C’est Lundi, que lisez-vous ? #10

logo-lundi-2Grâce à Lydie qui tous les lundis nous dit ce qu’elle lit, je me suis dit que je tenterais bien aussi l’aventure.

Alors qu’est-ce que je lisais lundi et qu’elle est le programme de cette semaine?

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La ville – Tome 1 – Will Eisner

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Tout comme elle griffe le ciel en quête de plus d’espace, la ville creuse sous terre pour ses trajets journaliers, créant des catacombes de vaisseaux capillaires, ouvrant le passage aux trains qui la traversent de part en part. Parqué la nuit dans des cours nues de ses faubourgs, ils dorment jusqu’à l’aube, où un esprit invisible les disperse dans la marée de la vie urbaine. Reptile de fer sans humour, qui jacassent stupidement sur un gracieux réseau de rails métalliques, ils serpentent dans le dédale d’immeubles jusqu’à ce qu’enfin, trouvant la bouche d’un tunnel, ils plongent dans les entrailles de la ville.

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Bienvenue au coeur du New-York de Will Eisner, une ville qu’il a toujours aimé profondément et qui lui rend bien sous son crayon. Ce premier tome, La Ville de la trilogie New-York, le dessinateur nous emmène dans la grosse pomme de sa jeunesse.

Maniant avec talent son crayon, il dessine d’un trait certain et souple le quotidien de ces quartiers surpeuplés où règnent le bruits et les odeurs. L’amour d’un quartier ne veut pas dire que l’histoire sera remplie de bons et gentils sentiments. Car ici, il dépeint avec réalisme tout en noir et blanc que cela soit le viol, le vol, la solitude ou le malêtre. Mais bien entendu, il croque également l’amour, la tendresse et l’amitié. Un ensemble qui me berce dans une douce mélancolie.

Une surprenante première lecture de Will Eisner qui m’a donné envie de continuer de découvrir plus qu’un dessinateur mais un passionnée d’images et de sentiments à transmettre.

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Les lectures du mois de décembre

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Liste des suggestions de LC

Par auteurs :
– Un livre de Tom Robbins :
Comme la grenouille sur son nénuphar : L’avis de Valentyne
Féroces infirmes retour des pays chauds : L’avis de Noctenbule

– Un livre de Jim Harrison :
Une odyssée américaine : L’avis de Chinouk
Dalva : L’avis de Notes de lecture    

– Un livre de Toni Morrison :
– Sula : L’avis de Val

– Un livre de Bret Easton Ellis pour le 28 décembre :  DenisLire sous le magnolia,

