Claude Monet en 15 questions – Marianne Mathieu

Le nom de Claude Monet vous évoque quelque chose. Mais vous ne savez pas trop quoi en dire. Alors venez  le découvrir en un jeu de 15 questions/réponses.

Claude Monet fait parti de ces artistes où l’on peut découvrir leur travail partout dans le monde. Quand on sait qu’il a peint environ 2 000 toiles, cela s’explique. Le musée Marmottan Monet, à Paris, possède le plus grand fond. On peut aussi observer ces toiles au musée d’Orsay et ces gigantesques « Nymphéas » au musée de l’Orangerie. « Claude Monet en 15 questions » permet de mieux appréhender l’œuvre et son impact sur l’histoire de l’art.

Monet est-il un autodidacte ?
Sur les bancs du collège municipal au Havre, Oscar-Claude Monet caricature ces professeurs dans ces cahiers. Il est doué pour ces dessins et certains habitants vont même lui passer commande. Mais en 1858 et 1859, il échoue au concours des pensionnaires des Beaux-Arts du Havre. Alors il descend à Paris et fréquente des ateliers. De 1962 à 1963, l’artiste fera un séjour chez Charles Gleyre.

Le peintre fera référence à deux maîtres qui l’ont inspiré et aidé : Eugène Boudin et Johan Barthold Jungking. Le premier, c’est au Havre qu’il a fait sa rencontre. Il l’a incité à mettre de côté la caricature pour la peinture avant de le prendre sous son aile. Son trait de crayon va s’affuter d’autant plus que les dessins se réalisent en plein air. Toujours dans sa ville natale en 1962, il fera la rencontre du peintre néerlandais qui va compléter sa formation et aiguiser son œil pour mieux voir.

Un jeune peintre pour une peinture nouvelle ?
Il faisait comme les autres peintres en représentant les côtés et plages de Normandie. Puis en 1960, il décide de trouver son propre style, sa propre identité. Chevalet, toile, feuille, Monet peint face au modèle. Le temps des séances dépend du soleil alors il faut s’activer et simplifier. La technologie permet de voir l’apparition de nouvelles couleurs ainsi la palette s’éclaircit. Son sujet de prédilection devient une évidence, cela sera le paysage.

Monet est-il un rebelle ?
Depuis son plus jeune âge, il se rebelle contre l’autorité qu’elle soit de son père ou du maître. Sur Paris, il va mener une vie de bohème en compagnie d’autres artistes. En 1962, il sera père de son premier fils, Jean, né hors mariage et de son modèle, Camille Doncieux. Toutefois pour réussir et vivre de son travail, il faut que son travail soit reconnu par les institutions officielles. Mais ces œuvres sont refusées à tous les salons. Alors il se résout à participer à des expositions associatives et de la vente en galerie par Paul Durand-Ruel. Le succès se fera par ces biais. Et pour rester dans l’histoire, il fera une donation, les « Nymphéas », à l’Etat après la Première guerre mondiale. 

Le chef de file des impressionnistes ?
Claude Monet n’est pas le père de l’impressionnisme. C’est un mouvement collectif où l’on peut trouver Renoir, Pissaro, Degas, Morisot… Dès 1937, il se trouve aux avants postes de la préparation de leur exposition. En amont, il participe à la rédaction des statuts de la Société anonyme coopérative (qui sera dissoute après l’exposition). Les cotisations vont permettre de lancer la monstration où Renoir va se charger de l’accrochage des 165 œuvres. Elle ouvre le 15 avril 1874, boulevard des capucines, dans l’ancien atelier photo de Nadar. On pourra y voir « Impression, soleil levant ». Le journaliste satirique au Charivari, Louis Leroy, va reprendre le terme « impressionniste » et sans le vouloir va donner un nom à ce groupe.

Claude Monnet participera à 5 autres expositions impressionnistes en 1874, 1876, 1877, 1879 et 1882. Il va privilégier les expositions personnelles et internationales. Mais l’amitié et la solidarité perdurera. A la mort de Sisley, il recueillera ses deux enfants, Pierre et Jeanne. Il aidera également Julie Manet à faire reconnaître le travail de sa mère, Berthe Morisot.

