Naissance de l’Odyssée – Jean Giono

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En fait d’odyssée, il semble que le retour d’Ulysse à Ithaque tienne davantage de l’école buissonnière et qu’il soit plutôt hâté par l’annonce de l’infidélité de Pénélope. Mais que dire lorsque l’on vous somme de justifier une absence de dix ans ? Peu de’ chose, suggère Giono, un mensonge… Ainsi naît  l’Odyssée. Dans ces pages merveilleuses de poésie, Giono célèbre un monde où, à travers les dieux, l’homme et la nature entrent en communion profonde.

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Jean Giono pendant la guerre avait dans sa sacoche l’Odyssée d’Homère à ces côtés pour affronter l’horreur de son quotidien. En revenant chez lui, le besoin des grands espaces se combine à la passion d’une histoire qui donna alors naissance à un livre Naissance de l’Odyssée écrit entre 1925 et 1926.

Naissance de l’Odyssée fut le premier roman terminé de Jean Giono qui n’a pu être publié qu’en 1930 après le succès de son roman Colline. Dans un univers rappelant la Provence dans une Grèce antique, on pars à la rencontre d’Ulysse. Le roi d’Ithaque qui a quitté sa femme, Pénélope et son fils, Télémaque pendant 10 ans. Il voyage à la conquête de femmes pour profiter de leurs charmes. Mais voilà, un jour on lui raconte que sa femme aurait un amant. Piqué à sa vanité, il devient jaloux et décide de vérifier cela par lui-même.

Il entreprit son voyage tout en s’arrêtant à quelques bars tout de même. Tendant l’oreille à quelques discussions, il entend qu’on le croit mort. Alors il décide de contredire les hommes présents et invente alors une véritable épopée. Par chance, les dieux étaient avec lui, car les colporteurs traversent les terres et les mers racontants les fabuleuses aventures d’Ulysse. Le mythe le dépasse complètement, il n’hésite pas d’ailleurs à en rajouter des couches. Ce qui déplait fortement à Télémaque qui lui a vraiment vécu des aventures extraordinaires.

Il rentre en héros dans sa demeure et chasse définitivement sans le faire exprès, le bien aimé de sa femme. Sa vie d’avant lui manque un peu mais il est bon parfois de rentrer chez soi. Il va retrouver l’amour de sa jeunesse et une tranquillité de vie qui n’est pas sans lui déplaire. Giono ici détruit le fabuleux mythe d’Ulysse en s’inspirant d’histoires que ce héros ne serait qu’un menteur. Il utilise les codes d’écriture d’un Homère avec des airs de Pagnol. Les descriptions se font précises et parfois longue, souvent trop longue.

Une lecture très originale sur une référence de la littérature. Je me suis laissée guider par l’histoire même si certaines pages sont un peu ennuyeuses. Giono possède une imagination surprenante et l’on sent une véritable passion pour la nature. Une surprenante rencontre qui m’a donné très envie de lire l’original et de compléter un peu ma culture générale sur cette période un peu obscure pour moi.

Tartuffe d’après Tartuffe d’après Tartuffe d’après Molière à la maison des Métallos

tartuffe_m-delahayeLa maison du Métallos accueille pendant cinq jours, pour clôturer la saison, une prestation d’un artiste hors du commun avec le spectacle Tartuffe, d’après Tartuffe, d’après Tartuffe d’après Molière. En plus, pendant le spectacle le théâtre nous offre un apéro.

Gwenaël Morine en 2009 propose une nouvelle version de Tartuffe de Molière sous le nom de Tartuffe d’après Tartuffe d’après Molière. Guillaume Bailliart, acteur et metteur en scène décide de s’approprier l’histoire et créée sa version sous le nom Tartuffe, d’après Tartuffe, d’après Tartuffe d’après Molière. Il se vêtit alors la peau de Géronte, Elvire, Marianne et bien entendu Tartuffe. Sur le sol, l’ensemble des nom des personnages est inscrit. Le comédien indique de son doigt qui s’exprime ou s’installe sur l’emplacement.

Le début déroute un peu car il ni a pas de décors, pas de costume et le comédien est seul en scène ou juste une table est présente. Puis doucement, le texte rentre doucement dans l’oreille et je me suis laissée emportée par cet imposteur de Tartuffe. Les yeux fermés pour la plupart des personnages, il se déplace dans l’espace jusqu’à interpréter les disputes ou l’enlacement.

Une remarquable prestation surtout lorsqu’on sait que le texte est en vers et est composé de 1 962 alexandrins. Alors on ne rigole pas avec les résonances qui sont nécessaires. Il garde la même voie presque pour tous les personnages sauf pour Tartuffe en ouvrant grand les yeux avec un ton à la Stephane Berne, sublime. Je n’arrive pas à le quitter des yeux et j’étais dans l’histoire. Le public tout comme moi était partit dans l’aventure car à la fin un silence qui disait encore puis après un tonnerre d’applaudissement suivi de 4 rappels.

Une énergie folle et un jeu surprenant que nous propose Guillaume Bailliart. Un Molière qui prouve que l’on peut rénover le genre et passionné le public.

