Entre hommes – German Maggiori

Hommes politiques ripoux, sexe, travestis, drogués, dealer, violence gratuite, voici en quelques mots l’ambiance d’Entre hommes de German Maggiori. Des hommes hauts placés sont prêts à tout pour qu’une partie de jambes de l’air reste secrète. La police va faire parler ces poings et ces armes pour trouver l’identité de ceux qui veulent les faire chanter. Attention, ça va saigner. 

De quoi ça parle? 
Direction Buenos Aires, dans une chambre d’hôtel où des notables se réunissent. Un juge, un banquier et un sénateur se préparent à une journée haute en émotion. Déjà à moitié nus, ils attendent avec impatience, aidés de drogue et d’alcool, le dessert. On leur amène deux travestis et une jeune prostituée. Les orgies se passent bien d’habitude mais voilà que la prostitué fait une overdose en pleine action. Il est hors de questions que ces hommes si haut placés puissent être relié à ce meurtre. Les preuves doivent disparaître. C’est le boulot du mac de gérer ce genre de souci et d’effacer les traces. 

« Elle avait à peu près le style d’un épouvantail qui serait passé sous un tracteur et se serait ensuite fait chier dessus par une meute de loups ayant la diarrhée. »

Tout aurait pu bien se passer si quelqu’un n’avait pas fait du chantage en disant qu’il avait une vidéo de la soirée. Les politiques se refusent à ce que leurs noms soient salis. Toutes les polices sont mises sur l’affaire, il faut trouver la vidéo. Et ils peuvent tout se permettre, aucune limite et aucun interdit. Seul le responsable doit être trouvé, puni et l’oeuvre du chantage détruit.

    « Dis-moi, avec qui tu baisses pour avoir cette tronche de pub pour laxatifs?« 

Ce sont deux flics de la Division à qui le chef Diana Le Boucher a chargé de la retrouver. « Le Timbré » et « Le Monstre » ne sont pas des tendres. La torture est pour eux un passe temps qu’ils ont le loisir de tester à foison. Ils vont suivre toutes les pistes possibles et ça va saigner. La folie n’est pas très loin. 

Mais qui peut-être derrière ce chantage?? La réponse sera vous surprendre. 


Ce que j’en pense? 
Ce livre a été une vraie claque de lecture. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas lu un aussi bon roman noir. Un univers où règne la corruption, la drogue et la violence. La pauvreté de la société se sent à toutes les pages. Ceux qui ont le pouvoir et l’argent peuvent tout faire sans rien craindre. La société d’en bas vit entre drogue, alcool et prostitution en essayant de garder un minimum la tête hors de l’eau. Mais tous nage en des eaux sombres. La police raquette les prostitués pour leur sécurité. Certains flics sont complètes cinglés. Leur passé de tortionnaire leur a fait péter les plombs et le retour à une société plus normale a perturbé leur fragile équilibre mental. Heureusement que certains allaient casser la gueule à des homosexuels et des travestis pour soit disant préserver la moral. La religion catholique n’est jamais trop loin pour justifier l’injustifiable. 

    « Le Gaucher était en train de croquer une aspirine tout en préparant un sandwich au jambon, fromage et tomate        sur le comptoir en marbre blanc de la cuisine. Il pulvérisait le comprimé avec ses molaires comme si c’était un              bonbon à la menthe. L’acidité amère de l’aspirine le réconfortait. Il avait une légère gueule de bois et une grosse          faim. Assassiner le rendait anxieux, l’anxiété lui ouvrait l’appétit, la nourriture lui coupait la faim, la satiété                 faisait de lui un assassin. Un cercle parfait. »

Nous avons d’un côté les flics et des politiques pourris mais le reste de la société n’est pas en reste. On va rencontrer des dealers de drogues, des prostitués, des drogués, des alcooliques et ils sont presque des paumés en quête de succès et de réussite. Chacun cherche ce qui va le rentre riche pour pouvoir avoir encore plus de drogues et de prostitués. Les hommes ont des espoirs remplis de noirceur liés toujours à la souffrance et à l’horreur. Que peuvent-ils espérer de mieux? 

Un excellent roman où suinte d’adrénaline et la testostérone à chaque pages. La langage cru, brutale et argotique côtoie l’humour pour mieux nous faire adhérer à l’histoire. Attention âme sensible s’abstenir. 

« Les policiers grimpèrent dans le premier véhicule qu’ils trouvèrent à la porte de la Division, la Falcon blanche. Garmendia prit sa place au volant, sortit la flasque de la poche de son blouson de cuir et s’envoya une gorgée. Almada prit le guide Filcar dans la boîte à gants et chercha l’adresse de l’Oiseau Bustos indiquée sur les photocopies agrafées à la photo.
– C’est à La Boca, prenez cette avenue et mettez la sirène, ordonna-t-il tout en sortant son pilulier en argent pour avaler deux Valium sec.
Ils étaient perturbés. Le Monstre vida sa flasque d’un trait et se sniffa quelques traces de cocaïne sur le revers de la main. Le Timbré remuait les lèvres, il récitait à voix basse une rafale d’articles en même temps qu’il vérifiait le parfait état de son Browning FM de service. Des interférences continuelles se glissaient à travers l’émetteur de la Falcon. Des voix de CB amateur, des conversations de téléphonie mobile et même quelques radios locales venaient se mêler aux demandes d’interventions de divers commissariats. Au milieu de ce concert de voix, on entendit la voix de Gardel qui chantait Por Una Cabeza. Garmendia le Monstre essaya de siffler la mélodie mais la drogue l’avait laissé sans salive et sa langue lui collait aux lèvres. Malgré les effets indésirables, la cocaïne restait la seule substance qui l’aidait à maintenir un semblant de stabilité, qui lui permettait de raisonner quand les événements le dépassaient et l’aidait à garder ses esprits, faisant barrage à la bête féroce qui gouvernait ses émotions instables. Garmendia était un fou qui évoluait aux bords de la raison. »

 

 

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2 réflexions sur “Entre hommes – German Maggiori

  1. KO ! on ne peut espérer mieux ! Même pas envie de se relever. Poser le genou à terre, et s’effondrer dans le vide. Un jour, je le lirai. Sûr… Avec tous ces lecteurs KO que je vois au bord du ring…

    • Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi bien écrit et aussi palpitant. Il méritait bien le logo KO debout. J’ai hâte de retrouver une tel chose 🙂

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