Le fils des instituteurs – Jean-Paul Nozière

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Quand Camille, dit Fanfan était jeune, il faisait pipi au lit. Cela a duré longtemps mais il est arrivé à surmonter ce souci pour devenir un homme à l’aise dans presque toutes les situations. Maintenant qu’il est adulte, il a décidé d’écrire ces souvenirs d’enfance. Prêt pour un voyage dans le temps ?

Camille est issu d’une famille d’instituteurs. Ils vivaient à l’école et y passaient leurs vacances. Ce genre de chose était un argument de raillerie de la part des autres élèves. Mais ce n’était pas grave, il faisait avec et au pire, son grand frère, Gus, prenait sa défense. Ce qui l’ennuyait vraiment c’était de faire pipi au lit (énurésie) même à 12 ans. C’était une sorte de honte et de tabou dans la famille, tout comme la nudité ou la sexualité.

Il avait été voir des médecins et avait suivi des conseils de grand-mères mais rien n’y faisait. Les draps devaient être lavés tous les jours. Lorsqu’il rentre au collège, en pensionnat, il faut trouver aussi des stratagèmes pour que personne ne puisse s’apercevoir de son problème de santé. Il est travailleur et bon à l’école mais il va tout de même rater son concours d’entrée à l’École Normale, au grand désespoir de ces parents.

Le roman raconte les moments tendres de l’enfance où on découvre le monde à travers ces propres yeux en faisant quelques pieds de nez aux recommandations familiales. Fanfan adorait lire en cachette des illustrés, regarder les filles et espérer d’une rencontre plus tactile. Il découvre la sexualité en assistant à une saillie d’une jument. Pleins de petites choses mises bout à bout jusqu’à ce que Camille devienne assez grand et que le récit s’arrête. C’est intéressant de voir aussi le regard de l’enfant face à son problème d’énurésie qui va le poursuivre pendant assez longtemps. Mais en grandissant, il va mieux comprendre le monde qui l’entoure et découvrir les mystères des filles. Il ne pourra pas être une fierté dans les premiers temps de ces parents contrairement à son grand frère mais il fera une rencontre qui va changer sa vie.

Ce livre se compose de deux romans qui se suivent et qui sont très largement autobiographique. L’auteur y raconte les aventures d’un fils d’instituteurs qui mouille son lit et qui est curieux. Il va dépeindre le monde rural avec l’école où les parents de Camille enseigne et la vie en ville, là où l’enfant va être en pensionnat. L’état d’esprit et le savoir des uns et des autres va être radicalement différent. Même si le souci de santé l’empêche de totalement s’épanouir il va tâcher d’être dans les meilleurs. On sent une volonté de réussir et de reconnaissance familiale. Le monde dépeint assez empreint de réalisme avec la différence de classe sociale, la différence dans la réussite scolaire ; la différence entre ceux qui ont été à l’école et ceux qui n’y sont pas allés ; entre les laissés pour compte, les pauvre, les moyens et les riches ; l’opposition entre le clergé et l’enseignant…

Un beau récit d’enfance qui sent bon les souvenirs d’un autre temps.

 

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3 réflexions sur “Le fils des instituteurs – Jean-Paul Nozière

  1. Pingback: Challenge lecture – 200 livres dans l’année | 22h05 rue des Dames

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