L’Odieux Connard – Tome 1 – Qu’il est bon d’être mauvais

Il le dit et l’avoue publiquement, c’est un odieux connard. Alors il ne faut pas s’attendre dans son livre à trouver des conseils pour l’entretien de la maison où comment aller dans l’univers des bisounours. Il parle avec une langue acerbe du Seigneur des anneaux, de l’enseignement, de l’amour… Intriguez ?

L’odieux connard est un bloggeur qui se moque avec douceur et humour noir de bien des choses du monde. Son humour est assez apprécié puisqu’il aurait 4 millions de lecteur dans le monde qui le suive très régulièrement.

Il est bon d’être méchant et qu’il est bon d’être drôle. Mais ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir le talent de savoir bien le faire. Cet homme à la veste noir et à la cravate rouge maîtrise le sarcasme et l’humour noir à la perfection. Et rien n’échappe à la sagacité.

Pour ce premier recueil, il a pris une partie de ces publications sur le web et l’autre se sont des inédits. Afin d’aider le lecteur à se repérer, il n’a pas tout jeté de façon foutraque entre les pages. Il a fait un classement par thématique ainsi celui qui ne lit pas de la première à la dernière page peut aller directement où cela l’intéresse.

Je suis une fille très classique, alors j’ai lu sans aucune distinction de thématique. Je n’ai pas tout apprécié ce qui est bien normal. Mais j’ai vraiment bien rigolé sur le profil facebook de Sauron ou d’Hitler. C’est du pur génie d’humour noir. J’ai rigolé comme une pintade dans le bus. J’ai eu des œillades de peur, de mes voisins. Rire d’hommes cruel et se faire prendre pour une folle, c’est ça la véritable interaction grâce aux livres. Non ?

Il y a plein de coups de gueule sur l’enseignement. L’auteur ne serait-il pas prof ? Tout pleins d’autres sujets sont abordés avec parfois des réponses ou non réponses à des questions. On trouve des questions comme : faut-il embrasser/coucher le premier soir ? Comment parler le jeune ? Comment survivre au monde hostile d’une grande surface ? Il n’oublie pas les choses importantes comme les nœuds de cravates, les yorkshires ou la lecture. Il conseille même des livres même si je ne suis pas certaine qu’il faut suivre son avis.

Il pense aussi à notre culture G (et non point G) en nous spoilant certains classiques de cinéma comme Twilight, 50 nuances de grey, Hunger Games et cela en moins de 2 minutes. Après, je ne suis pas toujours d’accord avec lui. Je l’avoue. J’adore la dernière trilogie de Batman avec un gros coup de cœur pour le Joker de Heath Leidger. J’aime bien les regarder lorsqu’ils sont rediffusés à la télévision.

Deux petites remarques tout de même. L’éditeur aurait pu faire un effort sur la finition du livre. Les pages se sont décollés au fur et à mesure de ma lecture. Et aussi, je suis étonnée du choix des articles publiés. Je ne connaissais pas l’Odieux Connard avant de lire son livre et les articles sur le site sont plus longs et il y en a beaucoup orienté politique. Pourquoi avoir choisi de faire des coupes et pourquoi ignorer la politique ? Un choix plus consensuel pour des lecteurs ? Un livre court qui se lit vite et qui peut être classé avec les livres que l’on peut lire dans les toilettes ? C’est bien dommage mais par chance on peut aller sur internet et se tartiner une bonne tranche de rire.

Pour soi ou pour offrir à quelqu’un qui manque un peu d’humour, l’Odieux Connard saura vous déridez. L’humour noir a encore de belles heures devant elle.

Voir le site de l’Odieux Connard

Exemple sur site internet

HUNGER GAMES : RÉVOLTANT – DEUXIÈME PARTIE

La série Hunger Games s’achève.

Je sais, c’est dur. Séchez ces larmes, soyez forts, et prenez une grande inspiration ; car tant pour la nostalgie d’en revivre ses plus beaux moments que vous remettre dans le bain, je me permets, comme toujours, de vous faire le résumé des épisodes précédents. Vous êtes prêts ? Vos neurones sont en sommeil ?

Alors en route.

Hunger Games I : Dans le futur, les Ch’tits à Miami ont rencontré Koh-Lanta et ont eu un enfant : les Hunger Games. Le concept est donc de réunir des gosses débiles au même endroit en les laissant s’entretuer. Si cela ressemble aussi au pitch d’une voiture SNCF, c’est pourtant le jeu favori de Panem, une dictature futuriste dirigée par le maléfique Président Snow. Ces jeux servent à pacifier la population en… je ne sais pas ? En l’énervant très fort ? Allez savoir. Bref : un jour, Katniss, une jeune fille d’une région nommée District 12 y est envoyée. Accompagnée d’un garçon, Peeta l’homme-kebab, elle triomphe de tous les dangers, roule un ou deux patins en passant, et à force de jouer les amants maudits avec l’être mi-homme mi-petit pain, tous deux parviennent à pourrir le jeu, à obtenir le soutien du public, et gagnent donc le grand prix, à savoir un séjour pour deux à Melun. Le Président Snow est un peu bougon, car en brisant la règle du « Il ne doit en rester qu’un« , pourtant héritée de Christophe Lambert, les deux adolescents ont fait un gros doigt au système. Est-ce que cela va provoquer une rébellion ? Holala, ce suspens !

Pour rappel, le spoiler est là.

Hunger Hames II – l’embrasement : Le Président Snow, qui ne voulait plus entendre parler de Katniss, devenue une icône du peuple qui en a marre d’envoyer ses enfants mourir dans des jeux à la con, décide que alleeeez, si on la remettait dans les Hunger Games, comme le lui souffle son conseiller Bob ? Ça a l’air drôlement intelligent, faisons-le ! Katniss manque donc de se faire broyer, gazer, brûler, noyer, avant qu’à la fin, Bob qui tentait de la tuer depuis le début et ne manquait son coup que de justesse à chaque fois, et principalement par hasard, ne dise que reviens gamine, c’était pour rire ! En fait, je suis gentil : je suis là pour te faire t’échapper des Hunger Games ! Ce qu’il fait, avant d’emmener Katniss  à l’abri dans la base secrète des rebelles anti-Snow, qui se cachent dans les ruines du District 13. Merci Bob pour cette évasion ! Mais au fait, qui est le con qui avait proposé de remettre Katniss dans les Hunger Games au début du film, dis-moi ?

Pour les intéressés, le spoiler est ici.

Hunger Games III – La Révolte – Première partie : Présidente, la chef des rebelles du District 13, propose à Katniss de tourner des clips de propagande aidée de Bob. En postant le tout sur la chaîne Youtube de Katniss, #EnjoyFeignasse, ils espèrent soulever Panem contre Snow, un District après l’autre. Aidés par un scénario poussif et des personnages qui se bavent dessus quand il faut réfléchir, ils y parviennent tant bien que mal quand bien même certains districts subissent des représailles avant de découvrir que le Capitole, qui a capturé Peeta, l’utilise pour leurs clips de propagande à eux, postés sur la chaîne de Peeta, #SoSamouraï. Pour éviter que le Capitole ne leur pique leurs abonnés, les rebelles envoient un commando libérer Peeta. Hélas, ils lui ont lavé le cerveau (ça a dû aller vite) et Peeta à son retour tente de tuer Katniss ! Il est donc attaché à un lit d’hôpital et condamné à ne pas avoir la télé dans sa chambre pendant que Katniss se remet.

Et à toutes fins utiles, le spoiler est par là.

Comme tout cela est fascinant ! Est-ce que le dernier volet est aussi fameux que ses prédécesseurs ? Spoilons, mes bons !

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L’affiche : « Rien ne vous a préparé à ce dénouement ». Quand l’affiche ressemble à un message Facebook type « Vous allez être surpris » « Ce papa ne s’attendait sûrement pas à ça » ou « 10 révolutions qui vont vous étonner », tout est dit.

Notre film s’ouvre sur la clarté d’une chambre d’hôpital, et plus exactement celle de Katniss Everdeen, hospitalisée au sein de la base secrète du District 13 depuis que son ami Peeta, reprogrammé par le Capitole, a tenté de la stranguler pour qu’elle arrête ses répliques navrantes. Et le bougre a presque réussi, puisqu’un médecin qui examine la bougresse constate que ses cordes vocales sont endommagées. Elle effectue donc quelques exercices vocaux basiques, comme par exemple chanter l’intégrale de Luciano Pavarotti, avant de se tourner vers Bob, qui assiste à la scène. Souvenez-vous, Bob, le spécialiste de la propagande locale. Raaah, à quoi ça sert que je fasse des résumés si vous ne les lisez pas, bande de fourbes ?

