Agathe et la chose commune – Théâtre 13

Agathe apprécie d’être entourée de ces filles, gendres et petites filles. Son mari lui manque terriblement mais grâce à son imagination ces souvenirs s’entremêlent à la réalité. Ou cela va-t-il la mener ?


De quoi ça parle ?
C’est au travail, à la Sécurité Sociale qu’Agathe a rencontré Louis. Ils se sont plus au premier regard. En plus, ils partageaient les valeurs mutualistes du système. Ce n’était pas toujours facile. Il y en avait qui voulait quitter le système général car ils ne voulaient pas cotiser pour les autres car cela leur rapportait moins que ce qu’il donnait. Mais pour Louis ces valeurs de partage pour l’égalité étaient capitales. D’ailleurs, il l’avait appliqué dans le système à la maison. Chaque personne majeure de la famille doit participer de façon égale aux autres de façon pécuniaire pour l’organisation des repas. Cette façon de faire surprend toujours les pièces rapportées.

La famille se réunit, parle, mange, échange et parle de système pas si pratique. Le repas est raté comment doit-on faire ? Ce n’est pas dans le règlement. Le petit nouveau veut bien participé au projet mais 500.00€ c’est beaucoup trop pour un étudiant. Faut-il alors rénové le principe pour qu’il soit plus égalitaire ?

Agathe est un peu perdue parfois. C’était tellement plus simple quand Louis était là, généralement. D’ailleurs, entouré de ces enfants, son esprit vagabonde dans ces souvenirs avec son époux jeune. Tout n’était pas toujours rose mais elle était bien. Jusqu’à quand va-t-elle pouvoir vivre entre rêve et réalité, entre espoir et déception ?


Ce que j’en pense ?
J’ai été étonnée par le début du spectacle. Je me suis demandée sur quoi j’allais tomber. Au sol, une grande bâche blanche, des tabourets et des personnages un peu étranges avec des masques. Comme je n’avais pas regardé de quoi parlait le spectacle, je me suis dit que j’allais voire une comédie à l’italienne moderne peut-être. Puis une porte arrive sur scène, une table avec des assiettes. Où est-ce que l’on veut m’emmener ? Puis un homme masquée passe la porte et demande son remboursement à la sécurité sociale et veut aussi que la sécurité sociale lui rembourse tout l’argent qu’il lui a donné. Deux personnes sans masque lui répondent. Je m’inquiétais de ce que j’allais voir déjà que le spectacle commençait déjà avec 20 minutes de retard.

Puis la porte changea de place, la lumière était dirigée au milieu de table et tous les comédiens enlevèrent leur masque. Les uns rentrent après les autres sur l’espace blanc et je comprends très vite que c’est une réunion de famille. On parle de ce fameux système collectif qui provoque beaucoup de débat. En parallèle, un personnage reste étranger aux échanges de la table. C’est le fantôme de Louis, le mari défunt d’Agathe, qu’elle invite à se joindre à elle dans sa réalité. Les deux histoires se croisent avec un naturel étonnant et une cohérence très bien travaillé. Les détails sont poussés très loin avec les transitions avec les différents moments comme celui où de l’hôpital, ils passent à la montage. La grande bâche au sol est repliée sur la table qui a été déplacée au fond et on projette dessus une montagne. Sur le sol reste du sable de la scène d’avant qui peut-être de la neige. La lumière doucement se baisse. Pendant que le regard s’habitue à ce changement d’ambiance, les comédiens reviennent en tenue d’hiver en tirant Agathe sur une luge.

Un très joli travail de mise en scène et d’écriture de Gaëtan qui a su mettre de la liaison partout avec élégance et poésie. Les comédiens contribuent beaucoup aussi à la réussite de l’histoire qui joue avec une grande justesse. J’ai beaucoup le décalage de Louis interprété par Jonathan Salmon avec une prestance et une voie faussement grave. Sans oublié l’Agathe/Sylvie Artel qui vit entre rêve et réalité. Gilles/Sébastien Portier qui maîtrise très bien le jeu au masque. Sans oublier toutes les autres femmes Marine Benech/Isabelle, Laurence Devilleger/Laurence, Léa Fernandes/Léa et Apolline Martinelli/Jeanne qui incarne avec force et caractère les femmes de la famille. Sans oublier le rôle discret de l’autre membre masculin de la famille le nouveau/Paul Menage.

Un excellent spectacle qui a m’a totalement conquise aussi bien sur le texte, la mise en scène, la mise en lumière (de Laurent Labarrère), les costumes, le jeu… Je pense que d’autres théâtres que le théâtre 13 leur laissera la scène. L’avenir le dira.

Plus d’information sur le théâtre 13

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