La loi des sames – Lars Pettersson

product_9782070793822_195x320Vous prendrez bien un café et un morceau de viande de renne? Vous en aurez bien besoin car au pays des sames, il fait froid. Anna était venu juste en aide à sa famille mais l’histoire est plus complexe que prévue. Elle n’a pas prévu de se laisser marcher sur les pieds et n’a pas peur de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Vous voulez en savoir plus? 

De quoi cela parle? 
Anna mène sa vie tranquillement en Suède comme substitue du procureur. Elle va recevoir l’appel de sa grand-mère qui lui demande de venir aider son cousin, Nils Mattis accusé de viol. Il va falloir qu’elle y aille quitte à solder toutes ces vacances. D’ailleurs, c’est ce qu’elle va faire. Car au final, ce n’est pas une simple accusation à tort de viol. C’est beaucoup plus complexe que cela. 

Nils Mattis a bien violé cette femme et l’a même marqué avec un couteau. Et ce n’est pas la seule chose qu’il a à son palmarès. Et plus elle va découvrir au fur et à mesure tout ce qui se trame entre les clans sames. Mais qu’elle est le droit qui primer? Il y a le droit écrit, imposer. Toutefois, me quotidien de ce peuple autochtone est différent avec un mode de vie radicalement différent qui a tout de même évolué. Le même droit est-il applicable? 

Nils Mattis a un droit particulier car c’est à lui que revient la gestion des rennes. S’il allait en prison qui alors s’occuperait des animaux? Qui veillerait à ce que le troupeau ne soit pas décimer? Alors tous essaient de s’arranger qu’importe ce qu’il faut faire ou payer. La vie des autres a moins de valeur que celle du clan.

Anna peut le comprendre et va faire des compromis. Mais avec une poigne de fer, elle va mettre de l’ordre dans ce chaos. Une certitude ce séjour a été une expérience inoubliable pour elle et pour sa famille.

Ce que j’en pense
Il m’a fallu presque trois semaines pour venir à bout de ce roman de 522 pages. Petite police pour un roman assez dense qui se déroule au coeur du grand froid. L’hiver est le temps idéal pour le lire car au pays des sames, en laponie norvégienne, il fait presque que des températures négatives allant jusqu’à -40. Alors les descriptions de neige, de crevasses, d’eau gelée… nous plonge tout de suite dans un autre univers.

Anna revient avec le poids de la tradition et de la trahison de sa mère. Sa mère qui a osé quitté son peuple, sa culture et une sorte de honte pour la famille. Elle est partie car on allait la marier de force à un homme d’une autre famille pour agrandir le troupeau de rennes. Vendu comme une marchandise comme la femme l’a été pendant bien longtemps et l’est encore dans certaine société. Elle n’a pas épousé l’homme qu’elle aimait car c’était un artisan et pas rentable. En s’enfuyant, elle voulait une vie pour laquelle, elle pourrait choisir ce qu’elle veut en toute liberté mais à jamais elle portera cette culpabilité d’être partie.

En partant, c’est sa soeur que l’on a marié de force pour le bien du clan. Le bonheur et le bien-être n’est pas de rigueur juste la survivance du clan compte. Notre héroïne peut le comprendre mais l’accepter complètement, c’est autre chose.

Alors lorsqu’elle apprend que les viols sont considérés comme normal car c’est parce que les femmes s’habillent de façon affriolante que cela donne le droit d’être violé et drogué au GHB. Un discours que l’on entend toujours. De même que le viol au sein d’une même famille, tout le monde veut fermer les yeux. Elle trouve cela intolérable et va faire remonter l’information beaucoup plus haut. Comme le fait que les rennes se fassent voler par la famille du commissaire qui ne veut rien faire contre elle. Elle va mettre un bon coup de pied dans la fourmilière.

L’héroïne est une femme de courage et c’est quelque chose qui me fait déjà aimé le roman. Puis malgré la pression de la famille, elle n’hésite pas à chercher la vérité. Une femme retrouvée morte dans le froid, cela ne lui fait pas peur. Alors un homme a qui il manque un morceau de sa tête ne l’effraie pas plus. Une question se pose à elle. Qui est le coupable? Et pour avoir la réponse, elle est prête à tout même à mettre sa vie en jeu. Elle va traverser des zones dangereuses, skier à travers le grand froid, parler à des inconnus malveillants… Un homme va quand même être bienveillant avec elle et lui donner la chaleur humaine lorsqu’elle en aura besoin.

L’autre thématique en toile de fond est la survivance des cultures autochtones fasse à une identité nationale. Comment garder sa propre identité et la partager avec celle de la majorité? C’est une question bien difficile. Surtout lorsque l’état choisi de l’imposer avec force. Comme par exemple en prenant des enfants des familles nombreuses sames pour les mettre dans des familles standards. On a vu cela aussi en Australie, en Nouvelle Zélande, aux Etats-Unis avec des indiens… Les enfants pouvaient revenir plus grands mais il était impossible de recréer des liens tellement les différences étaient importantes. Une question identitaire qui est également toujours d’actualité. Comment être un et plusieurs à la fois?

Un voyage qui a permis à Anna de mieux comprendre la culture same mais aussi apprendre à mieux se connaître. Alors si vous avez envie d’un bon dépaysement dans un pays froid où les inconnus ne sont pas la bienvenus, partez en Finlande et en Norvège. Vous en ressortirez différent.

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Une réflexion sur “La loi des sames – Lars Pettersson

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