Par livres :
Simetierre de Stephen King : L’avis de Yuko
Marche ou crève de Stephen King : L’avis de Noctenbule
Shinning de Stephen King : L’avis de Belette
Doctor Sleep de Stephen King : L’avis de Syannelle
L’héritage des templiers de Steve Berry : L’avis de Pat
La belle endormie de Jeffery Deaver : L’avis de Pat
– La théorie du chaos de Leonard Rosen : L’avis d’Enna
Pour l’amour d’une enfant de David Ball : L’avis de Phildes
Marilyn et JFK de François Forestier : L’avis des Livres de George
Satan dans le désert de Boston Teran : L’avis de Belette
Les Fuyants de Maxfield Academy de Robison Wells : L’avis des Livres de George
La grâce des brigands de Véronique Ovaldé : L’avis Lire sous le magnolia
– Esprit d’hiver de Laura Kasischke : L’avis de Mrs Bl’avis de Sharonl’avis de Denisl’avis d’Adopte un livrel’avis de Twenty Three Peonies, l’avis de Lystig, Notes de lecture, l’avis de Noctenbule, l’avis de Val
Les revenants de Laura Kasischke : L’avis d’Adalana
Et Nietzsche a pleuré d’Irvin Yalom : L’avis de la Petite marchande de prose
Mauvaise étoile de RJ Ellory : L’avis de Marguerite
Marie Blanche de Jim Fergus : L’avis d’Adopte un livre
Mrs Parkinson de Louis Bromfield : L’avis de Plaisir à cultiver
– Nos étoiles contraires de John Green : L’avis d’Ennal’avis de Sylire, l’avis de Mrs Bl’avis d’Elelal’avis de Marguerite, l’avis des mots sur des pages, l’avis de Lire sous le magnolia, l’avis de Noctenbule
Tu n’as jamais vraiment été là de Jonathan Ames : L’avis d’Enna
L’expédition polaire à bicyclette de Robert Benchley : L’avis de Noctenbule
Tout ce qui brille d’Anna Golbersen : L’avis des Livres de Georges
– Des souris et des hommes de John Steinbeck : L’avis de A propos de livresl’avis d’Enna, l’avis de La petite marchande prose
– Médiator de Meg Cabot : L’avis de Lise
5 jours dans la peau d’un garçon de Lauren Mclaughlin : L’avis de Lise
Au lieu-dit Noir-Etang de Thomas H. Cook : L’avis de Plaisir à cultiver
La cité des anges déchus de Cassandra Clare : L’avis d’Adalana
Les filles de l’ouragan de Joyce Maynard : L’avis des Lectures de Léo
Mudwoman de Joyce Carol Oates : L’avis de A propos de livresL’avis des Livres de Georgel’avis de Natioral’avis de Val, l’avis de Sylire
Ainsi résonne l’écho infini des montagnes de Khaled Hosseini : L’avis de Denis    
Preuves d’amour de Lisa Gardner : L’avis de LoiseauLyse
Ephémère de Lauren Destefano : L’avis Des mots sur des pages
– 43, rue du Vieux Cimetière – Trépassez votre chemin – Tome 1 de Kate et M. Sarah Klise : L’avis de Chroniques littérairesl’avis de Noctenbule, l’avis de Coccinelle
– 43, rue du Vieux Cimetière – Il faudra me passer sur le corps – Tome 2 de Kate et M. Sarah Klise : L’avis de Sharon, l’avis de Noctenbule, l’avis de Coccinelle
– 43, rue du Vieux Cimetière – Jusqu’à ce que la morsure nous sépare – Tome 3 de Kate et M. Sarah Klise : L’avis de Sharon, l’avis de Coccinelle
Les joyaux du Paradis de Donna Leon : L’avis de Pat
Coyotes de Robert Crais : L’avis de Pat
– Silver Sparrow de Tayari Jones : L’avis de Val
– Fractured de Karin Slaughter : L’avis d’Alexielle
La demeure éternelle de William Gay : L’avis de Pat
Au delà du bien et du mal de Shane Stevens : L’avis de la Fée qui lit
Fugitive de Lauren de Stefano : L’avis Des mots sur des pages  
Une dernière chose avant de partir de Jonathan Tropper : L’avis Des mots sur des pages
La ville des serpents d’eau de Brigitte Aubert : L’avis de Val
Un été à Cold Spring de Richard Yates : L’avis des Livres de Georges
Les apparences de Gillian Flynn : L’avis de Margueritel’avis d’Adopte un livre,l’avis Des livres de Georgel’avis de Belettel’avis d’Asphodèlel’avis de Shelbylee, l’avis de Syannelle,
– La disparition de Maura de Tess Gerritsen : L’avis de Sharon
Canada de Richard Ford : L’avis de Denis
Kennedy, une vie en clair-obscur de Thomas Snégaroff : L’avis de Chroniques littéraires
– Sublimes créatures, tome 2 : 17 Lunes de Kami Garcia et Margareth Strohl : L’avis de Sharon
La petite arabe d’Alicia Erian : L’avis de Denis
Bande dessinée
Hit Girl de Mark Millar et John Romita : L’avis de Noctenbule
Construire un feu de Chaboué d’après une nouvelle de Jack London : L’avis d’Enna
Magicien, l’apprenti de Raymond Feist : L’avis Des mots sur des pages
Vilaines filles de Megan Abbott : L’avis de Plume de Cajou

Cinéma
Drôle de Noël de Scrooge de Robert Zemeckis : L’avis de Pages après pages
L’étrange Noël de M. Jack : L’avis de Pages après pages

L’expédition polaire à bicyclette – Robert Benchley

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Bref, Robert Benchley était de cette trempe d’hommes trop rares qui, toute sa vie durant, s’évertuera à montrer une Amérique triomphante que si le monde ne peut appartenir aussi à ceux qui se lèvent tard, alors franchement, où est l’intérêt?

Sacrifions sans hésiter nos préjugés mesquins sur les lève-tard, pensons donc à la journée qui nous attend et à notre productivité.

