Les gardiens du Louvre – Jirô Taniguchi

Tanigushi_les_gardiens_du_Louvre_vignetteJiro Taniguchi décide de nous raconter le voyage d’un jeune auteur japonais à Paris. Il est très malade mais il veut quand même aller visiter le Louvre, chose qu’il avait prévu de faire il y a un moment. Sa visite ne va pas se passer comme il le croyait, une rencontre va l’émerveiller.

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Elle s’appelait Tomoji – Jirô Taniguchi

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Jirô Taniguchi propose un nouveau voyage au coeur du Japon. Dans une contrée lointaine, dans le département de Yamanashi, en 1925, an 14 de l’ère Taishô, nous allons rencontré notre héroïne, Tomoji Uchida, 13 ans. Un moment important de sa vie va commencer à partir de là, et va nous être conté.

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Le journal de mon père – Jirô Taniguchi

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On retrouve les thèmes chers à Taniguchi : la famille, le voyage, l’introspection et la relation au père dans ce nouveau manga. La simplicité du trait, de l’histoire m’a tout de suite emmené dans l’histoire. Pas de fioritures, pas d’éléments superficiels pour faire du remplissage, tout est pensé avec justesse pour que le personnage nous semble vrai, authentique.

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Le Gourmet solitaire – Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

Unknown

Les japonais aiment beaucoup les étrangers, et on vit très bien comme travailleur émigré au Japon… surtout si on n’est pas noir, pas Chinois, pas Coréen, pas une femme, pas un homosexuel, pas asiatique, pas musulman et pas Américain.

La nourriture au Japon se range en deux grandes catégories, selon sa fonction : celle que l’on prend pour se restaurer et celle que l’on prend pour accompagner l’alcool. Plus précisément, sans riz, les mets s’articulent autour de l’alcool qu’on boit en grignotant. Un gourmet qui ne boit pas d’alcool est une sorte de loups solitaire. L’empêcher de prendre du riz et de faire un repas licite, quand tout le monde autour de lui boit, c’est comme lui rappeler agressivement son « orientation gustative ».  

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4ème de couverture
On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n’est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c’est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires… Cet homme, c’est le gourmet solitaire. Chaque histoire l’amène à goûter un plat typiquement japonais, faisant renaître en lui des souvenirs enfouis, émerger des pensées neuves, ou suscitant de furtives rencontres. Imaginé par Masayuki Kusumi, ce personnage hors du commun prend vie sous la plume de Jirô Taniguchi. Le Gourmet solitaire est un mets de choix dans la collection Sakka.

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Première surprise en ouvrant le livre, il se lit comme un véritable manga. On commence par la fin en lisant de droite à gauche. Un choix surprenant pour Casterman qui a édité bien d’autres ouvrages de l’auteur dans le sens de lecture français. Peut-être que le plongeon dans la véritable culture japonaise à imposer ce sens de lecture. Cela ne me gène absolument pas.

Puis le livre débute par une introduction du traducteur, chose rare qui rend hommage avec bonheur à l’histoire qui va suivre. « Le Gourmet solitaire, il faut le lire comme on voit et revoit dix fois un film qu’on aime. Un film d’Ozu… ou de Truffaut, de Cassavetes, de Tarkovski… Lu comme on lit trop souvent une BD, à la va-vite, en surfant sur les images, vous passeriez à côté du meilleur. Comme on boit un grand vin, oui, c’est çà. Imaginez un grand bourgogne, ou même pas.. disons un honnête Valençay. C’est en sifflant un verre culsec que vos papilles vont réussir à trouver les notes florales, le pamplemousse, le persillé, n’est-ce pas? Et bien, Taniguchi, c’est pareil. Ce n’est pas de la BD fast-food, c’est le cas de le dire. C’est de la cuisine du patron, c’est du pot-au-feu de la grand-mère de Limoges, et parfois, c’est des cerises au sirop d’Alphonse Daudet. » Par moyen de ne pas comprendre. D’accord, je vais prendre mon temps pour lire, voir et écouter.

Voilà maintenant, je suis confortablement installée dans mon canapé, je pourrais presque me préparer un thé fumé. L’homme vagabonde toujours seul à la quête d’endroits pour se restaurer. L’obsession qu’il partage avec nous, c’est celle de combler son estomac. Comme d’habitude avec Taniguchi, on apprécie le plaisir de la marche, de la solitude, de prendre son temps, de se laisser porter par la hasard. Le voyage culinaire avec les algues nori des rochers, peau de tôfu crue à la kyôtoïte, manjû grillé, shûmaï, sanchu, sukiyaki, algues hijiki bouillies m’a emmené vers des saveurs qui me sont totalement inconnues.

