La Triomphante – Teresa Cremisi

Enfant, elle rêvait d’aventures, de gloire, de combats, de voyages… En grandissant, elle se rendit compte qu’elle ne pourra pas tout faire car c’est une femme. C’est une bonne raison pour s’imposer pour ce que l’on vaut et devenir une femme libérée. 

De quoi ça parle? 
Teresa Cremisi a publié de nombreux auteurs comme Michel Houellebecq, Christine Angot, Yasmina Reza ou Michel Onfray. Elle ne se sentait pas prête à écrire jusqu’à ce jour où elle fait une rencontre avec éditeur. L’idée vient d’être plantée et va germer doucement. C’est alors qu’elle rassembla ces tous premiers souvenirs d’Alexandrie avec ces parents et le personnel de maison qui lui donnèrent le goût des langues et la curiosité. 

Née d’une mère britannique et d’un père italien. Ces parents étaient athées. Elle a choisi de devenir catholique pour découvrir sur le tard ses origines juives. L’Egypte fut la terre de ces premières racines jusqu’à ces 10 ans où elle dut partir avec sa famille à cause de la crise du canal de Suez. C’est l’Italie qui devient son nouvel pied à terre. L’ambiance familiale a changé mais sa volonté pour s’intégrer et découvrir le monde ne l’a quitta jamais. 

Sa passion pour les combats de Napoléon, les épopées d’Homère ou de Lawrence d’Arabie.; la lecture de Joseph Conrad ou Shakespeare l’aide dans ces choix de vie. D’ailleurs, ils l’accompagnèrent lors de ces voyages entre l’Italie et la France et entre la langue italien et française. Son travail l’a amené à Paris où elle va vivre un long moment avec son époux, dessinateur. Un moment, il ne se sentira plus chez lui dans la capitale française et va aller habiter en Italie.

La retraite n’est pas encore là, alors elle va très souvent voyagé et celui lui donne du baume au coeur. Le stress et la pression sont assez pesante au quotidienne. Les vacances donnent de vrais bouffées d’air. Par chance, la retraite approche rapidement et un nouveau départ se profile à l’horizon. Un nouveau pays, puisqu’on lui refuse la nationalité française, avec une tranquillité de vie où elle sent libre chaque jour. 

Ce que j’en pense
Un roman moitié fiction et moitié autobiographie qui se lit avec plaisir et légèreté. De courts chapitres, une plume très agréable et une histoire très intéressante autour d’une femme incroyable. Une jeune fille qui grandit entourée d’amour et qui a su développé sa propre curiosité. Elle aime sa famille, ceux qui l’entoure, les langues, les voyages… Elle développe son propre caractère avec ce qu’elle aime ou pas. 

Très vite, elle s’est rendu compte que sa personnalité pouvait paraître trop exagérée où enthousiaste pour vivre en société. Elle apprend alors à se contrôlé mais parfois ce qu’elle laisse échapper ne reste pas discret. D’ailleurs, c’est cela qui lui permet d’avoir des postes qu’elle n’aurait jamais rêvé d’avoir. Et puis son mari, l’a prend comme elle est. J’aime beaucoup les personnes qui ne sont pas comme tous le monde et qui assume leur petit grain de folie. Ici, cela rend le personnage encore plus attachant.

Tout comme sa volonté de devenir française, elle a toujours senti une attache profonde à cette culture. Malgré la fait qu’elle parle la langue et qu’elle travaille dans le pays plusieurs années ne suffisent pas à avoir la nationalité. Elle ressent vraiment comme une déception, comme un rejet. Cela résonne beaucoup à notre époque où beaucoup demande la nationalité et elle est refusée dans la majorité des cas. 

J’ai bien aimé les moments où l’histoire, le monde, le rapport à la famille se fait à travers des cartes postales anciennes, des mots ou des photographies. Il y a toujours une sorte de magie par rapport à ces objets. Les photos de famille en noir et blanc avec les bords en dentelle, étaient rares. C’étaient souvent une des rares traces d’un membre de famille et les photos étaient conservées précieusement. Que pouvons-nous dire maintenant des photos dans une société de l’image? Trop d’image ne donne t’elle pas moins de valeur à une image? 

Et puis ce rêve secret, celui de monter au bord de la Triomphante, ce bateau français. C’est un appel au rêve et voyage lointain qui ne l’a jamais quitté, même à plus de 70 ans.

Tout comme la corvette du XIXe siècle, l’auteure et la narratrice ont aimé braver les tempêtes avec force pour toujours voguer avec confiance et passion. Un magnifique hommage à la liberté de la femme qui peut tout faire, qui a le droit de rêver, de croire, d’aimer… 

 

 

Prix Méditerranée 2016

« Longtemps je n’avais pas compris que le fait d’être une femme était comme on dit un handicap ; je ne m’étais nullement attardée sur l’évidence qu’il était difficile d’envisager un destin à la Lawrence d’Arabie en étant de sexe féminin. Je n’avais d’ailleurs eu aucune alerte à ce sujet. Mes parents ayant oublié de m’interdire quoi que ce soit, je n’avais jamais de ma vie entendu dire que je ne pouvais pas entreprendre quelque chose parce que j’étais une fille. »

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Une réflexion sur “La Triomphante – Teresa Cremisi

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