4ème de couverture
Beaucoup de gens nous ont demandé :  » Pourquoi choisir la bicyclette ? Pourquoi braver le danger ?  »
Nous sommes tout à fait conscients des risques, cependant la bicyclette nous a paru le moyen le plus logique d’atteindre le Pôle, au vu de l’équipe que nous formons. Certes, cela n’aurait pas été possible il y a encore trois ans. Mais depuis, nous avons tant appris sur le magnétisme terrestre et le pilotage de la bicyclette ! Et grâce aux nouvelles techniques d’équilibrage récemment mises au point, nous sommes persuadés d’avoir quasiment atteint le risque zéro. D’ailleurs, en cas d’accident, le point de chute le plus éloigné se situe dans un arc de cercle de 1,8 mètre de diamètre. Or, sous cette latitude (ou tout autre que nous sommes susceptibles de traverser), le taux d’accélération d’un corps en chute libre est de 6,7 mètres par seconde. Faites le calcul vous-même : vous verrez que ça ne peut pas faire très mal.


En me baladant dans une librairie, ce petit livre trônait dans les coups de coeur du libraire. Un coup d’oeil à la 4ème de couverture où c’est noté « Robert Benchley est l’un des plus célèbres chroniqueurs humoristiques de l’entre-deux-guerres aux Etats-Unis.« . Un des plus célèbres chroniqueurs humoristiques alors le livre doit être bien sympathique à lire. La déception arriva vite dans la lecture.

Robert Benchley soutenu par son journal avec des amis, décide d’aller à la conquête du Pôle Nord en vélo, pour concurrencer Richard Byrd qui lui s’y rend en hydravion. Il publia ces aventures en six parties dans Life.
Pas besoin de vous dire qui a gagné entre un hydravion et un vélo. D’ailleurs, l’auteur n’ira pas très loin, car tout est prétexte pour s’arrêter, boire et manger. Rien de bien particulier se passe et l’ennuie me gagne à chaque page tournée. Peut-être que l’humour, s’il y en a dans ce livre des année 1926-1927 ne me touche pas particulièrement. L’effet est pire à la lecture du deuxième texte La vie sportive aux Etats-Unis paru en 1930 dans Liberty Magazine où je n’y ai vu aucun intérêt.

Bref, une bien décevante lecture. Heureusement que ce n’était pas un gros livre.

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Féroces infirmes retour des pays chaud

imagesEn première page, le nom de l’auteur en rouge, le titre en minuscules noirs, une image bicolore avec un perroquet avec des échasses. Qu’est-ce que cette couverture? En plus il fait 638 pages. L’apparence est trompeuse et comme souvent, il faut aller au delà. Mais attention, dès que vous allez ouvrir le livre, vous allez vivre une aventure littéraire surprenante.

La fin de présentation de la quatrième de couverture annonce cela « De l’Amazonie au Vatican, ce roman d’aventures picaresque balaie d’un trait de plume plein d’humour quelques-uns des plus grands mystères de l’humanité. » Cela peut laisser perplexe avant la lecture mais plus du tout quand le livre est terminé. Tom Robbins, auteur de la pop culture américaine prend les gens dans un état de simple lecteurs passifs pour les rendre un plus fous ou libérés au fur et à mesure de l’histoire.

Par exemple, le titre, étrange en soi Féroces infirmes retour des pays chauds. L’auteur américain a donné en titre une citation de Rimbaud de son recueil Une saison en enfer. « Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l’œil furieux : sur mon masque, on me jugera d’une race forte. J’aurai de l’or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces Féroces infirmes retour des pays chauds. » Voilà, ici tout est dit, dans le titre, dans la référence poétique. En toute honnêteté, je n’ai découvert que cela pendant la lecture. L’auteur pense un peu à ces lecteurs peu cultivé comme moi. Merci chez Tom.

Car l’histoire, il faut bien en parler mais sans en dire trop. Tout tourne autour de Switters, agent puis ancien agent de la CIA, il aime réfléchir, la contradiction, le voyage, le sexe, la liberté d’agir et de penser. Il possède une libido débridée, aime les femmes, les filles mineurs, rêve de coucher avec sa demie-sœur de 16 ans, tombe sous le charme d’une none. Il a été élevè par sa grand-mère Maestra, grande prêtresse de l’espionnage en ligne, qui lui a appris à ne pas avoir de remord mais surtout à réfléchir. Son meilleur ami, un agent de la CIA qui a son caractère bien trempé. Voilà pour les personnages principaux.

L’histoire débute simplement. Sa grand-mère veut que son petit-fils emmène son perroquet en Amazonie pour lui rendre sa liberté. Pour cela, il doit faire un petit détour après avoir discuter avec un agent de l’agence. Mais rentre la liberté à un perroquet en plein cœur de l’Amazonie s’annonce beaucoup plus compliqué que prévu, surtout si sur le chemin vous rencontrer la tribu des Kandakanderos qui vous lance un sortilège. Le chaman a la tête pyramidale le rendant infirme va lui faire découvrir le monde autrement. Mais il ne va pas en rester là à 5 centimètres au dessus du sol. Après la lamentation, la résiliation vient le temps du changement et du brisement du tabou amazonien.