Plus d’informations sur le site des Métallos

 

 

Le laboureur de Bohême de Johannes von Saaz

Unknown-1Le Théâtre de l’Ouest Parisien accueil entre ces murs une pièce surprenant et étonnante : Le laboureur de Bohême. L’auteur Johannes von Saaz écrit son texte en 1400 suite au décès en couche de sa femme, Margaretha. Il s’imagine échanger avec la mort suite à l’injustice de la séparation définitive de son épouse tant aimé. Etrange?

En effet, un texte du 14ème siècle ne met pas forcèment en appétit. D’ailleurs, la salle du théâtre était à moitié vide, contrairement à d’habitude. Même si on peut considérer l’auteur comme un précurseur d’Erasme ou de Thomas More, le texte reste néanmoins un peu lourd pas moment, voir ennuyant. Heureusement que la mise en scène et l’interprétation servent les mots avec beaucoup de grandeur et de splendeur.

Au coeur de l’histoire deux hommes. A droite de la scène, dans une lumière chaude, tel un personnage de Millet, le laboureur, interprété par Damien Gouy. A l’arrière de la scène à gauche, dans une lumière bleu, tel un personnage de la période bleue de Picasso, la mort, interprété par Clément Morinière.

Sur scène, des jeux subtiles de lumière accompagnant les personnages et une structure en bois, tel une rambarde de streetwear où la mort se ballade pendant ces échanges. La lumière accentue la blancheur de peau de la mort qui se ballade torse et pieds nus. Son corps souple se contorsionne et fait face à la stoïcité du laboureur. Entre eux, un trou béant, la tombe de l’épouse tant aimé. Une frontière marquée d’une noirceur qui justifie les joutes verbales talentueusement écrites.

Vers la fin, en haut de la structure en bois apparaît un ange, rouge à une seule aile qui vient rentre le jugement de Dieu. 1 partout la balle au centre. La mort a fait son travail et le laboureur garde son honneur. La scène s’obscurcit. La laboureur alors déclame à Dieu une prière pleine de bonté et de gentillesse.

La nuit s’opère dans le théâtre. Les applaudissements sont unanimes pour saluer le talent de l’interprétation de ces trois comédiens. Un ravissement malgré la complexité du texte qui mérite d’être lu pour apprécier à sa plus grande justesse. Un beau voyage au 14ème siècle.

Plus d’informations sur le site du TOP

L’avis Des trois coups

Marie Tudors au Lucernaire

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Le théâtre Le Lucernaire présente une pièce de Victor Hugo, nommé Marie Tudor, inspiré de la vie de Marie 1ere d’Angleterre. Direction le Royaume-Uni du 16ème siècle ou Marie est couronnée reine le 1er octobre 1553 par l’évêque de Winchester, Etienne Gardiner.

La reine surnommée Marie la sanglante suite à sa folie meurtrière de vouloir tuer les protestants pour réinstaurer un catholicisme traditionnel qui va durer jusqu’à son décès le 17 novembre 1558. Une folie qui caractérisait également son tempérament de feu. Ici Victor Hugo dépeint une femme tomber éperdument d’un homme, coureur de jupon, son favori, Fabiano Fabiani. Elle arrive à le confronter au fait qu’il l’a trompé en lui présentant son amante, Jane et son fiancé prêt à tout pour sauver sa belle. Pour ce crime , l’homme va être condamné à la mort sur la place publique. Mais des sentiments conflictuels entre la trahison et l’amour passionné taraude au plus profond la reine qui s’égare.

Le choix à faire doit s’imposer à chaque personnage subliment jouer. Dans une ambiance assez sombre, un décors très rudimentaire, des costumes travaillés et surtout un jeux parfaitement maîtrisé j’étais partie en plus coeur d’un drame amoureux en plein coeur de Londres. Un véritable coup de coeur pour l’interprétation de la reine despotique par Florence Cabaret qui varie entre la passion, la rage, la colère, la folie avec une intensité surprenante.

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Il faut saluer aussi la présence des autres comédiens comme Pierre Azéma qui campe un Gilbert à la fois doux, sentimental et perdu. Il est tombé amoureux de l’enfant qu’il a élevé et souhaite l’épouser malgré la grande différence d’âge. Il va même lui pardonner son escapade amoureuse avec Fabiano Fabiani. D’un physique assez quelconque, il va être le représentant du peuple, juste et travailleur. Avec lenteur, il va s’imposer. Sa douce voix lui confère un capital sympathie immédiat auquel se rajoute la vraisemblance de son jeu. J’ai tout autant aimé Sacha Petronijevic, Flore Vannier-Moreau, Stéphane Dauch, Pascal Guignard, Frédéric Jeannot, Florence Le Corre indispensable à l’histoire.

Le final de la pièce est le moment de l’apothéose où chaque comédien sublime sa présence, son émotion. Le suspens s’installe en compagnie de l’incertitude et du doute. Qui conduit-on au bourreau? Son de cloche qui retentit. Qui est l’homme dont le visage est recouvert d’un capuchon? Son de cloche qui retentit. Spectatrices impuissantes, Marie et Jane dans la tour de Londres, mettent leurs nerfs à l’épreuve. Le son de cloche amplifie l’intensité du moment. Les larmes coulent, les cris fusent le désespoir transcende la scène pour toucher le public complètement présent avec ces femmes. Tellement criant de vérité…

Une très belle rencontre théâtrale, merci Victor et merci la compagnie 13 😉

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Le code de l’art – Andy Guérif

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Connaissez-vous vraiment les panneaux de signalisation ?

