Kaïken – Jean-Christophe Grangé

51n8mFqlpBL._SY344_BO1,204,203,200_Dès le titre, Kaïken, Jean-Christophe Grangé nous prévient, nous le lecteur, ça va saigner et pour l’honneur. Le kaïken est un poignard japonais que porte les épouses des samouraïs, afin qu’elle puisse se suicider à la suite de leur mari. Car quand l’honneur est en jeux, les règles changent et le sang doit couler.  

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Fenêtre sur crime – Linwood Barclay

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Linwood Barclay décide de nous emmener en plein coeur des Etats-Unis pour enquêter sur un meurtre assez atypique avec son roman Fenêtre sur crime. Voilà un titre qui met en appétit sur l’énigme qui tient le lecteur en haleine sur 540 pages. Prêt pour mener une enquête surprenante?

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Sauf les fleurs – Nicolas Clément

CLEMENT - Sauf les fleurs.inddTitre : Sauf les fleurs
Auteur : Nicolas Clément
Date de parution : 22 août 2013
Nombre de pages : 80

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4ème de couverture

Marthe vit à la ferme avec ses parents et son frère Léonce. Le père est mutique et violent, mais l’amour de la mère, l’enfance de Léonce et la chaleur des bêtes font tout le bonheur de vivre.
À seize ans, elle rencontre Florent et découvre que les corps peuvent aussi être doux. Deux ans plus tard, le drame survient. Les fleurs sont piétinées, mais la catastrophe laisse intacts l’amour du petit frère et celui des mots.
Une histoire bouleversante et charnelle, une langue d’une puissance étincelante : la voix de Marthe, musicale et nue, accompagnera le lecteur pour longtemps.

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Sauf les fleurs ne peut pas passer inaperçu dans une bonne librairie. Petit message coup de coeur, mise en avant frontal ou petit dessin avec un coeur fleurissent sur la couverture de ce roman. Alors comment ne pas céder à la lecture.

Le titre donne assez peu d’indication sur l’histoire mais le sourire du libraire me disant « Vous allez voir ce livre m’a bouleversé« . Alors j’ai cédé à la tentation pour découvrir une histoire bouleversante d’une famille comme il en existe trop. Un père violent qui bat sa femme devant ces enfants dans une ferme : Marthe et Léonce. Le réconfort est le juste le sourire d’une mère et la chaleur des animaux. Un jour une opportunité s’offre pour avoir une vie meilleure. La prison pour le père et la mort d’une maman, font offrir une nouvelle vie aux enfants même si les blessures du passé sont profondément encrées. D’ailleurs, même si Marthe, découvre l’amour et le bonheur avec les auteurs grecques la colère sous-jacente envers son père va lui changer la vie. Car lorsqu’elle va revenir en France pour la reconstitution du meurtre de sa mère, elle ne va pas pouvoir regarder son père en face sans venger la douleur qu’il a infligé à sa famille.

Une histoire de violence familiale comme il en existe trop. A travers le regard de Marthe, l’auteur va nous plonger au coeur d’une famille qui essaie de survivre au quotidien malgré la maison et les insultes à l’école. On ne peut pas rester insensible face à cette histoire qui fait vibre la corde sensible. Toutefois, il manque un petit quelque chose dans le récit pour que j’adhère totalement. L’écriture me déroute un peu tout comme la ponctuation assez particulière. On trouve des majuscules sans point mis auparavant. J’avoue ma déroute même si après les 75 pages on s’habitue.

Un roman qui surprend par le sujet et qui peut faire résonance avec des blessures subies de près ou de loin. Toutefois, la distanciation par moment m’a surprise et m’a détachée un peu de cette histoire. Une certitude, sauf les fleurs n’est pas un roman qui nous laisse indemne après la lecture.

Extrait
Je voulais une mère avec des épaules pour poser mes joues brûlantes. Je voulais un père avec une voix pour m’interdire de faire des grimaces à table. Je voulais un chien avec un passé de chat pour ne pas oublier qui j’étais. […] Je n’ai pas eu tout ce que je voulais mais je suis là, avec mes zéros, ma vie soldée du jour qui vaut bien ma vie absente d’avant. Je tombe rond ; mon compte est bon. 