Poussés par le vent, des nuages rasaient la surface du détroit comme des vesses-de-loups de duvet bactérien humide, et les deux hommes pouvaient presque sentir le goût de la moisissure dans l’air. L’atmosphère était de plomb et ténue à la fois, comme composée de quelque nouvel élément défiant les lois connues sur le poids atomique, et que seuls des habitants nés dans le Nord-Ouest auraient été capables de respirer.

Il part pour une mission et échoue en plein cœur du Moyen-Orient entouré de nonnes, au sein de l’ordre de St Pacôme qui milite pour la contraception des femmes dans le monde. Ces chrétiennes protègent un bien précieux : la troisième prophéties de Fatima qui va transformer le monde. L’interprétation de la prophétie permet à chacun de faire ces interprétations. Et si Switters avait la véritable interprétation? Si c’était lui qui pourrait ouvrir la porte à une nouvelle ordre?

Drôle, malin, surprenant et surtout magnifiquement bien écrit, car le sens des mots est bien pesé et soupesé. Ce type a fait plus de sales trucs dans sa vie qu’une pute dans une mine de charbon. Un livre dont on ne le relit pas tout de suite, il faut du temps pour digérer la densité et l’ingéniosité des mots et des références. A la fin de la lecture, je me suis demandée comment j’ai bien pu passer à côté d’un tel livre si longtemps. C’est dans ces moments que j’ai envie de me diriger vers la librairie et d’embrasser le libraire qui me l’a que trop recommandé. Est-il possible de ne pas vouloir continuer de découvrir son œuvre et son univers? Non, après ce choc des mots, la loufoquerie fera toujours partie de moi. Il y a des lectures dont on garde un long souvenir, un sentiment de bien-être, de chose étrange, bref une lecture qui ne nous laisse pas indifférent. Là c’est absolument le cas. Mais attention, il ne faut pas le mettre entre toutes les mains, adaptes du roman roses, passe ton chemin. Car même si il tombe sous le charme de la none et l’a demande en mariage cela ne voudra pas dire qu’ils auront des enfants et seront heureux, même en compagnie d’un tube de vaseline. Attention aussi oreille chaste, car ici peu de tabou, on pénètre dans le vif du sujet. Toutefois, on discute, on échange et on se contredit quelque soit le sujet. De plus, l’auteur fait référence à beaucoup de choses réelles dans son argumentation, l’encrant encore plus dans le réel.

Bon sang, finit-il par murmurer en secouant la tête. Si J. Robert Oppenheimer avait autant réfléchi, ce n’est pas le bombe A qu’il aurait inventé, mais le vidéo poker.   

Si les hommes étaient capables d’inventer des réfrigérateurs autodégivrants et des fours autonettoyants, pourquoi la nature n’avait-elle pas réussi, dans toute la splendeur complexe de sa créativité, à nous fabriquer des dents autobrossantes?
– Il y a la naissance, il y a la mort, et entre les deux, il y a l’entretien, marmonna t’il.

Si l’aventure d’un nouveau style littéraire vous tente et que vous êtes prêt à être surpris, je crois que vous pouvez les yeux fermés lire ce Féroces Infirmes. Et comme un bon chocolat, vous voudriez tout mangé d’un coup mais le plaisir n’en sera que plus furtif. Alors vous ferez durer le plaisir de ces mots. Vous regarderez votre sac où ce cache le pavé et la journée de travail paraîtra plus courte car à la fin, ce délice étrange, ce livre.

Ce qu’en dit la presse
Lire : Ce conteur résolument plombé du tuyau ressuscite l’esprit hippie avec ce gros roman d’aventures et d’espionnage sous psychotrope.
Le canard enchaîné : Un sacré courant d’air, un bain d’oxygène. Un traitement écologique à l’usage de l’humanité.
Le Point : Sa prose a tellement de classe qu’on en a les neurones éblouis. Sa capacité d’invention est telle qu’on se dit qu’il devrait donner des cours à tous les jeunes romanciers.
Chronic’art : Absurde, loufoque, vicieux, rythmé, outrageux et irrésistiblement, drôle, cet énorme roman d’aventures en Technicolor à l’intrigue joyeusement tarabiscotée forme à coup sûr l’une de nos plus attachantes lectures de ces derniers temps.

