Bifteck – Martin Provost

Vous adorez déguster un bon morceau de viande ? Vous aimez faire confiance à votre boucher qui connait bien son métier ? Alors vous risquez d’apprécier la rencontre avec André Plomeur.


De quoi ça parle ?
André Plomeur est l’unique fils de M. et Mme Plomeur. Il a été élevé à la maison pour qu’il soit comme papa, boucher. C’est une tradition familiale, on est boucher de père en fils. Son premier mot a d’ailleurs été : bifteck. Les parents étaient fiers de leur progéniture. Très vite, il apprit tous les morceaux des animaux. Puis en grandissant, il sut manier les couteaux et il pouvait découper n’importe quelle bête. Il connaissait les secrets de la viande. Il savait où avait grandi l’animal et ce qu’il avait mangé.

« Elevé au lait entier, le jeune André évolua rapidement dans la tradition ancestrale en travaillant au magasin dès l’âge de cinq ans. A sept, il savait déjà tenir la caisse, à huit égorger son premier mouton, à dix, vous désosser une épaule en deux temps, trois mouvements et l’entrelarder sous votre nez, façon bouchère. »

Ce savoir-faire avec ces mains ne passa pas inaperçue. Une première femme y devina des talents de prise en main. Ni une, ni deux, elle le défleura a à peine 16 ans. Jamais, elle n’eut connu de plaisir si grand. La première guerre faisait rage et beaucoup de femmes étaient seules. Un peu de consolation ne serait pas de trop. La boucherie connue alors un grand succès. Celle qui avait l’araignée avait le droit à un réconfort plus en profondeur. Le rendez-vous derrière la cathédrale faisait fantasmer plus d’une femme. Elle pouvait enfin toucher le ciel des doigts.

La guerre se termina et beaucoup de gueules cassées revinrent chez eux. Du jour au lendemain, des couffins étaient déposés devant la boucherie. Un, puis deux, puis trois, puis sept bambins dont André tomba aussitôt amoureux. Sa mère voulait qu’il s’en débarrasse mais jamais il n’aurait osé tuer la chair de sa chair. A partir de ce jour, sa vie n’est devenue qu’aventure et amour.

Pour les protéger, il prendra un bateau pour l’Amérique qui va les mener vers un ailleurs pleins de loufoquerie et d’un lien que rien ne pourra jamais détruire.


Ce que j’en pense
Quand vous demandez à votre libraire un livre absurde, il faut lui faire confiance. C’est caché dans la collection Libretto qu’il m’a sorti « Bifteck ». Il m’a dit que c’était vraiment fabuleux. Je ne dirais pas forcément fabuleux comme terme pour le décrire mais plutôt intriguant.

Le début commence de façon plus ou moins normal. Un fils unique est formé dès son plus jeune âge à devenir boucher. L’éducation se limite à la maison et elle est faîtes par maman. Tout est dirigé autour de la viande. Si les mots n’ont pas à vertu de favoriser le travail cela ne sert à rien de lire toutes ces histoires. La vraisemblance était encore de mise.

Puis voilà que l’adolescent se transforme en étalon et qu’il ferait convertir des femmes. Elle aurait rencontré dieu pendant des ébats orgasmiques. Ce n’est pas le seul cadeau qu’il a fait pour certaines. Certaines sont tombées enceinte et sept lui ont donné leur bébé. A partir de là, le fantasque et l’absurde prennent le dessus. Les parents décèdent d’une façon bien étrange et André se transforme en papa poule aimant et dorlotant. Et s’il faut fuir pour les protéger, il le fera.

Alors direction la mer pour aller aux Amériques où tout est plus gros et la vie plus facile. Le souci, c’est lorsqu’on ne s’y connait pas trop en navigation, ce n’est pas facile de trouver la terre désirée. Ils trouveront une île mystérieuse, vivante où ils profiteront tranquillement de la vie. Puis le monde viendra à changer mais les enfants resteront à jamais liés. En plus, ensemble, grâce à leur talent, ils vont créer un objet qui va rentrer dans le quotidien de nombreux habitants de la planète terre. Mais personne ne sait que l’idée vient d’eux. C’est le secret breton le mieux garder.

Un livre qui fera sourire par l’étonnement provoqué par la capacité d’imagination de Martin Provost. N’hésitez pas à rencontrer l’homme qui a le don de « faire chanter la chair », cela vous donnera envie de croquer à pleines dents dans un bifteck.

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2 réflexions sur “Bifteck – Martin Provost

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