Qui est Richard Avedon? – Vieux Monde/ New Look

expo_avedon

Presque 10 ans après la mort du photographe Richard Avedon (1923 – 2004), la BNF a décidé de montrer ce lien qu’il a eu avec la France pendant presque un demi-siècle. 200 pièces pour affirmer qu’il était bien plus qu’un photographe de mode. Pour découvrir ces facettes, l’exposition se construit autour de trois thématiques : un film, un livre et un magazine. Partons à la découverte dans un premier temps de Richard Avedon. 

Qui est Richard Avedon?
Richard Avedon est né le 15 mai 1923 à New York. C’est à 10 ans qu’il reçoit son premier appareil photo, offert par son père, Jacob Israël, un Box Brownie d’Eastman Kodak. A 12 ans, il va rejoindre un club photo. Un modèle standard dans la classe moyenne américaine. Peu de temps après, il va réaliser le portrait de Sergueï Rachmaninov qui vivait au dessus de chez ces grands parents, à Manhattan. Il se cachait dans l’escalier de service pour écouter les morceaux du célèbre compositeur et pianiste. Un jour, il prit son courage à deux mains pour aller le voir et lui demander de poser pour lui.

Dans le Monde du 3 et 4 octobre 1993, il dit : « J’étais un enfant ambitieux, je voulais me rapprocher des Rachmaninov, je voulais qu’il me voie et, d’une certaine manière, qu’il me reconnaisse. Qu’il me donne quelque chose de lui que je pourrais conserver, quelque chose d’intime et de permanent qui me lierait à lui, à son génie. J’étais obsédé à l’idée de le prendre en photo. J’ai harcelé le concierge pour qu’il m’aide à obtenir ce que je voulais. J’ai obtenu cette photo de Rachmaninov, qui se tenait devant une pompe à incendie, en bas de l’immeuble. Il ressemble à un sévère aristocrate russe.« 

Son père tenait une boutique de vêtements chics sur la prestigieuse Cinquième Avenue. Et sa mère créait des robes. Ainsi, il a grandit dans un milieu où la mode était toujours présente. Dans le logement, on trouvait des exemplaires de Vanity Fair, Vogue, Harper’s  Bazaar… Richard découpe les images de Man Ray, d’Edward Steichen, de Martin Munkàcsi… et les collait sur les murs de sa chambre. 

man-ray-black-and-white-and-lee-miller

Martin Munkàcsi est l’un des tout premier photographe à sortir les mannequins des studios. Elles ne deviennent plus de simple portes manteaux. Les femmes bougent et sont dans des milieux naturels. Un élément qui va le marquer et qui influencera par la suite sa carrière dans la mode. 

eaae26a1f2648a5c62f3c982cd668125

3646700622a2a29d8049ceedf170467e

La crise de 1929 pousse la famille Avedon a déménagé dans Brooklyn. Richard doit alors changer d’école et fait de nouvelles rencontres. Il gardera le contact avec certains qui auront également une influence sur sa créativité à un moment de l’histoire. Anna garde le moral et emmène tous les week-end son fils dans le Metropolitan Museum et Carnegie Hall. Elle l’initie à apprécier Fragonard, Titien, Rembrandt… et prend le temps de discuter afin de développer l’esprit critique. 

rembrandt-cavalier-polonais

Cavalier polonais – Rembrandt

A 19 ans, Richard Avedon s’engage dans la marine marchande et souhaite être affecté à un service photographique. Pour la peine, il a été dirigé vers les autopsies. Puis très vite, il a rejoint le service photographique des identités. “My job was to do identity photographs. I must have taken pictures of one hundred thousand faces before it occurred to me I was becoming a photographer. » 

Deux ans plus tard, il quitte la marine marchande et se fait repérer par son futur mentor : Alexey Brodovitch. D’ailleurs, il va l’intégrer à ces cours de design à la New School for Social Research. Son mot : « Oubliez la technique et soyez vous-même. »  C’est lui qui va le faire rentrer en 1946 au Harper’s Bazaar où il exerce comme directeur artistique. Pour son premier reportage, il est envoyé à Mexique pour remplir une dizaine de pages. Lorsqu’il revient et donne ces photos. Alexey Brodovitch est furieux. Il ne veut pas qu’il fasse un travail qui s’inspire d’une collègue, Louise Dahl-Wolfe. « Je te donne une autre chance, une seule. je ne t’ai pas embauché pour tu imites les autres. « 

