Cry Father – Benjamin Whitmer

0893-cover-cry-54b5161d42822Il est difficile de calmer les larmes d’un père face au décès de son fils. Patterson Wells est devenu un autre homme après cette perte où il faut chaque jour affronter ce trou qui naît en soi. Il n’est plus question d’avancer, mais juste de survivre à chaque journée. Avec la drogue et l’alcool, il tente d’oublier les souvenirs toutefois peut-on vraiment y arriver ?Direction les Etats-Unis à la rencontre de ces hommes et des ces femmes qui connaissent des jours moins pire que d’autres. Patterson Wells voit la vie en noir depuis que son fils, Justin, est mort. Pour gagner de l’argent, il va dans les zones sinistrées de l’Amérique pour en déblayer les décombres. Le quotidien y est très rude mais il gagne ce qu’il faut pour survivre et vivre tranquillement dans sa cabane isolée de la mesa, sur les hauteurs encore sauvage de Denver. L’alcool et la drogue occupent une partie de son temps pour noyer sa blessure qui ne veut pas cicatriser.

Le triste quotidien aurait pu continuer mais il va rencontrer le fils de son meilleur ami Henry, Junior, qui est un vrai nid à emmerdes. Dealer, drogué, alcoolique, il a un penchant naturel pour la bagarre et les mauvaises rencontres. Même s’il a une fille qu’il aime sincèrement, la haine envers son père l’anime d’un feu de colère. Très vite, le désespoir de l’un va faire écho dans celui de l’autre et vont s’entrainer dans une spirale de violence qui ne peut connaître qu’une seule fin. Patterson sait la mauvaise influence qu’il a sur lui, toutefois il n’arrive pas à refuser un verre où un rail de coke.

Trois après « Pike » paru également chez Gallmeister dans la collection Néo Noir, Benjamin Whitmer revient avec un roman poignant qui est difficile à lâcher. Il reprend le thème de la paternité même si l’histoire est très différente. Patterson Wells, Henry et Junior ont le point commun d’être où d’avoir été père mais le sens de ce mot résonne différemment pour eux. Ils s’interrogent sur le rôle qu’ils doivent où aurait dû jouer sans vraiment trouver de réponse. Patterson et Junior auraient pu choisir de devenir un parent proche et protecteur mais la souffrance, la solitude et la névrose ont été plus fort. L’auteur nous raconte leur vie sans pour autant les juger où mettre une grosse dose de sentimentalisme ou de psychologie de comptoir. Il parle de la vie avec ces bons et mauvais choix comme celle de tout à chacun.

J’ai beaucoup aimé cette plongée dans l’Amérique des perdues, des laissées pour compte, des miséreux comme dans la plupart des Néo Noires de chez Gallmeister. Nos anti-héros s’accrochent les uns aux autres comme des bouées lestées qui les entrainent dans les tréfonds de la vie avec sa violence. Droguées, alcooliques, prostituées, mac voilà la toile de fond de l’univers de Benjamin Whitmer. Ils écoutent la radio locale qui leur parle des complots du gouvernement avec le 11 septembre, Waco… Parfois, le bonheur simple frappe à la porte avec quelques femmes qui essaient de les faire changer, de leur montrer qu’ils peuvent changer de chemin et se reconstruire. Mais la déchéance, la chute est leur destin et rien ni personne ne peut rien y faire. C’était écrit.

Un bon petit roman noir très plaisant à lire qui risque de vous donner envie de lire l’autre roman de l’auteur si ce n’est déjà fait où qui va vous pousser à aimer le noir. Fini les chichis, là il y a des hommes qui assument ce qu’ils sont et vont au charbon tout en étant prêt à assumer leurs destins. Pleurer les morts où les vivants, c’est dans quelques larmes qu’ils accepteront leur fin.

 « – Tu te rappelles de l’hôpital ?
Il fait non de la tête.
– Tu as deux os fêlés, un muscle claqué, une foulure au poignet. Je ne savais même pas qu’on pouvait se fouler le poignet, mais c’est ce que tu as fait. Tu as aussi le nez cassé. Apparemment, tu as dû te faire ça en te prenant le plancher de ta cabane en pleine face à peu près juste avant ton deuxième pas dans l’entrée. Il a aussi été question des taux de cocaïne et d’alcool que tu avais dans l’organisme, tous deux suffisamment élevés pour être potentiellement mortels.
– De l’intérieur, ça paraissait bien pire, dit Patterson. »

Lire l’avis de Belette

 Lien vers l’éditeur
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8 réflexions sur “Cry Father – Benjamin Whitmer

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