Le livre de ma mère – Albert Cohen

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Je réprimais parfois une sorte de fou rire agacé et honteux devant cet absurde geste, attendu et si connu, que tu avais de me désigner à personne. Et puis, chérie, tu te levais et venais à ma rencontre. 

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4ème de couverture
Peu de livres ont connu un succès aussi constant que Le livre de ma mère. Ce livre bouleversant est l’évocation d’une femme à la fois « quotidienne » et sublime, une mère, aujourd’hui morte, qui n’a vécu que pour son fils et par son fils. Ce livre d’un fils est aussi le livre de tous les fils. Chacun de nous y reconnaîtra sa propre mère, sainte sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d’amour. Et tout fils pleurant sa mère disparue y retrouvera les reproches qu’il s’adresse à lui-même lorsqu’il pense à telle circonstance où il s’est montré ingrat, indifférent ou incompréhensif. Regrets ou remords toujours tardifs. « Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s’impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis. »

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Je n’ai pas lire Belle du Seigneur, l’ennui à débuter trop vite, surtout dissuadé par les trop longues descriptions. « Le livre de ma mère » a eu tellement d’échos positifs qu’il fallait peut-être que je commence par cette lecture avant de passé au pavé. Mais là, ce fut le drame. Cela faisait bien longtemps qu’une lecture ne m’avait pas contrarié. Qu’est-ce que c’est que cet hommage à une mère.

Une famille juive vient juste d’arriver en France. La mère ne créer aucun lien social. Sans ami, sans famille, son seul bonheur son fils et son mari. Elle reste à la maison à faire le ménage, à préparer le repas et à attendre avec satisfaction que les deux hommes rentrent. Les seuls moments de sorties, sont ceux qu’elle fait avec son fils. Elle ne lit pas, ne se cultive pas à part parfois au théâtre avec son fils, n’écoute pas la radio, ne regarde pas la télévision et pratique sa religion avec foi. Une femme soumise qui reste à maison.

Elle est totalement soumise à son fils qu’elle idéalise. Il est tout pour elle. Elle vend ces bijoux en cachette de son époux pour que le gamin s’achète ce qu’il lui fait plaisir. Lorsqu’il part étudier à l’étranger, elle mets sa photo sur la table et lui sert une part. Quelle tristesse. Et lui, l’auteur il parle de son regret d’avoir perdu cette mère qui lui servait de boniche, de femme de ménage, de cuisinière.. « Jamais plus là pour me nourrir, pour me donner vie chaque jour, pour me mettre au monde chaque jour. Jamais plus là pour me tenir compagnie pendant que je me rase ou que je mange, me surveillant, passive mais attentive sentinelle, tâchant de deviner si j’aime vraiment ces louanges aux noix qu’elle m’a préparés. Jamais plus elle ne me dira de manger moins vite. J’adorais être traité en enfant par elle. »

Il prend le prétexte de rendre hommage à sa mère morte, pour parler de lui. Elle lui manque pour toutes les attentions qu’elle avait pour lui. Il va même comparer sa mère à un chien. « Amour de ma mère. Elle était avec moi comme un de ces chiens aimants, approbateurs et enthousiastes, ravis d’être avec leur maître. » Il l’appelle même par moment « Ma chérie ». Etrange voir déplacer d’ailleurs. Si je devais rendre hommage à ma mère cela ne serait pas que parce qu’elle sait me faire à manger et faire le ménage. Elle a tellement de qualités, de curiosité, aime faire des choses différentes…. Je trouve cela déplorable.

Bref, j’ai détesté. Quel homme égocentrique. Cela m’a convaincu que ce n’est pas tout de suite que je vais ouvrir Belle du Seigneur et qu’il va encore dormir sur une étagère.

L’avis de Métaphore : metaphorebookaddict.wordpress.com

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