Du même auteur
B comme Bière

Dans le même genre
La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole
Le vieux qui ne souhaitait pas son anniversaire

wonder challengeus Jaimemonlibraire

Esprit d’hiver de Laura Kasischke

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4ème de couverture
Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Laura Kasischke propose un nouveau livre pour la rentrée littéraire avec Esprit d’hiver. Un esprit qui se perturbe en ce jour de Noël. Que ce passe t’il? Pourquoi? Voilà les questions qui vont vous tenir en haleine durant les 276 pages que compose le roman.

Holly se réveille et quelque chose la travaille, une phrase qui passe en leitmotiv dans sa tête. Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. Elle voudrait l’écrire mais quelque chose l’en empêche. Les faux prétextes pour ne pas écrire sont légions malgré la nécessité que cela lui apparaît.

Elle repense à sa fille. Accompagnée de son mari, ils sont partis la chercher. Dès qu’ils ont rencontré son regard, ce fou un coup de coeur immédiat. Ce ne pourrait être que ce bébé. Lorsqu’ils sont revenus le rechercher pour l’emmener aux Etats-Unis, elle avait beaucoup grandit. Est-ce normal? Qu’importe l’Amour sera la chose la plus importante.

Pourtant ce Noël débute mal. Tatiana n’est pas venue les réveiller comme les années précédentes. Personne n’a entendu le réveil et toute la famille va venir à la maison. Rien n’est préparé. Un peu d’affolement commence à envahir Holly. Son mari doit partir en urgence chercher ces parents à l’aéroport. Puis vint la neige qui recouvre tout et tellement vite. La maison s’habille de silence. D’ailleurs, les mots construisent une atmosphère très particulière.

C’est peut-être cela le talent de Laura Kasischke, l’écriture. Aucun mot en trop. Aucun mot qui n’exprime trop ou pas assez. Mais le ton grave donné dès la première page annonce forcément une chose grave que l’on ne pourra découvrir qu’aux dernières pages. Un phénomène d’attraction/répulsion se fait en cours de lecture. Ai-je envie de connaître la fin? Je pense connaître la fin mais ai-je envie de vérifier? Mais je vais au bout. La réponse à mes questions se fait avec une certaine déception et une pointe d’ennui. Malgré tout le livre va s’inscrire dans ma mémoire, dans l’horreur des mots et de la situation.

Lu dans le cadre du match de la Rentrée littéraire de Price Minister. 12/20

L’avis de Mrs Bl’avis de Sharonl’avis de Denisl’avis d’Adopte un livreL’avis de l’Exigeante

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Les lectures du mois de novembre

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Liste des suggestions de LC
Par auteurs :
– Un livre de Joyce Carol Oates  :
– Délicieuses pourritures : L’avis Des mots sur des pages, l’avis Des mots et des notes
Mudwoman : L’avis de A propos de livresL’avis des Livres de George, l’avis de Natiora, l’avis de Val
La légende de Bloodsmoor : L’avis d’Adalana

– Un livre de Karen Louise Erdrich pour le 25 novembre : Denis, Des mots et des notesLire sous le magnolia, Anne,

Par titres 
Certaines n’avaient vu la mer de Julie Otsuka : L’avis de NoctenbuleL’avis de Les livres de Georges, l’avis d’Enna, l’avis de Marguerite, l’avis des mots sur des pages
– La conjuration des imbéciles de John Kennedy : L’avis de Valentyne, l’avis de Noctenbule
– La disparition de Jim Sullivan de Tanguy Viel : L’avis de Plaisir à cultiver, l’avis de Noctenbule, l’avis en Denis, l’avis de l’Exigeante