Bref. Katniss, avec sa voix de routière à trois paquets de gauloises par jour, demande à Bob ce qu’il en est de Peeta.

« Il… va… bien ?
– Le Capitole lui a lavé le cerveau. Il y a du travail, mais nos médecins progressent. Il est déjà plus calme. 
– Je… peux… le… voir ?
– Non. Il n’est pas prêt. Nous devons d’abord voir comment il réagit en présence d’éléments familiers. Nous allons commencer avec une grosse feuille de salade.«

Et Katniss est donc emmenée jusqu’à une salle d’observation d’où elle peut observer Peeta, attaché sur son lit d’hôpital, alors que l’on fait rentrer une grosse feuille de salade. Peeta réagit bien, y compris lorsqu’ensuite, on fait rentrer de l’oignon, puis de la harissa. Enfin, on tente d’aller un niveau au-dessus : on fait rentrer Primrose, la sœur de Katniss. Peeta est donc quelque peu surpris.

« Mais ? Prim ? Tu n’es pas…
– Morte ? Non.
– Non, j’allais dire : tu n’es pas une feuille de salade, mais ça marche aussi. Désolé, je me rétablis doucement, et puis niveau charisme, c’est un peu pareil. Mais c’est vrai, ça, tu n’es pas morte ? Le District 12 n’a pas été bombardé ?
– Si. Mais j’ai pu me cacher ici, au sein du District 13, d’où nous poursuivons la lutte contre le Capitole.
– Attends… et ma famille ? Elle a survécu aussi ?
– …
– Prim…
– La boulangerie de tes parents a été bombardée, Peeta.
– Mais… mes parents…
– Ah ben, hé, ils se sont ramassés une bombe de deux tonnes sur le coin de la gueule, on n’en a même pas retrouvé assez pour faire un sandwich, alors si tu veux bien, oui, ils sont m…
– OUAIS BEN J’AI COMPRIS MERCI. De toute manière, tout ça, c’est la faute de Katniss.
– Pardon ?
– Je le sais ! Elle a déclenché cette guerre ! C’est sa faute ! C’est le Capitole qui l’a programmée pour faire ça, pour nous détruire ! JE LA HAIIIIS ! JE SUIS COLEEEEERE ! »

Et Peeta devient tout excité, obligeant Primrose à sortir, pendant que l’on injecte de la mie à Peeta pour l’adoucir un peu. Katniss, elle, est dépitée. Alors c’est ce que croit Peeta ? C’est terrible ! Bon, ce qui est encore plus terrible, c’est que Peeta pense que Katniss est du côté du Capitole, alors que le Capitole l’a reprogrammé lui pour penser du bien, justement, du Capitole, c’est donc très con, mais on va dire que personne n’a pensé à regarder le film précédent avant d’en tourner la suite.

Peeta étant un peu inutile, le scénario avance donc, et probablement en accéléré puisque pif pouf, en une scène, Katniss perd ses marques sur le cou et retrouve toute sa voix. Ce qui lui permet d’honorer un rendez-vous en salle de réunion avec Bob et Présidente, qui pour rappel, est la Présidente du District 13 et la chef de la Résistance.

« Bonjour Katniss. Comment ça va ?
– Bien, grâce aux pouvoirs de guérison magique de ce film. 
– Parfait, tu es un peu la Wolverine de cette base. Accessoirement, ma petite Katniss, il nous faut continuer notre combat.
– Ça tombe bien, j’aimerais me rendre utile. Envoyez-moi là où l’on se bat. Vous savez que je peux chauffer les soldats. 
– Dit comme ça, ça fait un peu amie des matelots, m’enfin bon. Et puis tu es trop précieuse pour ça.
– Vous savez ce dont je suis capable. 
– Hmmmouiiii, maintenant, tu sonnes plus merdeuse arrogante qu’autre chose. C’est un don chez toi de toujours sonner mal ?
– M’en fous. Envoyez-moi sur le front.
– Soit. En ce moment, la bataille fait rage dans le District 2. Si nous le prenons, il nous ouvre les portes du Capitole. Va, et… heu… chauffe les troupes ?
– Faisons comme ça. »

Et Bob d’approuver :

« Oui, ça nous donnera l’occasion de faire d’autres propaclips. »

Woputain, je n’étais pas prêt. J’avais oublié le terme « propaclips ». Bon. J’ai arraché mon moelleux accoudoir de cinéma, comme ça, pris par surprise, mais je vous propose d’oublier ce terme qui ressemble plus à une descente d’organe qu’à un outil de communication, et revenons à Katniss.

Zip la fermeture éclair, clac la boucle de ceinturon, et hop, notre héroïne s’en va d’un bon pas prendre l’un des hovercrafts du District 13, direction le District 2.

En chemin, elle est bien évidemment torturée par l’image du pauvre Peeta, tout fou et attaché à son lit, mais voit quelqu’un venir s’asseoir près d’elle : Gale. Son petit ami officiel. Il fait sa tête de bellâtre lui-même torturé, tout en expliquant qu’il sait qu’elle aime Peeta, et que bon, il faut qu’il arrête d’être jaloux, qu’un jour, elle fera son choix, qu’elle vivra heureuse, que son bonheur fera le bonheur de ceux qui l’aiment, qu’il n’y a donc aucun problème même si Gale a un peu une bûche dans le slip à force d’attendre.

Si l’on s’en fout un peu, ce qui est plus intéressant, c’est quand Gale va retrouver Electro (ingénieur et ancien candidat aux Hunger Games, désormais en fauteuil roulant) dans un coin de l’hovercraft pour discuter plans de batailles. L’un de ceux-ci consiste à larguer des bombes sur une zone, puis à attendre l’arrivée des médecins & co… pour faire exploser une seconde bombe à ce moment là et maximiser les pertes civiles. Ce que l’on appelle en langage technique « Une belle technique de pupute« . Katniss, toi qui te révolte toutes les deux minutes, un avis ?

Non. À la place, Katniss se contente de froncer un peu les sourcils et de marmonner que c’est moyennement cool (la vache, grosse rebellitude les enfants), puis va préparer son arc, car on va débarquer dans le District 2.

Et en effet : l’engin se pose sur une place au milieu de la ville dévastée, et Katniss est accueillie au bas de l’appareil par les rebelles en pleine baston dans le district, qui l’emmènent jusqu’à leur QG où les attend leur chef, que nous appellerons Brienne en hommage à tous ces acteurs deGame of Thrones qui tentent de percer au cinéma en ce moment. Brienne explique promptement la situation.

« Salut les jeunes. Bon, voyez-vous, ici, c’est un peu la merde. L’ennemi dispose d’une super base souterraine que nous appelons « La Noix », probablement une sorte d’hommage à Tic et Tac, et hier encore, on a tenté un assaut dessus et on s’est fait meuler. Or, tant que cette place-forte demeure, impossible d’accéder au Capitole. Nos pertes sont lourdes, et les armes encore nombreuses à l’intérieur. Si quelqu’un a une idée… Katniss ?
– Non, les idées, c’est pas trop mon truc.
– Micheline, la chef des troupes d’assaut ?
– Non plus. On en a pris plein la margoulette hier, je suis un peu fatiguée.
– Présidente, qui participe à la réunion par Skype ?
– Non, mais je vous ai envoyé Katniss, notre Geai Moqueur. Et je suis sûr que causer de nos plans sur Skype ne présente aucun risque.
– Bon…
– Moi, j’ai une idée !
– Gale ? 
– Et siiiii plutôt que de prendre la base d’assaut… on l’assiégeait ? Elle est en montagne, c’est ça ? Alors si on bouchait les issues avec des avalanches ?
– Toutes sauf une pour que les civils à l’intérieur puissent sortir… hmmm, c’est rusé ! Je dis oui ! »

Et le plan est donc arrêté : les hovercrafts iront bombarder la montagne à des points stratégiques pour déclencher des avalanches et hop (c’est bête qu’ils n’y aient pas pensé avant ; heureusement qu’un ado passait par là). Le soir-même, l’affaire démarre, et depuis la ville en ruines au pied de la montagne, Katniss ose à peine regarder les bombardements parce que mon dieuuuuu cette technique consistant à attaquer la forteresse sans tuer personne tout en laissant une issue pour ceux qui veulent se rendre, c’est tellement monstrueuuuux !

Hmmm. Rappelle-moi ta réaction tiédasse plus tôt au sujet des explosions à rebours pour tuer des médecins venus aider des blessés ?

Voilà. Merci.

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Katniss, la seule personne qui marmonne « Mon Dieu c’est affreux » quand surtout, on ne tue personne.