Prix
– Lauréat du Festival du premier roman de Chambéry en 2014
– Lauréat du Prix Emmanuel-Roblès en 2014
– Lauréat du Prix (du métro) Goncourt en 2014

Ce qu’en dit la presse
Alexandre Fillon. Livres Hebdo. 24 mai 2013 : Un premier roman incarné, qui paraît dans la collection Qui vive chez Buchet-Chastel, révèle un écrivain. Un débutant qui joue avec les mots et les émotions. En arrivant à évoquer des choses gra-ves sans pathos et avec beaucoup de force et de poésie. 

Claire Chazal. Version Femina. 14 juillet 2013 :  Le titre évoque déjà toute la mélancolie, l’innocence et la douleur aussi de l’enfance. […] Les mots sortent comme une libération, poignants, justes, tantôt acérés, tantôt enveloppants. […] Le romancier dit tout du besoin de famille et de gestes d’affection, de la folie des hommes et de la violence conjugale. Le récit est magnifique et saisissant. Les phrases, courtes et ciselées, sans recherche d’effet, font penser à Duras ou à Bobin. Un texte à pleurer de beauté et de sincérité. 

Raphaëlle Rérolle. Entrée livre : Ce va-et-vient entre la fable et la vie donne au premier roman de Nicolas Clément une partie de son étrangeté. Si tu as l’audace de risquer ce livre, ami lecteur, tu entendras une voix incroyablement différente. […] C’est un risque, je te dis. Mais un risque bon marché (9 euros), de courte durée (76 p.), souvent bouleversant. Et ça, être bouleversé, on peut dire que c’est un bon risque. Le meilleur que puisse proposer la littérature. 

Lire l’avis de La Jument verte

La guitare de Bo Diddley – Marc Villard

imagesOui, Arsène ne rentre pas ce soir car personne ne l’attend barre Michelet, aux Glycines. Il se souvient vaguement de sa répudiation, un soir étouffant de l’été indien 2000. Quand son père Roger Kamanda avait mis la main sur dix gramme de shit planqués sous son lit dans sa chambre. Roger ne rigolait pas avec les principes et Arsène s’était retrouvé, baluchon à la main, au pied de la barre avec en ligne de mire un avenir franchement plombé par l’autorité paternelle.

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4ème de couverture

Il était une fois une guitare rectangulaire, de couleur bleu caraïbe, sur laquelle était inscrit:  » Bo Diddley, Blue Hawaï N°1.

Lorsque Arsène la subtilise en forçant la portière d’une Audi au milieu d’une cité, il ne sait pas que cet instrument a une histoire. Il l’apprendra d’un congolais, lui-même musicien. Ce dernier l’emprunte pour pouvoir se produire dans un club, mais la fourgue au dealer Farid El Attrache en échange de faux papiers. Le trafiquant ne la gardera pas longtemps en sa possession car il se la fait piquer par un chauffeur de taxi.

Quel que soit, son propriétaire, cette guitare ensorcelée porte clairement la poisse… Plus personne n’ignore les rapports passionnés et savants que Marc Villard entretient avec la musique. Ce roman noir et burlesque est son plus bel hommage au rock dont les rythmes n’ont cessé d’imprégner son écriture.

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Marc Villard mélange sa passion du polar avec celle de la musique. Il a profité de ce court roman pour les mélanger et emmener le lecteur au coeur d’une histoire acadabrantesque. Chaque  paragraphe introduit un nouveau personnage et à chaque fois une nouvelle chanson de Bo Diddley rentrait dans mes oreilles. Welcome dans le Paris où les dealers fréquentent les toxicos, les prostitués, les flics pourris, les musiciens et les tueurs à gages. Un roman à l’américain dans l’esprit.

On pourrait croire que la guitare porte malchance, car beaucoup de ces possesseurs trépassent dans des conditions assez brutales. Mais en fin de compte, c’est juste la vie. Elle apporte aussi son lot de bonheur et de rencontre. J’avais deviné la fin dès le début, mais c’est tout de même avec plaisir que j’ai fini l’ouvrage. Parfois, j’étais déroutée par les personnages et où ils étaient physiquement, toutefois je voulais savoir comment ils allaient évoluer.

