Clémenceau – Tome 22 – Jean Garrigues, Renaud Dely et Christophe Regnault

Un nouvel homme politique français vient de faire son entrée dans la collection Ils ont fait l’Histoire chez Glénat-Fayard. L’homme qui défia les politiques au nom de la République, celui qui défendit l’innocence de Dreyfus fait son entrée au panthéon des grands hommes de la Nation. Allons à la rencontre de Georges Clémenceau.


De quoi ça parle ?

C’est l’arrestation de son père sous ces yeux pour suspicion de complot contre l’empereur qui lui révéla son destin. Pour venger son honneur, son père lui a dit : travaille. Ainsi, il prit comme partie de devenir un défenseur des politiques opprimées. Pendant la Commune, il prendra à ces côtés Georges Blanqui. Il rencontrera la brave Louise Michel qui lui fera forte impression par sa détermination. Puis, lorsqu’il sera certain que Dreyfus est innocent, il va tout faire pour en convaincre chaque citoyen. D’ailleurs, c’est lui qui trouvera le titre du texte d’Emile Zola : « J’accuse ».

Son incroyable bagout va lui permettre de monter les échelons un à un. De médecin à maire, il deviendra député puis ministre de l’intérieur à président du conseil pour finir chef du gouvernement lors de la première guerre mondiale. Jamais, il ne baissa les armes face à l’adversité. Toujours combattre pour la liberté d’agir et de penser. Le respect de la séparation de l’église et de l’état a bien été difficile à faire respecter. Tout comme mâter les révoltes ouvrières ou celle des viticulteurs du midi.

Une verve qui s’accompagne d’une plume car il n’arrêta en aucun cas d’écrire dans la presse, quitte à créer un journal avec lui comme seul journaliste. L’art aussi était là, à ces côtés. Il voyait souvent et correspondait surtout avec son ami Claude Monet.


Ce que j’en pense ?

Quand le Tigre sort les griffes, attention ça va faire mal. Georges Clémenceau est un radical, anticlérical farouche, opposé à la politique coloniale opportuniste, luttant pour le droit des ouvriers, il sait faire entendre sa voix au-dessus de tous. Ainsi il apprend à s’entourer de personnes ayant les même motivations et idées que lui. Mais cela engendre aussi bien des haines et des colères de ces adversaires. D’ailleurs, il se fera tirer dessus. Ces opinions vont devenir moins fortes lorsqu’il montera en grade dans la politique française. Il punira sévèrement la révolte des mineurs à Courrières en 1906, soutenus par Jean Jaurès. Son nom restera dans l’histoire suite à la victoire de la France dans la première guerre mondiale. Un surnom va lui être donné : Père la Victoire.

Une belle plongée à la rencontre d’un homme politique qui a su marqué son époque de son nom. Raconter toute une vie en album n’est pas chose facile, ce qui explique les bons dans le temps. Faire une liaison entre chaque semble en effet assez compliqué. De ce fait, beaucoup de chose ont dû être simplifiées pour être abordé. L’affaire Dreyfus est survolée sans parler vraiment rentrer sur ce sujet brûlant. Il n’y a pas non plus de citation par exemple de l’article de Zola, « J’accuse ».

Ce n’est que l’angle politique qui est abordé et non de l’homme. Car c’était un vrai passionné d’art asiatique et un grand collectionneur. On trouve des références à sa passion au musée Guimet qui se situe pas très loin de sa demeure parisienne. On passe également son côté dépensier et d’autres travers. Toutefois, on trouve une petite référence légère à son amitié avec le peintre Claude Monnet. Il aurait été bien de parler de l’admiration du politique pour l’artiste et de son combat pour que les fameux nénuphars soient au musée de l’Orangerie. Il faut faire des choix et cela implique forcément de laisser de côté certains éléments. Un dossier historique réalisée par Jean Garrigues donne plus d’information sur la vie de Georges Clémenceau mais le côté artistique est laissé de côté, là aussi.

L’univers graphique, trop figé et trop classique est un frein à la lecture. Heureusement que le sujet incite à tourner les pages car le contenu est riche. Les couleurs sombres ternissent l’ensemble. Un esprit très loin de la série « Communardes ! » de Wilfried Lupano où l’on rencontre Louise Michel. Certains détails comme le texte pour la presse ou des affiches, fait rajouter à l’ordinateur et gâche le rendu. C’est assez dommage car la collection de cette série est assez riche mais le graphisme reste le même sur tous les albums.

Un album qui apprendra à mieux connaître cet homme politique français qui osait dire Non et se battait pour des idées. Une lecture qui peut donner une vision de ce que peut-être la politique surtout en ces temps un brin troublé.

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3 réflexions sur “Clémenceau – Tome 22 – Jean Garrigues, Renaud Dely et Christophe Regnault

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