Nummer – Frédéric Staniland

C_Nummer_9467Frédéric Staniland a décidé de raconter une période méconnue de la Seconde guerre mondiale à travers un récit à deux voies. Les Kindertransport permettaient à des enfants juifs de fuir les pays occupés par l’Allemagne nazie vers des pays « libres ». Toni a quitté l’Autriche pour venir se réfugier en France, mais c’est une aventure hors du commun qu’il va vivre. Etes-vous prêt à la découvrir? 

« Nummer » se divise en deux époques, avec un chapitre par période, histoire de faire monter le suspens. La première nous emmène au 1er septembre 1939, quelques jours avant la déclaration de guerre, à Algolsheim, en Alsace. Toni, un jeune adolescent autrichien franchit la frontière française après avoir sauté d’un train pour se rendre à Lyon. Il voudrait retrouver sa mère. Sur le chemin, il va rencontrer Aimé, un soldat sénégalais qui a indiqué au garçon de se rendre dans une ferme où il y a des amis à lui. Auguste, paysan bougon au grand coeur et sa fille Cathel vont l’accueillir. Tout comme François, jeune photo-journaliste qui est là pour faire un reportage sur l’évacuation des français vers des zones plus sécurisées. Tout pourrait bien se passé mais il se trouve que plusieurs personnes aussi bien allemandes, françaises qu’anglaises recherche Toni. Pourquoi?

En écho, direction une époque moderne, où un octogénaire, Séraphin doit identifier un nombre improbable d’objets liés au conflit de 1939-1945, sur la demande d’une vieille connaissance. Il avait rencontré Gérard pendant la guerre, un peu avant d’être envoyé dans un camp de concentration. A sa mort, il a demandé à ces filles que se soit lui qui finisse son travail. Au début, Séraphin doutait un peu de sa mission jusqu’au moment où il découvrit des messages manuscrits dans le sucre. Puis après, il va découvrir un livre intitulé « Nummer » (numéro en allemand) écrit dans une bien étrange langue, l’allemand gothique. Seul, il ne peut rien faire. Alors, il va se faire aider par les deux jeunes voisins très envahissants, l’adolescent rebelle, Gabriel et la petit fille de 7 ans, Pauline. Sans oublier son fils, Jean-Paul, journaliste qui lui aussi possède un réseau d’amis avec des savoirs particuliers. Un mystère qui va lier ensemble ces personnes que tout sépare pour tous les relier. L’histoire va se dévoiler pour surprendre le lecteur.

Frédéric Staniland a découvert dans un grenier familial un manuscrit en allemand gothique. C’est juste cette rencontre improbable qui lui a donné envie d’écrire ce roman. Après des recherches sérieuses, il a décidé de structurer son récit autour de deux époques différentes afin qu’elle puisse tout de même se croiser. Ainsi, dès qu’un chapitre se termine, un suspens se faisait car je voulais savoir ce qui allait se passer et hop, je changeais d’époque. Alors, je n’avais pas le choix de tourner les pages encore et encore jusqu’à la fin. Je ne connaissais pas beaucoup de choses sur les Kindertransport et le roman avec son supplément historique à la fin m’ont apprises beaucoup de chose.

Les personnages de tous les temps sont hauts en couleurs et en caractère. On trouve nos gentils héros pleins de sympathie et de bienveillance. Mais le serait-il autant s’ils ne rencontraient pas l’horreur et l’improbable? Ainsi, on nous fait le portrait d’espions, de traîtres, de nazis, de soldats zélés, de malgré-nous…  Et si certains sont d’un côté à un moment peuvent changer en cours de route. Il faut apprendre à comprendre et faire attention à des jugements hâtifs. Un récit bien écrit, des personnages attachants et des faits historiques réels, que demander de plus pour être totalement conquise par un roman?

La petite histoire rencontre la grande pour une aventure passionnante et captivante. Des gens qui ouvrent leur coeur pour avancer dans la solidarité et l’amour à travers le temps et les générations. Attention, si vous ouvrez « Nummer », vous risquez de le dévorer jusqu’à la dernière page.

Des enfants Viennois arrivant à Londres avec le Kindertransport

© Bibliothèque nationale autrichienne

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6 réflexions sur “Nummer – Frédéric Staniland

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