Je ne suis pas ici pour faire un discours – Gabriel Garcia Marquez

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Garcia Marquez n’est pas un homme de discours, pourtant tout au long de sa vie, il fut contraint d’en prononcer beaucoup : le premier à 17 ans devant ses camarades de lycée, le dernier à 80 ans lors de l’ouverture du IVe congrès international de la langue, en présence des rois d’Espagne.
Ceux qui ont été réunis dans ce volume, dont celui qu’il prononça en 1982 à l’occasion de la la réception du Prix Nobel, mettent en lumière ses préoccupations fondamentales en tant qu’écrivain et citoyen : son amour pour la littérature, sa passion pour le journalisme, son inquiétude devant le désastre écologique à venir, la simplification de la grammaire, les problèmes de la Colombie, ou le souvenir de ses amis, Julio Cotazar ou Alvaro Mutis, entre autres.
Enfin, dans une langue puissante et pleine d’humour, il évoque la façon dont il a commencé à écrire, et ce que fut la longue gestation de Cents ans de solitude.

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Gabriel Garcia Marquez a une sainte horreur de devoir s’exprimer publiquement mais certaines occasions se prêtent à l’exercice. Ainsi Je ne suis pas ici pour faire un discours regroupe vingt et un discours marquants entre 1944 (il a 17 ans et parle devant ces camarades de lycée) et 2007 (il a 80 ans et s’exprime devant l’académie de la langue espagnol).

L’ouvrage propose des discours que l’auteur a prononcé aussi bien lors d’un banquet offert par les rois de Suède en honneur des lauréats du prix Nobel, que lors du 70ème anniversaire de son ami Alvaro Mutis ou lors d’un congrès international de la langue espagnol. Plusieurs choses lient les textes outre le fabuleux talent d’écriture, la passion pour la culture que cela soit la poésie, la littérature, la peinture ou le cinéma; la réflexion sur l’avenir de l’Amérique latine, l’histoire… Ces mots reflètent toujours un éternel optimisme et une croyance dans l’homme extrêmement surprenante. Une bouteille jetée par des naufragés de l’espace dans l’océan du temps, afin que la nouvelle humanité sache de nous ce que nous pourront pas lui raconter les cafards : qu’ici la vie a existé, qu’a prévalu la souffrance et dominé l’injustice, mais que nous avons aussi connu l’amour et été capables d’imaginer le bonheur.

On découvre deux types de discours. L’un qui se rapproche de la prise de parole en public pour des remerciements avec un angle d’attaque plus festif et heureux. Et l’autre, les mots deviennent une armes pour inciter les auditeurs à la réflexions sur l’horreur du monde et les possibilités de changer les choses. La seule consolation de ces simplifications terrifiantes – pour autant qu’elles nous soient d’une quelconque utilité – est de constater que la préservation de la vie humaine sur la Terre revient moins cher que la catastrophe nucléaire, car du seul fait d’exister, la terrible apocalypse enfermée dans les silos de la mort des pays les plus riche gaspille les possibilités d’une vie meilleure pour tous. Chaque phrasé est étudié pour faire mouche et ne peut laisser le spectateur tout comme le lecteur indifférent. Ainsi la lecture devient un réel plaisir où j’avais envie de prendre des notes de ces messages d’amour, de colère et d’amitié. J’aurais préféré continuer de penser à lui comme il l’aurait sans doute voulu, avec la jubilation immense de savoir qu’il a existé, la joie profonde de l’avoir connu, et la gratitude pour avoir légué au monde une oeuvre peut-être inachevée mais aussi belle et indestructible que son souvenir. 

Une lecture qui ma furieusement donné envie de lire Cent ans de solitude qu’il a gardé sous le bras et dans l’esprit pendant des années. Un auteur qui possède un talent de conteur humoristique fantastique qui donne le sourire malgré la noirceur du quotidien.

L’avis de Nonfiction

 

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