Simon Kansara, un scénariste qui a des idées pleins la tête

Derrière des dessins, il y a bien souvent un scénariste. Et derrière la bd Morgane en compagnie de Stéphane Fert, il y a Simon Kansara. Un auteur qui sait manier les mots avec passion et avec fougue. Partons à sa rencontre. 


Comment es-tu devenu scénariste?
Adolescent, j’avais envie d’être réalisateur de films. Après avoir fait un petit court-métrage au lycée, je me suis aperçu qu’il était important d’avoir une histoire à raconter, et que ça n’était pas si évident que ça. Je me suis donc plongé dans la dramaturgie et dans l’écriture. Puis j’ai suivi une formation au CEEA où j’ai compris que le scénario est un domaine vaste, intéressant et exigeant, et qu’il fallait que je m’y consacre à part entière.


Comment est né le projet de la bd Morgane avec Stephane Fert? 
Stéphane avait une première version de Morgane qu’il avait commencée à dessiner. Pour diverses raisons, le projet n’a pas abouti. Quand il m’a proposé de le reprendre avec lui au scénario pour lui donner une nouvelle direction, le projet oscillait entre un livre pour enfants et un récit sombre et subversif. En ce qui me concerne, c’est vraiment ce côté noir et cruel de l’univers de la table ronde vu à travers les yeux de Morgane, assortis à l’univers graphique de conte de fée symbolique et cauchemardesque de Stéphane qui m’attiraient. Je lui ai proposé de recentrer son projet dans cette voie.


Qu’est-ce qui t’a inspiré pour la création de cette histoire? 
Stéphane m’a initié aux récits du Graal et notamment à l’intégrale écrite par Jean Markale. Et puis de mon côté, je pense avoir toujours gardé à l’esprit pendant l’écriture l’occultisme du Moyen-Âge, l’alchimie et le tarot. Au niveau des dialogues, on s’est beaucoup retrouvés sur des envies de sonorités théâtrales. Mais la principale source d’inspiration pour l’écriture d’un scénario de BD, ce sont encore les dessins de mon co-auteur.


Est-ce que tu dirais que tu es un homme féministe? 
Sans doute, même si je ne m’identifie pas à une cause ou à un courant de pensée en particulier. Morgane est une femme, mais son combat est plus largement celui que mènent ceux que la société stigmatise.


Est-ce que tu as travaillé avec Stephane Fert sur la structuration de la bande dessinée? 
Lors de nos premières discussions, j’avais fait part à Stéphane de cette intuition qu’un récit à la chronologie éclatée pouvait être une bonne manière de raconter cette histoire déjà mille fois entendue tout en continuant à surprendre. Mais avant de lancer l’écriture, on a dû s’assurer que ça pouvait fonctionner. On a passé un certain temps à élaborer la trame ensemble. Puis j’ai écrit le scénario chapitre par chapitre, au fur et à mesure de la réalisation des planches. Stéphane repassait sur les dialogues au moment du story-board. Ce processus nous obligeait à remettre en question le récit toutes les 15 planches, mais nous donnait la possibilité de modifier au fur et à mesure ce qui était initialement prévu, en étant lecteurs de notre propre histoire en train de se faire.


Combien de temps a pris le projet? 
Il s’est étalé sur un an et demi en ce qui me concerne, beaucoup plus pour mon co-auteur, qui portait ce récit depuis déjà des années. 


Morgane n’est pas ton premier projet bd. Qu’est-ce qui t’attire dans cette littérature? C’était un rêve d’enfant?
Enfant, j’étais plutôt attiré par le cinéma. Mon goût pour la bande-dessinée est venu plus tard, justement quand je me suis intéressé à la narration. Le scénario de BD présente l’intérêt d’écrire pour une personne en particulier : le ou la dessinateurice, et d’apprendre à leur contact des notions de récit qui passent par le trait, le dessin, et qui enrichissent ma manière d’envisager ce travail et le dialogue avec elleux.

 


Tu peux nous parler de tes autres créations?
Ces temps-ci, je travaille sur plusieurs projets, dont la plupart n’ont pas à voir avec la bande-dessinée. Ils ont pour point commun une fascination grandissante pour les débuts de la photographie et du cinéma.


Qu’elles sont tes derniers coups de coeur culturelles?
Je ne me tiens pas au courant de l’actualité culturelle. En ce moment, je me nourris de l’ambiance de la fin du XIXème – début XXème. La révolution industrielle, le temps des inventeurs. Les premières photographies et le cinéma primitif.


Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite?
De continuer à rencontrer des dessinateurices qui me donnent envie d’écrire !

Lire le portrait de Stephane Fert
Lire mon avis sur Morgane

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