Un roman court et très sympa. Si vous aimez la musique et le polar, vous trouverez votre bonheur ici. D’autant plus, si en fond sonore vous écoutez du Bo Diddley.

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Arrêtez-moi là – Iain Levison

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Iain Levison
Editeur : Liana Levi
Nombre de pages : 245
Traduit de l’anglais par Fanchita Gonzalez Battle

Jeff Sutton est conducteur de taxi. Un jour ordinaire comme tellement d’autre, il prend une charmante femme blonde à l’aéroport de Dallas pour la déposer en banlieue. Une fois déposée devant sa maison, elle se rend compte qu’elle n’a pas assez de monnaie. Elle l’invite de rentrer en attendant qu’elle aille chercher de la monnaie. Mais Jeff à toucher une fenêtre et à partir de là tout va changer.

Jeff a travaillé pour des poseurs de fenêtres avant de devenir taxi. Son entreprise marquait chaque fenêtre de deux initiales dans un coin de châssis, il vérifiait par curiosité si c’était cette dernière. Pour cela, il a posé juste deux doigts sur la fenêtre. Peut-être deux doigts. Sur le chemin du dépôt, il prend gratuitement deux étudiantes complètement bourrées afin de les déposer devant leur résidence. Le problème c’est qu’il ne peut signaler cela dans son carnet de route car c’est interdit et qu’il risque de perdre sa licence. En plus, il va devoir nettoyer le véhicule à la vapeur pour nettoyer le vomi laisser sur la plage arrière.

A partir de ce moment, les ennuis vont commencer. Il rentre chez lui, se met à son aise et au moment où il s’apprête à partir boire un verre avec un collègue on toque à sa porte. Trois policiers sont là. Un décès? penses-t’il. Mais non. Ils rentrent sans être invité, fouille le lieu et l’emmène directement au commissariat. Il ne comprend pas. On lui demande où est la petite fille. Où est-elle enterrée? Il ne comprend pas. Il était dans son taxi. Un avocat lui est commis d’office qui ne souhaite pas du tout s’occuper de son affaire. Il va être enfermé dans le couloir de la mort afin d’éviter de se faire agresser en prison normale.

« Finalement, il y a du mouvement et des piétinements, les gens quittent lentement la salle, et l’huissier me prend le bras pour me raccompagner au vestiaire. Les flashes crépitent quand les deux gardiens viennent m’encadrer pour me faire franchir la porte. Ils doivent suivre des exercices de verdicts de culpabilité pour apprendre comment maîtriser un suspect qui vient d’être condamné, car tous deux semblent guetter un éclat, mais je ne ressens que de l’engourdissement. »

23h00 par jour enfermé dans une cellule en face en face de brique blanche. Une heure de ballade avec d’autres détenus par jour. Il s’est fait un ami, Robert, un tueur. Cela change un homme, surtout lorsqu’on est innocent. L’enfant kidnappé est l’enfant de la femme blonde et le seul indice son empreinte sur la fenêtre. Mais où sont les professionnels pour défendre la vérité et l’innocence comme dans les Experts ou New York Police Judiciaire? Pourquoi personne ne veut le croire? 10 mois enfermé et jugé coupable, le jour même où l’on retrouve la petite fille. Mais il reste poursuivi pour kidnapping. Heureusement, un grand cabinet l’aide, mais le retour à la vie devient compliqué…

« J’allume la lumière et je regarde fixement la porte. Si je veux, je peux l’ouvrir. Quand je me lève et que je pose les pieds par terre je m’attends au sol de ciment froid mais je suis accueilli par la moquette. Je me mets debout et je savoure cette sensation, puis je vais à la porte. Je l’ouvre et je jette un oeil dans le couloir.  »

