq comédiens pleins d’énergie et d’envie : Grégoire Baujat, Constance Carrelet, Augustin de Monts, Valentine Revel, Sophie Staub et Aurélien Rondeau. Arsène (Grégoire Baujat) ne se laisse pas démonter quand sa moustache décide de se décoller inopinément et ces compères contrôlent leurs rires, chose plus difficile pour le public. C’est avec grâce, ingéniosité et élégance qu’ils se déplacent sur scène et manient avec talent l’art de la farce. Petits pas malicieux par-ci pour ce mouvoir discrètement, un petit peu de prestidigitations par-là.

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C’est avec une pièce riche de trouvailles et d’astuces que c’est un plaisir de retrouver ce gentleman cambrioleur. Je suis restée captivée par l’histoire qui mêle l’humour au suspense. Si vous aimez les romans policiers ou le Cluedo, vous passerez une délicieuse soirée. Et pour les autres, une bonne mise en bouche d’énigme qui vous donnera, j’en suis persuadée envie d’ouvrir un livre ou de revoir un bon vieux Hercule Poirot.

Plus d’informations sur le site du théâtre.

 

Je suis un sournois – Peter Duncan

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Lacey était belle, blonde et fière, comme une de ces déesses grecques pour qui des hommes en péplum brûlaient de l’encens et arrachaient les coeurs aux moutons. Nous nous connûmes par un beau matin ensoleillé où, après un bain solitaire, je sortis de la rivière pour la trouver assise sur mes vêtements. Elle me prit alors ma vertu, avec un sourire sournois, à faire gondoler la fourche de Satan en personne.

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Comment rester insensible devant ce titre et cette couverture chez Folio Policier? On ne peut raisonnablement pas. Alors j’ai craqué pour cette lecture qui emmène directement le lecteur dans une petite ville des Etats-Unis à la recherche d’un meurtrier.

Tout le monde connaît Buck Peters à Greenhill dans le Tennessee. Fils idéal, adoré par sa maman et ses amies veuves, marguilliers et surtout shérif qui veut faire respecter la loi. Mais voilà, les autres personnes qui dirigent la ville eux y sont arrivés grâce à leur argent et à leur malhonnête. Un jour, il leur fera payer cette facilité et surtout cette médiocrité qui nuit gravement à tous le monde. Alors bienvenue dans une ville où tout ou presque est permis tant que le dimanche vous venez à l’église prier et faire du social.

C’est sans aucune surprise qu’en de nombreux coin de rues on croise des alcooliques. Et l’on en retrouve encore plus, près de ces bars où l’on découvre des aguicheuses qui séduisent les hommes mariés qui laissent leurs femmes à la maison. En plus de cela, une femme fatale est dans la ville qui rend totalement dingue tous les hommes qui ne veulent que coucher avec elle. Toutefois, elle se refuse à tous ou presque tout en rendant jalouses toutes les femmes, bigotes ou pas. Voilà, que pendant la messe, on demande en urgence Buck. La belle Rita a été tuée. Arrivé sur place, le coroner déclare a un suicide. Etrange quand même lorsque ce dernier montre une arme qui ne correspond pas aux gabarits des balles trouvées sur place et qu’il est étrange que le mur autour d’elle soit remplie d’impacts de ces dernières.

Mais Buck était le confident de cette beauté jalousée et il sait beaucoup de choses sur les hommes du pays. Et quand son adjoint Delbert, découvre son journal intime dans lequel il y a des secrets qui va permettre aux inspecteurs de se faire respecter de tous, cela va tout changer. Au fur et à mesure de l’enquête, tous les soupçons se tournent vers Kip Belton, assez détesté. Surtout par Buck qui est l’amant sexuel de sa femme, Lacey, qui le déteste de tout son coeur. Elle s’est promise de venger la mort de son père en épousant Buck en l’ennuyant le plus possible. Et elle va y arriver car jamais elle ne couchera avec cette homme et dépensera tout son argent. Le tout chapeauté aidé par Pert, soeur de cette homme feignant et imbu de lui même.

Bien entendu, tout est bien qui fini bien et les gros salauds vont mal finir. Les pages se tournent avec délice car l’enquête est menée de façon judicieuse. Je me suis attachée à ce flic catho qui couche régulièrement avec la femme d’un autre qui à fait de lui son esclave sexuel. Tout comme son second, Delbert qui a beaucoup de difficulté à garder son calme, à ne pas être violent, vulgaire et qui s’emporte très vite. Puis aucun personnage n’est équilibré et chacun traîne beaucoup de casseroles à son cul donnant une certaine égalité entre tous. Le bonus est le ton léger et l’humour subtile de la plume de Peter Ducan. Il est bien dommage que cela soit le seul ouvrage traduit de cette auteur.