Impression, soleil levant, paradigme de l’impressionnisme ou antimodèle? 
En novembre 1872, à l’hôtel de l’Amirauté au Havre, Monet regarde par sa fenêtre. Et au petit matin, il va représenter l’avant-port. On y voit grues, cheminées, bateaux… En quelques heures, le paysage a pris vie d’un trait vif. Le public pourra le découvrir lors de l’exposition des impressionnistes en 1874. Mais ce n’est pas la toile qui va retenir l’attention de la presse. Quelques critiques négatives vont l’entourer. Ce qui ne l’empêchera pas d’être vendu pour 800 francs par Ernest Hoschedé puis 210 francs en 1878 par Georges de Bellio. De nouveau, il fait son apparition dans la quatrième exposition impressionniste en 1879 sous le nom « Effet de brouillard,impression » où il passera inaperçue. La fille de Georges de Bellio, Victorine Donop de Monchy l’offrira au musée Marmottan Monet en 1940. Il fallut attendre 1955 pour que cette peinture connaisse la reconnaissance que nous lui connaissons de nos jours. La traduction française de « Histoire de l’impressionnisme » de John Rewald y est pour beaucoup.

Et les femmes? 
Sa mère disparaît lorsqu’il a 16 ans. Toutefois, une autre figure maternelle va être présente à ces côtés. Sa tante, la demi-soeur de son père, Marie-Jeanne Lecadre le soutiendra morale et financièrement. Il peindra souvent dans son jardin ou à proximité à Ste Adresse, près du Havre.


Vers 1865, il rencontre l’amour grâce à son modèle âgée de 18 ans, Camille Doncieux. Ils vivront ensemble hors mariage et auront un fils, Jean en 1867. En 1870, ils décident de se marier. Puis 8 ans plus tard, un deuxième fils, Michel, va montrer le bout de son nez. Une dernière naissance avant son décès suite à un cancer. On pourra tout de même voir son visage dans 26 toiles. Il la peindra même morte : Camille sur son lit de mort. 

Puis il va rencontrer Alice Hoschedé, épouse d’un collectionneur qui a fait faillite, Ernest Hoschedé. A sa déchéance, Monet va lui ouvrir les portes de sa maison à Ventheuil en 1878 pour l’accueillir avec sa famille. Le mari retourne souvent sur Paris pour retrouver un emploi. Les six enfants des Hoschedé forme une tribu avec les deux garçons de Monet. En 1891, Alice devient veuve. Une occasion alors de devenir Mme Monet. Par contre, jamais il ne l’a peindra. Toutefois, il lui écrira pendant leur 30 ans de vie commune. Elle s’éteindra en 1911. 

Peindre jardinier ou « chasseur de motifs »?
En 1883, Monet s’installe à Giverny. Il aménage son jardin en parti sur les conseils de ces amis qui aiment la botanique : Gustave Caillebotte et l’écrivain Gustave Mirbeau. Son jardin va se parer de mille et une fleurs avec des couleurs différentes. Les travaux sont assez long. Alors il prend la route en quête du paysage idéal. Guy de Maupassant qualifiait le peindre de « chasseur de motifs ». Le marchand Durand-Ruel va inciter le peintre à ces voyages afin de proposer plus de diversité à ces acheteurs. A partir de 1890, les déplacements vont se raréfier. Il apprécie de plus en plus rester à Giverny. 

Monet et le Japon, un peintre sous influence?
Vers le milieu du XIXème un goût pour les objets de l’extrême orient se développe. Le prince Mutsuhito, inaugure l’ère Meiji (1868-1912) et s’ouvre plus au monde extérieur. Monet découvre des estampes des plus grands maîtres comme Utamaro, Hokusai, Hiroshige… Il va en acquérir pour son domicile. Son épouse, Camille, posera dans un kimono de soie rouge, qui sera exposé dans la deuxième exposition impressionniste sous le nom « Japonerie ».

Le collectionneur et marchand d’art Tadama Hayashi fait du troc avec Monet. Des toiles contre des estampes.

Monet et l’argent? 
Il n’est pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche. Sa famille est modeste. A Paris, malgré l’aide financière de sa tante, il vit de façon bohème. Sa rencontre avec son modèle et la naissance de son fils, change ces habitudes. Grâce à sa rencontre avec le marchand Durand-Ruel à Londres, sa vie devient plus confortable. Il va même aller s’installer à Argenteuil dans une maison avec des domestiques. Mais très vite, le genre impressionniste déplaît. Les ventes alors se restreignent. Heureusement, il peut compter sur ces amis notamment Caillebotte, Manet et Georges de Bellio. Toutefois, il se refuse à changer de mode de vie quitte à avoir des dettes.