Livres 
Contes de la folie ordinaire de Charles Bukowski : L’avis de Noctenbule
Woman de Charles Bukowski : L’avis d’Elela
Fitzgerald, le désenchanté de Liliane Kerjan : L’avis de Val
Le cercle littéraire des amateurs de patates de Mary Ann Shaffer : L’avis de Metaphore
22/11/1963 de Stephen King : L’avis de Metaphore
Misery de Stephen King : L’avis de Grigrigredin
Carrie de Stephen King : L’avis d’Adalana
Docteur Sleep de Stephen King : L’avis de Val
Désolation de Stephen King : L’avis d’Alexielle
– Skeleton Creek – Le corbeau – Tome 4 de Patrick Carman : L’avis de Pages après pages
La maison des miroirs de John Connolly : L’avis de Pat
La cloche de détresse de Sylvia Plath : L’avis de Blogart, l’avis de La jument verte
Hide de Lisa Gardner : L’avis de Mrs B
– Les morsures du passé de Lisa Gardner : L’avis de Mrs B
84, Charing Cross Road d’Helen Hanff : L’avis de Metaphore
16 lunes de Kami Garcia et Margareth Strohl : L’avis de Sharon
Canada de John Ford : L’avis de l’Exigeante, l’avis de La petite marchande de prose
Cinq jours de Douglas Kennedy : L’avis de Val
– Le dieu de New-York – Timothy Wilde – Tome 1 de Lyndsay Faye : L’avis de Shelbylee
Les filles de l’Ouragan de Joyce Maynard : L’avis Des mots et des pages, l‘avis d’Adalana
– Dans la lumière de Barbara Kingsolver : L’avis de Pat
Adieu Gloria de Megan Abbott : L’avis de La petite marchande de prose
L’oiseau Canadèche de Jim Dodge : L’avis de Noctenbule
Le colosse de New-York de Colson Whitehead : L’avis de Camille
Des horizons rouge sang de Scott Lynch : L’avis d’Adalana
Pénélope Green : l’affaire Bluewaters – Tome 2 de Béatrice Bottet : L’avis d’Elodie
Un destin d’exception de Richard Yates : L’avis de Titine
– Des souris et des hommes de John Steinbeck : L’avis de A propos de livresl’avis d’Enna, l’avis de Metaphore
Dalva de Jim Harrison : L’avis de Mimipinson
Et en même temps toute la terre et tout le ciel de Ruth L. Ozeki : L’avis Des mots sur des pages
Wilderness de Lance Weller : L’avis de Sylire
Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe : L’avis d’Adopte un livre
Défendre Jacob de William Landay : L’avis d’A propos de livres
Une fille comme les autres de Jack Ketchum : L’avis d’A propos de livres
– Le géranium sur la fenêtre vient de mourir mais toi maîtresse, tu ne t’en es pas aperçue d’Albert Cullum : L’avis de Louise
– Galveston de Nic Pizzolat : L’avis de Pat
Un linceul n’a pas de poches de Horace Mc Coy : L’avis de Belette
Le chat noir d’Edgar Poe : L’avis des Livres de George
L’esprit d’hiver de Laura Kasischke : L’avis de Mrs B, l’avis de Sharon, l’avis de Denis, l’avis d’Adopte un livre, l’avis de Twenty Three Peonies
Herland de Charlotte Perkins Gilman : L’avis de Laurence, l’avis de Lire sous le magnolia
Clair de lune de Jeffery Deaver : L’avis de Lila
Divergent de Véronique Roth : L’avis de Marguerite
– No country for old men -Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme de Corman McCarthy : L’avis d’Enna
– Les apparences de Gillian Flynn : L’avis de Marguerite, l’avis d’Adopte un livre, l’avis Des livres de George, l’avis de Belette, l’avis d’Asphodèle, l’avis de Shelbylee
– Triple crossing de Sebastian Rotella : L’avis de Pat
Dans la lumière de Barbara Kingsolver : L’avis de Chinouk
– Absences d’Alice LaPlante : L’avis de Val
Des gens comme les autres de Alison Lurie : L’avis des Livres de Georges
– Courir sur la faille de Naomi Benaron : L’avis d’Enna
L’élu de Chaïm Potok : L’avis d’Y d’la joie!
L’invention de nos vies de Karine Tuil : L’avis de Marguerite
Drood de Dann Simmons : L’avis de Rachel
Cool de Don Winslow : L’avis de Pat
–  Compagnie K de William March : L’avis des lectures de Léo, l’avis de Sharon, l’avis de Noctenbule
 Chasseuse de la nuit, tome 6 de Jeaniene Frost : L’avis de Sharon
– 18 Lunes de Margareth Strohl et Kami Garcia : L’avis de Sharon
Nos étoiles contraires de John Green : L’avis d’Ennal’avis de Sylire, l’avis de Mrs Bl’avis d’Elela, l’avis de Marguerite
La contrée immobile de Tom Drury : L’avis de Pat
– La fabrique des illusions de Jonathan Dee : L’avis d’Adalana
Un petit boulot de Ian Levisson : L’avis de Leshakilis
Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson : L’avis de Plaisir à cultiver
La cérémonie de Marmon Silko : L’avis de La petite marchande de prose
– Sur l’autre rive du Jourdain de Monte Schultz : L’avis de Val
– La mort dans l’âme de Jeaniene Frost : L’avis de Sharon
– L’Affaire Charles Dexter Ward de Lovecraft : L’avis de RoseL’avis de Rachel, l’avis de Yuko
Serena de Ron Rash : L’avis de Belette