Alors si vous avez envie de suivre une bonne enquête policière qui laisse surprendre le lecteur, allez à la rencontre du sournois. Vous allez l’adorer.

Dans un style semblable
Joe de Larry Brown

Les carnets de Cerise – Le zoo pétrifié – Tome 1 – Joris Chamblain et Aurélie Neyret

images-2Et mon truc à moi pour raconter des histoires, c’est observer les gens, imaginer leur vie, leurs secrets. on a tous un secret enfoui au fond de nous, que l’on ne dit pas, mais qui fait ce que nous sommes.

Erica, c’est l’opposé complet de Line. C’est une éternelle  râleuse, mais elle a un bon fond. Elle a quatre grands frères, du coup elle a appris à se défendre! Avec Line, on ne l’entend même plus râler, tellement c’est naturel chez elle.  
Ses parents lui ont transmis, à elle et à ses frères, de vraies valeurs de respect, d’honnêteté pour faire d’eux des gens bien. 
Alors elle n’est pas contente quand les choses ne vont pas dans le bon sens. Râler c’est sa façon à elle de remettre les choses en question, d’essayer de les faire avancer, de les améliorer. Et je la respecte pour ça. 

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Lait entier – Tome 1 – Sacrées vaches – De Moor et Desberg

9782803616206FS4ème de couverture 
Quel secret se cache derrière le mystérieux lait entier ? Ce breuvage miraculeux qui permit ,jadis à l’Homme de passer du stade nomade à l’ère grandesse de l’agriculture ? Pourquoi les Vaches, ces créatures étranges et silencieuses, nous firent-elles un jour ce cadeau inestimable ? La vérité surgira-t-elle quand un archéologue, au prix d’un courage téméraire, se plongera dans les énigmes du passé, révélant les vaches qui façonnèrent peut-être notre Histoire ? Des vaches comme la légendaire Pi 3,1416, auquel le monde scientifique, bien naïvement, refuse toujours de croire…

 

 

 

 

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Vous croyez que les vaches ne font que paître ou donner du lait tout simplement? C’est parce que vous ne connaissez pas Pi 3,1416, une vache enquêtrice hors du commun qui n’hésite pas à aller sur le terrain. Une vache décide de se venger des Hommes et seule Pi, pourra les aider.

Une vache égocentrique décide de se venger de l’espèce humaine et va pour cela elle va bloquer tous les modes de transports. Du moins, c’est la première étape de son plan. Pi doit se vêtir de son imper et de son chapeau et se mettre sur ces deux pâtes arrières pour partir mener l’enquête. Elle est bien maligne cette meuhmeuh qui possède même son réseau d’amis. Grâce au chat du gardien de la morgue, Pi découvre le corps d’un policier piétiné par un troupeau de vaches. Pas de tout, des brouteuses sont inculpées dans cette histoire mais qui et pourquoi?

Pi va mener l’enquête et va très vite trouver la coupable. Avec ingéniosité et virtuose, elle va permettre de rétablir la paix entre les humains et les animaux. L’équilibre est fragile mais l’enquêtrice garde les oreilles ouvertes afin de toujours protéger les siens et les hommes. Surtout que certains chercheurs essaient de prouver que la vache est le plus vieil animal du monde. Par chance, peu  de personnes croient en cette théorie. Donc affaire à suivre dans un prochain épisode.

J’aime beaucoup l’idée qu’une vache puisse avoir deux identités d’un côté une gentille vache de ferme et de l’autre une enquêtrice exceptionnelle. L’illustration est un peu brute de décoffrage tout comme la couleur mais cela passe tout seul avec l’histoire un peu farfelue et assez drôle. Donc, j’ai été conquise et je vais continuer à lire les aventures de Pi, la vache.

Citoyens au-dessus de tout soupçon… – Raphaël Confiant

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Raymond Vauban qui exerce son métier de détective sous le nom de Jack Teddyson – ça sonne mieux, non ? – enquête sur le meurtre Sésostris Ferdinand, un gros entrepreneur de Fort-de-France, retrouvé mort et castré. La belle dominicaine avec qui il fretinfretaillait a, bien entendu, disparu. Or la vie privée sur une île comme la Martinique, ça n’existe pas : tout le monde sait qui est qui et qui fait quoi ! Jack à bientôt plus de piste qu’il ne peut en suivre : rite vaudou ? vengeance d’une femme jalouse ? dette de jeu ? magouille politicienne ? le Philip Marlow des Antilles doit enquêter sur des citoyens au-dessus de tout soupçon…

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Le soleil cogne, la mer n’est pas loin mais la tranquillité ne règne pas vraiment. Surtout lorsque la femme de Sésostris Ferdinand va prendre contact avec le seul détective de l’île de la Martinique pour découvrir le meurtrier. Un défi que va relever Raymond Vauban dit Jack Teddysson.

