René, qu’est-ce qui te fait vivre? à la Maison des Métallos

thumbLaurence Vielle, auteure et comédienne a décidé de donner la parole à ceux qui vivent où passent un moment dans un centre hospitalier psychiatrique. Accompagnée d’un musicien, Bertrand Binet et d’une plasticienne, Eva Grüber, ils donnent une autre réalité aux réponses à la question : Qu’est ce qui te fait vivre ? Lire la suite

La moustache – Emmanuel Carrère

51QMTH1EESLTitre : La moustache
Auteur : Emmanuel Carrère
Folio n°1883
Publication : 24 novembre 1987
Nombre de pages : 182

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4ème de couverture
Ayant vidé la poubelle sur le trottoir, il trouva vite le sac qu’on plaçait dans la salle de bains, en retira des coton-tiges, un vieux tube de dentifrice, un autre de tonique pour la peau, des lames de rasoir usagées. Et les poils étaient là. Pas tout à fait comme il l’avait espéré : nombreux, mais dispersés, alors qu’il imaginait une touffe bien compacte, quelque chose comme une moustache tenant toute seule. Il en ramassa le plus possible, qu’il recueillit dans le creux de sa main, puis remonta. Il entra sans bruit dans la chambre, la main tendue en coupelle devant lui et, s’asseyant sur le lit à côté d’Agnès apparemment endormie, alluma la lampe de chevet. Elle gémit doucement puis, comme il lui secouait l’épaule, cligna des yeux, grimaça en voyant la main ouverte devant son visage.  » Et ça, dit-il rudement, qu’est-ce que c’est?  »

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La moustache, voilà un titre qui promet tout un roman, d’ailleurs c’est le choix qu’à fait Emmanuel Carrère. Il aime tellement cette petite zone velu entre le nez et les lèvres, qu’il a décidé de raconter l’histoire d’un homme et du fait qu’un jour il décida de se raser.

L’homme, juste présenté sous le nom de Il, décide pour se surprendre et surprendre sa femme de se raser pas uniquement les côtés de son visage mais aussi sa moustache, qu’il porte depuis 10 ans. Mais voilà, sa femme, Agnès ne remarque rien. Pour elle, il n’a jamais porté de moustache puis ces amis, son boss et d’autres personnes qu’il rencontre fréquemment. La question de la folie alors se pose. Qui perd pied alors le mari ou la femme? Mais lorsque soudain, il apprend que son père est mort depuis 1 an alors qu’il l’a entendu hier sur son répondeur, il perd pied. A partir de ce moment, le roman part dans tous les sens.

Et oui, Il se met à douter de la sincérité de sa femme et de son ami et patron. Alors hop, il va à l’aéroport et prend le premier vol qui va l’emmener à Hong Kong. Là bas, il se perd un peu en lui en même en se posant d’incessantes questions jusqu’à l’idée que tout pourrait redevenir normal s’il se laissait pousser la moustache. Bien entendu, lorsqu’elle repousse sa femme apparaît comme par hasard dans sa chambre d’hôtel comme si elle avait toujours été là. C’est le poil de trop qui va le mener à sa fin. La quatrième de couverture nous avait prévenu. Il ne faut pas commencer par la fin car sinon on reste dessus.

En effet, qu’est-ce qui est passé par la tête d’Emmanuel Carrère pour écrire ce roman d’une part mais surtout cette fin si horrible tout en souffrance. Une fin qui arrive assez vite qui tombe comme un poil sur la soupe qui couperait la faim. C’est une certitude. Heureusement, que l’affreuse couverture, avec la peinture Le dieu des coiffeurs d’Otto Dix , va dissuader quelques lecteurs potentiels. J’aurais plutôt vu une couverture plus surréaliste comme Ceci est une pipe de René Magritte, plus en rapport a t’il une moustache ou pas?

Ok, l’auteur a voulu se distancier de son héros qui n’a pas de prénom. Il a voulu parler de la folie de façon originale. Mais voilà cela ne m’a pas du tout séduite. Le personnage principale fuit trop vite et après tout part en cacahouète. L’auteur s’était-il fixé un nombre de pages limites à ne pas dépasser pour terminer si vite l’histoire? Une certitude en tout cas, je n’ai pas du tout envie de voir l’adaptation cinématographique sorti en 2005 avec Vincent Lindon et Emmanuel Devos.

