Culottées – Tome 1 – Pénélope Bagieu

couvculottees-452x610Il est bien loin le temps de Joséphine. Depuis Pénélope Bagieu met d’autres femmes au coeur de sa bd. Son dernier né, Culotté fait le portrait de quinze femmes qui ont marqué leur époque. Clémentine Delait, Lozen, Agnodice… ces noms ne vous disent rien? Parfois quelques dessins valent mieux que de longs discours. 

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Les femmes sont au coeur de nombreux changements dans la société et leur nom est bien souvent oublié. Pénélope Bagieu décide alors de consacrer des albums à ces femmes qui ont osé dire non, qui ont osé passer au delà des interdits, qui ont osé repousser les interdits masculins. Clémentine Delait, femme à barbe a assumé sa particularité et a rencontré les grands du monde. Agnodice a décidé d’aller étudier la médecine pour aider les femmes grecs qui accouchaient dans la douleur et la souffrance. Annette Kellerman aidé à libérer le corps de la femme en pensant un maillot de bain moins couvrant.

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Et puis d’autres suivent comme Ninza, Reine du Ndongo et Maamba qui a pris le pouvoir et qui a tenu tête aux colons portugais. Giogina qui s’est battu pour la défense d’un phare en mettant en place un système contre l’érosion. Wu Zetian, ancienne concubine qui est devenu impératrice qui a voulu mettre fin à la corruption et aider les femmes à posséder plus de droits. Bref, voilà quelques femmes qui en ont dans la culotte et qui osé bravé bien des interdits, des morales fermées et intolérantes.

"Culottées", détail page 50, Lozen, guerrière et chamane

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Le tout est emmené avec une plume pleine d’affirmation et de passion. On sent l’humour présent pour mieux faire passer le message. Et surtout, j’ai ressentie le respect devant ces femmes qui ont du affronter des obstacles déjà du à la valeur de leur sexe. Leur courage leur a permis de changer des choses et de laisser une trace dans l’histoire. « En fait je pense que face à la même société, à la même époque, les femmes ont quand même à faire face à deux fois plus d’adversité que les hommes, parce qu’elles doivent déjà s’affranchir de la société, généralement aussi selon les époques, de leur famille, un rôle préconçu qu’on attend d’elles. Le fait qu’elles doivent déjà surmonter ça, et qu’en plus certaines d’entre elles arrivent à changer des choses dans leur vie et en général, et que ça ait une influence sur leur entourage  et sur leur époque, c’était quelque chose qui m’intéressait, donc j’ai été cherché toutes ces femmes anonymes (à quelques exceptions près) pour les mettre à l’honneur, les raconter et transmettre cette admiration que j’avais pour elles. » dit-elle dans une interview.

"Culottées", détail page 5, Clémentine Delais, femme à barbe

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Photo pleine page

 Comme les histoires sont pré-publiées sur le site du Monde, il fallait une contrainte.  Les récits ne doivent pas dépasser 8 planches. Une contrainte qui force à trouver les informations nécessaire à être communiqué. Il faut que là-dessus la dessinatrice a fait un boulot remarquable. J’adore Pénélope Bagieu que je suis depuis quelques années grâce à son site et à chaque nouvelle création, je suis toujours aussi admirative de son travail. Dans son précédent album, elle s’était mise comme contrainte de tout faire avec un crayon à papier. Ici, elle s’est limité à utilisé 4 à 5 couleurs par histoire. Ce qui  demande aussi une grande réfléxion en amont. "Culottées", détail page 105 Leymah Gbwee, travailleuse sociale
J’ai vraiment adoré la double page peinte après chaque portrait. J’ai trouvé cela plein de poésie et de douceur.
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Une excellente bande dessinée qui rappelle que Pénélope Bagieu fait partie de ces artistes talentueuse qui s’impose par leur créativité et leur ingéniosité. Elle donne la parole à celle que l’on a oublié. Alors que l’on soit féministe ou pas, c’est important de parler de ces femmes qui ont été bien culottées pour leur temps et leur époque et auxquelles ont peu leur dire Merci.
Lire l’avis de Lecturothèque : « J’ai beaucoup aimé découvrir chacun de ces portraits, j’ai même parfois été touchée. Ces femmes n’ont pas forcément accompli des exploits, mais leur personnalité et parfois leurs actions ont marqué une période, un pays voire le monde entier. Ce sont des femmes incroyables, et il est primordiale de pouvoir présenter de tels modèles. »

