L’allumeur de rêves berbères – Fellag

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4ème de couverture
Alger, début des années 90. La ville est en proie à la terreur. L’eau est rationnée et distribuée drastiquement de trois à six heures du matin. Zakaria, un écrivain menacé de mort et rejeté par le régime qu’il a servi, se terre chez lui d’où il observe ses voisins, dont il nous conte les histoires dramatiques ou rocambolesques, extraordinairement drôles et inattendues. Durant ces quelques heures où l’eau coule à nouveau, la ville et la vie s’animent clandestinement, et c’est l’imaginaire et les rêves de tout un peuple qui se libèrent.

En 2007, Fellag, humoriste, comédien d’origine algérienne, propose un nouveau voyage au coeur de son pays natal avec L’allumeur de rêves berbères se déroulant en Algérie sous la terreur.

En plein coeur d’un village, on découvre la vie au quotidien d’un quartier autour du personnage de Zakaria. Politique puis écrivain menacé de mort, il ne vit que la nuit pour éviter ceux qui le menace de mort. L’ambiance est tendu dans le village en plus du rationnement d’eau. A la suite de la décolonisation, le pays essaie de se relever mais va se faire dans la douleur et la souffrance. Les politiques au pouvoir veulent s’affirmer et use de leur pouvoir. Les ultras-religieux et les terroristes sèment la peur au sein de la population.

Zakaria veut écrire des histoires. On découvre celles des gens qui l’entourent. On rencontre son voisin Nasser, technicien du gaz qu’il apprécie sincèrement et qui a reçu tout comme lui une menace de mort. Malika, à l’étage du dessous, qui est la prostituée au grand coeur amoureuse de Nasser. Rose dite Madame, accoucheuse d’origine juive qui se veut athée. Aziz, bricoleur très ingénieux qui répare et invente de nombreuses choses. Mokrane, le patron du bar qui est ouvert uniquement pendant les heures du couvre-feu.

J’ai découvert que pour réveiller les énergies créatives de notre peuple, il fallait le faire passer par l’Ivresse. Oui, messieurs dames, l’Ivresse majuscules ! Les hommes de notre pays sont divisés en deux catégories : Ceux qui boivent comme des charretiers en insultant le sexe des mères des autres, et les autres!

De sublimes portraits de gens qui font une ville avec douceur, subtilité, vérité et imaginaire. Je me suis attachée à chacun d’entre eux, rêvant peut-être de les rencontrer. J’aurais voulu aller dans le foudouk, déguster cette alambique fruitée et discuter poésie et littérature. Des personnes qui essaient de vivre et survivre afin d’affronter la vie avec le blanc et le noir tout en savourant le gris. Une belle lecture, magnifiquement écrit qui nous touche même si on n’a pas connu cette période historique.

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