Bref, si vous aimez les moustaches, autant en acheter une en chocolat, au moins on a la certitude de prendre un bon moment.

Le Horla – Guichet Montparnasse

vz-8BF292FF-3B74-4E23-B383-56A49CE88771Max Darcis décide de se glisser dans la peau d’un fou qui va à la rencontre du Horla au Guichet Montparnasse. Guy de Maupassant écrit en fin de sa vie une histoire surprenante d’un homme qui se sent posséder par une puissance extérieure que l’on ne peut percevoir.

Guy de Maupassant rédigea deux nouvelles fantastiques sous le nom du Horla en 1886 et 1887. L’auteur avait abordé la thématique de la folie dans une nouvelle, Lettre d’un fou publiée en 1885 dans Gil Blas. La première version de l’histoire est publiée en 1886 dans Gil Blas puis la deuxième fois dans un recueil de nouvelles sous le titre du Horla. La forme évolue entre les trois versions, la première est une lettre, le deuxième un récit inacheté et la troisième un journal intime inachevé. La non conclusion des histoires peut signifiée que l’auteur des paroles soit mort avant d’avoir pu terminé l’ouvrage où devenu trop fou. L’auteur en savait un bout sur la folie puisqu’après avoir fait une tentative de suicide en 1982, il meurt interné le 6 juillet 1893.

Max Darcis décide de s’emparer d’un texte de science-fiction assez peu jouer au théâtre. Seul en scène dans une mise en scène assez simple et travaillé, le comédien s’empare de la folie avec une étrange justesse. Au début, il raconte l’histoire de quelqu’un qui commence à avoir des absences. Puis se sont ses cauchemars où l’impression d’être étouffé commencent à l’influencer, puis la disparition du lait, de l’eau pendant la nuit. Il y a un autre qui est là qui petit à petit va prendre possession de son esprit et de sa raison.

Les cris et les hurlements pendant le spectacle m’ont dérangé, j’avais l’impression d’être agressée pendant le spectacle. Le fait que le spectacle a commencé avec 30 minutes de retard a peut être aussi influencé ma sensibilité auditive. Je ne saurais dire si j’ai été charmée du jeux où un peu dérangée par exemple par le fait que le comédien prend à parti le public. Sa façon de parler qui change selon à qui il s’adresse. Je n’ai pas regardé ma montre et j’ai suivi la perdition du personnage dans la folie, jusqu’à l’invasion complète du Horla.

Envie de voir un spectacle déroutant autour d’une nouvelle de Maupassant? Alors prenez la direction du Guichet Montparnasse où se joue le Horla jusqu’au 5 novembre 2014.

L’avis de Froggydeligth

L’O10ssée – L’odysée Folio SF en 10 nouvelles

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Octobre 2000, l’odyssée commence : le navire Folio SF largue les amarres. Avec à son bord trente ouvrages dont Fondation, Fahrenheit 451, Les neuf princes d’Ambre … – autant de classiques majeurs -, Folio SF est le vaisseau idéal pour aborder avec plaisir tous les rivages de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique …

Octobre 2010. Dix ans et trois cents cinquante titres plus tard, l’aventure continue. Avec La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, La voie du Sabre de Thomas Day, La séparation de Christopher Priest, Spin de Robert Charles Wilson et de nombreux autres, la collection s’est étoffée : aux grands romans d’hier sont venus se joindre ceux d’aujourd’hui et, sans aucun doute, les classiques de demain.

Pour fêter cette décennie de succès, nous vous offrons une anthologie de dix nouvelles (dont six inédites en France) écrites par Mary Gentle, Jean-Philippe Jaworski, Philipp K. Dick, Maïa Mazaurette, Christopher Priest, Thomas Day, Robert Silverberg, Ray Bradbury, Stéphane Beauverger et Robert Charles Wilson. Cerise sur le gâteau, sept auteurs que l’on a peu coutume d’associer à la science-fiction, au fantastique où à la fantasy nous ont fait le plaisir de nous offrir leur regard sur la collection, sur un titre, un genre ou un auteur.

