Le peintre d’éventail d’Hubert Haddad

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C’est au fin fond de la contrée d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques.
Attenant à l’auberge se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s’attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d’éventail. Il devient le disciple dévoué de maître Osaki. Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d’autres bouleversements…

Avec Le peintre d’éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d’initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce.

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Hubert Haddad nous emmène à la découverte d’un homme et du Japon à travers son roman Le peintre d’éventail. Un voyage surprenant tout en douceur et en lenteur vers un autre univers. Vous ne verrez plus jamais un éventail pareil.

Pourquoi un éventail me direz-vous? L’histoire se déroule dans une auberge dans la contrée d’Atôra, où réside un peindre. A vrai dire, Osaki c’est un grand maître de la peinture sur éventail qui s’inspire du jardin proche de sa chambre. Il essaie de mettre en valeur la nature qui l’entoure pour lui rendre le plus grand hommage. Matabei, tente d’apprendre auprès du maître tout en gérant le jardin surtout à la suite de la mort de son mentor. Un jeune garçon va venir, Xu Hi-han, à qui il va essayer de lui transmettre son savoir. Chose qui va devoir s’arrêter brutalement suite à la venue d’une femme à la beauté envoutante.

Mais voilà, la sublime délicatesse du jardin va connaître un grave dommage. Tout va être renversé, abîmé aussi bien la nature que les hommes. Le tsunami va tout changer. Matabei ne veut pas quitter ce désastre naturel même après avoir découvert les cadavres de ces anciens colocataires de l’auberge. Il cherche cette femme qui lui a enflammé le coeur et qu’il ne retrouve pas. Déchiré en lui-même, perdu dans un monde qu’il ne comprend plus seul la peinture lui permet de retrouver un peu pied. Surtout lorsque son ancien élève Hi-han vient le sauver avec son oeuvre.

L’auteur parle de la nature et des fabuleux jardins japonais tout en délicatesse et en douceur. Passionné du Japon sans jamais y être allé, il lui rend hommage dans plusieurs de ces romans en parlant aussi bien de ces extraordinaires jardins que des haïkus. On voyage en tournant les pages tellement les descriptions sont effectuées avec talent. Je pouvais entendre le bruits du vent, de la mer et je pouvais sentir l’odeur des fleurs. Tout le début du roman est consacré à la présentation de ces héros et de cette nature fragile et sublime à la fois. Puis le drame arrive et ravage la lenteur pour passer à la phase désastre.

A partir de là, j’ai moins accroché à l’histoire mais je n’ai pas lâché le livre jusqu’à la fin. La solitude au coeur des personnages parfois allant jusqu’à la détresse m’a touché comme révulsé. L’horreur côtoie la contemplation nous mettant au coeur de l’histoire. Si vous aimez la culture japonaise ou la quiétude des jardins, jetez-vous sur ce livre.

Merci à l’édition Folio.