Et si les feux tricolores étaient représentés par une oeuvre d’Ellsworth Kelly ? Et si la sortie de secours était indiquée par Le Verrou de Fragonard ? Et si les cafés étaient signalés par Le Déjeuner en fourrure de Meret Oppenheim ? Et si les hôtels étaient indiqués par La Chambre de Van Gogh ? Chaque panneau trouve, dans ce livre, son écho dans un célèbre tableau. On retrouve ainsi 60 panneaux et pictogrammes associés à autant de chefs-d’oeuvre de la peinture.
L’art vu par Andy Guérif : une nouvelle façon de réviser son code de la route !

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Quel plaisir pour les yeux ce petit ouvrage. J’ai tout de suite été attirée par la couverture avec le panneau 3,5t avec le rhinocéros qui apparaît selon la façon que l’on incline le livre. Le principe de comparer des panneaux de signalisation à des photos ou peintures m’a intéressé. La pertinence est de mise. Andy Guérif compare le panneau d’information station d’essence à proximité avec la peinture Pompe à essence d’Edward Hopper.

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Toutefois, j’aurais apprécié la numérotation des pages pour me permettre de trouver le nom du tableau à la fin du livre. Voir même une petite icône avec la peinture pour trouver le nom. Car sur chaque double page se trouve le nom de l’artiste qui a réalisé l’oeuvre de la page de droite.

Bref, une lecture bien sympa. Il est possible que part hasard, je retombe sur le livre à la médiathèque et que je le réemprunte. 🙂

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Troïlus et Cressida – William Shakespeare

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Une trêve se fait dans la guerre de Troie, qui oppose les grecs au troyens. Les ennemies se fréquentent comme d’anciennes connaissances, de bons amis. Cela va t’il mener à la paix? Bien entendu, que non….

Le fils conducteur du spectacle est l’Amour, cette douce passion qui touche Troïlus, fils de Priam et Cressida, fille du prêtre grec Calchas mais aussi les autres protagonistes de l’histoire. Un amour qui amène au désespoir, à la haine, à la folie, à la guerre et à la vengeance.

La belle Cressida, va être va être échangé contre un prisonnier troyen, Anténor, au désespoir de ce jeune amour tout juste consommé. Ils se promettent fidèlité et amour éternel mais le destin va en être autrement, car le coeur de la belle va être aussitôt de nouveau conquis. La rage l’emporte tout comme d’autres où leurs belles sont emprisonnés, loin ou mortes. Même parfois, leur compagnon de vie et de coeur meurt au combat, la blessure donne rage et folie pour tuer celui qui à créer cette souffrance. La guerre n’est fini pas et dont l’absurdité commence à devenir flagrante, Hector ne croit plus en cette dernière, Achille refuse de se battre.

Dans une sublime mise en scène de Jean-Yves Ruf qui par jeux de rideaux, de voiles et d’escaliers amovibles on se déplace dans le temps et dans l’espace. De même des costumes à l’aspect simple qui permettent de situer les contextes des évolutions. Tout est majestueusement bien pensé et joué. Je reste toujours sous le charme de Loïc Corbery (Ajax) même en simple d’esprit et devient sous le charme de Michel Vuillermoz à la voie si virile qui incarnait Hector, ce chef de guerre. Même si le son qui sortait de la bouche de Cressida (Georgia Scalliet) avait tendance à m’irriter, je l’ai trouvé très crédible dans le rôle de la femme amoureuse qui doit survivre dans ce monde d’homme et de guerre.

Un bon moment malgré 3h00 de spectacle, qui sont passés assez vite. N’ayant pas lu l’Illiade, quelques références me manquait pour comprendre tous les liens entre les personnages. En plus, il faut rajouter la langue de Shakespeare, qui parfois échappe à ma connaissance. A part, cela un bon moment de théâtre et quelle qualité de jeux… Jamais déçue par la Comédie Française, et ne même temps, il joue depuis 1680.

Sacré Shakespeare, il me surprendra toujours….

Lien vers la fiche spectacle : www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=362&id=517

Plus loin
L’Illiade d’Homère

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Songe d’une nuit d’été au Théâtre de la Porte Saint-Martin

CategorieMoliere

« Sapristi mais tu n’as jamais lu ce livre? » Février/mars – Réussi

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Métaphore propose un lecture commune via « Sapristi mais tu n’as jamais lu ce livre? »

Je vais participer à la lecture commune de « 24h dans la vie d’une femme » de Stefan Zweig, « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury et « La pluie, avant qu’elle tombe » de Jonathan Coe.

1. Fahrenheit 451 – Ray Bradbury
2. 24h dans la vie d’une femme – Stefan Zweig
3. La pluie, avant qu’elle tombe – Jonathan Coe