Lorsque l’affaire se termine, Katniss est invitée à rejoindre les troupes rebelles qui assiègent le seul accès encore ouvert à la forteresse : une voie de chemin de fer. Elle doit y tourner un clip de propagande (ne me faites pas répéter l’autre horrible mot), lorsque soudain, du bruit provient du tunnel : un train est en train d’en sortir, fort lentement ! Et il est bardé de civils venus se rendre ! Promptement, les rebelles se mettent en position autour du convoi qui s’arrête, et désarment les civils qui… comment ça ? Les civils sont venus se rendre l’arme à la main ? Je… mais ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Des civils armés ? Il n’y a que moi que ça choque ?

Toujours est-il que les civils descendent, mais que l’un d’entre eux refuse de lâcher son pistolet. Ce qui énerve très fort les rebelles, et finit par provoquer un premier coup de feu de la part de ceux-ci.

« Naaaaooooon ! » hurle Katniss en se jetant sur le pauvre civil qui a reçu le tir en question. « Il voulait juste se promener avec un pistolet, il ne faisait rien de m…«

« Ne bouge plus, truie des bois. » s’exclame soudain le civil en se relevant pour coller le canon de son arme sur la tronche de Katniss. « Donne moi une seule raison de ne pas te tuer !«

« Tu es entouré par 250 hommes armés, qui là, se contentent de regarder en bavant parce que la réalisation les a oubliés, mais si tu me tues, tu es mort ? »
« Si tu me tues, à mon avis, il vont aussi tirer dans les autres civils en représailles ? »
« Je fais partie de ceux qui ont insisté pour ce tunnel d’évacuation ? »
« J’ai joué dans X-Men, si tu veux, je te présente Magneto ? »

Mais non : à la place, Katniss se lance dans un discours digne de figurer sur une image Facebook au-dessous d’un message « like et partage« . En substance, elle lui dit que nous sommes tous des amis, que c’est super, que tout ça, c’est la faute du méchant Président Snow au Capitole, et que c’est lui qu’il faut meuler. Et que l’important dans la vie, c’est l’amour et l’amitié.

Tout le monde verse donc de grosses larmes, les jambes tremblantes pendant que l’équipe de tournage de propagande des rebelles retransmet ce moment magique en direct en commentant le tout avec des mots comme « émotion », « générosité », « authentique », sincérité » et autres termes issus du vocabulaire mongoloïde du PAF.

Sauf que soudain, ailleurs dans la foule des civils, l’un d’entre eux bondit, sort une arme, et colle un gros cachou dans la mère Katniss, ce qui lui fait moyennement du bien. Elle s’effondre en marmonnant « Mouleshot 😦« , peu avant que les rebelles ne fusillent le vilain sur place.

Katniss est-elle morte ?

Hé bien, bondissons du côté du Capitole, où nous retrouvons le Président Snow à table avec ses plus proches conseillers qui portent un toast en voyant les images de Katniss recevant son pruneau.

« Un toast ! 
– Ouiiiii !
– Et d’ailleurs, un toast à quoi, général Toupourix ?
– Hmmm… à… heu… à la mort de Katniss ? J’ai pas révisé, c’est pas juste !
– Non. Tant que les rebelles ne s’en servent pas de propagande, elle n’est pas morte. »

Oui. Ou alors elle vient de mourir il y a exactement 6 secondes, ce qui laisse peu de marge d’exploitation, non ? Et si j’ai mal compris et que c’était du direct, d’où les rebelles auraient-ils diffusé eux-même (vu que ce sont les images de leur équipe de propagande) le moment où leur héroïne meurt ? Non, c’est juste très con, Président Snow.

« Pour la peine général Toupourix, et puisque vous êtes incapable de stopper les rebelles… allez donc mourir. J’ai empoisonné votre champomy.
– Rho non ! Rheu ! Keuh ! Reuh ! Kof kof… raaah… couic. Ayé, je suis mort.
– Bien. Je portais un toast à une ère nouvelle qui va s’ouvrir. Et à la fin des rebelles. Car nous allons leur ouvrir les portes du Capitole… laissons-les venir. Quoiqu’il arrive, ils seront là dans quelques jours. Interdisons-leur simplement l’espace aérien en rassemblant nos défenses. Et laissons les rebelles au sol dans une ville déserte… REMPLIE DE PIÈGES, HOHOHO ! Dites à nos concepteurs de pièges des Hunger Games de remplir la ville de pièges et de caméras ! Le monde verra la marche glorieuse des rebelles… devenir la marche de leurs souffrances et de leur fin ! »

Quel gros méchant, alors. Et quel bon gros plan tout pourri. Sinon, détail : pour la ville déserte, tu fais comment ? Si les rebelles tiennent tout, sauf le Capitole ? Tu transformes les civils en papillons ? Tu les caches dans ta ville-secrète-sous-la-ville-ah-tiens-oui-c’est-pratique-en-fait ?

Mais là encore : le film oublie ce léger détail, que représente quelques millions de personnes. Appelons ça « Le syndrome Avengers« .

Et retournons du côté des rebelles, pour voir comment ça va. Et plus précisément… dans une chambre d’hôpital.

Où se réveille Katniss.

Puisque non, la bougresse n’est pas morte (je sais, c’est fou). En fait, son réveil est même un peu brutal, puisqu’une ancienne candidate des Hunger Games qui traînait par là, qui tout comme Peeta, fut otage du Capitole, et que nous appellerons Germaine, est venue lui débrancher sa perfusion de morphine pour se droguer avec. Et aussi, expliquer à Katniss qu’elle la hait, qu’elle est jalouse d’elle. Et non, il n’y a aucun garde. Ce n’est jamais que Katniss, le Geai Moqueur, le symbole de la rébellion. Surtout, laissons entrer des gens ayant vécu les mêmes choses que Peeta, et donc du genre à tuer Katniss, dans sa chambre à jouer avec ses perfusions tout en lui expliquant qu’ils lui vouent une haine sans borne. C’est bien normal.

Ça va l’équipe du film ? Vous nous dites si on vous fait chier, hein ?

En tout cas, dans la conversation durant laquelle la bougresse explique Katniss a trop d’la chance d’être l’héroïne locale, nous apprenons que la balle qui a touché Katniss lui a brisé plusieurs côtes et endommagé un poumon. Retenez bien ça. Elle a d’ailleurs ordre de rester au sein du District 13 et de ne plus s’exposer, parce que les pruneaux dans la margoulette, ce n’est pas recommandé par l’ordre des médecins.

L’occasion pour Katniss de rendre visite à Peeta dans sa chambre d’hôpital. Entretien qui tourne court, puisque Peeta, toujours attaché à son lit, lui hurle qu’elle est une mutante du Capitole, qu’il faut la tuer, puis insulte vertement sa mère en araméen. Quoi de plus normal ? Katniss, qui n’aime pas trop que l’on insulte sa mère, et encore moins en araméen, va donc voir s’il n’y a pas plus intéressant à faire ailleurs. Comme par exemple, participer à un mariage.

Puisqu’en effet, aucun rapport avec la choucroute, Finnick, l’un des héros des Hunger Games, a décidé de se marier. Voilà, hop, ça atterrit au milieu du film, comme ça. Mais vous avez une intrigue en fait où vous mettez juste des scènes bout à bout ? Qu’importe, car il y a une grande cérémonie, à laquelle tout le monde assiste, suivie de danses endiablées. Auxquelles participe… Katniss ?! Mais attendez, elle avait les côtes et le poumon en vrac juste avant ! Hé bien, hop ! Katniss et ses mystérieux pouvoirs de régénération vont mieux, merci, c’est parti pour faire la chenille, et pas simplement la version où tu rampes par terre de douleur !

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Se marier en plein milieu d’une guerre dans un film américain… cet appeau à balles dans la tête !

Et d’ailleurs, pendant qu’elle fait la chenille (c’est un mariage, nom d’une pipe, vous vous attendiez à quoi ?), elle pense très fort au bonheur de tous ces gens : pour les sauver… pour arrêter la guerre… elle ne voit qu’une seule solution : tuer le Président Snow (dans un épisode deDanger Five, passe encore, mais là, bon). Aussi, durant la fête, elle partage son idée avec Germaine, qui passait par là. Et Germaine de lui annoncer que si elle veut braver les ordres et aller tuer Snow, un hovercraft de ravitaillement va partir vers le front le soir-même pour apporter le matériel indispensable aux premières lignes. Katniss empaquette donc quelques affaires, puis furtivement, se glisse dans l’appareil au milieu des rations de combat, des munitions, et bien sûr, des piles géantes de magazines pornos.

Ainsi dissimulée, Katniss se laisse transporter jusqu’à la zone des combats, à savoir le Capitole, qui a effectivement été atteint par les rebelles, mais à sa descente de l’appareil, elle note qu’elle a peut-être oublié un léger détail : c’est la superstar médiatique de la Résistance. Du coup, c’est un peu comme Kendji Girac qui tenterait d’infiltrer un collège: c’est l’émeute. Katniss est aussitôt reconnue, toutes les caméras de la base se tournent vers elle et la foule qui l’entoure, et à distance, Présidente peut donc constater que Katniss a encore désobéi, sacrebleu de saperlotte.

