Délivrances – Toni Morisson

9782267028782,0-2685318Dans la noirceur du monde, des êtres blessés vont s’entrecroiser. Amour, amitié, violence… rien ne va leur être épargné. pas après pas, nous allons les suivre dans les épreuves de la vie. 

Ils étaient fait pour se rencontrer. D’ailleurs de leur amour va naître petite fille, cela aurait dû être un évènement heureux. Mais Lula Ann, est née avec une peau très noire qui va créer une déchirure dans le couple menant à la une rupture. L’instant maternel était là cependant il était impossible de la toucher sans ressentir une aversion. Un sentiment que l’enfant éprouve sans vraiment en comprendre la raison. Son caractère en a alors été endurci et cela lui a permis d’affronter la rudesse de la vie d’adulte.

On va la retrouver 15 ans plus tard sans le nom de Bride. Elle va être aidé par un de ces amis qui lui donner des conseils pour valoriser son corps. Sa couleur ne va plus devenir un repoussoir mais un objet de désir. Des regards gourmands se posent sur elle. Elle va mettre des robes blanches sans maquillage. Un regard va être plus important que les autres à ces yeux, celui de Booker qui lui a annoncé qu’elle n’était pas la femme qu’il avait besoin. Au début, cela lui important peu. Le temps et quelques hommes plus tard, elle veut comprendre et va tout mettre en place pour avoir ces réponses. En parallèle, son corps change et n’arrive pas à appréhender ces modifications. En route, elle va rencontrer des êtres blessés et sauvages. Son corps et son coeur ne vont pas épargné par ce voyage.

Pour la lecture de mon premier Toni Morisson, je m’attendais à un coup de poing émotionnel. Je ne pensais pas tomber dans un succession de portraits plus tristes et glauques, l’un après l’autre. Des regards se croisent sur la couleur de peau, le racisme au sein d’une famille, le travail, la féminité… Une richesse assez grande dans la description des personnages à travers leurs souffrances, leurs peines… Cependant, je ne me suis attachée à aucune femme en particulier. Inlassablement, elles avancent, font avec leurs douleurs, leurs souffrances et s’effondrent inlassablement. Et puis le choix de faire de courts chapitres pour laisser la parole à chacun des personnes est assez ennuyant et casse le rythme. Bref, une lecture très décevante de cette auteure que tous le monde trouve fantastique. Je crois que je vais devoir lire un autre roman pour me faire un avis.

Envie d’un peu d’espoir? Paf, vous prenez le viol en pleine face puis la prostitution enfantine. Envie de croire en l’amour? Pouf, des hommes d’une nuit, des manipulateurs, des menteurs…. Juste de la misère physique, morale et culturelle où personne n’est épargné. Ma délivrance, est lorsque j’ai pu finir le roman pour en commencer un nouveau.

#MRL15 #PriceMinister
Extrait :
« Le soleil et la lune se partageaient l’horizon dans une amitié distante, aucun n’étant décontenancé par l’autre. Bride ne remarquait pas la lumière, l’air de carnaval qu’elle donnait au ciel. Le blaireau et le rasoir étaient rangés dans l’étui de la trompette, lui-même déposé dans le coffre. Elle songea à l’ensemble, jusqu’à ce qu’elle soit distraite par la musique que diffusait la radio de la Jaguar. Nina Simone, trop agressive, lui faisait penser à autre chose qu’à soi-même. Bride passa à du jazz léger, davantage en harmonie avec l’intérieur en cuir de la voiture et qui constituait aussi un fond sonore apaisant à l’inquiétude qu’il fallait réprimer. Elle n’avait jamais rien fait d’aussi imprudent. La raison de cette poursuite n’était pas l’amour, elle le savait : c’était plus la blessure que la colère qui la poussait à se rendre en territoire inconnu afin de découvrir où se trouvait la seule personne à qui jadis elle avait fait confiance, qui l’avait fait se sentir en sécurité, colonisée, d’une certaine façon. Sans Booker, le monde était plus que déroutant : superficiel, froid, délibérément hostile. Comme l’ambiance qui régnait dans la maison de sa mère, où elle ne savait jamais ce qu’il fallait faire, ni se rappeler quelles étaient les règles. Laisser la cuillère dans le bol de céréales ou la poser à côté du bol ; attacher ses lacets en faisant une boucle ou un double nœud ; faire un revers à ses socquettes ou les remonter jusqu’au mollet ? Quelles étaient les règles et quand changeaient-elles ? Lorsqu’elle souilla le drap de son premier sang menstruel, Sweetness lui donna une gifle, puis la fit entrer dans une bassine d’eau froide. Le choc fut adouci par la satisfaction d’être touchée, manipulée par une mère qui évitait le contact physique chaque fois que c’était possible. »

#MRL15 #PriceMinister.

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6 réflexions sur “Délivrances – Toni Morisson

  1. Pingback: Challenge lecture – 200 livres dans l’année | 22h05 rue des Dames

  2. J’ai lu l’an dernier Home et comme toi j’ai été déçue. J’avais tellement entendu parler de ce livre en des termes élogieux que je m’attendais à quelque chose de grandiose. Mais je suis restée à côté aucune sensation forte, aucune émotion et pourtant les thèmes qu’aborde y l’auteur prête à cela.
    Tu partages mon avis donc ce livre restera à la bibliothèque.

    J’ai fini L’homme de la montagne. Serais-tu prête à publier ton avis demain, mardi ?

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