Pas dans le cul aujourd’hui – Jana Cerna

Jana Cernà n’est pas une femme ordinaire. Elle aime la vie, la passion et surtout l’Amour. D’ailleurs, ce livre est une lettre d’amour passionnée à son amant. Elle ouvre son coeur avec une franchise qui déplairait à plus d’un homme. Cette fougue révèle une femme de caractère qui n’a peur de rien. 


Qui est Jana Cernà? 
Nous sommes dans les biens sombres années d’après-guerre dans les pays de l’Est. L’intolérance, la liberté de penser, de créer étaient rabrouées. Jana Cernà faisait partie des intellectuelles dissidents. Ensemble, ils veulent refaire le monde. Ils réalisent des expériences artistiques et existentielles. L’écriture est une façon de s’exprimer. Jana Cernà aimait prendre la plume, ce livre est en l’exemple. Elle a écrit une lettre passionnée pour son amant et son amoureux : Egon Bondy alias Zbynék Fiser. Grande figure de l’undergrund pragois, il écrit également et est un symbole de la rebellions des années 70. 

Elle tient ces convictions de sa mère Milena Jesenkà, journaliste et résistante. Dans les rues de Prague occupée, elle distribuait clandestinement de la presse antinazi. C’est sous ces yeux à l’âge de 11 ans qu’elle a vu sa mère être arrêté par la Gestapo. Depuis, elle cultive un esprit d’anticonformisme. Elle ne s’interdit rien et dit ce qu’elle pense. Jana est une femme libérée et elle aime en entier. C’est cela que l’on retrouve dans sa lettre. Une fougue et une passion où se mêle des pensées philosophiques, de la poésie, de la littérature, de l’amour et du sexe. 


Que raconte cette lettre? 
C’est un libraire qui m’a conseillé de lire ce livre très particulier. Je lui fais totalement confiance quand il me conseille quelque chose. Je le prend les yeux fermés. Il m’a dit qu’il ne fallait pas se fier au titre. Je regarde la couverture et je vois : »Pas dans aujourd’hui ». En effet, le titre ne me semblait pas très accrocheur. Puis quelques jours plus tard, assise dans le bus pour aller au boulot, les gens me jetaient un regard étrange après avoir regardé la couverture du livre. Je ne comprenais pas. Puis je me suis mise à regarder le titre, j’avais oublié deux mots. Je n’ai pu m’empêcher de rire face à ma faculté inconsciente à avoir occulter un mot : cul. 

Le raisonnable me ferait mourir en moins d’une semaine de la mort la plus triste qui soit, le raisonnable détruit en       moi tout ce qui fait sens, il m’ôte toutes mes forces, qu’elles soient érotiques, intellectuelles ou autres.

Alors pourquoi ce titre? C’est le début d’un poème écrit il y a quelques années par l’auteure.

« Pas dans le cul aujourd’hui
j’ai mal
 
Et puis j’aimerais d’abord discuter un peu avec toi
car j’ai de l’estime pour ton intellect
 
On peut supposer
que ce soit suffisant
pour baiser en direction de la stratosphère.« 
Un poème pour affirmer peut-être le refus d’être une femme objet et du pouvoir de l’homme. Un machisme qu’elle réprouve sévèrement. Toutefois, cela ne l’empêche pas d’aimer. Cette courte lettre est un cri à la liberté de pouvoir s’exprimer et dire honnêtement tout ce qui lui passe par la tête. C’est avec l’étendard du féminisme bien levé et un refus anarchiste qu’elle s’autorise tout.
   Tu penses que ton côté sentimental me déplaît – comme tu te trompes mon chéri, comme tu te trompes. Il me plaît         beaucoup et j’en ai besoin, mais il m’a aussi fallu un grand nombre d’années pour y ajouter foi. Je le désire                       aujourd’hui, non que je trouverais un plaisir particulier à la sentimentalité, mais parce qu’elle vient de toi, qu’elle fait     tout simplement partie de toi, partie de nous.
Sans aucune pudeur, elle dévoile l’intime de son corps, de son ressenti, du besoin du corps et du sexe de l’autre. Elle aime la violence des échanges entre deux être enivrés. Mais aussi la passion des corps qui se redécouvre, qui se touche, qui se font souffrance pour le plaisir. Un érotisme franc qui a bien choqué une époque où les femmes avaient le droit de silence. 
  Pourquoi sacredieu n’est-je pas ta langue dans ma chatte alors que c’est mon plus ardent désir, pourquoi je ne sens     pas la chatouille douloureuse de ta morsure sur la plante de mes pieds, pourquoi je ne peux pas te tendre mon cul         pour que tu le possèdes, le morde, l’étrilles et l’arroses de ton sperme ? » / « Je voudrais te coucher sur le dos et te         mordiller les tétons, lécher le fond de ton nombril et prendre tout à tour chacune de tes couilles dans ma bouche            jusqu’à te faire geindre. 
Une lettre pour combler la séparation avec des mots. Des mots qui s’enchainent sans forcément de transition. L’amour anime son corps de sueurs chaudes de plaisir non solitaire à des réflexions sur la philosophie. Elle a besoin de partager avant de retrouver son aimé et de parler en faisant l’amour. 

Lire l’avis de Noukette : « Jana Černá aime et le dit. Elle l’écrit, elle le crie, elle le hurle. Pour effacer la distance. Pour oublier l’éloignement des corps. Pour rappeler les évidences… Sans aucune pudeur, elle dit l’intime et les corps qui s’épousent, la sueur et les étreintes enfiévrées, l’attachement sans limites et l’amour sans bornes. C’est échevelé et poétique, cru et intense.« 

L’avis de Moka : « Éloge de l’amour à travers ce que chacun apporte de plus beau à l’autre, voilà une lettre transcendée par cette intensité sexuelle étourdissante et cette frénésie du désir. Une missive érotique qui clame et revendiquel’amour de la liberté et qui en devient  un discours de femme à la force intellectuelle indéniable. Jana Černá dit en quelques pages incisives etférocement belles, crues et spontanées  l’intensité d’un amour qui « ne doit pas être traité à la légère. »

L’avis de Jérôme : « « Pourquoi sacredieu n’est-je pas ta langue dans ma chatte alors que c’est mon plus ardent désir, pourquoi je ne sens pas la chatouille douloureuse de ta morsure sur la plante de mes pieds, pourquoi je ne peux pas te tendre mon cul pour que tu le possèdes, le morde, l’étrilles et l’arroses de ton sperme ? » / « Je voudrais te coucher sur le dos et te mordiller les tétons, lécher le fond de ton nombril et prendre tout à tour chacune de tes couilles dans ma bouche jusqu’à te faire geindre. »

Lien vers l’éditeur 
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7 réflexions sur “Pas dans le cul aujourd’hui – Jana Cerna

  1. Pingback: Challenge lecture 2017 – 200 chroniques livres | 22h05 rue des Dames

    • je vais l’offrir à quelqu’un qui va adorer 🙂
      Un livre qui laisse une trace dans notre mémoire malgré les nombreux livres que nous lisons 🙂

      • mon libraire adore cette maison d’édition et aime bien me faire découvrir des titres qu’il apprécie. Comme nous aimons les même choses, je lui fait totalement confiance 🙂
        Ce genre de livre ne se trouve pas dans la médiathèque. Je crois que le livre serait refusé rien qu’à cause de son titre.

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