« Bon, mon petit Bob, voilà le plan : quoiqu’il arrive, on dira que c’était notre plan, qu’elle a suivi nos ordres, faudrait pas que l’on s’imagine qu’elle pense par elle-même, non plus.«

Ne t’inquiète pas Présidente : cela fait trois films que personne ne suppose qu’elle pense tout court.

Katniss retrouve sur place Gale (qui était à environ deux mètres de son point d’atterrissage, quel heureux hasard), et bientôt, puisque Présidente ne s’y oppose pas, voire prétend que ce sont ses ordres, Katniss obtient l’autorisation de quitter ce poste avancé pour rentrer dans le Capitole. Sauf que voilà : pour ce faire, on lui assigne une escouade chargée de la protéger. Et on a tôt fait de lui présenter, à savoir qu’elle est étonnamment constituée de :

  • Commandant Jean-Jacques
  • Lieutenant Jean-Jacques
  • Caporal Roudoudou
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Finnick-je-viens-de-me-marier-ma-femme-m’attend-au-pays-regarde-c’est-sa-photo
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • L’équipe de tournage de propagande

Auxquels s’adjoignent donc Katniss et Gale. Palsembleu, je me demande bien qui va mourir ou non ! En tout cas, le Commandant Jean-Jacques a tôt fait d’expliquer comment les choses vont se passer.

« Bonjour les amis, je suis le commandant Jean-Jacques. Pour rappel, notre unité est très, très précieuse. Nous rentrerons donc dans le Capitole, mais uniquement bien à l’arrière des lignes, pour tourner des vidéos de propagande. Si l’ennemi sera loin, les pièges, eux, seront de la partie. Plein. Partout. Le danger sera donc bien réel.
– Excusez-moi ?
– Caporal Roudoudou ?
– Si on est en arrière des lignes, comment est-il possible que tout soit encore bourré de pièges ? Notre armée a avancé en se téléportant ? On n’a aucune unité de déminage qui bosse derrière par exemple pour que des trucs comme la logistique suive ? Vous savez, ce bidule vaguement important en cas de guerre.
– Hem. Heum heum. Hmmm… écoutez, ce sont sûrement des pièges résiduels qui…
– Non mais moi je veux bien, hein. Mais on est là pour tourner des vidéos de propagande, c’est ça ?
– Tout à fait caporal.
– Ben alors pourquoi on ne le fait pas dans un quartier déjà déminé ? Non parce qu’il n’y a rien qui ressemble plus à un immeuble en ruines qu’un autre immeuble en ruines. Donc si c’est juste pour se balader dans le Capitole bombardé et faire des clips, on peut le faire dans un secteur sécurisé, non ?
– Bon, écoutez caporal, vous commencez à faire chier avec votre logique là. Vous savez quoi ? Je vais plutôt vous parler du Hollow. 
– Le ?
– Le Hollow. C’est une espèce de paire de jumelles de haute-technologie qui permet de détecter tous les pièges.
– Ah ben c’est d’autant plus con : les équipes de déminage que le film a oublié auraient pu trouver ça vaguement utile. 
– VOTRE GUEULE CAPORAL. 
– Bon, bon.
– Bref, qu’est-ce que je disais ? Ah oui, le Hollow détecte tous les pièges. Et ne me demandez pas comment Caporal ! Et en plus, si on le pose et qu’on appuie sur ce bouton… pif pouf ! Cela fait apparaître un plan holographique géant de la ville avec l’emplacement de tous les pièges ! Sauf ceux posés récemment.
– Attendez, d’où vous sortez ces plans ?! 
– Caporal, chut !
– Non, non ! Je veux savoir ! En supposant qu’il y a une taupe qui vous les a filés, elle ne peut pas aussi vous le mettre à jour ? Et puis d’où on voit que tous les pièges sont encore en place ? Encore une fois : par où nos troupes sont-elles passées ? Et puis d’abord, pourquoi dans ce cas on n’ouvre pas un chemin à l’artiller… »

BLAM BLAM fait le pistolet du commandant Jean-Jacques lorsqu’il abat le caporal Roudoudou qui posait bien trop de questions et le remplace par le caporal Jean-Jacques, bien plus conciliant. La petite troupe s’équipe donc en fusils divers, sauf Gale qui est toujours à l’arbalète, Katniss à l’arc, et mieux encore, Finnick à la massue. Si. Ah non mais en cas de bataille rangée, ça va être super pratique les gars. Mitrailleuse contre massue, tu as toutes tes chances copain. Au passage, on les équipe d’une pilule de poison, et on leur explique qu’en cas de capture, l’ennemi ne doit pas savoir que les gentils ont le plan des pièges sur le Hollow : si on répète donc trois fois « C’est géniaaaal ! » avec l’accent d’une chroniqueuse de Canal + qui découvre une vidéo youtube, l’engin s’autodétruit (il a trop honte) et fait tout sauter sur 5 mètres.

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« Notre plan consiste à aller dans une zone dangereuse sans aucun motif avec du matériel qu’on n’a aucune raison d’avoir et qui serait plus utile ailleurs pour faire des choses qu’on pourrait faire n’importe où. Qui en est ? »

Cela fait, la petite équipe s’engage donc dans le Capitole, et commence à tourner ses clips au milieu des ruines, esquivant parfois un piège farceur, comme un lance-flammes, des cyber-Bogdanoff ou autre blagounette taquine. Puis lorsque la nuit vient, nos héros cherchent un peu de repos abrités dans les ruines désertes de la ville dont, rappelons-le, la population s’est temporairement téléportée hors du film pour ne pas gêner, ou simplement ne pas le subir. Je les envie un peu.

Sauf qu’alors qu’ils sont en train de se reposer, nos héros entendent un camion approcher : comment ? Qu’est-ce ? Un bref échange radio leur apprend qu’il s’agit de l’un des leurs… qui vient pour eux (heureusement que c’est à eux de demander, et pas qu’on leur annonce d’abord qu’ils vont recevoir de la visite amie, histoire d’éviter un bête tir entre petits camarades). Deux hommes en descendent sans un mot pour faire mystérieux alors que ce serait vachement plus simple de s’expliquer, et extraient de l’arrière… Peeta !

« Salut les copains. » annonce le célèbre petit pain à l’air éternellement triste.

« Mon dieu, c’est Présidente ! grommelle Katniss. Elle veut qu’il soit dans les clips avec nous pour montrer qu’il se bat pour notre camp !« . L’événement bouleverse un peu notre héroïne, et pour plus de sécurité, l’escouade décide de menotter Peeta, et de l’armer uniquement avec des armes vides durant les moments où il faudra tourner des clips. En tout cas, je ne sais pas vous, mais moi j’aime bien le concept du « Envoyons Peeta, conditionné pour buter Katniss, rejoindre son escouade dans une zone de guerre, je suis sûr que tout va bien se passer. » Tout va bien. Ce film est magique.

Après avoir gambadé dans les ruines et affronté de nouveaux pièges ridicules (qui tous, ne s’activent qu’une fois, sont signalés sur la carte du Hollow, et pourtant sont au milieu de zones dévastées par les combats… bon ben ils n’auraient pas dû s’activer au moment des combats du coup ? Et pas attendre les héros du film pépère ? Bon, écoutez, c’est nul, avançons.), l’équipe fait une halte pour la nuit. Le moment pour Peeta de causer un peu avec Katniss.

« Tu sais Katniss… ils m’ont retourné la tête avec leur bidule hallucinogène, au Capitole. Du coup, je ne me contrôle pas toujours. Et je ne sais plus ce qui est réel ou non.
– Ben demande-nous, nous sommes tes amis, tu dois croire au pouvoir de l’amitié.
– Merci Katniss. Bon alors… par exemple, ta couleur préférée… c’est le vert. Réel ou pas réel ?
– Réel. Toi c’est le orange. Mais pas le orange vif, le orange doux comme un coucher de soleil qui… »

C’est fascinant, continuez. Sinon juste comme ça Peeta : on t’a lavé le cerveau, on t’a menti sur ta famille, ton passé, ton histoire, mais toi, la première chose que tu veux vérifier, c’est si Katniss kiffe le vert ?

Peeta. Toujours à la hauteur depuis trois films. La même hauteur. Celle qui fait que quand tu cours dans la pelouse, le gazon te chatouille les aisselles.