Bande dessinée
Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins) de Sarah Glidden : L’avis d’Enna
Motherfucker – Tome 2 – Sylvain Ricard et Guillaume Martinez : L’avis de Noctenbule
New-York de Miroslav Sasek : L’avis de Noctenbule
Maus d’Art Spielgelman : L’avis de Lire sous le magnolia

Cinéma
– Les films d’octobre de Readingnotes
Misery : L’avis de Pages après pages
Inside Llewyn Davis : L’avis de Natiora
Le monde de Charlie : L’avis de La fée lit

Série
– Mad man : L’avis d’Adalana
– Breaking Bad : L’avis de Twenty Three Peonis

Cuisine
– Jambala : La recette d’Elodie
– Gratin de macaronis au fromage : La recette d’Elodie
– Carrot Cake : La recette d’Elodie

Compagnie K – William March

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Décembre 1917. Une compagnie de l’US Marines Corps débarque en France et est envoyée au front. Pour la première fois, les hommes de la Compagnie K découvrent la guerre : attaques de nuit, balles qui sifflent, obus qui explosent, ordres absurdes, grondement de l’artillerie, la pluie et le froid, la tentation de déserter. Les cent-treize soldats qui composent cette compagnie prennent tour à tour la parole pour raconter leur guerre, toutes les guerres. L’un après l’autre, ils décrivent près d’un an de combats, puis le retour au pays pour ceux qui ont pu rentrer, traumatisés, blessés, hantés à jamais par ce qu’ils ont vécu.


Ils se nomment Joseph Delaney, Rowland Geers, Jerry Blandford, Carter Altas… et ils sont soldats, caporaux, capitaines, lieutenants… William March nous propose 113 portraits d’hommes américains qui sont partis faire la guerre pendant la première guerre mondiale.

L’auteur a participé à ce conflit et mettra plus de 10 ans à écrire sur livre qui sera publié en 1933. Les éditions Gallmeister publie pour la première fois ce roman qui parle d’un sujet très rarement abordé dans la littérature américaine. La forme du roman est elle même un peu particulière car William March ne raconte pas ce qui c’est passé avec les hommes présents. Il leur donne la parole par chapitre. Chacun parle de son vécu, de ces peurs, de ces craintes, de ce qu’il aime, de ce qui lui manque… L’histoire est présentée de façon chronologique car à la fin de l’ouvrage, certains parlent de leur retour au pays, de leur retour dans une autre réalité qu’il soit mutilé ou non. Une succession de témoignages et de points de vue très différents des uns et des autres qui donne une idée des conditions de la guerre.

J’aimerais que les types qui parlent de la noblesse et de la camaraderie de la guerre puissent assister à quelques conseils de guerre. Ils changeraient vite d’avis , parce que la guerre est aussi infecte que la soupe de l’hospice et aussi mesquine que les ragots d’une vielle fille.

La guerre est injuste, l’auteur en est convaincu. Elle permet aux hommes de faire ressortir leur mauvais côté comme les bons. On ne s’étonne pas de la lâcheté, de la haine, de la violence, du mensonge, du désespoir…

Je n’ai jamais cessé d’être fasciné par cette chose qu’on appelle la nature humaine, qui a ses heures de beauté et ses heures d’abjection, ni par l’océan de bêtise calme qui s’étend entre les deux.

Mais les pages se tournent et malgré l’originalité des portraits, des certaines histoires, je m’ennuie terriblement. Si c’est 113 hommes qui parlent de leur expérience pourquoi c’est toujours la même écriture, le même vocabulaire, les même formulations. 113 hommes donc des personnalités différentes et des visions différentes. D’autant plus, que chacun venait de milieu social assez hétéroclite alors pourquoi cette unité d’écriture? Et pourquoi ces portraits d’hommes en les faisant parler après la mort?  J’ai fini le livre et c’est avec plaisir que je vais le rendre à la médiathèque.

Lien vers les éditions Gallmeister

Wonderpatate challengeus

La conjuration des imbéciles – John Kennedy Toole

images-6images-8 4ème de couverture

A trente ans passés, Ignatus vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C’est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre… Chef d’oeuvre de la littérature américaine, La Conjurations des imbéciles offre le génial portrait d’un Don Quichotte yankee inclassable, et culte.

