Mémé dans les orties – Aurélie Valognes

51m9c7cTIqL._SX195_Les vieux ont la côte dans la littérature. Après le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, le gang des dentiers, voici Ferdinand, 83 ans, héros du premier roman d’Aurélie Valognes, « Mémé dans les orties ». Etes-vous prêt à aller à la rencontre d’un vieux solitaire, bougon et acariâtre ?

On a tendance à croire que lorsqu’on est sénior ou troisième voir quatrième âge, la vie est finie. Il ne reste plus qu’à attendre patiemment la mort. Et au passage, avoir comme satisfaction quotidienne de pourrir la vie des gens qui nous entoure qu’ils fassent parties de la famille, des voisins ou du personnel soignant. En vieillissant, on devient souvent beaucoup plus bougon et on croit que c’était mieux avant. Et si, malgré la mémoire qui flanche, les mains qui tremblent et une mobilité réduite, ce n’était pas une nouvelle vie qui commençait ?

Dans le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, le vieux se barre par la fenêtre pour éviter de faire son anniversaire dans la maison de retraite. Une extraordinaire aventure va l’attendre une fois partie. Et dans le gang des dentiers, cinq octogénaires, résident en maison de retraite, décident de faire des casses et perdre leur dentier. Alors pourquoi Ferdinand qui a été acariâtre toute sa vie ne pourrait pas prendre un nouveau départ ?

Lui, n’a pas besoin de fuir des meurtriers, ni de cambrioler des banques, il a juste besoin d’apprendre à ouvrir son cœur. Ce n’est pas pour rien que le médecin a constaté que son cœur n’avait pas trop servi. Il était pingre même en émotions avec sa famille. Il l’a toujours été, même après le départ de sa femme. Il ne s’est jamais intéressé aux autres habitants de l’immeuble et dès qu’il pouvait ennuyer la gardienne, c’est sans souci qu’il s’y employait. Mais quand on lui annonça que sa chienne, Daisy était morte, il n’avait plus de raison de vivre.

Le destin a choisi une autre voie. Il devait vivre car il était en pleine forme. Alors quand une petite fille, Juliette, s’introduit chez lui et lui adresse la parole avec un franc parlé. Il est décontenancé. Puis très vite, il s’attache à elle sans qu’il s’en rende compte. Puis sa fille le menace de placement en maison de retraite s’il ne faisait pas attention à lui. Rien que pour cela, il allait se motiver. C’est ainsi qu’il rencontra sa charmante voisine, Béatrice avec qui il joue au bridge. Puis il va rencontrer de nouvelles personnes, avoir de nouveaux amis, se rapprocher de sa famille et ainsi son cœur va se mettre à battre. Au final, rien n’est jamais perdu !

Le titre avec la couverture en fond vichy m’a tout de suite plu. J’adore dire « Il ne faut pas pousser mémé dans les orties ». Parce que si souvent, bien des vieux, j’ai envie de les pousser dans les orties en espérant qu’ils se fassent mal. Ce n’est pas bien, mais j’en ai marre des vieux qui disent que les jeunes sont impolis tant en passant devant vous sans s’excuser, lorsqu’ils griffent, tapent ou insultent dans le métro ou le bus qu’on ne leur laisse pas la place assez vite. La politesse madame, c’est pour le tout le monde. Ben oui, merde.

Alors, un roman avec vieux acariâtre et détestable, comme j’en croise souvent, je me suis dit pourquoi pas. J’avais tellement rit dans le vieux qui s’échappait de sa maison de retraite que j’espérais retrouver cette folie dans ce petit roman aussi. Alors, ce premier roman n’est pas complètement fou et barré mais il a son charme de bonne humeur très plaisant à lire. Et oui, on s’attache à Ferdinand qui terrorise les habitants de son immeuble et fait tout pour ennuyer Mme Suarez, la gardienne. Sa carapace se fissure et il ouvre son cœur. C’est tout beau, tout mignon. J’adore. Une plume pétillante, de la gentillesse, de la bonté, de la bonne humeur, un bon mélange pour passer un bon moment de lecture pour se mettre du baume au cœur.

Alors si vous cherchez une petite lecture sympathique entre deux pavés, parce que vous n’avez pas le moral, parce que vous avez trop chaud  et que vous avez besoin de vous aérer l’esprit, allez ouvrir la porte à « Mémé dans les orties ». Vous allez voir, vous allez sourire.

L’avis des Motordus : Oui il n’y a pas de mal à se faire du bien avec des romans qui vous font sourire, qui chassent la grisaille et la pollution.

Lire par Elora : La plume simple, légère et fluide, associée à de courts chapitres bien rythmés est hyper-entraînante.

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3 réflexions sur “Mémé dans les orties – Aurélie Valognes

  1. Pingback: Challenge lecture – 200 livres dans l’année | 22h05 rue des Dames

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