Et je ne vous parle pas du reste des dialogues : ceux entre Katniss et Gale, m’ont fait jeter mon accoudoir sur l’écran (mais si, celui arraché à cause des propacl… bon sang, j’ai du sang dans la bouche rien qu’à prononcer ce mot). Non parce que Katniss veut toujours aller tuer Snow. Et Gale se propose d’accompagner. Mais pour arriver jusqu’à lui… il faut voler le Hollow au commandant Jean-Jacques ! Ce qui est très mignon : Katniss trouvait monstrueux d’assiéger une forteresse sans faire de morts plus tôt dans le film, par contre, abandonner son équipe sans plan au milieu du champ de mines géant qu’est le Capitole après leur avoir volé le seul plan, aucun souci. Ce… cette qualité d’écriture des personnages. J’en ai des étoiles dans les yeux. Des étoiles de ninja, hein. Pour que ça passe mieux.

Passons et attendons que l’aube se lève pour que reprenne l’errance de l’escouade dans les rues ravagées du Capitole. Car bientôt, l’équipe s’engage sur une petite place où là encore, au milieu des traces de combat, elle détecte un piège : deux mitrailleuses automatiques qui tirent dans tous les sens jusqu’à ne plus avoir de munition. Après s’être mis à couvert pour enclencher le piège, nos larrons font quelques pas… et le commandant Jean-Jacques se prend une mine, ce qui est ballot car le Hollow détecte donc tout SAUF les mines, dites-donc. C’est dommage pour un outil de déminage. Le commandant et un autre Jean-Jacques sont donc propulsés en l’air avant de lourdement retomber.

Tout le monde se rue donc sur le commandant et…

Heu… oui ? Et l’autre blessé ?

Hé ben la réalisation laisse l’acteur hurler et râler en fond sans que personne ne s’y intéresse. Voilà voilà. « Désolé Jean-Jacques, tu ne nous intéresses pas, tu peux crever ! Par contre, on est douze sur le commandant !« . D’ailleurs, qu’a-t-il à raconter, le commandant ?

« Katniss… je vais crever, je le sais.
– Mais non enfin !
– Katniss… ne me mentez pas… quelle est ma couleur de peau ?
– Hem je… vous êtes… plutôt… afro-américain ? 
– C’est bien ce que je vous disais : je vais crever.
– Bon du coup, là, oui.
– Katniss, ne vous fiez à personne… je sais ce que vous voulez faire en réalité… tuer Snow…
– Comment pouvez-vous savoir ?
– … bon heu… c’est pas la question… tenez, prenez le Hollow… il n’obéit qu’à une personne… attendez, je le reconfigure : Hollow, transfert de commandement. Destinataire : Katniss Everdeen. Allez-y Katniss, lisez cette phrase très simple sur l’écran pour que le Hollow apprenne à reconnaître votre voix.
– Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn
– Impeccable. Le Hollow est à vous, ce qui arrange drôlement l’intrigue. Je peux mourir… raaaargh. »

Et c’en est fini du commandant. Mais alors que tout les gens remarquent que tiens, dis-donc, il y a Jean-Jacques qui agonise juste à côté, on pourrait peut-être l’aider, aussi ? Voici qu’un membre de l’escouade active un second piège : des portes géantes verrouillent tous les accès de la place (oui, les mecs ont discrètement installé des portes géantes, c’est follement crédible), et du haut de l’immense monument qui dominait l’endroit se met à s’écouler ce qui ressemble à…

« Du caca ! Courez !«

Hé, ho, j’essaie de trouver un truc crédible, du genre redirection d’égout. Sinon il va falloir m’expliquer où les mecs ont trouvé environ 1 millions de litres d’une mystérieuse substance noire avant de tout stocker en haut d’un monument où il n’y avait que 15 mètres cube d’espace disponible. Alors du caca ce sera, et puis comme ça, on restera dans le thème du film.

Tout le monde court donc, talonné par la méphitique marée, y compris la personne qui a ramassé le Jean-Jacques blessé et qui de plan en plan, parvient à rester au même niveau que les autres qui filent librement. Il fait sûrement des flammes bleues façon Mariokart quand personne ne regarde pour accélérer. Double Dash, les enfants, mais je m’égare, car figurez-vous que la situation empire encore… car Peeta, enivré par les odeurs alentours qui lui rappellent l’écriture de son personnage, devient soudain tout fou et pris d’une crise, tente de défoncer le crâne de Katniss à coups de crosse, puisque son fusil n’a pas de munition. Un Jean-Jacques débarque pour aider Katniss, mais Peeta le repousse d’un geste, et l’envoie dans le caca, où le pauvre homme meurt instantanément dévoré par un étron mangeur d’hommes. Finnick arrive en renfort, maîtrise Peeta, et tout ce petit monde s’engage dans un immeuble voisin pour s’abriter dans les étages (où ils savent exactement à quel étage stopper leur course d’ailleurs, la marée d’étrons s’arrêtant à exactement un centimètre d’eux avant que le niveau ne redescende : quel talent).

Tout le monde souffle donc. « On l’a échappé belle…«

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Au fait, vous vous souvenez quand Snow a dit « Interdisons-leur l’espace aérien ? » ; bon, déjà, on ne sait pas comment, mais en admettant : le Capitole et sa pétée d’hovercrafts du film précédent ne pourraient pas bombarder les couillons qui se promènent à découvert dans les rues ?

Alors oui, mais sinon, est-ce que l’un d’entre vous voudrait aborder le cas de Peeta qui vient de tenter de tuer Katniss, et surtout, a assassiné un de vos potes devant tout le monde ? Non ? D’accord. Hmmm, je ne me lasse pas de ce script, c’est fameux. Puisque désintéressé du cas Peeta, la troupe peut aborder une autre question : que faire à présent ? C’est le lieutenant Jean-Jacques qui aborde le sujet.

« Bon, voilà comment on va faire. Jean-Jacques blessé et Jean-Jacques valide, vous restez ici. La radio est morte et…
– Quand ? Puisque personne n’a été touché et qu’il n’y a pas eu de bousin électromagnétique ?
– Je… la radio s’est suicidée, voilà, et ça n’a rien à voir avec le fait que ça nous arrange bien de ne pas pouvoir appeler une évacuation à ce moment précis du film. Du coup, il nous faut continuer. Et dès que l’on aura rétabli la liaison, j’enverrai une équipe vous chercher, les deux Jean-Jacques que l’on va laisser derrière. Katniss ?
– Oui ?
– Passez-moi le Hollow.
– Touche à ton cul.
– Pardon ?
– Je disais : non, parce que le commandant me l’a donné à moi. Et je compte le garder, car… je vais l’utiliser pour aller assassiner Snow et terminer la guerre !
– Ce n’est pas la mission.
– Non mais si et heu… c’est heu… la… la Présidente qui me l’a dit. En secret. Dans l’oreille. L’autre jour. Voilà. »

Bizarrement, la lieutenante doute et brandit son arme pour ordonner qu’on lui donne le Hollow pour poursuivre la mission. Mais aussitôt, l’équipe de tournage de propagande intervient :

« Tout le monde se calme ! Katniss a raison ce… ce sont les ordres de la Présidente, elle nous l’a dit aussi heu… oui. Bon. Ça passe ?«

Et ça passe : le lieutenant range son arme, et accepte donc de poursuivre la mission avec un nouvel objectif, à savoir, défoncer Snow en personne. La troupe bondit donc dehors et commence à courir lorsque soudain, des bruits de véhicule : c’est l’armée du Capitole qui arrive ! « Avec les pièges, ils savent que nous sommes ici ! Vite, cachons-nous ! J’espère que tout va rouler pour les deux Jean-Jacques derrière ! » et hop, tout le monde se cache dans un autre immeuble de la place alors que les troupes du Capitole arrivent.

Mais juste comme ça : le thème de toute cette séquence, ce n’était pas de se balader loin en arrière des lignes ? Comme on nous l’a longuement expliqué ? Du coup, que foutent les troupes du Capitole ici, avec véhicules et compagnie ? Elles n’ont pas vu qu’il y avait toute une armée de rebelles en chemin ?

Bouhouhou… rien ne tient… rien…

En tout cas, sur place, les méchants ont tôt fait de s’approcher du bâtiment que nos héros ont quitté peu avant. Et les deux Jean-Jacques dedans, visiblement peu enthousiastes à l’idée de se rendre, ouvrent le feu sur les méchants. Après un bref échanges de tirs, le Capitole décide de balancer une bonne grosse roquette dans le tas, et le bâtiment s’effondre : adieu, les Jean-Jacques.

