Le livre sauvage – Juan Villoro

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Juan, ou peut-être l’auteur, décide de nous raconter une aventure qui a changé sa vie lorsqu’il avait 13 ans. Ses parents divorcent et l’été arrive à grand pas. Il va être placé chez son oncle Tito, un vieil original qu’il n’apprécie pas trop. Mais dans sa maison se cache de fabuleux mystères qu’il va falloir découvrir.

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Petit Polio – Tome 1 – Farid Boudjellal

images-7Farid Boudjellal nous propose à travers le personne de Petit Polio plusieurs tomes racontant une histoire plus au moins autobiographique. Alors pour aller à sa rencontre, j’ai commencé par le tome 1.

Farid Boudjellal issu de l’immigration algérienne, vit à Toulon avec sa famille dans un petit appartement. A l’âge de huit mois, il a contracté la  poliomyélite l’handicapant dans certaines activités dans sa jeunesse. D’ailleurs, ses soeurs aiment beaucoup se moquer de lui. Mais cela ne l’empêche pas d’avoir des amis et de faire des courses à pied sur une jambe.

Il adore la bande dessinée et dessiner également. Il recopie avec talent les personnages qu’il rencontre dans le magazine Kiwi. Un jour De Gaulle défile en voiture dans les rues de la ville. Il avait croqué le général montrant ces fesses. Par malchance le papier s’envole et finira dans les mains du président. Cela le fera sourire et dira : Ce Mahmoud a un brillant avenir de caricaturiste devant lui!.

La guerre d’Algérie fait rage et la ville est tendue. Il assiste à une scène où des gens tabassent un arabe sous le prétexte qu’il aurait pris le trolley sans payer. Face à cette violence et cette injustice, il se sent blesser et triste à la fois. D’ailleurs pour échapper à cette incompréhension, il va s’imaginer entouré de ces héros de bande dessinée préférée pour le réconforter.

Une bande dessinée qui nous emmène dans l’univers d’un enfant avec ces peines, ces joies simples, l’amour de la famille, la solidarité.. avec une sincérité touchante.

Auteur algérien
L’allumeur de rêves berbères – Fellag

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Quartier Lointain tome 1 et 2 – Jirô Taniguchi

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Moi, Hiroshi Nakahara, 48 ans, j’étais dans la peau d’un gamin de 14 ans que j’avais été… Une telle chose pouvait-elle être possible? Vue de ma fenêtre, je redécouvrais la ruelle plongée dans la pénombre… La peur montait en moi. Et si ce n’était pas un rêve… Si j’étais tout simplement devenu fou?

Personne ne devient jamais vraiment adulte… L’enfant que nous avons été est toujours là, bien vivant, tout au fond de nous. Il est comme ce ciel… Avec le temps, nous croyons grandir… Mais la maturité n’est qu’un leurre, une entrave à notre âme libre d’enfant.

Toute la tristesse… toute la solitude du monde étaient dans son étreinte. Une femme en larmes.. Sa poitrine amaigrie pressée contre la mienne… Dieu que c’était douloureux!

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Quatrième de couverture
Homme mûr de 40 ans, transporté dans la peau de l’adolescent qu’il était à 14 ans, Hiroshi continue la redécouverte de son passé. Questionnant sa grand-mère, ses parents, ses amis, il réalise tout ce qui lui avait échappé lorsqu’il était jeune. Et petit à petit, l’année scolaire avançant, il voit se rapprocher la date fatidique où son père disparaîtra, pour toujours, sans aucune explication. Peut-il changer son passé ou est-il condamné à le revivre, impuissant ? Et retrouvera-t-il son existence normale, sa femme et ses enfants ?

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Ce n’est pas sans une certaine émotion que je relis ces deux mangas. Je les lus adolescente à la médiathèque de ma ville qui venait tout juste d’ouvrir. Il y avait peu de manga en rayon à part celui-là et Akira. De plus, récemment je suis allée voir sa sublime adaptation au théâtre, où l’univers de l’auteur y est respecté et honoré.

On retrouve les grands thèmes propres à Taniguchi : la famille, l’enfance et la nature. J’aimerai parfois m’endormir et me réveiller quand j’étais jeune avec ma mémoire et percevoir autrement ce qui nous entoure. Ici, le héros essaie de comprendre pourquoi son père quitte sa famille, une interrogation qui le hante. A 48 ans, avec un court échange avec lui, il pourra au mieux le comprendre et voir aussi son propre comportement avec sa famille. Il découvre sa famille avec un nouveau regard, car quand on a 14 ans on ne pense qu’à soi, qu’à s’amuser. On ne s’intéresse pas au monde des adultes.

Ce nouveau regard sur son enfance le perturbe tout comme cela l’enchante. La construction de l’histoire est un ravissement car on découvre l’évolution des technologies, la modification de la ville et des gens. Le cimetière se trouve au coeur de l’histoire, où naît un nouvel homme. J’ai été touché par la simplicité de l’histoire avec cette délicate inclusion de science fiction. Un voyage dans le temps qui permet de mieux se connaître et d’apprécier les petits bonheurs du quotidien. Un véritable coup de coeur.

