La surprenante du vendredi – Ring my bell! – La Piscine

Le musée La Piscine à Roubaix accueille jusqu’au 11 juin 2017 l’exposition « Ring my bell! ». Les créations sélectionnées par le prix du jury de la céramique de petite forme sont exposés dans l’espace du grand bassin. Allons découvrir ces oeuvres un peu particulières. 


Mais qu’est-ce que la surprendre du vendredi? 
Un vendredi par mois La Piscine propose une visite guidée d’une heure avec un guide et une invité surprise. La thématique de ce vendredi était l’exposition Ring my bell! présente jusqu’au 11 juin 2017. Un titre assez intriguant surtout lorsqu’on lit que toutes les cloches sont en céramiques. Mais que peuvent cacher ces cloches? 

Nous sommes 4 à venir tenter l’aventure. L’invité surprise n’est rien d’autre qu’Amélie Vidgrain, directrice de l’école d’art de Douai. Une invité de marque qui pourra nous dire tous les secrets liées à l’exposition temporaire aussi bien sur la question technique qu’historique. Elle est à l’origine de la biennale qui remet le prix de la céramique de petite forme. Un concours sur une thématique auquel aussi bien des professionnels que des amateurs peuvent participer. 

Je ne connaissais ni l’école consacrée à la céramique, ni ce prix. Une belle découverte qui m’a donné envie d’en savoir plus sur l’école et pourquoi pas aller y faire un stage. 

Même si beaucoup des créations proposées n’ont pas eu d’écho en moi, la passion d’Amélie Vidgrain m’a donné envie de m’intéresser à tout ce qui a été présenté. En plus, nous avons eu le droit d’entendre certaines cloches car cela faisait parti des critères de création. Elle nous a aussi montré l’intérieur de certaines cloches car le détail dans la précision a été poussé jusqu’au petit carré ou rond qui fait tinter la cloche.

Il est dommage que la musée ne valorise pas plus ces créations. J’aurais aimé avoir une photo de l’intérieur de certaines cloches à côté des créations. Les cartels aussi ne sont pas très clairs car je ne savais pas toujours quelle création était à qui. En plus, certains artistes ont réalisés plusieurs cloches et pas forcément dans le même style. 


La Piscine et la céramique
Le musée de Roubaix poste un intérêt dès le deuxième moitié du 20ème siècle sur les arts appliqués. Ainsi la céramique trouve sa place aux côtés de la peinture et de la sculpture. La collection s’enrichit de pièces anciennes et modernes de la manufacture de Sèvres (92). Puis, elle se complète avec des dépôts des collections nationales. Ainsi en 1995, un ensemble exceptionnel de céramique de Picasso intègre le musée. 

En 2001, l’ancienne piscine municipale de Roubaix bâtie entre 1927 et 1932 par l’architecte lillois, Albert Baert va avoir une nouvelle vie. Elle va se transformer en musée d’art et d’industrie. C’est autour du bassin, écrin en céramique bleu, blanche et jaune que les créations vont trouver leur place. De vitrines en vitrines, on découvre les réalisations de Dufy, Picasso, Chagall, Pignon, Rousseau…. 

Alors, c’est de façon évidente que la Piscine a répondu positivement à l’invitation d’Amélie Vidgrain d’accueillir en ces murs les sélectionnées d’expression terre et de promouvoir la création céramique contemporaine. 


Expression, terre de Douai
L’école d’art de Douai à la particularité de proposer des formations autour de la céramique. Elles peuvent être à destination des professionnels ou de découverte pour les adultes ou les enfants. 

Mais l’école se veut aussi un lieu de création, de partage, de découverte…. C’est ainsi que la volonté de créer un concours est né. La première édition d’Expression Terre, prix de la céramique de petite forme avait pour sujet les nichoirs. 43 nichoirs avaient trouvé leur place à la Piscine. 

Cette année, autour de l’espace du grand bassin, c’est 42 cloches, clochettes et clochettes réalisées par 23 céramistes campanophiles qui ont trouver leur place. 

Voici la présentation de la thématique : 
« La cloche, écho du ciel placé près de la terre sous la plume Victor Hugo, est l’un des plus anciens instruments sonores. Modeste et universelle à la fois, elle se présente sous des aspects les plus divers, autorisant ainsi tous les matériaux, toutes les tailles, tous les galbes, tous les ornements, tous les usages. Véritable « vase sonore », la cloche est caractérisée par sa portée acoustique et son usage. Elle rythme la vie quotidienne, tant profane (rassemblement, alerte, appel, guide, fête…) que sacrée (accompagnement et ponctuation des cérémonies).
Céramiste campanophile, ils ont conçu et réalisé une, deux ou trois cloches, clochettes, grelots dont ils ont déterminé la fonction. Leur création le révèlent artiste, technicien, musicologue, inventeur, ethnologue, bricoleur, poète, tintinnabuleur… »

En chiffre cela donne : 
– 61 artistes, 
– 95 cloches, clochettes et grelots,
– 23 sélectionnés à la sélection officielle, 
– 42 oeuvres retenues, 
– 2 expositions collective à l’école de Douai,
– 1 exposition collective au musée de La Piscine, 
– 1 exposition individuelle pour la lauréate au Fil Rouge.


Et il y a quoi à voir? 
Je vais vous montrer les créations proposées. 

