Grigrigredin, une bibliothécaire au grand coeur

Connaissez-vous Grigrigredin ? C’est une bloggeuse passionnée de livres qui adore partager avec ces semblables. Les mots sont son univers et par chance, elle travaille dans une médiathèque. Plus qu’un métier, une véritable vocation dont elle va nous parler. Allons rencontrer c’est intrigante amoureuse d’histoires.

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Grigrigredin, bibliothécaire

Qu’elle a été ton parcours avant de devenir bibliothécaire ?
Avant de débuter ma carrière en bibliothèque j’ai fait des études d’espagnol, jusqu’à la maîtrise. J’ai profité de ma dernière année d’études pour effectuer plusieurs stages en bibliothèques.

Comment es-tu devenue bibliothécaire ?
Avant de devenir titulaire de mon poste actuel j’ai fait cinq années de remplacements dans diverses bibliothèques municipales : dans le Loiret, en Loire-Atlantique et en Ille-et-Vilaine. Toujours travailler en CDD n’était pas réellement un choix : la case remplacements est quasiment obligatoire dans ce domaine car les places sont très chères…

 C’était un métier que tu souhaitais faire ?
Travailler en bibliothèque a été un réel projet professionnel pour moi. Je pense pouvoir affirmer qu’il n’y a plus maintenant dans les bibliothèques que des personnes ayant réellement voulu travailler dans ces structures. Je parle en tout cas des agents les plus jeunes.

Qu’elles sont les atouts nécessaires selon toi pour faire ce métier ?
Quand j’évoque mon métier on me répond souvent que je dois aimer lire. C’est vrai que ça aide au quotidien pour conseiller nos lecteurs. Cependant, je dirais qu’il faut avant tout aimer les gens. Quand on travaille en bibliothèque on travaille avant tout dans un service public. Il faut être avenant et savoir se rendre disponible pour le public.

Est-ce un métier que tu recommanderais ?
Je recommanderais ce métier à toute personne voulant réellement travailler en bibliothèque et ne voulant pas faire autre chose. Il ne faut pas choisir ce métier par défaut ou simplement parce que l’on aime bien l’univers des bibliothèques. Comme je l’ai expliqué plus haut il n’y a que très peu de recrutements en bibliothèques, il faut en général plusieurs années avant d’obtenir un poste de titulaire. Il faut pouvoir en attendant vivre dans la précarité : les contrats sont généralement courts et à temps non-complet.

En termes de compétences, je crois qu’il faut avant tout savoir rester à l’affût de tout ce qui se passe autour de nous et savoir anticiper les attentes des publics, indépendamment de nos goûts personnels.

Peux-tu nous décrire tes missions et tâches au sein de ta médiathèque ?
Je travaille dans une petite structure. Nous ne sommes que trois salariées et ne sommes pas rattachées à une section précise comme c’est souvent le cas dans les grandes médiathèques. Je travaille en adulte, en jeunesse et au multimédia. Au quotidien, je réalise les acquisitions, le catalogage et l’équipement des collections (l’équipement consiste à poser les cotes et couvrir les documents). Je consacre aussi plusieurs heures par semaine aux accueils de classes et aux TAP. Je participe également à l’élaboration des animations. Et j’assure les heures de service public, bien-sûr !

Les coulisses d’une médiathèque

Comment est évaluée la vie d’un livre en médiathèque ? Qu’est-ce qu’il fait qu’il quitte les rayons ?
Plusieurs critères permettent d’évaluer la vie d’un livre : son état physique, son éventuelle obsolescence et le nombre de fois où il a été emprunté. Il peut quitter les rayons pour être remplacé à l’identique s’il est abîmé et indispensable. Il peut être pilonné car plus du tout d’actualité (par exemple, un documentaire sur Internet datant de 2002) ou être pilonné car n’ayant pas trouvé son public…

Peux-tu nous parler des différentes activités mises en place dans ta médiathèque ?
Le prêt de documents ne constitue qu’une partie de nos activités. Nous organisons des rencontres avec des auteurs, nous avons un club de lecteurs et organisons diverses animations autour de thèmes choisis (lectures, balades contées, expositions, ateliers etc…). En fait nos activités changent tous les ans !

Qu’elles sont les actions que tu as menées récemment ?
La dernière grosse animation que j’ai menée a été consacrée à la BD. Nous avons invité Marc Lizano à venir rencontrer son public, dans les écoles en journée et à la médiathèque le soir. Je me suis chargée de l’accompagner dans les classes et d’animer la soirée.