Je m’appelle Jack Teddyson. Mon nom ne vous dira rien vu qu’il est faux. Enfin, je veux dire que c’est celui qui figure sur ma carte de visite et sur la plaque de mon bureau, au quartier Bas-Calvaire, en la bonne ville de de Fort-de-France, French West-Indies. En réalité, je suis tout simplement Raymond Vauban quoique ni moi ni aucun de mes ancêtre n’ayons jamais construit la moindre fortification.

Raymond s’occupe plus souvent d’affaire de tromperie, de vol ou de non-paiement de factures. La recherche d’un meurtrier ne lui fait pas peur surtout qu’il a cruellement besoin d’argent et que la femme du défunt est très séduisante. Mais il ne sait pas dans quel bourbier, il va mettre les pieds. Car le Sésostris Ferdinand n’est pas l’homme riche et puissant qu’il paraît être. Il fréquentait les prostitués, jouait au poker et perdait des sommes astronomiques. En plus, on rajoute des intrigues politiques et des enjeux de pouvoir et là on à la totale. Il creuse le sujet et essaie de trouver toutes les possibilités de meurtriers possibles. Bien entendu, il a du mettre le doigt où il ne faut pas puisqu’il par deux fois il échappe à la mort de justesse. Aidé de ces amis, qu’ils soient policier, musicien, prostitué ou amoureuse, il va tout mettre en oeuvre pour comprendre. Malgré lui, l’affaire va pouvoir être résolue et justice sera faîtes.

Raphaël Confiant mets tous les ingrédients du policier avec un détective moyen, feignant et tranquille, une affaire compliquée, des implications politiques, des réseaux de jeux clandestins, de la religion, du sexe et de l’amour. L’auteur rajoute en toile de fond son pays, la Martinique, avec le créole, l’immigration, le métissage, un passé douloureux toujours présent… L’immersion se fait tout de suite et très bien. D’ailleurs, pour ne pas être perdu les mots locaux sont traduits en fin d’ouvrage. J’avoue adoré l’expression Radio-bois-patate pour parler du téléphone arabe.

Un roman policier bien sympathique avec une écriture dynamique et imagée. J’entendais les gens parlés avec leur accent tout en lenteur, en créole et même en espagnol. Il est bon de voyager pour suivre un nouveau détective privée vers les îles assez peu connues. Alors si vous avez envie d’une enquête sur le terrain et de soleil, allez rencontrer M. Vauban.

 

 

Les larmes de Pancrace de Mallock

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Les larmes de Pancrace
Mallock
Edition : Fleuve noire
463 pages

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4ème de couverture
Jean de Renom, un jeune châtelain, rentre chez lui un soir, heureux de retrouver sa femme Camille et leur bébé après plusieurs jours d’absence. Mais il est sauvagement assassiné à son arrivée et est retrouvé criblé de balles au bas de son escalier. Sa femme ne sait absolument pas ce qui s’est passé, mais l’enquête arrive à la conclusion que c’est elle qui a tué son mari. Sans aucune raison. L’affaire fait d’autant plus de bruit que la mère de Camille est une femme politique puissante destinée à devenir candidate pour la présidence de la République. Appelé à la rescousse par un ami, le commissaire Amédée Mallock va s’intéresser à un tout autre assassinat ayant eu lieu dans la même famille trente années plus tôt. Un meurtre étrange en chambre close. Celui du père de Camille agressé en même temps que son épouse Sophie retrouvée inconsciente.

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Lorsqu’un meurtre paraît trop évident avec des preuves trop directes et que la personne incriminé touche un proche du commissaire, il faut alors la crème de la crème pour résoudre ce mystère. Alors, on fait appel à Amédée Mallock, commissaire à Paris. Son instinct va mettre à mal le coupable pour notre plus grand plaisir.

Mallock propose une quatrième aventure sur les sept prévues du commissaire Amédée Mallock. La ressemble du nom n’est pas fortuite. C’est un choix défini, où l’auteur donne quelques traits à son personnage mais en prenant le même nom met une distance, comme s’ils étaient de la même famille. Affectueux, sentimental, têtu, fidèle, il s’en ai pris plein la tête et ne se laisse pas faire facilement. Lorsque son ami le contact pendant ces vacances pour l’aider dans une affaire surprenante, il n’hésite pas à intervenir. Il est loyal à ces amis et il ne peut résister à une intrigue.

