Bulles & blues – Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Chloé et Soan font partis de la même famille. Pourtant ce n’est pas facile d’être lié et de se faire confiance mutuellement. Mais pourquoi ?


De quoi ça parle ?
L’ambiance à la maison est un peu tendue. Chloé à des mauvaises notes à l’école et sa mère n’est pas du tout contente. Elle voudrait de meilleures résultats et très vite. Mais l’adolescente ne prête guère d’intérêt à étudier. Son truc, c’est le dessin et l’amitié. D’ailleurs, elle ne comprend pas pourquoi son demi-frère Soan ne veut plus lui adressé la parole alors qu’il y a peu, ils étaient très proches. En plus, ces parents le préfèrent car il a de meilleures notes et qu’il joue du violon. Du moins, c’est ce qu’elle pense et la présence d’une petite sœur n’aide pas non plus à faire sa place.

Elle se sent profondément triste et seul. Le quotidien au collège n’est pas toujours de tout repos non plus. Par chance, elle fait le clown et s’attire la sympathie de certaines. Mais cela n’efface pas totalement la rancune qu’elle a envers elle. Surtout suite à ce qui s’est passé avec Léa (personnage principale de « Mots rumeurs, mots cutter ») qui subit du harcèlement de toute part. Pour ne pas être rejeté des autres, elle n’a pas essayé de la soutenir. La documentaliste va l’écouter ouvrir son cœur et va lui donner des conseils.

 


Ce que j’en pense ?
Après « Mots rumeurs, mots cutter » de Charlotte Bousquet et Stephanie Rubini, elles reviennent avec une nouvelle histoire « Bulles & blues ». Ce n’est pas la suite de leur première bd, mais elle se déroule dans le même collège où l’on retrouve les mêmes étudiants et enseignants.

Ici on va suivre les états d’âmes Chloé à travers la voie off narrative de son journal intime. Elle se sent mal car son demi-frère ne fait plus attention à elle alors qu’il y avait quelque chose entre eux. On pouvait suspecter le début peut-être d’une histoire d’amour. Mais on n’en saura pas plus. Car après on va vers la tristesse qu’elle ressent par le manque d’attention de sa mère, de l’intérêt réel que lui porte ces copines et de l’importance trop grande du regard des autres sur elle. Pourquoi n’a-t-elle rien fait pour Léa ? Elle ne voulait pas être aussi un souffre-douleur. Mais ce choix que révèle-t-il d’elle ? On peut changer, c’est ce qu’on lui dit. Alors elle va avancer le cœur plus léger du moins pour un moment.

Mais comme les autres histoires de ce duo féminin, on reste sur sa fin. Elles lancent une histoire sans vraiment l’aboutir. On nous parle de la souffrance adolescente, de leur ressentie et puis c’est tout. Quand avance un peu le récit, l’histoire est finie. Je veux bien que l’on me dise que c’est à moi d’imaginer la fin mais je préférais le savoir avant, car ainsi je passerais mon chemin. C’est dommage car les personnages sont très bien travaillées au point de vue psychologique et tout s’arrête avant qu’une quelconque résolution se fasse. Va-t-elle avoir une discussion avec sa mère sur ce qui la travaille ? Va-t-elle faire le point avec Soan pour savoir qu’elle est le problème ? Va-t-elle arriver à parler à Léa de son projet ? Va-t-elle pouvoir le faire aboutir ? Beaucoup de questions qui restent en suspens. Surtout que le personnage de Léa se suicide dans le tome précédent mais on ne sait pas si elle en réchappe ou si le comportement des autres élèves du collège va changer. Ce récit aurait pu apporter des réponses aux questions restées elles aussi en suspens. A moins que ce livre soit un objet de discussion dans les écoles ou pour les psychiatres pour aborder des sujets sensibles. Ainsi il est normal qu’il n’y a pas de fin car cela serait les adolescents qui pourraient la terminer. Et même dans ce cas, j’aurais aimé alors une note d’information en début de bd.

Une lecture en demi-teinte malgré un joli travail de mise en page par Gulfstream, de sympathiques dessins de Stéphanie Rubini et un texte travaillé par Charlotte Bousquet. Une histoire avec un début et une fin ont tendance à faire un récit plus complet.

Lire l’avis de Twenty Three Peonies : « Coloré, doux, girly et pourtant vif, il est à l’image des personnages de cette histoire. On ne se lasse pas de ces bulles acidulées. Elles sont un véritable régal visuel. »

L’avis de Jérôme : « Pour autant, ce volume est un cran en dessous des précédents. Le scénario semble moins abouti, plus fouillis, tout va trop vite et surtout la fin n’apporte aucune réponse aux soucis de Chloé et Léa. Il est très frustrant de les laisser en plan toutes les deux, à moins qu’un quatrième tome viennent conclure « proprement » l’ensemble. Si tel est le cas, je m’y plongerais avec plaisir car je garde beaucoup de tendresse pour l’univers adolescent dépeint par les auteurs. »

L’avis de Noukette : « Pourtant, si les deux premiers tomes pouvaient se lire séparément et de façon non chronologique, ce dernier opus fait de nombreuses références à l’histoire de Léa (Mots rumeurs, mots cutter), lecture qui semble du coup nécessaire pour avoir toutes les clés en mains. Si les deux histoires sont donc intimement liées, j’avoue que j’aurais préféré que les auteures développent davantage la relation qui unit Chloé à son « frère » Soan… Je me suis d’ailleurs complètement fourvoyée, persuadée que la raison de l’éloignement de ce dernier était dû à un changement dans la perception de leur relation… »

L’avis de Moka : « Les auteurs ici sèment quelques pistes intéressantes(notamment sur le rapport à l’adulte, sur l’affirmation des choix, l’engagement…) et parviennent à saisir des scènes de vie réalistes (desconflits parentaux aux sentiments d’abandon, de transparence…) qui sauront sans conteste parler aux adolescents. Assurément, même si nous sommes finalement assez loin des thèmes très forts et percutants des tomes précédents, c’est aussi cette quotidienneté-là qu’il est bon de raconter. `Laissons maintenant le soin aux adolescents de saisir au fil des pages, ces petites graines prêtes à germer dans leurs esprits, ces occasions de faire un pas de plus vers l’âge adulte. »

L’avis de Livresse de mots : « Dans la lignée des précédents albums, Bulles & Blues conserve un graphisme coloré et girly qui nous aide à entrer en douceur dans la vie de ces adolescentes, à les comprendre et à les apprécier telles qu’elles sont, avec leurs forces et leurs faiblesses… Une série d’ouvrages pertinents à découvrir ! A mettre dans les mains des jeunes – pour qu’ils puissent s’identifier et trouver du réconfort – et dans les mains des adultes – pour qu’ils comprennent davantage certains troubles de l’adolescence. Et dans toutes les autres mains, pour le plaisir ! »

L’avis de 1001 frasques : « J’espère que ce tome est surtout une accroche pour la suite, une sorte de pivot et que le ralentissement de ce tome prendra sens à la sortie du suivant. »

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3 réflexions sur “Bulles & blues – Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

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