Effectivement, on est toujours coupable jusqu’au moment où l’on est déclaré innocent et mieux vaut condamner une personne innocente que de laisser un coupable dans les rues. Voilà comment on pourrait résumer simplement la vie de Jeff pendant environ 1 an et revenir dans la vraie vie devient un vrai combat de tous les jours. Heureusement, qu’il trouve un emploi et se socialise à nouveau dans la réalité. Un roman qui prend et qui nous emmène dans les déviances du système judiciaire américain. Je redécouvre la plume acérée de Iain Levison qui critique les Etats-Unis et la détresse de ceux qui y vivent au quotidien avec la dureté du monde de l’emploi ou de la loi. Un monde en dérive où l’on peut difficilement survivre où l’espoir est compliqué. Ne passez pas à côté de cet auteur et de humour noir.

Du même auteur
Un petit boulot
Tribulations d’un précaire
Une canaille et demie
 

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Un petit boulot – Iain Levison

couvpetitboulot Un petit boulot
Auteur : Iain Levison
Editeur : Liana Levi
Nombre de pages : 211

Un portrait au vitriol de l’Amérique désenchantée des années 2000, entre crise économique et perte des valeurs. On y découvre un monde en délabrement, où le manque d’espoir devient monnaie courante, la montée de la violente et de la délinquance. Un subtil mélange d’ironie, de sarcasmes tout en drôlerie que nous propose Iain Levison.

Jack Skowran, vie dans une petit ville américaine, près du Wisconsin, ravagée par la fermeture de l’unique usine. Après avoir perdu son emploi, son abonnement au câble, sa télévision, son aspirateur et sa petite amie, les appels de ces débiteurs, il est prêt à tout accepter pour garder un peu d’estime de soi. Tous ces anciens collègues vont dans la déchéance et la misère s’installe dans la ville. Il décide d’accepter un petit boulot que lui propose Ken Gardocki, bookmaker mafieux : tuer sa femme contre 5 000 dollars. « Elle va mourir parce que j’ai été licencié d’une usine rentable en plein milieu de ma carrière. Elle va mourir parce que ma copine m’a quitté, parce que je ne supporte pas la vie de chômeur. Corine Gardocki est une femme morte parce qu’un petit malin de Wall Street a décidé que notre usine ferait de plus gros bénéfices si elle se trouvait au Mexique. Je t’aurai, Corinne. Un problème moral? Pas vraiment. » Alors avec sérieux et application, il s’atteler à son nouvel emploi. Puis d’autres missions vont arriver, et c’est toujours avec plaisir qu’il s’applique. Il se reconstruit par la satisfaction d’un travail bien fait et la satisfaction de son employeur. Tuer n’est pas toujours aussi aisé comme l’assassinat, sur une plage de Miami, de l’amant de la femme de Gardocki, avec un fusil à baïonnette qui sent l’urine. Cela aurait pu s’arrêter là, mais son meilleur ami lui propose un poste dans une station service, car un de ces employé a été tué par balle. Une aubaine vu le temps de crise. Mais difficile de concilier les deux emplois. Une succession d’évènements plus rocambolesque les uns que les autres, vont l’amener à l’épanouissement physique et psychologique.

L’auteur nous entraîne dans une histoire  dans laquelle la moralité n’a pas trop sa place et où le héros a réussi sa carrière de tueur, tout en réussissant le tour de force de nous amuser avec un tel sujet. Caustique à souhait, il nous emmène là où nous ne voudrions pas voir, et qui pourtant nous parle tout de suite, vu les conditions économiques actuelles.

Ce qu’en dit la presse : 

Telerama – «Jake est le nouveau héros des temps modernes… Ce Petit boulot pourrait devenir un antidote à la déprime généralisée… un best-seller!» 
Le Monde – «Iain levison a réussi, avc son premier roman, un coup de maître.» 
Elle – «Noir et loufoque… une sacrée bonne surprise.» 
The Wall Street Journal – «Au-delà de l’humour pince-sans-rire percent l’expérience et la compassion.» 
USA Today – «Une force brute, sans pitié.» 
The New York Times Book Review – «Un must… Rafraîchissant, hilarant et totalement actuel.»

Du même auteur
Tribulations d’un précaire
Une canaille et demie
Arrêtez-moi là

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