En quelques années, il devient le photographe phare du magazine, soutenu par sa rédactrice en chef, Carmel Snow. Il innove dans ces photographies en sortant aussi les mannequins des studios et les mêlant à des gens ordinaires, dans des lieux plus communs. Une de ces photographies les plus célèbres est une de ces mannequins préférées, Dovina, entourée d’éléphants. 

avedon-elephant-picture1

maxresdefault

En 1947, il réalise des portraits dans son studio à taille d’homme. Il arrive à trouver les fragilités, les failles et les forces des personnalités qui viennent dans son studio que cela soit pour Marilyn Monroe ou Ezra Pound, pour différents magazines  comme Theater Arts, Life, Look, and Harper’s Bazaar magazines

richard-avedon-mariyln-monroe-407x395

A 34 ans, un film de la Paramount, va sortir inspiré de sa vie avec sa première femme sur lequel il va participer comme conseiller technique. Le film s’appelle : Funny Face (Drôle de frimousse) avec Audrey Hepburn et Fred Astaire. D’ailleurs, le nom de ce dernier est Dick Avery. Dick est le surnom de Richard et Avery se rapproche d’Avedon. La première partie de l’exposition est consacré à ce film. 

 

En 1959, le numéro de septembre d’Harper’s Bazaar reproduit la série Paris Pursuit : A Love Farce avec Audrey Hepburn, Mel Ferrer et Buster Keaton. Des photographies de cette série seront exposées dans la seconde salle de l’exposition. La même année, il publie sa première monographie, Observations, avec une partie écrite par Truman Capote. Cette partie fait partie de la seconde partie de l’exposition. Tout comme la référence à son ouvrage, Nothing Personal, en 1964, réalisé avec James Baldwin qui est un album plus sombre qui n’a pas été apprécié du public. 

v0_master

En 1971, Avedon se rend au Viêt Nam qui représente « tout ce qu’il y a de malade en Amérique ». Il photographie les victimes au napalm. Il veut également photographier les fonctionnaire et militaires de The Mission Council qui sont là pour maîtriser la communication sur cet évènement. Le rendu est neutre ce qui amplifie l’horreur. « La banalité du mal, selon Hannah Arendt.« 

bffefc5a8573cdf775fef8de6c095e35

En 1976, il réalise des portraits de politiciens et de personnes en lien avec le pouvoir sous le nom de The Family qui sera publié dans Rolling Stone

screen-shot-2013-09-11-at-1-06-20-pm

De 1979 à 1985, il parcourt l’Ouest américain avec trois assistants et une chambre photographique pour réaliser plus de 750 portraits. La série se nomme : In the American West qui sera l’objet d’une exposition et d’un livre. Des gens ordinaires comme des conducteurs de camion, des travailleurs de mines, des clochards… vont se succéder devant sa toile blanche. 

9e3f391a-1517-6111-287c9db372aada97

Après 20 ans de loyaux services, il quitte Harper’s Bazaar pour Vogue. C’est la même année qu’il va rencontrer Jacques Henri Lartigue. Très vite, ils vont se lier d’amitié. Richard Avedon va tomber amoureux de son travail et va même prendre le temps de créer un livre sur son oeuvre. Une salle complète sera consacré à ce partenariat professionnel et amical. 

03420277571399bf2deb1da01f93d1cf

En 1974, il peut enfin exposer au MoMa (musée d’art moderne de New-York). Il décidé de montrer les dernières photos de son père, Jacob Israel Avadon atteint de cancer. 

richard-avedon

Fin 1985, il va réaliser une série d’images pour le magazine Egoïste sur la chute du mur de Berlin. C’est le début d’une longue collaboration avec ce journal (1985-1992). 

Brandenburg Gate #4, Berlin, Germany, New Year's Eve, 1989

Brandenburg Gate #4, Berlin, Germany, New Year’s Eve, 1989

Il va se rendre au bal Volponi en 1991 où il réalisé une série de photographie. Il s’est ennuyé toute la soirée. Pour la peine, il a retouché l’ensemble des photographies réalisées, ce qui peut expliqué l’aspect étrange qui émane. Une salle est consacrée à ce moment. 

102517723_o

En 1992, il est nommé photographe en chef du New-Yorker. C’est le premier photographe a avoir intégré ce magazine. 

richard-avedon-the-newyorker6

2004, c’est sa dernière année. A 81 ans, il est presque mort l’appareil photo à la main pour le projet « On Démocracy » pour le New-Yorker, sur les élections présidentiels américaines, qui furent exposés lors des Rencontres d’Arles en 2008. 

083d2c6b20efd83eac452f00b0b64dca

Plus d’informations sur le photographe

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s