En 1882 Durand-Ruel se tourne vers le marché américain. La cote du peintre augmente et les commandes se multiplient. C’est lui qui va avancer l’argent pour la location de la maison à Giverny et qui va donner une pension mensuelle. En 1890, c’est l’apothéose. Les expositions personnelles se succèdent et le prix des toiles augmente. Ainsi il peut acquérir la maison et la faire aménager à ces goûts.

Collectionner, l’autre passion du peintre? 
De 1860 à 1875, ces amis, Charles Lhuillier, Gilbert de Séverac, Carolus-Duran, Manet, Renoir… lui offrent des peintures le représentant ainsi que sa famille. En 1880, il veut acquérir des oeuvres impressionnistes. L’argent ne coule pas à flot. Par chance, d’autres amis comme Caillebotte ou Morisot lui donnent des oeuvres. En 1890, les moyens deviennent de plus en plus importants alors il va fréquenter les salles de vente et les marchands. Les toiles sont accrochées dans sa chambre où lui et quelques intimes peuvent en profiter. A ce jour, nous ne savons toujours pas qu’elles étaient les toiles accrochées, combien et comment.

Peindre le même motif, est-ce peindre le même motif? 
A ces débuts, il réalise plusieurs versions d’un même paysage : la plage de Ste Adresse, la route de Honfleur sous le neige, le village de Vétheuil… Puis il se fixe sur d’autres villes comme Fécamp, Dieppe, Etretat… Il représente toujours le même paysage mais à des horaires différents avec de la lumière différente. On voit apparaître une série avec des meules, des peupliers, la cathédrales de Rouen, les ponts japonais, Londres…Même sa technique évolue puisqu’il peint en même temps toutes les toiles. Quand un effet s’estompe, il va travailler sur l’autre qui correspond au moment.

Vrai-faux sujet, le jardin d’eau de Giverny?
En 1893, Monet acquière un terrain en contrebas de son domaine afin d’y aménager un jardin d’eau. L’année suivante le botaniste Joseph Bory Latour-Marliac livre les spécimens des nymphéas colorés qu’il a crée. En 1901, la surface est triplée avec la création d’une île artificielle. A partir de 1903, il se consacre à la représentation de l’étang. On pourra le voir dans 260 toiles. Ce n’est pas son jardin ou les fleurs qu’il peint mais l’immensité et la lumière.

Les Nymphéas : symbole de l’oeuvre de Monet?
En 1914, il fait construire un atelier afin de réaliser des toiles monumentales. Entre 1914 et 1926, l’octogénaire peint 125 panneaux monumentaux dont quelques uns iront rejoindre le musée de l’Orangerie comme convenu par écrit en 1922. Ce n’est qu’après son décès le 5 décembre 1926 que les toiles vont être livrées au musée de l’Orangerie. L’inauguration se fera le 17 mai 1927 et les critiques sont assez sévères.


Peindre ce que son oeil dicte : tout l’art de Monet?
En 1912, on diagnostique à Monet une cataracte bilatérale qui alterne la perception des couleurs. Il voit moins le bleu et plus le jaune. Sa vue baisse jusqu’à 1/10ème. Il se résout alors à faire opérer de l’oeil droit en 1923. Il perçoit alors différent ces anciennes créations mais il assume. 

Monet est-il le père de l’expressionnisme abstrait américain?
On a coutume de dire que Claude Monet est le père de l’abstractionnisme américain. Alfred H. Barr, fondateur du Museum of Art de New York achète une peinture monumentale pour son musée. Elle fait echo à la pratique de jeunes artistes abstraits. D’autres musées américains veulent acquérir des toiles. Les critiques font les liens entre les artistes de différentes générations. L’influent Clément Greeberg théorise les relations et les influences.   

Voilà une petite synthèse des réponses à ces 15 questions. Un petit livre qui permet d’avoir quelques informations supplémentaires afin de mieux connaître le peintre, Claude Monet. Sa vie, ces passions, ces amours et ces obsessions tout au long de son parcours artistiques. Un livre qui donne d’en lire plus pour mieux s’approprier l’artiste.

Sur le même sujet : Monet l’abstractionnisme américain au musée de l’Orangerie

 

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