Abigail’s party – Théâtre de Poche

urlLa soirée avec des voisins s’annonce bien partie. Alcool à gogo, musique branchée, conversations superficielles… tous les ingrédients sont réunis. Mais voilà, les mots commencent à dépasser le cadre de la bienséance et tout explose. 

De quoi cela parle? 
Beverly est habillée pour la soirée. Elle espère que son mari restera et qu’il n’oubliera pas de faire quelques courses. Mais voilà, ce n’est pas le cas. Ce bonheur factice qu’il faut afficher en société va s’égrainer au fur et à mesure. Cette classe moyenne qui veut briller par la possession de la modernité en fin de compte s’écroule intimement dans une détresse destructrice.

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L’amour c’est bon pour les films. Dans la vraie vie, beaucoup de femmes se marient pour s’émanciper de leur famille. Alors la vie au quotidien avec un presque inconnu n’est pas évident même s’il faut sauver les apparence. L’alcool mêlé de désespoir vont apparaître ces blessures qui peuvent amener à la destruction de soi et des autres. 

Mike Leigh aime montrer à travers une satire, les fissures d’une société anglaise des années 70.

Pour bien refléter cette époque, Marius Strasser choisi de mettre du mobilier typique de cette époque comme la fameuse lampe à bulle, le range cigarette, le canapé en cuir véritable le tout enrobé de couleurs flashy. Les costumes de Jean-Daniel Vuillermoz sont dans la continuité du décors. J’avoue avoir eu un gros coup de coeur pour la tunique moulante à motif à carreaux d’Alexie Ribes. 

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Et sur scène? 
Beverly (Lara Suyeux) occupe l’espace avec une robe mauve moulante, des pauses suggestives, son rouge à lèvres pétant et des prises de parole incessante. Ce qui laisse peut de place à son mari Peter (Dimitri Rataud) pour s’affirmer. De toute façon tout les oppose même les goûts artistes. 

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Ce soir, c’est un couple de nouveaux voisins qui sont invités. Il y a la très séduisante et naïve Angéla (Alexie Ribes) qui porte une tenue très moulante valorisant la perfection de son corps avec une coiffure légèrement mise en volume. Et puis, son époux qui parle assez peu, Tony (Cédric Carlier) qui ne laissera pas Beverly insensible. La chair fraîche a tendance à aiguiser ces sens sexuels. Elle aime laisser ces mains se balader sur le corps de ce dernier lors d’un slow sous les yeux de la voisine divorcée, Suzanne (Séverine Vincent). Elle est là ce soir, car une boum organisée par sa fille Abigail se déroule dans la maison.

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Doucement un malaise s’installe. La soirée ne sera pas aussi parfaite que Beverly l’espérait. Elle voudrait s’imposer comme l’hôtesse idéale et pour combler ces moments de calme, elle propose de l’alcool. Gin et Bloody mary sont à volonté. Plus l’alcool va couler et plus la furie rousse va montrer son vrai visage avec ces préjugés, son mauvais caractère, son intolérance… La soirée se termine avec un règlement de compte ou Berverly va tirer la première. 

Le sur-jeu qui rappelle les soap-opéra permet de ce distancier des personnages dans ce huit clos grinçant. Cette mégère odieuse et antipathique met le doigt où ça fait mal. Les apparences se détruisent et les fissures montrent le désarroi d’une société en quête d’un bonheur idyllique. 

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