Il va mettre son savoir-faire au service de meurtre trop simple en apparence, entouré de son équipe et de leurs divers talents. Comment Camille, cette jeune femme a pu tuer sans mari sans aucun souvenir? Comment a t’il pu y avoir autant de morts dans cette famille? Que se cache t’il donc dans ce vin de Bordelais? L’enquête a mené la découverte d’une famille jusqu’à son origine et sa rencontre avec l’histoire tel l’ordre du Temple et de son trésor. Car la résolu du crime se trouve dans l’arbre généalogique et dans le sol de ces vignes si particulière.

Une enquête très originale dans sa construction et surtout dans les références exactes qui sont cités. Je comprend mieux qu’un ouvrage prend trois ans à écrire dont une année de recherche exacte sur l’ensemble des thématiques abordées que cela soit l’études des traces de sang, de travailler la vigne ou des pierres précieuses. Des informations qui donnent de la vraisemblance à l’histoire qui n’est en rien simple. La construction même de l’histoire en courte partie m’a emmené dans le passé et dans le présent, à fois en proposant des textes d’un autre temps comme le récit des faits et des rencontres.

Attention, vous risquez de s’attacher à se commissaire qui va vous faire aimer l’histoire et être charmé par sa part d’ombre comme de lumière. Sherlock est mort, et donc vive Mallock.

Merci Babelio pour l’envoi de ce livre et la très charmante rencontre avec son auteur.

Le baiser du rasoir – Daniel Polansky

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4ème de couverture
Il y a eu la vie dans la rue. Il y a eu la peste. Il y a eu la guerre. Il y a eu la magie…
Prévôt a survécu.
Il règne désormais sur le quartier de Basse-Fosse, dealant pour les faibles comme pour les puissants, rappelant à l’ordre de manière définitive les inconscients qui viendraient empiéter sur son territoire. Pourtant, plusieurs enfants sont retrouvés morts. Pas question pour Prévôt de laisser ces crimes impunis, d’autant que les agents de la Couronne ne semblent pas pressés de résoudre l’affaire.
Mais qui, du meurtrier ou de Prévôt, connaîtra le baiser du rasoir?

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Bienvenue dans le quartier de Basse-Fosse où un phénomène étrange va bouleverser le fragile équilibre. Prévost en se baladant découvre le cadavre d’une enfant portée disparue depuis peu. Mais que ce cache t’il derrière cet étrange meurtre?

Nous sommes dans un futur lointain où la guerre et la maladie ont fait rage. Des millions de personnes sont mortes dans d’atroces souffrances. L’histoire se déroule autour d’un anti-héros, solitaire, sarcastique, Prévost, trafiquant de drogue qui s’occupe de la protection d’une zone du quartier des entrailles de Basse-Fosse. Ancien enquêteur de la Couronne, il sait en trouvant le cadavre de la petite fille que quelque chose n’est pas normal. D’ailleurs, lorsqu’il rencontre son ancien collègue avec lequel il n’est pas resté spécialement en bon terme, ils s’accordent sur l’étrangeté de l’affaire. La curiosité de Prévost va le pousser à enquêter pour connaître le fin de l’histoire.

Si la race humaine a inventé une institution plus efficace que la noblesse, pour la propagation des handicapés de l’intellect et de l’éthique, je ne suis pas encore tombé dessus. Prenez la progéniture d’un demi-millénaire de mongoliens consanguins, de cousins germains et d’hémophiles. Elevez-les via une série de nourrice bouffies, de confesseurs abrutis par la boisson et d’universitaires ratés, parce que Sakra sait que Papa et Maman sont bien trop occupés à se tripoter à la Cour pour prendre en main l’éducation d’un enfant. Veillez à ce que toute la formation qu’ils reçoivent dans leur jeunesse ne concerne jamais rien de plus pratique que le maniement de l’épée et l’étude de langues que plus personne ne parle, dotez-les d’une fortune quand ils atteignent leur majorité, placez-les hors des limites de tout système légal plus développé que le code duello, ajoutez la tendance instinctive à l’humanité à la paresse, l’avarice et l’intolérance, remuez soigneusement, et voilà: vous obtenez l’aristocratie. 

