Le crime de l’Orpheline – Théâtre du Ranelagh

14564948727874_photo_hd_27023Le théâtre du Ranelagh accueille dans ces murs un spectacle assez atypique. Il laisse sa scène à un grand-guignol musical avec Le crime de l’Orpheline. Deux comédiens accompagnés d’une pianiste donnent vie à une histoire totalement loufoque avec un entracte cirque. Merci de laisser à l’entrée de la salle vos certitudes sur le théâtre.

C’est dans une mise en scène réglée comme du papier à musique de Philippe Lelièvre avec un accompagnement au piano de Delphine Dussaux qu’une histoire très étrange va nous être contée. Joséphine, une jeune orpheline (Florence Andrieu) va se retrouver coincée entre sa mystérieuse tutrice, Rodolphe, un riche prétendant possessif et Alfred, un gentil vendeur des rues (Flannan Obé). Comment va-t-elle faire pour s’en sortir ? Elle ne veut pas épouser cet homme moustachu si déplaisant même si sa tutrice y consent. C’est le gentil marchand qu’elle veut épouser même s’il est comme elle pauvre. Le suicide sera-t-il son salut ? Elle s’y refuse mais une succession d’évènement va la précipiter vers un autre chose qu’elle n’avait pas prévu.

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Il est difficile de résumer l’histoire sans trop en dire pour éviter de gâcher quelques loufoqueries du spectacle. C’est un bel hommage à ce théâtre sanguinolent et voyeur de la première moitié du 20ème siècle. On pourrait dire que ça sent le sapin avec une grosse d’humour, de dérision et de douzième degré. Nous avons passé le second degré depuis un moment avec une histoire absurde, des situations absurdes, du texte absurde… Bref, vous l’aurez compris c’est totalement absurde. Les artistes proposent une sorte de comédie musicale en forme d’hommage parodique au cinéma muet avec des références à l’opéra, jazz, cabaret, au music-hall… C’est sans surprise qu’un entracte coupe la pièce pour nous entamer une chansonnette avec tour de magie avec une tenue proche de la grenouillère sans manche et sans bras avec une fraise autour du cou. Le rire et l’étonnement sont au rendez-vous-même si parfois je restais dubitative devant ce que je voyais.

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L’esthétique du spectacle est vraiment très bien travaillée et poussée jusqu’aux détails. Je fais une révérence au travail des décors de Casilda Desazars, aux costumes d’Eymeric François et les lumières de Philippe Sazerat. Dès que le rideau s’ouvre après la présentation des deux comédiens, on est plongé dans un univers gris qui se rapproche des films muet en noir et blanc. Des petits trous dans des murs pour faire sortir une fleur, des bras ensanglantés… Une cuisinière qui fume délicatement lorsqu’on y pose un objet. Un lit tordue et replié sur le mur où la comédienne peut s’y coucher. Une fenêtre sans vitre où certains objets y volent discrètement. J’ai pris plaisir à regarder la précision de ces petites choses comme l’éclat des costumes et l’orientation de la lumière. J’ai adoré la scène où la robe blanche va être tâchée de sang. La situation est cocasse à souhait et drôle. Le blanc ressort et on ne voit que cela, le sang. Des petits éléments qui donnent sens à cette pièce très à part.

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Si vous en avez marre de voir toujours la même chose au théâtre. Si vous avez envie de vous surprendre et d’aller au-delà de vos aprioris. Aller voir Le crime de l’Orpheline, je vous garantis un moment de théâtre que vous ne risquez pas d’oublier de sitôt.

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