Je découvre des plats dans un grand calme, une certaine douceur où se mélange l’émotion et les souvenirs. Je tente en vain de regarder les personnages, de m’imaginer dans les restaurants, de convertir les yens en euros. J’essaie de percevoir le chant des oiseaux, le bruit de la mer, le cri des clients disant ce qu’ils souhaitent manger… Les pages se tournent simplement, avec lenteur. Zut plus d’histoire. Cela se conclue par une postface de Masayuki Kusumi qui fait l’apogée de la nourriture, du bien-être que cela lui produit…

J’avoue avoir eu quelques peurs à la lecture, c’est pour cela d’ailleurs que j’ai repoussé sa lecture. Maintenant, j’ai très envie de découvrir la vraie nourriture japonaise, pas celle que l’on trouve forcément partout avec sushi ou brochette. Un jour peut-être j’adorerai les desserts aux haricots rouges aussi. Une belle balade culinaire qui m’a fait voyager.

Adaptation
Drama de 12×24 minutes diffusé sur TV Tokyo en 2012, scénarisé par Masayuki Kusumi qui apparaît à la fin de chaque pour épisode pour présenter le restaurant qui a servi de décor.

D’autres livres de Jirô Taniguchi
L’homme qui marche
La montagne magique
Le promeneur
Un zoo en hiver
Quartier Lointain
Un ciel radieux 
Le journal de mon père

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Quartier Lointain tome 1 et 2 – Jirô Taniguchi

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Moi, Hiroshi Nakahara, 48 ans, j’étais dans la peau d’un gamin de 14 ans que j’avais été… Une telle chose pouvait-elle être possible? Vue de ma fenêtre, je redécouvrais la ruelle plongée dans la pénombre… La peur montait en moi. Et si ce n’était pas un rêve… Si j’étais tout simplement devenu fou?

Personne ne devient jamais vraiment adulte… L’enfant que nous avons été est toujours là, bien vivant, tout au fond de nous. Il est comme ce ciel… Avec le temps, nous croyons grandir… Mais la maturité n’est qu’un leurre, une entrave à notre âme libre d’enfant.

Toute la tristesse… toute la solitude du monde étaient dans son étreinte. Une femme en larmes.. Sa poitrine amaigrie pressée contre la mienne… Dieu que c’était douloureux!

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Quatrième de couverture
Homme mûr de 40 ans, transporté dans la peau de l’adolescent qu’il était à 14 ans, Hiroshi continue la redécouverte de son passé. Questionnant sa grand-mère, ses parents, ses amis, il réalise tout ce qui lui avait échappé lorsqu’il était jeune. Et petit à petit, l’année scolaire avançant, il voit se rapprocher la date fatidique où son père disparaîtra, pour toujours, sans aucune explication. Peut-il changer son passé ou est-il condamné à le revivre, impuissant ? Et retrouvera-t-il son existence normale, sa femme et ses enfants ?

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Ce n’est pas sans une certaine émotion que je relis ces deux mangas. Je les lus adolescente à la médiathèque de ma ville qui venait tout juste d’ouvrir. Il y avait peu de manga en rayon à part celui-là et Akira. De plus, récemment je suis allée voir sa sublime adaptation au théâtre, où l’univers de l’auteur y est respecté et honoré.

On retrouve les grands thèmes propres à Taniguchi : la famille, l’enfance et la nature. J’aimerai parfois m’endormir et me réveiller quand j’étais jeune avec ma mémoire et percevoir autrement ce qui nous entoure. Ici, le héros essaie de comprendre pourquoi son père quitte sa famille, une interrogation qui le hante. A 48 ans, avec un court échange avec lui, il pourra au mieux le comprendre et voir aussi son propre comportement avec sa famille. Il découvre sa famille avec un nouveau regard, car quand on a 14 ans on ne pense qu’à soi, qu’à s’amuser. On ne s’intéresse pas au monde des adultes.

Ce nouveau regard sur son enfance le perturbe tout comme cela l’enchante. La construction de l’histoire est un ravissement car on découvre l’évolution des technologies, la modification de la ville et des gens. Le cimetière se trouve au coeur de l’histoire, où naît un nouvel homme. J’ai été touché par la simplicité de l’histoire avec cette délicate inclusion de science fiction. Un voyage dans le temps qui permet de mieux se connaître et d’apprécier les petits bonheurs du quotidien. Un véritable coup de coeur.

