Un peu perdu – Chris Haughton

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Bébé Chouette dort tranquillement à côté de sa mère dans un nid haut perché quand soudain il bascule hors du nid. Il se retrouve tout en bas, sur le sol, seul et perdu. Mais où est passée sa maman ? Heureusement, un écureuil plein d’entrain (mais pas très malin) se propose de l’aider à la retrouver. Mais des mamans très grandes avec de grands yeux, ça court la forêt en fait… Alors qu’un album, avec un graphisme aussi original et joyeux, une histoire aussi parfaite pour les tout petits et un humour aussi percutant pour tout le monde, ça, c’est vraiment rare…!

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Chris Haughton est un véritable faiseur de magie. En quelques pages cartonnées, il va nous raconter l’histoire d’un hibou qui cherche Un peu partout sa maman et enchanté le lecteur. Alors êtes vous prêt à vous tomber sous le charme d’un véritable artiste.

Maman hibou dors tranquillement avec son bébé à son côté. Mais voilà, pendant son sommeil, il tombe de l’arbre boing… boing… boing…. Tous les animaux de la forêt on entendu un bruit, mais l’écureuil est le plus curieux. Est-ce que ça va? lui demande t’il. Il veut retrouver sa maman. Le souci c’est que pour lui le nom de sa maman c’est maman. Alors il va lui poser des questions afin d’au mieux l’aider. Ma maman, elle est très très grande. Alors ni une, ni deux, il l’emmène voir un grand ours. L’écureuil lui demande d’autres détails alors : Ma maman, elle a des oreilles pointues. Direction alors le lapin. Non, non ! dit Bébé Chouette. Ce n’est pas maman. Ma maman, elle a des yeux immenses. Direction la grenouille alors. Non, dit Bébé Chouette. Ce n’est toujours pas maman. Cette dernière a bien une idée et par chance, c’était bien la maman Chouette morte d’inquiétude.

Un véritable coup de coeur encore une fois pour un livre jeunesse de Chris Haughton qui manie avec un talent incroyable le dessin, la couleur et le texte. En une vingtaine de pages avec des couleurs douces, une histoire originale et pleine d’imagination. J’ai craqué de tendresse pour ce bébé hibou qui a perdu sa maman et qui rencontre les animaux de la forêt. En effet, c’est mignon, car un enfant ne sait appeler sa maman ainsi que parce qu’elle s’appelle maman. Il ne connaît pas son prénom, son nom où bien son travail. Je reste persuadée que ce livre va ravir les petits tout comme les grands.

Alors un conseil, si vous voyez ce livre où un autre de Chris Haughton, cédez à la tentation de la lecture. Car rien ne vaut mieux qu’une bonne dose de féérie pour se réenchanter un peu du quotidien.

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Prix
2012 : Prix P’tits Mômes, Genève (Suisse)
2012 : Prix Sorcières, catégorie album tout-petits

Y’en a un qui va louper la migration – Bérengère Le Gall

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Le petit piaf décole, mais il retombe à chaque fois ! Pour lui, voler, c’est pas gagné…
Jusqu’au jour où il rencontre une bande de dodos délurés !

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Le petit oiseau tout bleu bat des ailes et ne rêve que de voler. Mais il essaie de tout son coeur et rien n’y fait, il reste au sol. Que faire alors?

Il tente de bouger le plus vite possible ces ailes. Son petit corps doucement décolle du sol mais presque aussi vite, il regagne le sol. Des grosses larmes lui montent aux yeux car il voit au loin ces amis qui partent au loin. Mais voilà qu’il va faire une étrange rencontre. D’autres oiseaux, tout mauve qui eux rêvent de voler également mais ils savent qu’ils ne peuvent pas car se sont des dodos. Sa peine devient moins grande car il a de nouveaux amis. Cela ne va durer qu’un moment car une belle rencontre va lui donner des ailes.

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Dans un album très sobre, un coup de crayon direct et des couleurs très douce, Bérengère Le Gall nous raconte très simplement une histoire toute charmante. Je me suis attachée à ce petit oiseau qui rêve de partir avec les siens et que seul l’amour va lui permettre de voyager. Cette rencontre improbable avec des dodos, tout mauve, eux sont toujours tristes car ils font parti de ces rares oiseaux à ne pas pouvoir s’envoler. En plus, le dodo a maintenant disparu, on peut en voir juste au musée d’Histoire naturelle.