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Pour fêter les dix ans de la collection SF de chez Folio avec 355 titres, en 2010, un livre est offert aux passionnés du genre pour un passage chez un libraire. Un ouvrage, une O10ssée avec 10 nouvelles d’auteurs internationaux, reconnus pour nous faire découvrir la richesse de la science-fiction.

En effet, nous sommes en 2014 et Folio risque plus de fêter les 15 ans de la collection SF. Mais ce recueil de dix nouvelles est une vraie pépite surtout lorsque que comme moi, on est néophyte du genre. Beaucoup d’aprioris peuvent venir à l’esprit lorsqu’on pense science-fiction avec des bonhommes verts par exemple. Toutefois ce recueil permets de découvrir la très grande variété et richesse que cela peut être la SF. En plus, les nouvelles ont presque toutes une présentation d’un passionné ou d’un fan d’un auteur.

Ainsi on passe de Philip K. Dick à Jean-Philippe Jaworski, de Christopher Priest à Ray Bradury et de l’espace à la nature et du passé au futur. Elles commencent toutes en douceur et d’un coup elles vous emmènent et vous ne pouvez quitter l’histoire qu’au dernier mot. Certaines en effet parlent plus que d’autres mais ici on ne présente que de la qualité. Certaines histoires sortent du lot par rapport à d’autres. Ainsi l’histoire Chronos de Maïa Mazaurette m’a surprise jusqu’à la fin. En effet, qu’est ce qu’une femme serait prête à faire pour garder une jeunesse éternelle? Une chose bien sanglante pour conserver la beauté contre le temps. Puis aussi Kenningar de Jean-Philippe Jaworski où un viking barbare rencontre son double artiste. J’ai eu un véritable coup de coeur pour Ethologie du tigre de Thomas Day qui est d’une subtilité et d’une douceur incroyable qui parle d’une légende d’un tigre, d’un homme passionné par cet animal en voie d’extinction et l’amour.

Les auteurs proposés sont aussi bien de l’âge d’or que les nouveaux auteurs (ayant déjà fait leur preuve quand même) ainsi cela permet de découvrir un très large éventail des sujets et de l’écriture. Une seule envie après l’avoir fermé : lire de la science-fiction. Une très bonne mise en bouche pour une amatrice qui ne demande qu’à être éclairé.

Apporte-moi de l’Amour – Charles Bukowski

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Apporte-moi de l’Amour
Charles Bukowski
Editeur : 1001 nuits

Charles Bukowski aux mots et Robert Crumb aux images. Les deux hommes ne se connaissent pas mais ont en commun un univers bien particulier que les éditions 1001 nuits réunissent pour un court recueil de deux nouvelles.

D’un côté, Charles Bukowski, passionné de musique classique avec Bach, Brahms, Beethoven. De l’autre côté, Robert Crumb, auteur du fameux Fritz the cat, passionné de rock, de blues et de 78 tours. Leur point commun, à part le fait d’avoir eu un père autoritaire et castrateur. Ils sont devenus les pères de l’underground, critiquant la religion, le pouvoir avec une défiance envers le genre humain. Apologie de la solitude, du vagabondages, de l’alcool, du sexe, de la lubricité, de la folie.

La première nouvelle Apporte moi de l’amour, met en scène Harry, qui vient rendre visite à sa femme Gloria dans un hôpital psychiatrique. Elle accuse sans cesse son mari de l’a trompé, de sucer des putes. A force de faire des rencontres extra-maritales, elle est devenue folle. En plus, à l’hôtel où il dort, une femme l’accompagne. Innocemment?

Dans la seconde nouvelle, There’s no business, il nous présente un comique qui arrive en fin de carrière, car il ne fait rire plus personne. On suit la déchéance de cet homme dans une société dur et injuste. Surtout lorsqu’on sait qu’il va se faire remplacer par un faiseur de bulles qui réalise des pénis avec les bourses.

Une lecture rapide et incisif d’un pessimisme absolue, mais délicieux tout de même. Les dessins de Crumb correspondent à l’univers de Bukowski. Envie d’un peu d’écriture morose loin de l’univers des bisounours, tenté Bukowski, vous n’allez pas être déçu.

Lien vers l’éditeur : www.1001nuits.com

Du même auteur
Contes de la folie ordinaire

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