Les Crapauds fous – Les béliers parisiens

L’heroïsme a-t-il encore un sens ? Et est-il possible en cas de guerre ? Mélody Mourey veut y croire. Pour cela, elle a écrit et mis en scène une histoire vraie d’un acte de résistance étonnant. Vous sentez-vous prêt à rencontrer des crapauds fous ?

Tout débute à notre époque. Une charmante jeune femme blonde (Claire-Lise Lecerf) va à la rencontre d’un médecin (Frédéric Imberty). Elle n’est pas malade. Son grand-père l’a envoyé à New-York pour qu’elle rencontre cet homme. Lui connaît une histoire étonnante qui pourra l’aider dans ces recherches. Elle voudrait comprendre pourquoi quelques gens résistent. Qu’est-ce qui les pousse à des actes héroïques ? Et cela lui fait penser à ces crapauds qui ne suivent pas les groupes lors des migrations. Ils vont s’isoler dans des endroits improbables. Mais quand la majorité se trouve décimée, il reste uniquement ces crapauds que l’on nomme crapauds fous.

Doucement le décor va se transformer et nous projeter dans l’histoire, direction 1940, en Pologne, dans la petite ville de Rozwadów. Les allemands conquièrent des territoires et tuent en masse les juifs, les communistes, les intellectuels, les homosexuels, les handicapés mentaux… Toutefois, un médecin du village considère que son métier c’est soigné qu’on soit polonais, juifs ou allemands. On soigne des êtres humains. Alors secrètement le soir, il va aider les juifs même si c’est très dangereux. Mais ce n’est pas suffisant face au massacre qui s’annonce. Aidé de son ami médecin, Eugène et Stanislaw vont placer la ville en quarantaine à cause d’une épidémie de typhus. Avec beaucoup d’ingéniosité, pendant un temps, l’attention du régime sera détournée. Toutefois, l’horreur ne se laisse pas duper trop longtemps.

La structure n’est pas sans rappeler la narration à tiroirs utilisée par Alexis Michalik, notamment dans la « Porteur d’histoires » qui se joue avant. Ainsi des personnages du présent se baladent au sein même de l’histoire du passé. Malgré le sujet qui peut paraître assez tragique, la bonne humeur est de rigueur. On y découvre un humour un peu facile avec l’enthousiasme de Damien Jouillerot qui incarne entre autre le simple d’esprit ou le führer en compagnie d’Hélie Chomiac, en soldat SS. Ce côté bon enfant se compense par le rôle du médecin à l’initiative de la supercherie. Un très grand bravo pour la prestation de Charlie Fargialla tout en finesse et en sensibilité. En binôme de jeu avec Gaël Cottat, qui est plus réservé. Dans l’ensemble la prestation des comédiens est étonnante et pleine d’énergie. Les décors roulants tournent et nous font voyager au cœur de la ville. De légers détails qui suffisent à nous raconter une histoire émouvante.

Un spectacle qui brille par son audace, son ingéniosité et son humour. Ne passez pas à côté d’un instant qui vous donnera envie de faire partie des crapauds fous.  

 Ecrite et mise scène en scène par Mélody Mourey, avec Merryl Beaudonnet, Constance Carrelet, Hélie Chomiac, Gaël Cottat, Charlie Fargialla, Frédéric Imberty, Damien Jouillerot, Blaise Le Boulanger et Claire-Lise Lecerf.

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