Cachés dans leur immeuble voisin, nos héros sont tout tristes. Si on nous avait dit que les Jean-Jacques allaient mourir, alors… quand soudain, un téléviseur du coin qui était allumé (la ville est en ruines, mais le courant passe impeccablement, merci) se met à faire de la musique pour annoncer un message important du Capitole. Apparaît alors sur l’écran César, animateur des Hunger Games (et visiblement seul présentateur de toutes les émissions du Capitole, qu’importe les sujets), qui annonce… que Katniss est morte ! Et preuve à l’appui, montre les images des caméras du Capitole autour du piège à caca. On y voit en effet Katniss et ses copains courir se cacher dans un immeuble pour échapper à la marée gluante, puis les images des troupes du Capitole arrivant sur place et pétant le tout à la roquette. « Voilà, elle est morte, ça y est, vilaine Katniss. » explique César. Oui, César est sérieux. Et oui, le Capitole croit vraiment que Katniss est morte.

Vous voulez encore plus de ratés ? On commence par quoi ? Le fait que les mecs avaient des caméras partout mais ont visiblement oublié qu’ils avaient aussi les images de Katniss sortant du bâtiment ? Le fait que la Résistance ne s’inquiétait pas de progresser au milieu de caméras, justement ? Le fait que César présente une émission spéciale sur la mort supposée de Katniss environ 7 secondes après ledit événement ? Le fait que…

Non, franchement, arrêtons. Il y en a trop à dire tant c’est n’importe quoi.

S’ensuit une intervention du Président Snow lui-même, bien vite piratée pour laisser place à une intervention de Présidente, qui depuis le District 13, dit que c’est trop bête d’avoir perdu Katniss, mais qu’en sa mémoire, on fera tomber le Capitole. Rien de bien intéressant. Car quoiqu’il arrive, à partir de maintenant, la mission doit se poursuivre, mais plus dans les rues à découvert… hé ! Et siiii on passait par les souterrains du métro du Capitole ?

Mais… mais ?! Et personne n’y avait pensé ? Et ils ne sont même pas piégés ?! Que ! Je !  Gnnnn !

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Le métro du Capitole : un moyen de déplacement sûr et rapide. Même en cas de guerre. Il suffisait d’y penser. Cette image vous le prouve, c’est autoroute gratuite pour tout le monde. Sympa.

Boooon. On va dire que tout est normal. Nos héros progressent donc via les tunnels de métro du Capitole, puis, dérangés par les convois pleins de soldats qui passent (mais toujours au moment où ils ont un endroit pour se cacher), décident de passer par les égouts. Égouts qui sont très propres, il faut le savoir : pas un rat, pas une crotte qui flotte, on pourrait presque parler de jolie rivière souterraine. C’est sûr que Katniss aurait moins la clasosunette avec un vieux burritos à moitié-digéré collé sur la joue pendant qu’elle surnage au milieu des restes d’une soirée alcoolisée. Nos héros y font donc chemin, avant de marquer une pause pour la nuit. L’occasion pour Peeta d’aborder lui-même un sujet dont tout le monde a l’air de se foutre :

« Mais sinon, ça ne vous dérange vraiment pas que j’aie buté un de vos potes ?
– Non non, ça va, merci.
– … okay. Bon, qui est partant pour que je fasse encore un peu durer le film avec du rien, par exemple en pleurnichant ?
– Pas nous !
– Tant pis, je le fais quand même : aaaah je regrette tellement d’avoir tué votre ami Jean-Jacques. Et toi Katniss, d’avoir tenté de te tuer… je ne peux pas toujours me contrôler… je reprends lentement mes esprits, mais cette violence est encore forte… donnez-moi une pilule de poison, que je puisse en finir avec mon propre danger quand je le veux.
– Non ! Car nous savons que l’amitié est plus forte que tout !
– C’est beau Finnick je… je pleure…
– Allons Peeta, arrête, tu fais gonfler ta mie. »

Allégorie boulangère ou non, la mie de Peeta est belle et bien gonflée puisque Katniss en a marre : elle va patrouiller un peu dans le coin après avoir entendu un bruit bizarre. Et en effet, il y a bien un son mystérieux : des mutants du Capitole approchent, créatures conçues pour tuer les intrus ! Après 5 minutes infernales de lenteur et de rien pendant que nos héros progressent dans le noir, les mutants se téléportent entre deux scènes sans faire un seul bruit, et dévorent le lieutenant Jean-Jacques. Les fourbes ! S’ensuit une séquence de baston générale, où nos héros doivent fuir comme ils le peuvent. Les derniers Jean-Jacques qui les accompagnaient sont tués dans l’affaire, et lorsqu’un mutant tente de boulotter Katniss, elle est d’abord sauvée par Peeta (ho !), puis par Finnick. Finnick, qui resté en arrière à couvrir les autres pour qu’ils s’enfuient, se retrouve aux prises avec la horde mutante, qui décide de le manger (ils ont dû le confondre avec Peeta, je suppose).

Ce qui ne serait peut-être pas arrivé si Finnick avait pensé à s’armer d’autre chose qu’une massue. C’est vraiment trop bête.

Pour couvrir leur retraite et éviter d’inutiles souffrances à Finnick, Katniss décide d’agir : elle prend son plus gros accent de pintade et répète trois fois « C’est géniaaaal ! » juste au-dessus du Hollow avant de le lancer vers Finnick. Celui-ci voit donc son agonie abrégée par l’explosion qui s’ensuit, et tous les mutants se font disperser façon Europe-Ecologie (c’est le niveau supérieur du puzzle). Faisons donc le bilan :

  • Tous les Jean-Jacques sont morts (ça alors !)
  • Finnick-je-viens-de-me-marier-ma-femme-m’attend-au-pays-regarde-c’est-sa-photo est mort (on va de surprise en surprise)
  • Reste donc Katniss, Gale et Peeta (le triangle amoureux ! Je n’en puis plus de ces rebondissements !) et l’équipe de tournage.

Qui après une folle course-poursuite avec l’ennemi pour remonter jusqu’à la surface, parvient à aller se planquer chez une ancienne styliste des Hunger Games qui habite juste à côté de l’endroit d’où ils surgissent (ça tombe bien alors !) : Tigris. Ainsi appelée parce qu’elle est en permanence en plein cosplay de Tigrou. Ah non mais je ne rigole pas en plus : ce film est complètement absurde. Les Monthy Pythons eux-même n’auraient pas osé.

Toujours est-il que nos héros s’abritent dans la cave de la bougresse, où ils discutent de choses débiles (comme par exemple, de comment Katniss embrasse, mais si, c’est votre principal problème, dans l’immédiat, je vous comprends) et de la suite du plan (mais qui reste débile aussi, rassurons-nous) : l’équipe de tournage va rester là, Peeta aussi parce qu’il n’est pas encore sûr d’être assez fiable pour aller plus loin, et ce seront donc Gale et Katniss qui iront tabasser Snow. Katniss en profite pour révéler l’affreuse vérité : « En fait… il n’y a pas de mission confiée par Présidente. J’ai menti. C’est MA mission. » et ses amis de lui avouer « Oui… on le savait. On l’a senti.«

Mais bordel, non ! NON ! Quand l’équipe de tournage a menti pour soutenir Katniss devant le lieutenant plus tôt en disant « Heuuu oui, heuuu il y a une mission de Présidente confiée à Katniss, oui, on confirme, on y était« , Katniss, espèce de vieux putois moribond, à quel moment tu n’as pas compris que eux aussi mentaient pour te couvrir puisque cette scène n’a pas existé ?! Tu es en train de nous faire une scène d’aveux sur un truc que tout le monde sait déjà ! Raaaaah mais ce fiiiiiilm !

Bon, attendez. Je vais ramasser mon accoudoir et le re-jeter sur l’écran. Voiiiilà.

Bref, quid de la mission pour aller tabasser Snow ? Encore faut-il atteindre le cœur du Capitole, le palais présidentiel, au centre de la ville… et affronter tous les pièges en chemin. Sur une carte du coin, nos larrons observent qu’il y a encore bien du chemin à parcourir, avec moult pièges, et le tout, sans le Hollow…

C’est à peu près à ce moment là que la télévision du coin s’allume pour une allocution du Président Snow.

« Salut les petits amis, c’est votre Président qui vous parle. C’était pour vous dire que j’ai désactivé tous les pièges sur le chemin de mon palais pour que les civils puissent venir s’y abriter. Et accessoirement, que pour faciliter l’intrigue de ce film, je venais en sus de téléporter ledit palais à 200 mètres de là où sont planqués nos héros contrairement à ce qu’indiquait le plan, ce qui n’est pas du tout n’importe quoi. Voilà. Des bisous, on s’retrouve au palais tout à l’heure, je fais préparer du chocolat chaud et des cookies. »

MAIS QUEEEEE DE COÏNCIDENCES DITES-DONC !

Reste à se déguiser en réfugiés pour intégrer le flot des civils et rejoindre le palais alors et…. hoooo mais ça tombe bien alors, on s’est cachés chez une styliste avec une boutique bourrée de fringues.