On commence par la lauréate, Marie Sanson qui a reçu le prix du jury. Trois cloches de taille différente et avec des sonorités différentes. Description de la créatrice : « Petits puits sonores aux lignes pures et géométriques, design et poésie pour ces cloches. La perfection et la sobriété des créations ont totalement charmé les membres du public. Les cloches sont brillantes dessus et mat sur le reste. 

Ensemble de six cloches réalisées par Elsa Alayse avec de la porcelaine papier. Chaque cloche possède une petite étiquette en porcelaine où le verbe tintinnabuler est conjugué. La tige doré est également en porcelaine et couverte d’or. L’aspect avec les arrondis est du à l’accumulation des colombins. 

Ensemble de trois tasses avec une cuillère au milieu. Il y a un travail très raffiné sur le dessus qui ne se voit pas trop sur les photos. Et sur place, il faut les observer avec la lumière pour voir les dessins apparaître. Un élégant travail d’Isabelle Badinier. 

Un ensemble de trois cloches rassemblées nommée par Valérie Ceulemens : « Clochette polyphonique : trois sons différents y sont réunis représentant la diversité des voix émises dans un seuls univers ». Les traces à l’extérieur que l’on peut voir sont les marques des colombins.

Un travail de Jacques Descamps assez différent de toutes les créations présentées. C’est un ancien graphiste ce qui explique peut-être le travail assez design proposé. 

Elles sont grosses et prennent de la place. Les deux cloches de Sylvie Enjalbert rappelle les cloches des vaches mais en plus travaillées, bien entendu. Très jolie travail sur les suspensions à l’intérieure. 

Frederic Fleury s’est inspiré de la nature et « les coroles, pétales et pistils répondent aux cloches, clochettes et grelots ». Il y a des nuances de blanc grâce au travail avec le grès et la porcelaine.

Pourquoi se contenter d’une ou de trois cloches lorsqu’on peut faire une boule que l’on peut suspendre ou poser? Anne François travaille sur l’empreinte. 

Vesna Garic montre un aspect très délicat de clochettes par une approche en bijou. Les pièces demandent d’être manipulées en délicatesse. Chacune a été polie. 

Derrière cette cage secrète, Pauline Gourgeault y cache un hymne à la poésie du sacré. 

Mon coup de coeur va pour la petite boudeuse tout en rondeur d’Anne-Sophie Gilloen qui a un univers graphique extraordinaire. Dès que j’ai vu ce petit personnage, j’ai craqué. Tenue par la tête, le personnage peut faire sonner en bougeant ces pieds. 

Marie Heele-Decoster a proposé une création plus proche des influences japonaises avec quatre petites cloches délicates colorées, percées et brodées. J’ai trouvé cela très jolie.

Trois femmes tête en l’air, avec trois petites phrases sur leur robe danse au grès du vent. Sandrine Herlin montre son esprit espiègle dans ces trois cloches en grès. 

Jérôme Hirson réalise une très grosse cloche, à la limite de la taille autorisée. Un très jolie effet fait de colombins en grès avec d’émail et d’oxyde de fer. Pour affirmer son côté masculin, il présente sa cloche en faisant référence à Rocky Balboa. « C’est pas fini tant que la cloche n’a pas sonné.« 

Légères et colorées, les fleurs clochettes décorent avec élégance l’espace d’exposition. Françoise Joris a utilisé la technique du nerikomi qui consiste à travailler deux pâtes de différentes couleurs qui permet de faire des effets un peu particulier. On peut utiliser également cette technique avec de la pâte à modeler. 

C’est mon deuxième coup de coeur. Mélis Kolyozyan parle d’happy céramique et on comprend assez vite. Elle propose deux cloches à l’envers. Une avec des mains en dessous qui tiennent la cloche et la tête sert de battant. C’est vraiment une excellente idée. Tout comme la deuxième cloche où une tête, bouche ouverte qui sert de cloche où deux mains tiennent la corde qui la soutient et au bout de la corde, un battant en forme de poisson. Un univers tout plein d’imagination.

Aline Lafollie propose des cloches comme des villes imaginaires toutes en rondeur.

La suissesse Myriam Maier a une approche assez semblable sur la rondeur même si elle s’oriente plus vers des toupies musicales en porcelaine. 

Si je vous dis que Quentin Marais vient d’être papa, est-ce que cela vous surprend? Il veut créer des objets joyeux, ludiques et débridées. 

C’est avec de la porcelaine de papier que Pascale Morin crée deux cloches assez étranges. Elle parle de bateau et de mer. Ces influences bretonnes n’y sont pas pour rien.

Gabriel Vuattier parle plus de folie en jouant avec le mot être une cloche. La cloche, de fil en aiguille elle a fracturé la cloche.

On pourrait croire une cloche en plâtre avec de la décalcomanie. Mais non, c’est bien de la porcelaine avec un travail au pinceau, des colorants minéraux et bien entendu un peu de décalcomanie.  

Un chapeau cloche qui peut rappeler une autre époque où la maille était à la mode. 

Une exposition qui saura vous surprendre. Mais attention ce n’est pas parce que l’exposition se nomme Sonne ma cloche que vous pourrez les faire tinter. Laisser votre imagination faire le reste…

Lien vers l’école d’art de Douai
Lien vers le musée La Piscine de Roubaix

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