Prix
1998 : Prix d’Excellence du Festival des arts médias de l’Agence pour les affaires culturelles au Japon, catégorie Manga
2003 :  l’Alpha’Art du meilleur scénario et le prix Canal BD au Festival d’Angoulême

Cinéma
L’adaptation est sortie en salle le 24 novembre 2010 réalisé par Sam Garbarski. L’action par contre se déroule en France, à Nantua. Le héros se prénomme Thomas. La bande son est composé par Air.

Théâtre
L’adaption s’est faîtes en Suisse en 2009 sous la plume de Carine Corajoud avec une sublime mise en scène de Dorian Rossel. Voir le site de la compagnie : www.supertroptop.com/quartier/quartier.htm.

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L’avis de Yuko : art-enciel.over-blog.com/article-quartier-lointain-de-jiro-taniguchi-105262564.html

Du même auteur
L’homme qui marche
Un ciel radieux
La montagne magique
Le promeneur
Un zoo en hiver
Le Gourmet solitaire
Le journal de mon père 

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Le promeneur – Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

imagesUne maison neuve et une vielle maison en bois, on dirait un puzzle.

A chaque coins de rue, il y avait des choses… qui faisait peur aux enfants. Mais… ces réseaux enchevêtrés de lignes électriques. Cette accumulation chaotique a bizarrement quelque chose… de rassurant.

 

4ème de couverture
À la faveur des petits événements ordinaires de sa vie professionnelle et personnelle (la recherche d’un vélo disparu, une réunion de travail au sommet d’une tour de bureaux, etc.), un quadragénaire se laisse aller à des escapades impromptues au hasard de la géographie urbaine, sur les innombrables chemins de traverse qu’offre la grande ville – pour peu qu’on sache les voir et s’y abandonner… Une balade après l’autre, cette pulsion vagabonde prendra bientôt les allures d’un cheminement sentimental au fil des méandres de la mémoire, ponctuées d’images inopinément ressurgies de l’enfance et de la jeunesse du promeneur. Conçues par Masayuki Kusumi, déjà scénariste des histoires culinaires du Gourmet solitaire, ces déambulations nostalgiques, à la tonalité nonchalante et chaleureuse, ont initialement été publiées au Japon dans un magazine d’art de vivre, Tsuhan Seikatsu. Interprétées dans le registre intimiste dont Jirô Taniguchi a fait son signe distinctif depuis L’Homme qui marche, transfigurées par son humanisme pudique et serein, elles acquièrent une résonance universelle, dans laquelle se retrouveront les nombreux fidèles du maître japonais.

Jirô Taniguchi avait déjà travaillé avec Masayuki Kusimi dans Le Gourmet Solitaire, où la ballade dans la ville tient un rôle important. On y retrouve cette plume propre au dessinateur qui nous emmène là où on va se surprendre. Là ou la poésie côté l’espoir et le plaisir. Il fait l’éloge des bonheurs simples de la vie à la portée de tous. Une rupture avec son quotidien peu se faire simplement.  Si pour une fois, on rentrait à pied ou on prenait une partie du chemin de retour à pied? Si un soir, en rentrant l’esprit brumeux, on prenait le temps de découvrir son quartier. Quand on repars dans la ville de notre enfance, on allait voir l’évolution des boutiques de notre enfance : boulangerie, librairie, salon de thé…. Voilà ce qu’il recommande à travers son personnage qui redécouvre sa ville, avec un brin de nostalgie.

Le choix du noir et blanc ne  dérange pas. Il sublime les lieux où se mélange l’ancienne ville de la nouvelle. Les rencontres avec d’anciens amis, la ballade d’un chien, la redécouverte d’un livre d’enfance, la découverte d’un restaurant donne un aspect véridique. Il m’a tellement donné envie de me balader et de renforcer ma passion de me perdre dans les villes, les yeux innocents. Un vrai délice de lecture que je conseille à tous et ainsi voir ce qui l’entoure autrement.

Critique de la presse
Marianne : « Jirô Taniguchi est sans doute le seul à avoir mixé avant autant de talent le manga et la BD occidentale. Sa renommée planétaire s’appuie sur ce principe étrange d’un graphisme épuré au service du drame psychologique. »

Si vous avez aimé, vous aimerez
L’homme qui marche

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