Prix
1998 : Prix d’Excellence du Festival des arts médias de l’Agence pour les affaires culturelles au Japon, catégorie Manga
2003 :  l’Alpha’Art du meilleur scénario et le prix Canal BD au Festival d’Angoulême

Cinéma
L’adaptation est sortie en salle le 24 novembre 2010 réalisé par Sam Garbarski. L’action par contre se déroule en France, à Nantua. Le héros se prénomme Thomas. La bande son est composé par Air.

Théâtre
L’adaption s’est faîtes en Suisse en 2009 sous la plume de Carine Corajoud avec une sublime mise en scène de Dorian Rossel. Voir le site de la compagnie : www.supertroptop.com/quartier/quartier.htm.

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L’avis de Yuko : art-enciel.over-blog.com/article-quartier-lointain-de-jiro-taniguchi-105262564.html

Du même auteur
L’homme qui marche
Un ciel radieux
La montagne magique
Le promeneur
Un zoo en hiver
Le Gourmet solitaire
Le journal de mon père 

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La montagne magique – Jirô Taniguchi

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« Si la lecture de mes livres peut apporter une certaine sérénité au lecteur j’en suis très heureux. C’est même sans doute le plus grand bonheur pour moi en tant qu’auteur de bandes dessinées. »

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1967. Ken’ichi, 11 ans, orphelin de père, passe l’été dans la ville provinciale de Tottori, en compagnie de sa petite soeur et de ses grands-parents. Bien que ce soit les vacances, l’ambiance est pesante : la mère de Ken’ichi vient d’être hospitalisée pour une grave maladie. C’est dans ce contexte de tensions et de menaces, alors que le garçon esseulé erre chaque jour sans but dans les ruines d’une bâtisse perchée sur la montagne de Tottori, réputé héberger des créatures fantastiques, que Ken’ichi vit une expérience extraordinaire. Il est “contacté” télépathiquement par une grande salamandre, captive d’un vivarium au musée local… L’animal lui propose un pacte : exaucer n’importe lequel de ses voeux si le garçon lui redonne la liberté et lui permet de regagner son royaume, sous la montagne du château, où jaillit une source merveilleuse… La sensibilité et l’humanisme de Taniguchi conjugués à la mémoire magique et éblouie de l’enfance : un enchantement.

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Dès les premières pages, j’ai été emmené dans l’univers de mon dessin animé préféré Mon voisin Totoro. J’avais l’impression de pouvoir aller à la rencontre de Totoro, parce que au plus profond de moi je crois en l’esprit de la forêt. Et qu’en un clignement d’oeil je tomberai sur le ventre de Totoro, puis je m’endormirai paisiblement. Ken’ichi lui a rencontré l’esprit de la forêt matérialisé sous la forme d’une salamandre japonais qui sont géante. L’innocence des enfants, l’amour de la famille, le plaisir de communiquer avec la nature, tout m’a plu. La lenteur qui permet de mieux connaître la situation. J’attendais le passage du chat bus pour emmener les enfants à l’hôpital voir leur mère. La bd est présentée comme une bd à l’européenne dans la structure mais l’univers me rappel de nombreuses histoires des studios ghibli. Une belle aventure poétique.

Du même auteur
L’homme qui marche
Un ciel radieux
Le promeneur
Un zoo en hiver
Quartier Lointain
Le Gourmet solitaire

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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill – Jean Regnaud et Emile Bravo

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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill
Jean Regnaud et Emile Bravo
Editeur : Gallimard

Lundi 14 septembre 1970, c’est la rentrée des classes pour Jean. Il ne connaît personne, car l’année dernière il était en maternelle dans un autre quartier. Madame Moinot, la maîtresse demande aux enfants de se mettre par deux et de tenir la main de leur voisin. Ainsi, il a un nouvel ami, Alain.

Un sujet l’interroge, où se trouve sa maman. Pour lui, elle est voyage, personne ne veut lui dire pourquoi elle n’est pas à la maison, en plus il ne lui reste aucun souvenir, tout comme à son petit frère. Il a une voisine, avec qui il joue juste entre des arbres qui sépare les deux propriétés. Elle lui fait croire qu’elle reçoit des cartes postales de sa maman. Jusqu’au jour, ou blessée dans son égo de petite fille, il lui avoue que le père Noël n’existe pas et que sa mère est morte.

Il rentre chez lui en pleure, sa grand-mère paternelle et son père essaient de le consoler. Ils lui expliquent que le Père Noël n’existe plus pour les adultes, alors il est devenu grand pour cela. Il en conclut que c’est comme sa maman, il est trop grand pour y croire, mais que c’est important que son petit frère lui y croit.

Un jolie conte magnifiquement illustré, colorisé et écrit. Un vrai plaisir à lire et à regarder. J’aurai aimé une suite, pour savoir comment ce petit garçon va grandir et comprendre que sa mère est morte.

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