Histoire de Cylop – C’est qui Jean Tinguely ?

Au cœur de la forêt à Milly-la-Forêt, vit un horrible monstre. Sorti directement de l’imagination de Jean Tinguely, il dévorera tous les curieux qui osent s’aventurer dans son antre. Vous voulez en savoir plus ?

Jean Tinguely est né en 1925 à Fribourg. C’est à Bâle qu’il grandira. Il parlera l’allemand à l’école et le français à la maison. Mais l’école, ce n’est pas trop sa passion. Alors il vagabonde dans la forêt aux grés de son imagination. D’ailleurs, il y a créera des petits mécanismes sonores avec des roues en bois, des boîtes de conserve qu’il place le long d’un ruisseau.

De 1940 à 1944, il va intégrer l’école des arts et métiers de Bâle, à la section des arts appliqués. Une de ces professeurs va attirer son attention sur le mouvement comme moyens d’expression artistique. C’est plutôt bien car la peinture ne lui inspire rien.

« Je pouvais continuer sur une peinture pendant des mois, jusqu’à usure totale de la toile = racler, revenir sans laisser sécher la peinture ! C’était impossible pour moi ; je n’arrivais pas à, disons, décider : voilà c’est terminé… C’est à partir de là au fond que le mouvement s’est imposé à moi. Le mouvement me permettait tout simplement d’échapper à cette pétrification, à cette fin. »

Très vite, il créera des machines inutiles basées sur le mouvement, le hasard, le bras, le rendu visuel. Tout ce qu’il va utiliser sera issu de rebuts. Un début de remise en question de l’industrialisation et du début de la société de consommation.

En 1953, c’est avec son épouse, Eva Aeppli, qu’il arrive à Paris. Il réalise ces premiers tableaux avec des formes géométriques en métal mues par des moteurs qu’il nommera les Méta-mécaniques. Trois ans plus tard, il fera la rencontre de Niki de Saint Phalle. A partir de ce jour, ils deviendront des amis proches qui partagent une vision de l’art.

En 1959, c’est une autre série qu’il créé avec les Méta-matics. Il met au point 5 machines qui peignent qui sont présentées à la galerie Iris Clert. Les visiteurs peuvent alors créer des dessins uniques. Une nouvelle critique de la peinture gestuelle. Il créera également des machines réalisées avec des pièces de moteurs, d’engrenages, d’éléments de rebut, de ferrailles, auxquelles il ajouta des objets divers (bois, tissus…) avec un fonctionnement anarchique. Le but est l’autodestruction de la machine.

L’année 1960 marque un grand tournant pour de nombreux artistes. Le critique d’art Pierre Restany fonde le mouvement du Nouveau Réalisme. La déclaration constitutive du Nouveau Réalisme est signée le 17 octobre 1960 par Jean Tinguely, Yves Klein, Daniel Spoerri, Arman, Raymond Hains, Jacques Villeglé, François Dufrêne, Pierre Restany, Niki de Saint Phalle…

Dès 1963, une nouvelle étape de son travail voit le jour. Il va utiliser des moteurs plus puissants et des mécanismes plus complexes avec des mouvements répétitifs pour ces créations. De même, qu’il va les peindre en noir en effaçant l’histoire des objets pour en créer un seul.

En 1964, il image un immense immeuble qui abriterait des attractions foraines, des magasins, un restaurant… Il l’aurait voulu le nommé Lunatour car la structure aurait été construite à Porte Maillot à la place du Lunapark qui a fermé ces portes. Faute de financement, ce projet n’a pu aboutir.

En 1968, avec son ami Bernhard Luginbühl, ils travaillent au projet du Gigantoleum. Sous ce nom ce cache une idée complètement folle. La construction d’un lieu qui sera à la fois une sculpture et une architecture dans lequel on pourra aussi bien se rencontrer, manger, voir un film, voir un spectacle, traverser un labyrinthe, descendre un toboggan… Créer un espace que les gens pourront s’approprier comme une station culturelle. Mais ce projet non plus ne trouva pas de subvention. Alors Jean Tinguely se rabattit sur un projet moins gigantesque. Il se nommera Le Cyclop.

La question du lieu se posa. Il fallait installé la construction isolé de la civilisation. Pour une question pratique, son choix s’est posé sur un terrain au sud de Paris, à Milly-la-Forêt. En effet, depuis 1963, l’artiste possédait avec Niki de Saint Phalle un ancien bar-dancing « Au Cheval blanc » situé à Soisy-sur-École ainsi qu’une ancienne commanderie des Templiers à Dannemois qui leur servait d’atelier. Même s’ils étaient connus dans leur milieu, ils ne roulaient pas sur l’or. Alors acheter un terrain dans les bois semblait compliqué et demandé une autorisation à la préfecture de créer une œuvre ne semblait pas évident. Le refus irait de soi. Le maire de l’époque leur a conseillé de construire leur œuvre et lui fermerait les yeux. Quand cela serait terminé, on verrait ce qui se passerait. Entre temps, ils ont acheté le terrain et l’ont donné par la suite à Jean de Menil, qui compléta l’espace. Pendant 25 ans, de 1969 à 1994, Jean Tinguely avec des amis à lui, tous bénévoles construisent pièce après pièce, cette œuvre monumentale.

En juillet 1970, il fait appel quand même à un professionnel de la soudure, Seppi Imhof. Il l’a recruté suite à annonce passée dans un journal en 1968 avec cette information : «Cherche soudeur professionnel sachant jouer à la belote».  Cet artisan travaillera par la suite avec Jean Tinguely. Aucun architecte ne travaille sur l’élaboration du monument. Tout a été financé par Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle.

La construction ne s’est pas faîtes sans vague. Des voyous du coin venaient squatté les lieux et empêchaient l’évolution de l’œuvre. Jean Tinguely avait envisagé de nombreuses solutions comme bétonner l’entrée, faire une entrée cachée, mettre des mauvaises herbes pour faire fuir ces indésirables. Avec Seppi Imhof, il avait même envisagé de déménager le Cyclop au parc de Saint-Cloud. Une autre solution sera trouvée. Le Cyclop sera donné à l’État français en 1987 à condition qu’il soit conservé. Il ouvrira vraiment au public en 1994 et sera inauguré par François Mitterand, alors Président de la République Française. Niki de Saint Phalle considérera que l’œuvre est aboutie et que rien ne pourra y être ajouté. Jean Tinguely ne pourra y assister puisqu’il décédera en 1991 dans son pays natal.

Lien vers Le cyclop

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