Les Enfants du silence – Comédie Française

1112761_les-enfants-du-silence-un-chant-du-signe-au-francais-web-02118739327_660x400pLa langue des signes fait son entrée à la Comédie Française avec la pièce de Mark Medoff : Les Enfants du silence. Une histoire touchante d’amour et d’amitié qui interroge sur le rapport entre la langue orale et la langue des signes. Etonnante et touchante, l’histoire ne pourra vous laisser indemne.

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Quand la Comédie-Française met la danse au cœur de L’Autre

L AUTRE -

C’est au 104, en janvier dernier, que la Comédie-Française a décidé de présenter son nouveau spectacle L’Autre. Un projet un peu singulier, puisque c’est un spectacle de danse qui nous est interprété par cinq comédiens. Un décloisonnement qui permet de révéler au public l’éventail des talents et les qualités d’interprétation qui ont plus d’une ressource en poche.

En 2010, la Comédie-Française accueillait Claire Richard pour la création d’un spectacle chorégraphique nommé Signature autour du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui. C’est avec Françoise Gillard qu’elles vont mettre en création une nouvelle aventure dansée avec cinq comédiens vêtus de noir : deux femmes (Françoise Gillard et Claire de la Rüe du Can et trois hommes (Elliot Jenicot, Benjamin Jungers et Christophe Montenez) sur les planches du Vieux-Colombier. Les comédiens vont devoir alors travailler leur rapport au corps et aux déplacements sur un thème particulier : l’Autre. Le tout dans un décor de Gilles Taschet, très sobre tout en blanc avec juste un piano et quelques panneaux mobiles, tout en souplesse, où des projections se font accompagner de musique, de silence et de témoignage.

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En effet, qui est cet autre à la fois complémentaire, idéal et imaginaire. Qui est-il ? Comment est-il ? Ami ? Ennemi ? Amant ? Jumeau ? Un autre nous ? Une autre partie de nous ? Pour réfléchir à cela un ensemble de danses en solo, duo ou groupes vont se succéder. Il est évident que ce ne sont pas des danseurs nés mais sous leurs muscles saillants une volonté et une passion émanent d’eux d’une façon incroyable. Ce n’est pas l’exactitude dans les gestes mais cette force qui se dégage qui m’émerveille. Les corps se frôlent, se touchent, se complètent, se surpassent…. Les regards intenses que jette Claire de la Rüe du Can, de ce bleu si profond me touche d’autant plus lorsqu’en duo avec Christophe Montenez, les corps se mélangent avec une douce sensualité tout comme de la violence.

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Les comédiens nous regardent, nous, spectateurs de leur regard où brûle la flamme de la passion et de la concentration. Je suis subjuguée et n’arrive pas à quitter la scène des yeux même quand les silences se font pesants. Très jolie moment, quand les comédiens s’assoient au bord de la scène, regard sur le public et interprètent en langue des signes Voyage, Voyage de Desireless, modifié par Soap & Skin et surtout, magnifiquement interprété par le talentueux Benjamin Jungers. Au final, beaucoup de jolies moments se succèdent ou s’entrecoupe car chaque corps dégage une histoire, une sensualité ou brutalité propre que cela soit le génialissime Elliot Jenicot ou la danseuse Françoise Gillard. La grande maîtrise du jeu théâtrale se ressent beaucoup dans la danse et c’est cela qui permet d’en faire un spectacle surprenant et touchant à la fois.

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Car la danse à la Comédie-Française, même si peu présente de nos jours dans les spectacles étaient plus prégnantes auparavant. Molière en intégra dans ces pièces et c’est même Louis XIV lui-même qui se mettait en scène dans Le Mariage forcé,Le Sicilien et Les Amants magnifiques. Dès 1662, il crée l’Académie royale de danse dirigée par Pierre Beauchamp, maître à danser du Roi et chorégraphe des comédies-ballets de Molière. Mais un conflit avec Lully va restreindre la pratique, limite interdite. La Comédie-Française va devoir payer des amendes à l’Académie royale de danse. De 1754 à 1799, on trouve le corps de ballet de la Comédie-Française. Au 19ème, les relations pacifiques entre le français et l’Opéra permet de redonner un éclat aux comédies-ballets de Molière qui sont presque oubliées de nos jours et surtout passées de mode.