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Qu’elle est la situation la plus cocasse que tu as vécu à la média ?
Je crois que c’est le jour où nous avons sollicité le club photo de la commune pour nous faire une série de clichés afin d’alimenter le blog de la médiathèque. Sans vraiment le voir venir je me suis retrouvée dans leur studio (qui est au sous-sol de notre médiathèque) à me faire prendre en photo sous toutes les coutures car le photographe que nous avions sollicité adore faire des portraits et il acceptait de prendre nos objets en photo s’il pouvait nous tirer le portrait. Mes collègues m’ont adroitement refilé la patate chaude… Quelques jours plus tard il m’a envoyé les photos : elles étaient toutes retouchées ! Il m’avait agrandi les yeux, rougi les lèvres… Je ne me reconnaissais pas !

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ton métier ?
C’est le contact avec le public. J’aime prendre le temps de discuter avec les lecteurs de leurs lectures ou de leurs désirs de lecture. Et il y a une chose que j’adore par-dessus tout : c’est quand un lecteur cherche un livre qu’il a déjà emprunté chez nous mais dont il a oublié le titre et l’auteur. C’est un peu comme le jeu des devinettes, il faut lui poser plein de questions pour retrouver le fameux livre. Quelle satisfaction quand il repart avec son bouquin ! Parfois on s’y met à trois quand même… Un vrai brainstorming !

Qu’est ce qui est le plus contraignant à ton travail ?
Je crois que le plus contraignant dans ce métier lui est intrinsèque : c’est le travail le samedi. C’est une journée de travail que j’aime bien car les gens sont détendus, ils ont le temps. Par contre, j’ai pour le coup des week-ends décalés par rapport à mes proches…

Grigrigredin se révèle un peu à nous

Qu’est-ce que t’a apporté le métier de bibliothécaire ?
Je dirais que mon métier m’apporte tous les jours ! J’ai l’impression de toujours apprendre et de voir plein de monde. Quand on accueille du public on travaille bien-sûr au sein d’une équipe qui reste toujours la même mais on côtoie aussi tous les jours des personnes différentes. C’est enrichissant. Je dirais que mon métier m’apporte surtout une forme d’épanouissement intellectuel et professionnel.

Penses-tu que l’avenir du livre papier touche à sa fin ?
Je ne crois pas que le livre papier disparaîtra. Je crois qu’il va cohabiter avec le numérique comme il cohabite avec la radio, le cinéma et la télévision.

Peux-tu nous conseiller des ouvrages de ton domaine?
J’éluderai cette question… Je ne conseille des titres qu’en discutant avec la personne susceptible de les lire, j’essaie de cerner ses goûts, son état d’esprit et je me renseigne sur ce qu’elle a auparavant lu et aimé ou moins aimé…

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Je peux éventuellement conseiller quelques auteurs incontournables selon moi : Jirô Taniguchi et Michel Rabagliati en BD ; Stephen King et Doris Lessing en littérature (j’ai conscience que le rapprochement peut interpeler !) ou encore Marie-Hélène Lafon ; Martine Perrin, Mario Ramos et Paul O. Zelinsky en jeunesse…

Photo : Jacques Grenier

Qu’elles sont tes livres coups de cœur ? Qu’elles sont ceux que tu as lu récemment et que tu as aimé ?
Mon gros coup de cœur de ces dernières années est un roman qui s’appelle « Annabel » de Kathleen Winter (chez Christian Bourgois). Un jeune garçon se sent plus femme qu’homme. Il est en fait né androgyne et son sexe a été choisi à sa naissance. Il va devoir se construire malgré cette ambiguïté et s’affirmer face à ses parents et à la société. C’est un roman qui m’a bouleversée et que je ne conseille qu’à de rares lecteurs sélectionnés pour leur sensibilité et leur don d’empathie…

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J’ai aussi récemment beaucoup aimé «L’annonce » de Marie-Hélène Lafon (chez Buchet Chastel).

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Et que dire de « Crime et châtiment » de Dostoïevski ! J’y pense encore régulièrement !

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Pourrais-tu vivre sans livre ?
Je pense raisonnablement que je pourrais vivre sans livre car j’ai surtout besoin de boire, de manger et de dormir pour vivre ! Par contre c’est sûr que ma vie serait beaucoup plus plate sans les livres…

Penses-tu que ton milieu professionnel t’a aidé à t’ouvrir plus à la culture ?
Je crois que mon environnement professionnel m’a surtout permis de mieux intégrer l’idée qu’il n’existe pas une culture mais plusieurs et qu’il n’y a pas de hiérarchie à établir entre elles. Chacun d’entre nous se constitue sa propre culture à partir de ses goûts et de sa sensibilité.

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