Portrait n°3 – Les géographies intérieures

511foyckfsl-_sx195_Vous aimez connaître de nouvelles personnes? Si oui, alors allez à la découverte du mook Portrait. 168 pages sans publicité pour aller à la rencontre de personnes passionnées qui vont vous raconter leur vie avec entrain et sourire. Prêt à tourner les pages? 

 

Pour ce troisième numéro, la thématique qui a été choisie se nomme « Les géographies intérieures ». Un titre intriguant qui donne assez envie de savoir ce qui peut se cacher sous ce nom.

Portrait va explorer les chemins qui ont emmené Yann Perreau, attaché culturel sur les traces de Romain Gary à Los Angeles, ceux qu’a emprunté Nathalie Gosselin, neuropsychologue pour mener des recherches sur l’influence de la musique sur le cerveau ou ceux encore qui mener Eva Bester à produire l’émission Remède à la mélancolie sur France Inter. Il ne va pas s’arrêter à ces trois personnes, treize portraits vont ainsi se suivre. Par la suite, on va rencontrer le chercheur Jean-Baptise Michel, spécialisé en mathématique et en biologie qui crée sa start-up  pour mieux comprendre et prévoir le comportement humain et l’origine de ces tendances culturelles.

Puis en page 48, c’est quelques photos d’un portfolio de Sébastian Zimmermann qui sont exposées avec une explication de son projet. Pendant 13 ans, ce photographe et psychiatre est allé à la rencontre de ces consœurs et confrères pour leur tirer le portrait sur leur lieu de travail. Par la suite, on découvre une artiste, Molly Landreth, qui elle aussi travaille sur une série de portraits nommé Embodiment pendant 6 ans, 10 000 kilomètres et 70 portraits autour la communauté Queer. Sans presque de transition, on passe par un portrait par Rachèle Bevilacqua de Tobie Nathan, un ethnopsychiatre.

Les histoires racontées ne sont pas obligatoirement vraies alors place à une nouvelle inédite de Sophie Divry (qui a publié récemment « La condition pavillonnaire ») autour de la cocaïne. Pas de panique, vous n’irez pas dans l’Amérique du Sud mais juste un échange entre deux amis qui pour mettre un peu de fun dans leur quotidien voudrait bien essayer de consommer de la cocaïne. Le court récit est illustré de façon moderne pas Jérémy Claeys.

Pour ne pas oublier quand même que la thématique est aussi le voyage, direction alors un carnet de bord, de l’été 2014 de Berlin au Ladakh par Gladys Marivat. Il débute ainsi : « A qui appartient une ville ? Cette question a traversé le long voyage que j’ai entrepris cet été de Berlin à Leh, Ladakh, en passant par Istanbul. Je cherchais des personnes qui, comme moi, auraient choisi de s’extraire de leur vie, de leur famille, ermites et Robinsons Crusoé à la fois. » Mais va-t-elle rencontrer ces personnes ?

Le regard d’un pays, d’une communauté, d’une culture se montre à travers le regard d’Elias Sanbar qui nous parle la Palestine. Le sens des mots, la prononciation des mots, leur histoire sont très importants. Ce n’est certainement pas l’éminente Henriette Walter qui me dira le contraire. Elle est quand même la présidente de la Société internationale de linguistique fonctionnelle et une auteure très prolixe. « Quand on étudie la phonétique, il faut se méfier de la perception qu’on a des mots. Ils sonnent à nos oreilles de manière différente selon l’individu qui les reçoit : plus poétique, plus agressive ou plus familière. (…) J’ai appris à me méfier de l’intuition que j’en avais. C’est un métier où il faut être très rigoureux. »

Nous arrivons à la fin du mook. En avant dernière position, un texte de Nicolas Richard qui parle de son auteur préféré, Thomas Pynchon, dont il est l’un des traducteurs français, qui est un vrai mystère. L’auteur ne veut divulguer rien de sa personne, ni son identité, son visage, sa ville d’habitation. Un vrai secret qui l’intrigue énormément.

Et pour finir en couleur, un extrait d’une bande dessinée inédite titré Aventure Berlinoise de Jérémie Dres et Gladys Marivat qui raconte une ballade entre amis à la découverte de Berlin par une troisième personne. Sur les traces du patrimoine de la capitale se dessine des autres histoires, plus personnelles et plus lointaines.

Je tourne les dernières pages. Je referme le mook. J’ai fait un agréable voyage à travers le monde, à travers des visions de la vie, du quotidien, de voir des gens qui ont essayé et qui ont fait des découvertes sur eux et sur le monde. C’est prendre un bain de choses positives, optimistes qui poussent à la curiosité, à aller vers l’inconnu et vers l’autre. Les portraits donnent envie de rencontrer les interviewer pour mieux les connaître. Au début, j’avais envie de me plonger dans les romans de Romain Gary que je ne connais que par le théâtre et puis à la fin j’avais envie de me plonger dans les livres d’Henriette Walter. La bd sur Berlin m’a fait penser à mon dernier séjour dans la capitale allemande et m’a poussé à m’interroger sur ce que j’avais vu.

Un mook qui se dévore par curiosité et qui donne envie de le prêter, pour partager par la suite un bon moment de convivialité.

Rachel Bevilacqua, journaliste culturelle est à l’origine de ce mook après avoir réaliser de nombreux portraits « en passant du temps à rencontrer la personne, dans un travail où les regards de l’interviewé, de l’écrivain et du photographe ont une place très importante », explique-t-elle. En 2009, elle rencontre Fabienne Reichenbach, une professionnelle de l’édition avec qui elles fondent les éditions Portrait. Elles proposent d’une part des livres et d’autre part un magazine où c’est l’Homme qui est au coeur des mots.

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