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L’autre est un moyen pour la Comédie-Française de renouer avec la tradition de la présence de la danse dans les classiques. Les comédiens investis, du pied à la tête, se donnent complétement au spectacle subjuguant les spectateurs même les plus réticents à la nouveauté. Impossible de ne pas être touché par la fureur de vivre et la rage de vouloir tout donner en voyant cette flamme dans leur regard et le feu de leur corps. Le théâtre de la Ville a intérêt à bien se tenir car la concurrence est là.

Trahisons ou une histoire d’amour, tout simplement

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© Cosimo Mirco Magliocca / collection Comédie-Française

Harold Pinter, Prix Nobel de littérature, écrit Trahisons en 1978 et a été joué à la Comédie Française en 2014. Dans une sublime mise en scène et avec un incroyable jeu, l’histoire d’un triangle amoureux, entre un mari, la femme et l’amant nous est racontée.

On rencontre les trois personnages de cette pièce avec : Robert (Denis Podalydès), éditeur brillant, sa femme galeriste d’art, Emma (Léonie Simaga) et l’amant ainsi qu’ami du couple, Jerry (Laurent Stocker), agent littéraire. Entre eux, l’épouse de Jerry et les enfants des couples sont abordés mais jamais ils ne sont présents sur scène. Robert et Jerry travaillent ensemble et parfois vont au restaurant ou faire du sport ensemble. Robert a des aventures extra-conjugales dont il partage à l’occasion les récits avec son ami Jerry. Jerry lui ne peut pas raconter son amour extra-conjugal à son ami, car c’est avec sa femme qu’il l’a vit. Jusqu’au jour, où la femme raconte à son mari ce qu’elle fait parfois le soir ou pendant la journée avec Jerry. Bref, de petites trahisons entre amis. Cela va-t-il pour autant ruiner le lien qui les unis ?

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© Cosimo Mirco Magliocca / collection Comédie-Française

 

La réponse n’est pas vraiment donnée car l’histoire débute par la fin pour remonter à la genèse de cette rencontre extra-amicale. C’est grâce à la mise en scène très moderne de Frédéric Bélier-Garcia que ce voyage est possible. Les panneaux coulissent, s’envolent tout en mouvements avec les comédiens pour changer d’espace et de temporalité dans des couleurs douces et sauvages à la fois. Le tout servi avec ce talent de précision qu’incarne Denis Podalydès, accompagné de la justesse de Laurent Stocker, que j’apprécie de plus en plus et à la beauté mêlé à la précision de Léonie Simaga, qui j’espère revoir très vite sur scène.

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© Cosimo Mirco Magliocca / collection Comédie-Française

 

Le dramaturge Harold Pinter, nous surprend avec une pièce où les vrais-faux semblants flirtent avec la cruauté et l’absurdité d’un poison lent et délicat qu’est le secret. Entre amitié, tendresse, jalousie et adultère, les extraordinaires comédiens de la Comédie Française, servent un spectacle où l’on dénonce le poids du non-dit qui modifie les rapports à l’autre. Pour lier ou délier, ne faudrait-il pas alors de bonnes Trahisons ?

Plus d’informations sur le site du théâtre

Babysitting

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Le 16 avril dernier est sorti sur tous les écrans en France la comédie française Babysitting. Un brin décaler et totalement loufoque, voilà un rendez-vous avec la bande à Fifi bien réconfortant d’humour.

Franck (Philippe Lacheau), 30 ans, rêve de devenir dessinateur. D’ailleurs, c’est pour cela qu’il travaille dans une maison d’édition en espérant grimper les échelons. Un jour le grand patron, Marc Schaudel (Gérard Jugnot) doit partir en week-end avec sa femme et la nounou s’est fait agresser. Alors, il faut trouver une solution de dernière minute pour faire garder son fils, Remi (Enzo Tomasini). Il demande au premier employé qu’il rencontre qu’importe ce qu’il a de prévu. Car Franck, ce soir là à prévu de fêter ces 30 ans avec ces amis.

Moi voilà, tout aurait pu éventuellement bien se passer si les amis de Franck n’aurait pas débarqué chez son patron. Au petit matin, la police nationale contacte Marc et sa femme, Claire (Clotilde Courau) car la maison est en désordre. Dans se désordre, une caméra est retrouvée. Une fois branchée sur le téléviseur, on découvre une histoire totalement barrée. 