Non mais à ce niveau, ce ne sont plus des coïncidences, c’est un scénario écrit par le désormais légendaire Jawad.

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Résumons : Snow a téléporté son palais, retiré les pièges, fait réapparaître la population, oublié sa propre flotte d’aéronefs… non franchement, je le trouve limite pro-révolutionnaire.

Pitié, achevez ce film. Ou moi. Ou les deux. M’enfin faites quelque chose.

Une fois habilement déguisés en blogueuses modes, Gale et Katniss rejoignent donc le flot des réfugiés aux ridicules tenues flashy du Capitole, et font donc route vers le palais, qui n’est plus qu’à 200 mètres, le script l’ayant amené là par magie. Sauf que voilà : des gardes à l’entrée du palais vérifient le visage des gens, et certains fendent la foule pour ôter les capuches (ils ont les mêmes lois qu’en France sur le sujet ; le Capitole est vraiment vilain). Mais au moment où un garde va ôter celle de Katniss…

… oui, il y a un deus ex machina. Ça vous étonne encore, vous ?

C’est qu’une roquette explose à proximité : les rebelles attaquent ! Car oui : on aperçoit un groupe d’environ 300 rebelles surarmés, à 50 mètres, que personne n’avait remarqué ! N’est-ce pas fabuleux ? On dirait du théâtre contemporain, tant de n’importe quoi. La bataille commence donc, durant laquelle les hommes du Capitole se font tailler en pièces au beau milieu des civils qui courent en tous sens en hurlant. Gale et Katniss sont vite séparés, et Gale se fait capturer dans l’affaire, car visiblement, en pleine bataille, les troupes du Capitole sont surtout intéressées par arrêter des gens. Normal.

Mais les combats se calment brusquement lorsqu’un hovercraft du Capitole survole toute la colonne des réfugiés et largue… de petits colis parachutés. Comme durant les Hunger Games.

Les gens lèvent les mains pour s’en saisir, mais au moment où ils s’en emparent… les colis leur pètent au nez. Provoquant un certain nombre de pertes. Katniss se relève péniblement suite à ces explosions, choquée par cette vision d’un appareil du Capitole bombardant ses propres civils, puis aperçoit soudain des dizaines de médecins rebelles qui sortent de partout pour aider les blessés. Ah bon, parce que tous les médecins rebelles étaient en première ligne ? Les rebelles armés ne sont pas supposés arriver d’abord, ou au pire, en même temps ? Non : les médecins arrivent en premier. Ils couraient sûrement sans armes en avant de leurs copains. Toujours est-il que parmi eux, Katniss reconnaît une jeune infirmière : sa propre sœur Prim’ ! Penchée sur une blessée.

Le cerveau de Katniss se souvient alors d’un truc plus tôt dans le film : le principe de la double explosion. Une pour faire un carnage, l’autre pour tuer les médecins.

« Priiiiiiiiiim ! » hurle-telle donc à sa sœur.

Mais c’est trop tard : d’autres bombes explosent, transformant Prim en chaleur (mais pas en lumière, c’est un fait) sur le coup et envoyant voler Katniss, qui atterrit au sol, inconsciente, le torse intégralement en feu…

La bougresse peut donc se réveiller, mais oui, à l’hôpital !

« Bordel, trois fois dans le même film ! grogne-t-elle en apercevant sa mère qui s’occupe de sa poitrine brûlée (mais pas son visage, il est impeccable, ces bombes savent viser). Vous vous croyez dans John Carter ?
– Désolée, ma chérie. Et au passage, Prim est morte. Mais… la guerre est finie.
– Pardon ?
– Oui. Finie. Quand le bombardement sur les civils a eu lieu, les gardes eux-même ont refusé de défendre Snow. Ils ont rejoint les rebelles, et le palais est tombé. Voilà. C’est tout. »

Katniss est un peu choquée. Mais évidemment, malgré de graves brûlures sur les 2/3 de son corps, pif pouf, elle va mieux, merci, bonsoir, et est invitée pour des raisons qui m’échappent complètement à aller habiter… l’ancien palais de Snow. Ah non mais moi, je ne cherche plus, hein. Et c’est en se promenant sur place qu’elle découvre des gardes dans les jardins autour d’une serre. On lui apprend (puisqu’elle n’avait pas pensé à demander) qu’il s’agit de la prison de l’ancien président Snow, et Katniss y entre donc, pour aller rendre visite à son vieil ennemi. Qui est tout malade et crache du sang après des années à boire du poison pour s’y immuniser de son mieux (moi je pense surtout qu’il a essayé de prononcer « propacl… » grmbl… blllg… je reviens. Voilà, mes excuses).

Real

A ce stade, même la réalisation a laissé tomber. Ici, dans le jardin du palais, vu de dos, puis de face. D’un côté, c’est un hiver si rude que le paysage lui-même en est gris-bleu. De l’autre, il n’y a même pas assez de neige pour blanchir le toit du château. Intéressant.

« Tiens, bonsoir Katniss, c’est gentil de venir. Vous avez vu ? C’est ici que je jardine. Vous voulez une rose ? Une autre fleur ? De l’échalote ?
– Non, Snow. Je venais vous voir pourrir. Vous devriez avoir honte d’avoir bombardé ces civils.
– Hohoho ! Nous savons tous deux que je ne recule devant rien, fut-ce tuer des enfants, mais êtes-vous sérieuse ? J’étais sur le point de me rendre. Bombarder ces civils n’avait aucun intérêt pour moi. Par contre, ça a retourné mes derniers gardes contre moi, ils avaient leurs enfants, là, dehors… il ne vous est pas venu à l’idée que c’était le fait de votre Présidente ? Elle voulait en finir avec moi. Me faire passer pour le monstre. Et puis bon, si elle te tuait au passage… tu es bien naïve, petite Katniss ! »

Et Katniss s’en va, bouleversée par cette révélation, pleurnicher dans sa chambre du palais en découvrant qu’elle est vraiment entourée de gros bâtards, pour dire les choses simplement. Jusqu’à ce que Gale débarque dans sa chambre pour lui annoncer qu’elle est convoquée à une réunion au sommet sur ordre de Présidente.

« Tu n’es pas venu me voir avant ! déclare Katniss, un peu bougonne.
– Non mais c’est passquuue… tu vois… en fait… j’étais occupé à… »

Pendant que le bougre bredouille, Katniss fronce les sourcils. Très fort. Elle a une idée.

Arrête tout de suite, Katniss, tu sais très bien que tu te fais du mal !

« Gale… non ! Ne me dis pas que le bombardement des civils, la double explosion pour tuer les médecins… c’était ton idée ! Avoue, monstre !«

Et le pauvre de re-bredouiller avant de battre en retraite en lâchant de petits pets.

Bon. Plusieurs choses. Katniss, juste quelques détails :

  • Gale était parmi les civils juste avant que les bombes ne tombent. Tu crois vraiment qu’il aurait encouragé l’idée de s’auto-bombarder ?
  • Au passage, si les Résistants voulaient faire le coup, pourquoi  auraient-ils envoyé LEURS médecins se faire défoncer ? Médecins dont la présence était, en plus, incohérente ?
  • Pourquoi Gale et pas l’un des 12 000 autres rebelles visiblement au courant de cette tactique ?

Katniss, c’est très con ce que tu racontes. Mais comme tu es l’héroïne… pouf, c’est vrai ! Katniss décide donc de rayer Gale de sa vie (ça aloooors !) parce qu’en fait, c’est un rascal. Cela fait, elle rejoint Présidente pour une réunion au sommet. Et quand je dis au sommet : y assistent Présidente, Katniss, Bob (okay), Electro, Peeta (pourquoi pas), Mitch le mentor de Katniss pour les Hunger Games (quel rapport avec la choucroute ?), Micheline la chef des troupes d’assaut du district 2 (Mais ?!) et Germaine, qui je le rappelle, est juste une accro à la morphine.

Ce dernier point explique bien des choses quant à la logique du film, mais quand même. Bon, on va supposer que Présidente a pris tout ce qui passait. Encore un peu et on y retrouvait un punk à chien, voire Jean-Vincent Placé.

C’est donc sans les chefs de District (vous vous souvenez de Brienne plus tôt dans le film, par exemple ? Hé bien eux, non, visiblement) que ce conseil se tient. Et Présidente ouvre les hostilités.