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L’originalité de l’histoire prête à sourire avec un dessin efficace et un texte très peu présent mais largement suffisant pour la compréhension de l’histoire. Une petite lecture bien agréable qui plaira aux enfants et fera sourire les grands qui accompagnent leur lecture.

Chut! On a un plan – Chris Haughton

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Qui va là, sans bruit dans les bois ?
Chut ! Ils ont un plan !

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Chris Haughton, illustrateur irlandais travaille régulièrement pour la presse et dans le monde publicitaire. Pour le Time Magazine, il est considéré comme l’un des 100 principaux designers mondiaux. Alors, quand il prend sa plume pour faire du livre jeunesse, on peut y espérer y trouver une pépite.

Les éditions Thierry Magnier proposent de découvrir l’oeuvre de Chris Haughton avec une aventure toute en couleur avec Chut! On a un plan. Quatre jeunes partent dans la forêt pour attraper des animaux. Les trois plus grands chargés d’une épuisette tentent d’attraper un magnifique oiseau de couleur. Mais le quatrième ne comprend pas et veut poser une question. Mais à chaque fois, on lui répond « Chut!, on a un plan« . Bien entendu, ils ne vont jamais arriver à attraper l’oiseau. Uniquement le plus petit va arriver à amadouer tous les oiseaux de la forêt.

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Une très jolie histoire qui m’a fait sourire.J’ai trouvé géniale l’idée de commencer l’histoire par une citation d’Einstein : La paix ne peut être maintenue par la force : elle ne peut être obtenue que par la compréhension mutuelle. Simple mais efficace avec un graphisme que j’ai adoré. Le jeux avec les couleurs est très bien pensé avec les différentes nuances de bleu et amener juste une touche de rouge et d’orange dans l’oiseau. Ainsi on sait l’objet de la convoitise même quand le fond bleu passe au fond tout blanc et la police d’écriture change aussi de couleur. Le rythme de changements des teintes dynamise la lecture.  Les pages se tournent doucement pour bien regarder et laisser se sourire niait sur les lèvres.

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Une très plaisante lecture qui m’a donné envie de découvrir les autres ouvrages de l’illustrateur. J’ai tout adoré l’histoire, le graphisme, le message de paix… C’est simple et bien réfléchi en même temps.

 

Sabine et Griffon – Nick Bantock

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Pardonnez-moi si la mémoire me fait défaut, mais suis-je censé vous connaître?  Comment avez-vous bien pu avoir connaissance de la première esquisse d’une tasse brisée que j’avais faite pour cette carte?

Le phénomène qui nous lie m’en a appris beaucoup sur vous, et pourtant j’ignore tout de votre histoire. Quel plaisir d’avoir vos oeuvres sous une forme tangible. 

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Tout avait commencé par une mystérieuse carte postale, apparemment bien innocente, mais depuis, plus rien n’allait comme avant pour le peintre Griffon Moss, dans sa tranquille solitude de Londres. Son monde de logique et de méthode était brutalement renversé par l’existence lointaine d’une femme sur une île des Tropiques, à des milliers de kilomètres de lui. Qui est Sabine ? Comment peut-elle voir ce que peint Griffon, quand ils ne se sont jamais vus ? Est-elle son âme soeur depuis toujours perdue ? Ou une magicienne ? Un ange exterminateur ? Assistons-nous aux prestiges d’une communion par l’imaginaire ou à une descente dans la folie ? Cet étonnant roman visuel se déroule en plusieurs lettres et cartes postales, parsemées d’illustrations fascinantes de monstres et d’inventions saugrenues, de paysages obscurs… Les lettres de Sabine et Griffon, on les trouvera à l’intérieur du livre dans leurs enveloppes, pour que le lecteur ait la curiosité de lire la correspondance intime de ces deux étrangers inexplicablement liés l’un à l’autre. Cet ouvrage auquel on chercherait en vain l’équivalent ailleurs, mêle audacieusement la poésie de sa narration onirique à un luxe d’images dans une présentation aux mille et une surprises.

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L’histoire d’un échange entre deux protagonistes à deux endroits du monde m’a tout de suite séduite. En plus, le fait que l’ouvrage contient des lettres était un sacré plus. Sabine et Griffon s’envoient des cartes postales créatives pour apprendre à se connaître. La seule chose qui les lie serait un lien télépathique graphique. Ils se séduisent puis d’un coup plus rien. Une rupture se fait très vite et le livre s’arrête là tout net. Rien n’a eu le temps de se construire, juste mettre un peu en appétit le lecteur.

