Atelier d’écriture n°271

L’étonnante Bricabook propose toute les semaines un atelier d’écriture en ligne. Le but est d’écrire un petit texte inspiré d’une photographie. 

Je me souviens c’est ici que nous nous sommes rencontrés la première fois. Tu n’étais pas seul. Mais nos regards tout de suite se sont croisés et mon cœur à exploser en des milliers d’émotions qui se sont diffusées dans tout mon corps. Je crois que j’ai rougis. On se cherchait du regard comme s’il ne fallait pas se perde. Tu ne pouvais pas venir vers moi et moi non plus vers toi. Tu t’es installé au troisième rang et moi un peu derrière. Je n’ai pas beaucoup regardé ce qui était projeté. Je voulais enregistrer des morceaux de toi. Tu avais du sentir mon regard puisque à un moment tu t’es retourné, tu m’as regardé droit dans les yeux et tu m’as souri. Tu avais ensoleillé ma journée.

Même à 50 ans, parfois on peut avoir l’impression d’être une adolescente qui découvre l’amour. Une piqure de rajeunissement qui donne des envies de tout faire. Il faut savourer ce moment car parfois il ne dure que le temps d’une projection. La lumière revient dans la salle et il faut partir. Je ne t’aperçois pas, tu es déjà parti. Un peu triste, je sors aussi et sans le faire exprès je te bouscule. Je m’excuse et puis nous arrivons à échanger quelques mots sur le film. On se sourit. On s’effleure doucement car les gens nous bousculent pour sortir alors on s’entrechoque de surprise et de plaisir si simple.

Ces potes voient qu’il est en bonne compagnie et feigne une urgence et me le laisse. C’était si facile de parler avec toi. Nous ne pouvions rester devant le cinéma à parler dans le froid. Alors nous sommes allées dans un bar à côté, puis dans le restaurant en face. Nous nous racontions tout. Quelque chose s’était passé entre nous. Une force étrange nous avait attiré et nous pouvions tout nous dire dans une confiance totale. Jamais je ne m’étais sentie aussi libre avec un homme. Très vite, nos mains se sont serrées, nos bouches se sont rencontrées,  nos langues se sont caressées… J’aurais pu lui faire l’amour là aussi tellement j’étais bien mais quelque chose me disait qu’il fallait attendre un peu, pour profiter de la rencontre de nos corps.

Il était déjà 2h00 du matin, le restaurant fermait. Chacun devait rentrer chez soi car notre boulot allait nous attendre. On se reverrait le soir. L’heure et le lieu étaient déjà fixés.

Tu partais à droite et moi à gauche.

Je te regardais aller au loin de moi. J’étais partagée entre ce moment de bonheur intense et la tristesse de te quitter.

Une voiture arrivait trop vite. Tu t’étais retourné pour me dire au revoir de ta main et m’envoyer un baiser. La voiture arrivait beaucoup trop vite. Tu l’avais vu et tu te demandais ce qu’elle faisait. La voiture arrivait si vite que le chauffeur te percuta te plein fouet et emporta ton corps pour l’écraser contre un mur. Mon cerveau n’a pas compris. J’ai hurlé. Les lumières. Les gyrophares. Le bruit. La police. Les pompiers. Il m’a fallu beaucoup de temps pour sortir de mon état de choc. Tu étais mort sur le coup. Le chauffeur ivre non.

J’ai connu le plus bel amour de ma vie ce jour-là. Et j’ai perdu le plus bel amour de ma vie ce jour-là. Je reviens souvent dans la salle et je m’assois à sa place. C’était la meilleure place. J’ai l’impression ainsi qu’il est avec moi le temps d’un instant.

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