« Bonjour à tous. Je suis heureuse d’ouvrir cette session au sommet de l’état en vous annonçant que j’ai été désignée Présidente de Panem par interim.
– Par qui ?
– Le film ne le dit pas. Je suppose donc qu’il s’agit des Francs-Maçons, des Illuminatis ou de l’assemblée des joueurs de Magic.
– Et sinon, il va durer combien de temps, cet interim ?
– Hoo… nous verrons, mais nous ferons des élections, un jour… hohohoho…. hohoho ! HOHOHOHOHO !
– Vous êtes obligée de dire ça avec un air maléfique ?
– C’est pour ceux qui n’auraient pas suivi. Ce film est très subtil. Mais trêve de bavardages, car j’ai un sujet plus urgent pour vous : comme vous le savez, l’ancien président Snow a été condamné à mort.
– Par qui ?
– Je peux reparler des joueurs de Magic ?
– Okay, je vois. Bon, continuez.
– Oui, donc… il va mourir. Mais il faudrait aussi dans cette logique exécuter ses ministres. Leurs collaborateurs. Et un certain nombre de pacificateurs. Et les gens en voudront toujours plus… plus de sang… nous ne pouvons pas l’admettre.
– On pourrait les grâc…
– Et siiiiiii on faisait des Hunger Games avec les condamnés pour que tout le monde soit content ? »

Je ne plaisante pas. C’est la seule option que la Présidente voit. Faire exactement ce qui a foutu en l’air le précédent régime. Oui, c’est sa première décision.

« Oui mais c’est pour montrer que je suis méchante.
– Là ça montre surtout que ce film n’a aucun sens, mais pourquoi pas.
– En tout cas, pour prendre cette décision… je propose un vote. Et personne n’a le droit de s’abstenir. »

C’est de plus en plus intéressant.

En tout cas, je vous laisse deviner : Présidente, Germaine et Peeta votent pour (ils sont respectivement méchante, accro au crack et débile), trois autres loulous votent contre… et par un heureux hasard encore une fois, c’est donc Katniss qui peut faire pencher la balance, car Mitch, qui a autant de personnalité qu’une endive, annonce simplement qu’il votera comme elle. Katniss fronce donc une nouvelle fois les sourcils, ce qui n’est jamais bon signe, et annonce :

« Je vote pour. Et je veux tuer Snow. »

Ce sont deux sujets différents, mais comme Katniss n’a visiblement pas compris le concept, pour elle, il faut voter oui pour s’occuper de tuer Snow. Ça n’a aucun sens, mais encore une fois, comme c’est l’héroïne, tout le monde opine du chef. Présidente annonce donc que très bien : juste après l’exécution de Snow, elle annoncera l’ouverture de nouveau Hunger Games, histoire de bien montrer qu’elle est stupide et supplie les rebelles qui l’ont aidé à arrêter ça de venir lui péter la truffe.

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Présidente, et ses yeux toujours à demi-clos façon « Hmmm, je suis si mystérieuse ».

Une fabuleuse cérémonie est donc mise en place, durant laquelle Katniss, en grande tenue, est invitée à tuer Snow. Sauf que l’on comprend que la bougresse a un plan différent, puisqu’elle emporte sur elle… une pilule de poison. Diable ! Elle aurait enfin compris que se suicider abrégerait le film, ce qui serait très sympa pour nous ? Non : en réalité, après avoir défilé au milieu d’une foule immense, elle se rend devant un poteau auquel est attaché le Président Snow. Avec au-dessus de lui, Présidente qui regarde la scène.

Katniss se prépare donc à exécuter Snow, bande son arc, se fout la corde dans le nez (il y a « toucher la corde avec le nez » et « se foutre le pif dedans« , Katniss) et… tire sur Présidente ! Qu’elle tue sur le coup.

« Hoooo ! » fait la foule. Avant de faire « Yahaaaa ! » en profitant de la confusion pour venir lyncher Snow sur son poteau.

Katniss est donc arrêtée, puis jetée en prison. Elle devait tuer un dictateur, au final, sa petite affaire en a tué deux. Il n’y aura donc pas d’annonce pour de prochains Hunger Games. Katniss, qui visiblement, a décidé qu’elle ne voulait plus se suicider (maiiiiiis !), boude donc dans un coin de sa geôle jusqu’à ce que Mitch lui rende visite pour lui lire un message de l’ami Bob. Que je vous résume ainsi :

« Wesh Katniss,

Comment ça va ? Bien ou bien ? Tu sais, c’était rigolo quand tu as tué Présidente en direct sur toutes les télés du monde. Du coup… j’ai décidé que tu pouvais quitter le Capitole, comme ça, pépère, rentrer chez toi. Moi ? Je vais organiser des élections. On fera des affiches, des réunions publiques, on distribuera des tracts sur le marché qui finiront à 98% sur le trottoir… ça va être super ! Je suis déjà tout excité ! Bref, voilà, tu es libre, Katniss. Fais-toi oublier, je suis sûr qu’aucun journaliste ne voudra jamais parler à la fille qui a lancé la révolution, renversé Snow et tué la Présidente. 

Des bisous,

Bobounet »

Il n’en faut pas plus à Katniss pour aller empaqueter ses slips et rentrer chez elle, dans le district 12. Où elle retourne s’installer dans l’immense villa des vainqueurs qu’elle avait eu après les Hunger Games. Et en effet : aucun journaliste ne vient l’embêter. C’est… bon. On ne va rien dire, je crois que mieux vaut boucler, maintenant. Katniss fait donc des trucs comme contempler l’horizon l’air pensive, pioncer partout sauf dans son lit, et s’engueuler avec son chat, qui comme tous les chats, n’en a strictement rien à foutre tant qu’elle lui ouvre les boîtes de Miaoumix à 4 heures du mat’ quand il rentre de la soirée poker avec ses copains.

Mais un matin qu’elle se promène dans sa propriété en sifflotant, Katniss aperçoit quelque chose au milieu de son potager. Mais ? Qui donc est en train de s’en prendre à ses salades ?

« C’est moi, Peeta. Tu le sais, la salade, c’est un peu ma kryptonite. »

Après un bref échange de banalités, Katniss lui dit qu’elle est tellement heureuse de le revoir, et puis bon, cette maison, c’est la leur, puisqu’ils ont gagné les Hunger Games ensemble. Ils deviennent donc colocataires ! Ils vivent donc tranquillement et apprennent que Panem a une nouvelle présidente : Micheline la chef des troupes d’assaut du District 2. Fascinant, dites-moi. Toujours pas de nouvelles de sa chef Brienne ? Non ? Non. La vie s’écoule donc, jusqu’à ce qu’une nuit, Katniss, qui se dit que bon, on a assez attendu, et va donc se glisser… dans le lit de Peeta. Sur place, le bougre réagit à peine.

« Hmmm… s’que c’est ?
– C’est moi, Katniss.
– Hmgrmbl… voulais dormir, moi.
– Ouais ben hop, tiens, je me colle contre toi.
– Katniss ?
– Oui ?
– Tu m’aimes… réel ou pas réel ?
– Réel. »

Et sur cette superbe image, nous avons un fondu au noir avant que Peeta ne demande « Tes pieds sont froids : réel ou pas réel, bordel ?«

Nous retrouvons nos héros bien des années plus tard, en plein pique-nique au milieu d’un superbe champ. Peeta est en train de jouer avec l’un de ses jeunes enfants, pendant que Katniss tient un nourrisson dans ses bras. Voilà, ils sont papa et maman. Le bébé pleure brièvement, avant que Katniss, au lieu de lui coller la tête dans une motte de terre (réflexe Hunger Games), ne se mette à le bercer en lui chuchotant quelques mots de sa sagesse maternelle :

« Tu as fait un cauchemar, bébé ? Moi aussi, je fais des cauchemars. Mais tu sais, je vis avec. Je vis pour que ce cauchemar n’arrive plus jamais. Et à chaque fois que j’ai peur de cauchemarder, j’énumère toutes les choses merveilleuses que ces dures années m’ont apportées. »

Elle jette un regard amoureux vers Peeta, qui joue joyeusement avec son bambin, et tout cela est si beau que cela donne envie d’éventrer des licornes en lisant des tweets de Nadine Morano.

« Vous aussi, mes enfants, vous êtes là grâce à tout cela… et vous en êtes les héritiers. Comme toi, bébé. Tu portes les noms de ceux qui ont compté dans ma vie. Peeta, bien évidemment. Et Dudule, pour regrouper sous une seule appellation tous les Jean-Jacques, Mitch, Bob, Finnick et autres personnages vides de charisme que j’ai croisés. Alors ce n’est pas grave si votre père est un kebab. Car vous porterez fièrement un nom qui a un sens. Un sens qui une fois connu, résume toute la beauté de ce monde.«

Elle embrasse doucement son bambin sur le front, et alors qu’il ferme les yeux, ajoute plus bas:

« Car tu t’appelles Peeta-Dudule, et quand on l’apprend…«

Et…

… FIN !

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2 réflexions sur “L’Odieux Connard – Tome 1 – Qu’il est bon d’être mauvais

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