Souvenirs de l’empire de l’atome – Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse        

Direction les années 50 aux Etats-Unis, un homme possède un don particulier que lui seul a. Paul va alors devenir au cœur de l’attention d’hommes puissants qui voit dans son imagination beaucoup de créativité qui peuvent être mis au service de la nation. Seulement voilà, à un moment, il ne se laissera plus faire et c’est la face du monde qui va changer.


De quoi ça parle ?
Depuis qu’il est tout jeune, Paul discute avec un homme du futur, Zarth Arn. Il a partagé avec lui bien de nombreux combats. Sa femme est au courant de ces petites échappées mentales. Elle ne lui en tient pas rigueur jusqu’au jour où au travail il va y avoir un petit incident. Son employeur, le Pentagone, l’oblige alors à aller consulter un psychiatre pour mettre un peu d’ordre dans ces idées. Mais voilà que le psy pose de très nombreuses questions et s’intéresse, peut-être trop à son patient. D’ailleurs, Paul va ressentir cette pression et décide de mettre un terme à son analyse. Il s’engage avec lui-même de moins entrer en contact avec son ami du futur.

Cependant, le psy va publier un article dans la presse sur son patient qui va faire un grand écho. La confidentialité ce n’est plus ce que c’était.

En tout cas, il a tapé dans l’œil d’un certain Gibbon Zelbub (clin d’œil à Spirou ?), un milliardaire cynique mégalomane un peu fou. Grâce à des séminaires, il met au point des choses qui intéressent grandement le gouvernement américain. Les sujets ne se souviennent jamais grand-chose de ce qui se passe.

Normal, l’hypnose et les drogues aident à faire le ménage dans l’esprit. Ces moments d’absence commence à intriguer Paul et quelques autres personnes importantes. En plus, il a trahi l’amitié qu’il avait avec Zarth Arn, il va falloir qu’il reprenne le dessus.


Ce que j’en pense ?
J’ai tout de suite été séduite par la bande dessinée par sa couverture qui tranche par ce qui est la plupart du temps publié. Des couleurs vives, une image intrigante, des volumes lorsqu’on passe le doigt dessus, elle appelle à la curiosité. C’est ainsi que j’ai décidé d’en tourner les pages. Et tout de suite, c’est encore un ravissement pour les yeux. Alexandre Clérisse a réalisé un magnifique travail graphique dans l’esprit des années 50. En plus, l’histoire n’est pas linéaire et des allers-retours entre les époques demandent plus de travail afin que le lecteur puisse se retrouver en coup d’œil. On va des années 20 aux fifties tout en faisant une ballade dans les années 58 dans l’Atomium et 121 000. Les voyages nous emmènent sentir les embruns du monde aussi bien à Washington, au Mexique, en Asie, en Grèce…

Le dessinateur coloriste y insère également de nombreux clins d’œil à des artistes du moment comme Jean Tinguely, Mondrian, Frank Lloyd Wright… Il joue aussi le rendu lorsqu’il nous plonge dans les magazines de SF où notre s’identifie aux personnages. Le jeu entre les deux styles est très malin.

Mais que serait Alexandre Clérisse sans son binôme à la plume? Thierry Smolderen y met des mots toujours justes dans les bulles. L’histoire part dans tous les sens et demande à son lecteur de bien suivre. Cela se fait sans grand problème et les pages se tournent avec plaisir. Les références sont multiples aussi dans l’écriture et n’étant pas une grande lectrice de SF beaucoup me sont passées à côté. J’ai appris quand même que Zarth Arn est le nom d’un héros de série Z italienne qui ont été publiés en comics aux Etats-Unis. Ne trouve-t-on pas des numéros d’Amazing Stories sur une table de salon de Paul ? Les sources d’inspiration pour le scénariste sont nombreuses comme un article de 1955 consacré au cas psychiatrique de Kirk Allen, patient du docteur Lindner. Le médecin pour garder l’anonymat a enjolivé son récit en étant surement influencé par Edmond Hamilton. Un travail qui a du demandé beaucoup de recherche pour trouver un ton qui sonnerait juste pour rendre hommage à la SF. Le rendu est incroyablement agréable à lire que l’on soit ou non fan de SF.

Alors allez plonger dans l’univers complètement loufoque et futuriste des « Souvenirs de l’empire de l’atome ». Promis, vous allez faire un voyage qui va longtemps marqué votre inconscient.

Lire l’avis de Mo : « Je reste ambivalente face à l’accueil que j’ai réservé à cet album. Satisfaite par la réflexion qu’il sous-tend, questionnant la présence éventuelle d’une analyse critique que l’auteur aurait également faite de la guerre froide, intéressée par le regard accusateur qu’il pose sur la société de consommation. Sa remarque est d’autant plus pertinente qu’il en revient aux prémices du merchandising. »

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9 réflexions sur “Souvenirs de l’empire de l’atome – Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse        

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      • C’est au niveau de l’ambiance de l’album. J’ai été surprise et puis le rythme est assez enlevé. Je crois que j’ai lu l’album de façon assez linéaire (par contre « L’été Diabolik » m’a totalement conquise ! C’est pour ça aussi que je pense que je peux vraiment savourer ce premier album réalisé par ce duo d’auteurs. Leur collaboration fonctionne très bien

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