Il contact son réseau afin de pouvoir trouver des indices surtout liés à cette odeur très particulière que dégageait le corps abandonné. Son enquête va le mener vers le tueur mais une chose incroyable va se produire. Un personnage fort, sans visage et sans nom va apparaître. Une rencontre semblable faîte déjà pendant la guerre. A partir de ce moment, il ne va plus lâcher l’affaire jusqu’à connaître le véritable commanditaire car les meurtres d’enfants commencé à s’accumuler. Son flair va le mener à des conclusions qui vont lui même le déboussoler.

En magnant avec talent les mots, Daniel Polansky m’a emmené en plein coeur d’un policier fantastique où je me suis laissé entraîné avec plaisir et tension. Et puis ce délai de 7 jours avant que le personnage principal risque de se faire tuer donne un rythme dynamique et tranquille à la fois qui m’a beaucoup plu. Tout comme la construction sous forme de courts paragraphes qui permet de gérer ma lecture dans les transports jusqu’au travail et bien entendu de structurer l’histoire. Bref, un roman passionnant où je n’avais absolument pas deviné qui était le meurtrier. Les personnages secondaires sont réalistes et souvent attachants le tout dans une société assez noire où la misère côtoie l’opulence.

Prix
Imaginales 2012 du meilleur roman étranger de fantasy.

Lien vers la fiche présentation de l’édition Folio

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La Bibliothèque de Villers – Benoît Peeters

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Venu à Villers pour y conduire une enquête sur des crimes vieux de plus de cinquante ans, le narrateur se trouve entraîné, presque malgré lui, dans la plus angoissante des aventures. Plusieurs meurtres vont se produire coup sur coup dans cette ville où le temps semble s’être assoupi. D’abord simple spectateur, le narrateur se trouve soudain mêlé à cette affaire incompréhensible et dont l’étau, cependant, se resserre progressivement autour de lui… L’intrigue de La Bibliothèque de Villers se réfléchit, à la manière d’un miroir critique, dans le bref essai que constitue Tombeau d’Agatha Christie et qui s’emploie à démasquer les procédés familiers de l’auteur des Dix petits nègres. La Bibliothèque de Villers annonce également par bien des traits la série des Cités obscures, réalisée avec François Schuiten.

SPOILER. Difficile de parler de ce livre, surtout de la première histoire La Bibliothèque de Villers, sans dévoiler la fin. Car je n’arrive à choisir si j’ai détesté ou si je dois crier au génie. Dans la postface de Jan Baetens, on lit cela, « D’autre part, l’inachèvement programmé du texte est tel que la simple relecture individuelle, non écrite, ne sera jamais suffisante pour rendre justice à l’appel du livre. » où « Il existe d’ailleurs de nombreuses anecdotes sur des lecteurs à bout de nerfs assaillant l’auteur de coups de fil dans l’espoir de lui arracher la clé supposée de l’énigme. » En effet, j’étais accroché à cette histoire avec des meurtres et l’enquête pour découvrir qui peut bien les commettre. La fin de l’histoire arrive et le narrateur me dit qu’il sait qui est le coupable mais qu’il ne le dévoilera pas. Quoi?? Je relis la fin et je n’ai pas mal compris ou rater des éléments. Non, le secret sera garder par l’auteur.

Dans l’essai qu’il nous propose par la suite sur l’oeuvre d’Agatha Christie, il explique comment se construit les romans policiers. D’ailleurs, il parle un peu de sa nouvelle précédente « Il n’est pas impossible d’imaginer, en prolongeant cette idée, un roman dont la fiction serait suffisamment passionnante pour que le lecteur ressente, avec une très grande intensité, le désir de connaître son dernier mot. C’est ce dernier mot qui, précisément, lui serait refusé, le texte ne renvoyant, en sa fin qu’à lui-même et à sa relecture. Le livre serait ainsi offert une seconde fois au lecteur qui pourrait alors, le relisant, y découvrir ce que, dans sa fièvre première, il n’avait pas su lire. » Quel petit malin cet auteur.

Avec un certain talent d’écriture, où l’on sent tout de même la plume d’un chercheur, il m’a mené en bateau. Je suis partagée avec le génie de m’avoir tenu en haleine, d’avoir provoquer en moi de la colère, du mécontentement et celle de crier au mensonge. Comment peut-on emmener le lecteur dans cette attente pour le planter? L’essai sur Agatha ne m’a pas calmé. Bien au contraire, en plus, il me nargue par rapport à la création d’un roman policier.

Bref, une lecture que je ne risque pas d’oublier. Dois-je remercier mon libraire de me l’avoir conseillé? Je réfléchis encore.

L’avis du Monde de Papier

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