Etunwan – Celui qui regarde – Thierry Murrat

Joseph Wallace vit tranquillement avec son épouse et ces enfants. Il réalise des portraits de notables et de leur famille. Mais il a besoin de voir plus loin. Il décide alors de suivre une expédition dans Les Rocheuses. A partir de là, sa vision du monde va changer à jamais.


De quoi ça parle ?
Son quotidien de portraitiste auprès des notables et de leur famille lui permet un revenu confortable. Il peut vivre tranquillement avec son épouse, Marjorie et leurs deux jeunes enfants. Mais pourtant, cela lui ne suffit pas. Alors, en 1867, il va prendre le train pour Saint-Louis pour rejoindre une mission d’exploration dans Les Rocheuses. C’est le gouvernement qui finance l’expédition. L’objectif est de cartographier ces grands espaces ainsi que de savoir s’il y aurait des gisements d’or et de charbon sans oublier la possibilité de coloniser ces nouvelles terres.

Cette mission rassemble de nombreux spécialistes dans de nombreux domaines comme botanistes, météorologistes, minéralogistes,  zoologistes, ornithologues et topographes… Hermann Greenstone, un ethnologue chicagoan, va lui apprendre des rudiments de dialectes indiens des plaines et devenir un fidèle ami.

Le photographe lui doit prendre tous les paysages qu’il voit. Mais Joseph Wallace va voir plus loin en rencontrant des indiens. Il est vraiment touché par ces gens si gentil avec un si différents. L’homme blanc détruit son rapport à la terre avec la restriction de l’espace, le fait de tuer les bisons, d’introduire l’alcool, les maladies… Leur rendu sur impression est bouleversant.

Lorsqu’il va revenir chez lui, il n’a plus qu’une obsession. Repartir à la découverte de ces tribus qui sont de plus en plus massacrées. Les financements sont bien difficile à trouver car le sort des indiens n’intéressent personne. Il y retournera et y fera de nouvelles rencontres étonnantes. Le fait qu’il parle leur langue aide à se faire accepter. D’ailleurs, il va être surnommé Etunwan, Celui-qui-regarde. Mais personne ne pourra voir vraiment son travail.


Ce que j’en pense ?
C’est un très beau récit de voyage que nous propose Thierry Murrat. J’ai eu un peu de mal au début à rentrer dans son univers graphique avec les aplats noirs et sépia. Puis très vite, je me suis plongée dans cette rencontre avec Joseph Wallace et le changement de sa vision du monde. Cet homme modeste et simple, est devenu un photographe naturaliste et humaniste. L’évolution de son regard évolue de page en page grâce aux rencontres avec les indiens. Et surtout grâce à Hermann Greenstone qui lui a donné à ces débuts des cartes pour mieux comprendre leur culture. Son envie de retrouver des tribus et de les prendre en photographie devient de plus en plus imposante. Le dessinateur nous le montre par le biais d’échanges épistolaires entre les deux amis.

Les paysages qui sont montrés respirent la nature et la liberté. Même son aventure avec la charmante Femme Papillon est dessinée avec une beauté incroyable. Il y a même une petite différence sur deux pages lorsqu’ils font l’amour. Un changement discret mais au combien esthétique et plaisant à l’œil. Tout comme les images qui sont cadrés sont sublimes. C’est aussi l’occasion de parler du travail du photographe et des progrès techniques dans la matière. Le grain même du dessin va alors devenir parfois plus affiné.

Les pages se tournent avec une gourmandise aussi bien pour le récit que le rendu graphique. Le personnage principal est attachant. J’avais envie qu’il soit même réel malgré ce qui se passe à la fin. J’aurais voulu découvrir sa biographie pour savoir qu’elle était la partie fictionnelle de la bd et voir quelques clichés. Mais tout est pure invention qui doit tout de même refléter cet esprit de conquête américaine. Et aussi le fait que l’état minimise les tueries indiennes et déconsidère ces peuples.

Une magnifique histoire qui nous plonge au cœur de la conquête de l’Amérique et de la suprématie de l’homme. Une lecture qui vous fera voyager au cœur d’un territoire qui respire encore un peu la liberté.

Bd photographe
Weegee

Publicités

3 réflexions sur “Etunwan – Celui qui regarde – Thierry Murrat

  1. Pingback: Challenge lecture 2017 – 200 chroniques livres | 22h05 rue des Dames

  2. Pingback: Challenge BD chez Chroniques Littéraires | 22h05 rue des Dames

  3. Pingback: Bilan culturel mensuel : Juin | 22h05 rue des Dames

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s