Stéphane Fert, un artiste au mille couleurs

Morgane, une bande dessinée, a été publiée et n’est pas du tout resté dans la confidentialité. C’est surtout grâce au talent du dessinateur et co-scènariste, Stéphane Fert, qui a su avec ces doigts et son imagination sans borne, créer un univers graphique extraordinaire. Un pinceau dans une main et une tablette dans l’autre et un monde se créer. Mais qui est cet artiste de talent? 


Faire de la bande dessinée c’était un rêve d’enfant ou un rêve de grands ?
Oui, c’était clairement un rêve de gosse ! Mais à l’époque j’étais très loin d’imaginer que je le ferais un jour … Ce n’est que très tard, quelques années après mes études, que j’ai osé tenter le coup.


Comment es-tu arrivé dans le monde de la bd ?
J’avais envie de raconter des histoires avec mes dessins. Ça aurait pu aussi passer par le cinéma d’animation ou les jeux vidéo mais la simplicité du médium BD m’a attiré et je me suis lancé. Un ami m’a donné le mail d’un éditeur, et voilà …


Comment définirais-tu ton style artistique ?
Difficile à dire, sans compter qu’il évolue sans cesse (enfin j’espère). Je suis très influencé par toute la période de l’art moderne, des impressionnistes à Picasso et aussi par les anciens illustrateurs de Disney comme Mary Blair ou Eyvind Earle. Voilà ce que je peux dire … J’ai assez peu de références de dessinateurs de BD mais j’y travaille.


Comment se met en place le processus créatif ?
Je pars toujours de l’écriture, je ne me laisse pas animer par mes envies de dessin. L’histoire doit prévaloir. Quand la séquence me séduit déjà en texte, c’est bon. Ensuite je pose un storyboard, et go. Rien d’original !


Qu’est ce qui t’inspire ?
Tout m’inspire : les balades en forêt, les gens dans la rue, les rencontres … J’essaye aussi de lire un maximum de choses. La littérature c’est vraiment une base importante.


Qu’elle est ton arme de création ?
Pour Morgane, je suis parti à la gouache au début que je retouchais sur ordinateur avec une brush simple, sous photoshop. Mais plus ça va plus l’ordinateur prend de la place dans mon travail car il me permet de bosser plus vite avec plus de précision. Sinon, dans les boulots personnels, je touche à tout : gouache / huile /crayons / craie grasse …


Comment est né le projet Morgane? 
Le projet Morgane est né d’une envie personnelle de raconter l’histoire d’une sorcière aux accents féministes … Idée qui m’avait été inspirée par une amie très engagée et très sorcière à sa façon. L’idée traînait dans un coin de ma tête, et un jour on m’a commandé une illustration pour enfant sur la fée Morgane. Je me suis intéressé au personnage et je me suis replongé dans les récits du moyen âge. J’y ai re-découvert un texte très riche même si un peu soporifique aujourd’hui. Mais surtout, j’y ai découvert un personnage extrêmement fort et beau affrontant toute seule une vrai phallocratie …
Comme le Graal est finalement un texte  » open source « , j’ai décidé de me l’approprier et d’en écrire une autre version, plus moderne. Je n’avais jamais écris de scénario donc j’ai invité Simon Kansara dans le projet et nous avons écrit à deux. J’ai beaucoup appris de cette collaboration. Je suis content de ce qu’on a réalisé et Morgane reviendra un jour …

 


Est-ce la création de l’univers graphique de cette bd t’a demandé beaucoup de recherche ?
Je n’ai pas vraiment fait de recherches historiques sur les costumes ou les lieux, par exemple. J’ai voulu placer Morgane dans un contexte complètement merveilleux et théâtrale, aucun costume ni aucune architecture n’y est crédible … Quant à Morgane, je l’ai imaginé comme dans les romans médiévales : grande, la peau très claire, de longs cheveux noirs, des yeux bleus perçants qui luisent dans la pénombre … Par contre, j’ai fait beaucoup de recherches pour l’histoire. J’ai beaucoup lu de romans médiévaux et quelques petites choses sur la mythologie celte.


Pour les références aux cartes dans la bd? 
Pour les cartes, nous voulions faire des chapitres par référence au récit médiéval qui est aussi fragmenté par plein de petites histoires. Nous nous sommes inspirés des cartes de tarot qui renvoient à un imaginaire de sorcellerie mais qui traite aussi du  » destin  » . Pour ceux qui connaissent le tarot, il y a plusieurs petits symboles à déchiffrer dans la BD.


Morgane a connu beaucoup de succès auprès des lecteurs. Est-ce que cela t’a permis de te donner plus de confiance en ton travail ?
Cela m’a permis d’en signer deux autres en tout cas, ce qui est cool ! C’est vraiment génial de rencontrer des lecteurs enthousiastes en dédicace, de voir que des gens ont été émus par ce projet qui m’a habité pendant si longtemps et pour lequel j’ai donné tant d’énergie … Mais il ne faut pas se reposer sur ses petits acquis et je travaille toujours dur à m’améliorer !


Comment as-tu rencontré Wilfrid Lupano et comment est né votre collaboration?
Il y a plusieurs années Wilfrid a remarqué une planche que j’avais exposé dans un collectif du festival off d’Angoulême. On a donc pris contact et on s’est rendus compte qu’on habitait la même ville (Pau). C’est devenu un très bon ami qui m’a énormément aidé par ses précieux conseils. Je lui ai offert Morgane quand c’est sorti, je crois que ça lui a plut et il m’a proposé un projet. Voilà tout J’en suis très heureux car j’adorais son travail depuis un moment déjà. « Le singe de Hartlepool » est vraiment une des meilleurs BD de ces dernières années pour moi.


Où est-ce que l’on peut te rencontrer pour se faire dédicacer un de tes fabuleux album ?
Je serais le 7/8/9 avril au festival de Billère ensuite à Mazé et à Montreuil Bellay. Et puis, ensuite on repart pour une tournée pour l’album jeunesse (qui s’appellera Quand le cirque est venu au passage).

 


Qu’elles sont tes derniers coups de cœur culturelle ou/et qu’elles sont les indispensables à voir ou lire?
Mes derniers coups de coeur, en littérature, c’est « Chien du Heaume » de Justine Niogret. Un superbe roman médiéval avec une héroïne forte qui balaye absolument tous les clichés sur le genre et qui est magnifiquement écrit. J’ai lu aussi « Déracinée » de Naomi Novak qui m’a bien plu ainsi que « Watership Down« , un incontournable de Richard Adams. En bd ma dernière claque c’est Satanie de Kerascoet et Velhmann, Sunny de Matsumoto et Idéal Standard de Aude Picault. Voilà quelques titres sur lesquels vous pouvez foncer


Qu’est-ce que je peux te souhaiter pour la suite ?
De continuer à avoir la chance de publier ce qui me plaît et que ça suffise à payer mes factures !

Un grand merci à Stéphane Fert d’avoir répondu à mes questions.

Suivre son travail : Tumblr

Lire mon avis sur Morgane.

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Une réflexion sur “Stéphane Fert, un artiste au mille couleurs

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