Une promesse de belles lettres, d’échanges et puis rien. Quelle déception, véritablement.

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Métamorphose en bord de ciel – Mathias Malzieu

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Ici, tout est beige et gris décati avec de grandes fenêtres sévères. Chaque pas sur le linoléum fait le bruit d’un pansement qu’on arrache. Les gens s’ennuient, pleurent, crient. Des proches apportent des fleurs, un sourire cousu sur leur visage ; ils se débrouillent pour que leurs larmes coulent à l’intérieur de leurs orbites. Des blouses blanches aux gestes mécaniques, hantent les lieux. Bienvenue au service de cancérologie.

Six heures du matin. Le chef d’orchestre des interrupteurs fait claquer les néons et l’hôpital s’embrase comme un soleil électrique. 

Je voudrais hiberner et me réveiller guéri. Cette idée me réchauffe pendant quelques secondes. Puis la réalité refait surface.

Je prends les arbres dans mes bras et j’essaie de lire un peu. Je cherche les stimulations, mais la Betterave a installé un périmètre de sécurité autour de mes rêves, on se croirait sur les lieux du crime.

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Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques le propulsent au sommet de la gloire. Jusqu’à ce qu’un médecin qui le soigne pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable. Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu’il appelle  » la Betterave « . Lors d’une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l’hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de voler rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose le pacte suivant : « Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, ruais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l’amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter. » Dans la tradition de ses contes pour grands enfants, Mathias Malzieu nous raconte l’histoire merveilleuse d’un homme qui veut tuer la mort et tutoyer les cieux. Ce faisant il nous livre une réflexion rare sur le pouvoir de la vie, et de l’amour.

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Ce livre est rattaché à un souvenir. Je suis allée à une lecture d’extraits de ce livre par Mathias Malzieu. Il arrive vers la scène et une ambiance toute particulière débute. Son physique et son charisme m’a tout de suite attiré. Il s’assied, pose son livre sur un pupitre et dépose son youkoulélé sur sa jambe. Il lit quelques phrases, joue de l’instrument, chante. Puis à un moment, il ouvre un objet, se lève, se déplace dans le public et jette des plumes un peu partout sur le public. Il est son personnage, il est M. Cloudman.  J’étais émerveillée d’une telle situation. Incroyable, improbable et surprenant. Voilà.

Alors voilà, quand la géniale Métaphore a proposé dans le cadre de son challenge Jacques à dit avec l’aide de Minou comme sujet la même lettre pour le nom et prénom de l’auteur, ce livre rentrait dans les conditions. Direction la médiathèque, rayon jeunesse pour emprunter ce livre. J’ai attendu deux jours pour l’ouvrir et le dévorer en deux jours.

J’ai été séduite par l’univers onirique du chanteur de Dionysos, j’ai tout de suite été emmené dans l’univers farfelu de Tom. Un rêveur loufoque qui aime l’éphémère et l’émerveillement. Même atteint d’une grave maladie, son monde imaginaire reprend le dessus, même si la femoiselle y est pour beaucoup. Le sujet de la maladie se retrouve chez beaucoup d’auteurs, mais l’approche varie toujours. Ici, il prend le choix de l’espoir et d’une idée de métamorphose. Ici pas de mort juste une autre étape vers autre chose qui demande d’accepter sa situation physique.

J’ai retrouvé l’univers de Tim Burton en noir et blanc et de Benjamin Lacombe. Lorsque je rentrais chez moi, le chant des oiseaux me paraissait plus magique. Lui aussi était peut-être un homme avant et à renaît dans la peau de cette petite mésange.  J’ai été emmené loin avec les images qui provoquent des visions de couleurs, d’odeurs ou de sensations. Un vrai délice à chaque page. Maintenant, je n’ai qu’une envie lire un autre livre de Mathias Malzieu.

Site officiel : www.metamorphoseenborddeciel.com

Du même auteur
La mécanique du coeur

Livres sur le sujet de la maladie
Little Joséphine – Raphaël Sarfati et Valérie Villieu
La pluie avant qu’elle tombe – Jonathan Coe
Oscar et la dame en rose – Eric-Emmanuel Schmitt

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