Piège mortel – Théâtre de la Bruyère

affiche2Que n’est-on prêt à faire pour gagner de l’argent? Qu’est-ce qu’un auteur en manque d’imagination ne pourrait faire pour retrouver la gloire? Et si la réponse à ces deux questions était juste la mise en place d’un Piège Mortel? 

Le polar débarque à la Bruyère
Les spectacles policiers commencent doucement à trouver leur place sur les scènes parisiennes. Nous avons d’un côté des pièces participatives comme « Dernier coup de ciseau » où c’est au public de voter pour le coupable. Et de l’autre, le spectateur est plongé au coeur d’une intrigue comme « Colombo » ou « 39 marches ». « Piège mortel » fait partie de ces pièces où l’on va mener en bateau le spectateur pour mieux le surprendre. 

L’auteur New-Yorkais, Ira Levin, qui a écrit entre autre « Rosemary’s Baby » a écrit en 1978 « Deathtrap » qui a été traduit par « Piège mortel » en français. Le livre est adapté au cinéma en 1982 par Sidney Lumet avec Michaël Kane et Christopher Reeve. Le succès va au rendez-vous puisque cela sera même adapté sur les planches à Broadway avec plus de 1 800 représentations. 

Alors c’est sans trop de risque que Gérald Sibleray va adapter ce polar à l’intrigue pleine de tiroirs. 

Mais de quoi ça parle? 
Sidney Brown (Nicolas Briançon), auteur dramatique, qui a connu quelques succès vit avec son épouse, dans une grande demeure un peu reculée du monde. Il voudrait bien retrouver l’inspiration et connaître à nouveau la renommée. Il ne veut plus être professeur d’écriture. D’autant plus quand il reçoit le texte d’un ancien étudiant d’un séminaire. L’histoire est excellente. C’est même meilleure que tout ce qu’il a pu écrire. 

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Il invite le jeune étudiant, Clifford chez lui pour parler de son projet de pièce. A t’il vraiment le seul exemplaire finalisé? Si ce jeune auteur viendrait à disparaître, quelqu’un pourrait-il le suspecter? Cette histoire pourrait lui changer totalement la vie et retrouver le plaisir d’être à nouveau sous les lumières. 

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Cette idée machiavélique  va donner lieu à de nombreux rebondissements. Les situations complexes vont s’entremêler de secrets et de surprises. A la fin, il ne pourra pas en rester qu’un. 

Nicolas Briançon en Monsieur Loyal ou presque
Nicolas Briançon tient la pièce de A à Z avec plaisir non dissimulé. Il est certes le personnage principal mais il lui donne un éclat de vraisemblance très appréciable. Le fait que cet acteur possède un certain charme avec une voix délicate qui sonne merveilleusement bien à mon oreille, rajoute un petit plus très appréciable. 

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Le duo qu’il fait avec l’étudiant, Cyrille Garnier fonctionne assez bien, avec une complicité naturelle.

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Heureusement qu’il est là. Le rôle de son épouse, Myra, est interprété par Valérie Lemoine que j’ai trouvé peu convaincante en épouse effacée. Sa voix aiguë m’a dérangée. Est-ce qu’elle était malade où étais-ce sa voix normale? Par chance, très vite, elle apprend à se taire.

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C’est comme le rôle très extravagant, trop extravagant, de la voisine, Helga (Marie Vincent), voyante qui débarque quand dans la maison et qui hurle. Les visions guident ces décisions. Mais pourquoi le surjeux avec l’accent allemand comme dans « Papa Schultz »? Je me demandais si je n’étais soudainement pas tombée dans un boulevard de pacotille. Ce n’est pas un rôle facile à jouer et la comédienne donne tout pour être convaincante. Le choix a été fait d’insérer de l’humour pour le très grand public au lieu de travailler plus sur la psychologie des personnages. C’est un choix aussi pour cibler ces spectateurs. Je trouve cela dommage car je trouve ça trop gros et trop imposant. 

Le public autour de moi à l’air totalement conquis. On se croirait presque dans une série avec un doublage son public. Les femmes qui m’entouraient, s’exclamaient « Incroyable », « O mon dieu », « C’est pas possible »… Je me demandais si j’étais normale de ne pas m’extasier comme un enfant un spectacle de magie. Où est-ce ces gens sortent peu ou voit toujours la même chose, la nouveauté provoque l’émotion intense. J’ai bien aimé mais pas au point de frissonner sur les rebondissements. 

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Et la déco sur scène? 
Dans une pièce où tout se situe dans un seul endroit, le décor doit être alors à la hauteur. Olivier Hébert propose un univers de raffiner et élégant comme on pourrait trouver dans une maison de bourgeois et plus particulièrement dans le bureau d’un auteur. Un intérieur chaleureux et cossu. 

J’ai particulièrement aimé le bureau double fonction qui est très bien travaillé et pratique. Si j’avais de la place chez moi, je le voudrais bien chez moi. 

Sur le mur du fond, des briques rouges avec dessus une collection d’armes (menottes, masse, hallebarde…) prête à l’emploi. Ce n’est pas un hasard qu’elles soient là d’ailleurs. Mais je ne peux pas vous en dire plus car j’ai promis à Nicolas de tenir ma langue. 

Sur les murs, on voit aussi des affiches des spectacles (plus ou moins réussies) de Sidney Brown qui font des clins d’oeil à des oeuvres de spectacles qui ont connu du succès. 

Sur le devant de la scène, d’un côté un petit espace salon et de l’autre, l’espace pour se servir à boire de l’alcool. Cela permet aux personnages de se déplacer et d’occuper l’espace dans des va et vient logique. Un accessoire m’a un peu dérangé. Se sont les menottes de Houdini qui ne sont absolument pas fidèle au modèle original.

Et tout est bien orchestré car c’est Eric Metayer, assisté de Sarah Gelle, qui est au commande. Les pièces à succès à son compte sont légions. J’ai vu « Les Chatouilles ou la danse de la colère » qui était vraiment extraordinaire. 

Un des meilleur polar à voir sur les planches à Paris actuellement pour un public venu pour se distraire et rire. Etonnement garantie avec un Nicolas Briançon au top de sa forme. 

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3 réflexions sur “Piège mortel – Théâtre de la Bruyère

  1. Je l’ai vu – y’a quelques semaines, je voulais t’en parlais, mais je ne savais pas quoi en penser. J’ai aimé, mais ça a pas été l’extase non plus. Des rebondissements, un Nicolas Briançon que j’adore, même Virgine Lemoine m’a convaincu. Mais voilà… il y a cette voyante allemande qui crie et surjoue… Elle m’a dérangé, je n’avais pas fait le rapprochement avec Mama Schultz, (excellent :)) et effectivement, avec elle cela vire au boulevard que je n’aime pas…

    je vois que tu as perçu les mêmes sensations que moi sur cette pièce. Mais un polar sur scène, cela change.

    • Je suis ravie que tu as le même avis que moi. J’ai regardé les critiques en lignes et toutes sont très élogieuses et tout est beau.
      C’était sympa et original avec un super Nicolas Briançon mais ce n’est pas non plus LA pièce à ne pas rater. Le genre polar vient doucement sur les scènes et c’est original.
      Comment as-tu entendu de cette pièce?

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