Soirée complément folle avec femme nue, poisson suicidaire, barbecue dans une chambre et salon de tatouage. Tous le monde en prend les yeux le tout ponctuer de commentaires dramatiques, l’agent Caillaud (Philippe Duquesne) chargé de la disparition. Bien entendu, le gamin va être retrouvé et la famille va être de nouveau réuni.

Mais le plus important, c’est un film très drôle. Les situations cocasses se succèdent et appellent toujours au rire intelligent. J’ai adoré la scène de course poursuite avec des karts à la sortie de la fête des Loges qui ne peut que faire référence à Mario avec un jet de banane ou un casque rouge avec des pois blancs. Mais aussi la justesse du jeux des comédiens complètement cinglés m’a plu car ils m’ont fait rire tout en lâchant totalement mes neurones.

Alors si vous avez envie de rire un bon avec des beaux, des bons acteurs dirigez-vous dans le cinéma le plus proche de chez vous.

 

Higuma – 1er arrondissement

chinoischinois1Pas très loin de la Comédie Française, place Colette se trouve deux petits restaurants japonais côte à côte.

L’un deux se nomme le Higuma qui propose une grande carte de plats japonais que l’on ne trouve pas partout pour pas trop cher.

Bien entendu, il ne faut pas compter pour un accueil soigné et sympathique. C’est plutôt ambiance cantine. Vite fait installé, commande vite prise et service rapide. On vous dit tout juste bonjour et le prix à régler.

Nous avons tous apprécié notre plat et nous n’avions plus faim par la suite. Trois plats pour trois personnes, nous en avons eu pour 18€. Une bonne petite adresse avant un spectacle ou avant d’aller au Louvre.

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163 rue Saint-Honoré
75001 Paris
Tel : 01 58 62 49 22

Ouvert de 11h30 à 22H30, tous les jours

Troïlus et Cressida – William Shakespeare

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Une trêve se fait dans la guerre de Troie, qui oppose les grecs au troyens. Les ennemies se fréquentent comme d’anciennes connaissances, de bons amis. Cela va t’il mener à la paix? Bien entendu, que non….

Le fils conducteur du spectacle est l’Amour, cette douce passion qui touche Troïlus, fils de Priam et Cressida, fille du prêtre grec Calchas mais aussi les autres protagonistes de l’histoire. Un amour qui amène au désespoir, à la haine, à la folie, à la guerre et à la vengeance.

La belle Cressida, va être va être échangé contre un prisonnier troyen, Anténor, au désespoir de ce jeune amour tout juste consommé. Ils se promettent fidèlité et amour éternel mais le destin va en être autrement, car le coeur de la belle va être aussitôt de nouveau conquis. La rage l’emporte tout comme d’autres où leurs belles sont emprisonnés, loin ou mortes. Même parfois, leur compagnon de vie et de coeur meurt au combat, la blessure donne rage et folie pour tuer celui qui à créer cette souffrance. La guerre n’est fini pas et dont l’absurdité commence à devenir flagrante, Hector ne croit plus en cette dernière, Achille refuse de se battre.

Dans une sublime mise en scène de Jean-Yves Ruf qui par jeux de rideaux, de voiles et d’escaliers amovibles on se déplace dans le temps et dans l’espace. De même des costumes à l’aspect simple qui permettent de situer les contextes des évolutions. Tout est majestueusement bien pensé et joué. Je reste toujours sous le charme de Loïc Corbery (Ajax) même en simple d’esprit et devient sous le charme de Michel Vuillermoz à la voie si virile qui incarnait Hector, ce chef de guerre. Même si le son qui sortait de la bouche de Cressida (Georgia Scalliet) avait tendance à m’irriter, je l’ai trouvé très crédible dans le rôle de la femme amoureuse qui doit survivre dans ce monde d’homme et de guerre.

Un bon moment malgré 3h00 de spectacle, qui sont passés assez vite. N’ayant pas lu l’Illiade, quelques références me manquait pour comprendre tous les liens entre les personnages. En plus, il faut rajouter la langue de Shakespeare, qui parfois échappe à ma connaissance. A part, cela un bon moment de théâtre et quelle qualité de jeux… Jamais déçue par la Comédie Française, et ne même temps, il joue depuis 1680.

Sacré Shakespeare, il me surprendra toujours….

Lien vers la fiche spectacle : www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=362&id=517

Plus loin
L’Illiade d’Homère

Du même auteur
Songe d’une nuit d’été au Théâtre de la Porte Saint-Martin

CategorieMoliere