Lire l’avis des Chroniques Culturelles : « A la fois drôles et instructifs, les deux tomes de cette BD se lisent avec un plaisir inouï : on retrouve avec bonheur le dessin de Pénélope Bagieu, qui s’épanouit totalement dans les pages inter-chapitres avec des dessins pleine page absolument superbes dont elle pourrait facilement vendre des reproductions. Mais, surtout, quelle joie de découvrir toutes ces femmes, pour beaucoup largement inconnues, qui ne se sont pas laissé faire et ont affirmé leur droit à choisir leur propre destin ! »

L’avis de Plaisir à cultiver : « C’est toujours avec beaucoup d’humour et un trait vif que Pénélope Bagieu nous présente ces destins de femmes exceptionnelles. Son propos féministe montre que le genre ne doit pas être un frein à la destinée des femmes. A la fin de chaque portrait, Pénélope Bagieu nous offre de superbes dessins peints en double page pour magnifier chaque femme. Merci à elle d’avoir exhumé les vies de ces femmes vraiment culottées ! »

L’avis de Chroniques littéraires : « Ces femmes ont dû redoubler d’efforts pour faire de leur vie ce qu’elles voulaient. Elles ont dû lutter dans un monde fait pour les hommes où leur place, si tant est qu’elles en avaient une, n’était certes pas de faire entendre leur voix. »

 

"Culottées", détail page 86, Tove Jansson, Peintre, créatrice des moumines
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10 réflexions sur “Culottées – Tome 1 – Pénélope Bagieu

  1. Pingback: Challenge lecture – 250 livres dans l’année | 22h05 rue des Dames

    • et oui, c’est le monde à l’envers. Avant, les maillots de bain couvrant encore plus que le burkini et le fait qu’il y a moins de matière à fait beaucoup de polémique. On tourne sans cesse à l’envers 🙂

      • Avant, montrer ses chevilles était le summum de l’horreur, de la cochonnerie… et si chez certains la femme n’a pas le droit d’aller se baigner mais qu’en mettant le burkini elles peuvent y aller, c’est déjà une avancée pour elles. Et puis, si tu peux interdire ça dans ton hôtel ou ton gite, ta piscine municipale, à la mer, t’as l’air con de l’interdire !!

        Quand le bikini est sorti, quel scandale ! Et le monokini ? Pire ! Et le Yapadkini ? djésus, on parle toujours des plages de nudistes !

      • Le corps féminin est un bon indice au final de l’évolution ou non des mentalités.
        Le burkini n’est pas une création de cette année, cela fait des années que c’est commercialisé. J’avais lu des articles il y a bien longtemps. Et puis chacun s’habille comme il veut pour nager. A poil, à moitié à poil ou tout couvert. Et puis quoi, après on va dire au plonger qu’il ne faut pas porter de tenue moulante pour aller voir les fonds de mer. Où va t’on???

      • Je sais pas où on va, mais les gens devraient ne pas oublier d’où on vient… nous les femmes, en Europe, en Belgique, en France, on a des droits, mais ça ne remonte pas à Clovis ! Lorsque ma mère s’est mariée, mon père devait être avec elle pour qu’elle puisse s’ouvrir un compte en banque !!! Nous étions en 73-74 !! Il fut une époque où nos mamys n’auraient jamais osé aller à la messe tête nue…. et nos reines se couvrent la leur pour aller devant le pape, alors….

      • beaucoup oublie que les droits que nous avons eu, nous les avons conquis. J’entends encore que nous avons trop mais pourquoi eux ne se pose pas la question puisque c’est évident qu’eux en ait.
        Même le droit de porter un pantalon a du être un combat…

      • Tout fut un combat… et on veut nous en enlever, en effet… on régresse partout et notre société recule, et une fois qu’on commence à reculer, on chute et on finit aux oubliettes.

      • Je râle tout le temps lorsqu’on me dit que les femmes ont trop de place, trop de droits… Je ne m’épuise jamais. S’il faut un coup de pied dans le cul, je le fais.
        Jamais, je ne m’épuiserai pour garder ce que j’ai. Je ne veux pas devenir une femme au foyer qui n’a pas son mot à dire. Girl power…

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