76 clochards célestes ou presque – Thomas Vinau

cv-76-clochards-couv-321x495Poètes, auteurs, compositeurs…Thomas Vinau rend hommage à ces hommes et quelques femmes qui l’ont emmené vers des chemins qu’il pensait impossible. Ces sales types, fous, paumés, ratés, égoïstes avaient le talent des mots et la solitude comme compagne. Allons à la rencontre de ces clochards célestes ou presque.

Une bouteille dans une main, une aiguille dans le bras et la folie douce pour tenir compagnie. Presque tous ont sombré dans la drogue et l’alcool pour finir dans des asiles ou laissés-pour-compte sur le trottoir. D’une balle dans la tête ou dans le cœur, camés, noyés la mort sans aucune pitié leur a tenu la main. Sans cette solitude, ces allumés auraient-ils pu laisser une trace de leur passage ? Auraient-ils pu montrer la noirceur de leur esprit et du monde qui les entourait ? Auraient-ils pu mettre des notes de désespoir auprès de leurs idoles ?

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Qui se cache derrière ce mot de clochard céleste ? Bien des noms pour qui la plupart ne m’évoque absolument rien comme Pierre Autin-Grenier, Richard Brautignan, Jean-Paul Clébert, Gaston Couté, Arthur Cravan, Roger Gilbert-Lecomte, Joe Gould… Toutefois certains m’évoquent bien des histoires et des fous rires tels Charles Bukowski qui« fut un poète avant d’être un gros dégueulasse », Dan Fante qui « a passé vingt ans à tenter de s’immoler, de l’intérieur, avec du gin », Diogène « Une légende. Subversif. Méchant. Insolant. Drôle. », Nicolas Bouvier qui « se sert de ses chaussures pour écrire. Le vent tourne ces pages. », Robert Louis Stevenson qui  « marche comme il écrit. Et il écrit comme il rêve. Ses pieds imaginent. Ses mots connaissent le goût de la terre, de la mer et du ciel. », Billie Holiday qui chante pour « n’importe quel orphelin, prisonnier ou esclave (qui) sait qu’elle s’adresse à lui. Elle parle cette langue puisque c’est ce qu’elle est. Elle chante les braises puisqu’elle est la brûlure. »…

Les deux ou trois pages consacrées à chacun sont pleines de mots remplis de passion, de fougue, d’admiration.Thomas Vinau a choisi ces mots avec précisions pour rendre hommage à ceux qui ont aidé à aimer la littérature. « Ils étaient peut-être malades, mais ce sont eux qui nous ont soignés de beauté, la vraie, la pure, celle qui ne renonce à aucune réalité. » Je ne doute absolument pas de cet amour sincère qu’il peut leur porter. Les mots sont forts, juste et d’une incroyable précision. On ne pouvait leur rendre un meilleur hommage.

Charles Bukowski, American writer, Paris, FRANCE - 15/09/1978/0908121508

En plus, le livre de l’édition Le Castor Astral, que je ne connais pas, est très bien fait. Un papier épais en couverture avec un très beau dessin, en volume de François Matton, avec le grain du papier pour les pages très agréable. En plus, à la fin, il y a une petite bibliographie déraisonnée d’Eric Poindron, directeur de collection, qui permet de donner des informations complémentaires plus concrète sur les clochards sus-cités.

Mais deux petites m’ont dérangés. La première, qui n’est pas très importante c’est l’absence de point à la fin des phrase. Proust en a fait un art certes cependant c’est un cas particulier. Et puis, j’ai été étonné de ne pas trouver de sommaire. Pour relire un portrait d’un artiste, il faut refeuilleter tout le livre.

Une lecture qui sera surprendre agréablement ceux qui apprécie ces auteurs maudits qui aimaient sombrer pour mieux créer qu’importe s’ils étaient malaimés.

Merci à Jérôme de la recommandation.

Lire l’avis de Jérôme : « Je n’y peux rien si les clochards célestes me fascinent. Pas que je les envie, ni que je les idéalise. C’est simplement qu’ils touchent des cordes me faisant profondément vibrer. Beaucoup ont en commun une vie trop courte, une consommation excessive de drogue et d’alcool, une solitude portée comme un étendard. Ce sont des indomptés, des fous, des malades, des crevards, des anachorètes, des bougies se consumant trop vite.« 

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5 réflexions sur “76 clochards célestes ou presque – Thomas Vinau

  1. Pingback: Challenge lecture 2017 – 200 chroniques | 22h05 rue des Dames

  2. Bukowski, Brautigan, Fante…
    Bouvier aussi…
    Je les adore tous, une bouteille à la main, un de leur livre dans la poche, et leur folie douce pour m’accompagner.

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