 Souvent, on entend dire qu’un livre est culte et qu’il faut absolument le lire. Qu’il serait vraiment dommage de passer à côté. Je n’ai jamais été sensible à ce genre d’arguments et très peu de fois, j’ai été d’accord après lecture. Mais pour pour ce livre, je vais faire une exception. Je remercierai très chaleureusement mon libraire de me l’avoir conseillé. Il m’a parlé du livre et ces 534 pages, une petite appréhension est montée en moi. Je l’ai acheté mais il restait dans les étagères à attendre que je l’ouvre. Le challenge et la motivation par une géniale blogeuse m’ont poussé à le lire et j’avoue que j’en suis très satisfaite.  Alors, maintenant à moi de vous présenter le livre comme si j’étais une bonne libraire.

Tout d’abord, il me faut vous présenter l’auteur John Kennedy Toole. Né en 1937 en Louisiane, il grandit dans une famille aimante. Sa passion pour l’écriture lui a permis d’écrire deux romans. Il proposa ces manuscrits mais personne n’a accepté de les publier. A 31 ans, il décida de se suicider en reliant son pot d’échappement à sa voiture. Sa mère, convaincue du talent de son fils, elle présenta partout où elle pouvait La conjuration des imbéciles jusqu’à sa rencontre avec l’écrivain Walker Percy. Sa persuasion à inciter l’homme à le lire qui à  tout de suite été séduit. C’est ainsi qu’en 1980 le roman est publié et couronné du prix Pulitzer en 1981.

L’histoire pourrait paraître assez simple. On suit un personnage : Ignatus Reilly. Il lui arrive toujours des mésaventures. Mais pourquoi considérer un livre culte juste avec cela comme contenu? Et bien, on rencontre un personnage haut en couleurs et pas avec beaucoup de nuance.

Lorsque j’ai commencé la lecture, j’ai eu quelques difficultés à rentrer dans l’histoire. Une écriture un peu spéciale, un peu lourde. Puis au bout d’une vingtaine de page, le mode de communication enregistré on rentre dans l’histoire. Et là, il faudra passer aussi en dessus de sa colère. Il faut le savoir d’emblée Ignatus est un être détestable. Gros, gras, laid, feignant, hautain, irascible, égocentrique, excentrique, raciste, homophobe…. Je n’avais qu’une envie, le rencontrer et lui foutre un bon coup de pied dans le cul et une grande baffe dans la gueule pour remettre les idées en place. A chaque fois qu’il fait quelque chose, une grosse catastrophe arrive par la suite.

Il se complaît dans son physique ingrat couplé avec son chapeau vert avec des partis lui tombant sur les oreilles qu’il n’aime pas quitter. Et il aime se sentir toujours supérieur aux autres. Il considère sa mère qui aime bien boire, comme sa domestique. Il aime aller au cinéma, parler fort pendant les séances et critiquer inlassablement. De même, il regarde des programmes débiles à la télévision pour se sentir au dessus de cela. Bref, un mec imbuvable. Mais ce n’est pas tout. Il s’est même inventé une maladie gastrique, un anneau pylorique. Ce qui ne l’empêche pas de se goinfrer de saucisses, macarons, gâteaux, beignets… Dès qu’il est contrarié, il se sent ballonné et produit de nombreuses flatulences et éructations tout aussi bien sonore qu’odorant.

Sa chambre où règne un bordel monstrueux où est éparpillé de nombreux cahiers ou tout comme les draps sont recouverts de miettes de nourritures et de sperme. Il couche ces pensées en étant convaincu de leur haute valeur. Par chance ou pas, on découvre ces écrits qu’il partage avec le lecteur. Le rire se mélange d’exaspération. Malgré tout, je me sens obligé de m’accrocher au personnage. Il assume. C’est un personnage entier, authentique même s’il vie sur une planète assez peu peuplé. En effet, Myrna amie-ennemie avec qui il a étudié partage avec lui sa folie. En dix d’université il est arrivé à avoir une licence.

A 30 ans, il doit trouver de l’argent pour rembourser les frais occasionné à un tiers lors d’un accident dont il est en parti responsable. Il va devoir travailler. Le périple débute. Une galerie de personnages se rajoutent au fur et à mesure : sa mère, M. et Mme Levy, Mancuso, Dorian…. Sont-ils plus normal qu’Ignatus? Il permets de montrer la folie qui habite un peu chacun de nous.

Bref, une lecture surprenante qui a provoqué autant en moi de la colère, du désespoir, de l’exaspération, du rire, des sourires et de l’addiction. Car en effet, je ne pouvais plus quitter mon livre avant de l’avoir terminé. Que pouvait-il encore inventé? Que pouvait-il bien lui arrivé? Et même fini, j’aurai voulu continuer à découvrir ce personnage.

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