Le liseur du 6h27 – Jean-Paul Didierlaurent

CVT_Le-liseur-du-06h27_4082Guylain Vignolles fait un travail qu’il n’aime pas. Il est chargé de mettre en marche la Chose, ce méga pilon qui écrase tous les livres n’ayant pas trouvé de propriétaire. La Zerstor 500 n’a pas de pitié et mange le papier comme les rats. Mais qu’anime t’il sa vie? 

Guylain Vignolles n’aime pas les lundis, les mardis, les mercredis, les jeudis et les vendredis car il doit se rendre à son entreprise. Il appui sur le bouton mettant en marche le pilon écrasant les livres invendus afin de les transformer en pâte à papier. Ces collègues, le gros et le con, comme le nomme le gardien, Yvon Grimbert, sont des personnes horribles. Heureusement qu’Yvon est là. Alexandrophile, il est sa bouffée de vie au quotidien. Il ne s’exprime qu’en vers de 12 pieds. Il est capable de réciter de mémoire bien des textes tout comme en inventer.

Guiseppe travaillait à l’usine avant que la Chose mange ces jambes. Ils sont restés en contact et se voit toutes les semaines. Guiseppe croit que ces jambes vont repousser lorsqu’il aura trouver tous les exemplaires d’un même livre. Cela lui permet de garder le moral et d’affronter chaque jour. Guylain qui ne pouvait partager son quotidien qu’avec son poisson rouge Rouget de Lisle va lui aussi trouver quelque chose qui va éveiller son énergie. Il a trouvé dans le RER une clé USB où dessus il y a d’enregistré des textes d’une certaine Julie, 28 ans, dame-pipi.

Il tombe sous le charme de la jeune fille. D’ailleurs, il va lire ces textes dans le RER comme à son habitude mais les gens semblent plus réactif. Il va lire aussi ces textes auprès des petits vieux du samedi à 11h00, et aussi semble en savoir plus. Alors, il faut qu’il en parle à Guiseppe qui prendra l’affaire très à coeur, puisqu’il va cartographier tous les supermarchés sur Paris et Ile-de-France. Guylain n’a plus le choix, il faut qu’il rencontre la jeune fille. Bien entendu, il va la trouver et leur rencontre va être particulière.

Ce livre a fait le buzz sur internet lorsqu’il est sorti au Diable Vauvert. Le hasard de la médiathèque m’a fait tomber dessus avec l’annotation Coup de coeur des bibliothécaires, je n’ai pas pu résister à sa lecture. Les courts chapitres facilitent la lecture rapide mais je n’ai pas été piquée par la curiosité ou l’enthousiasme de savoir ce qui allait se passer. Il faut dépasser plus de la moitié du livre pour qu’enfin on quitte le train-train ennuyant de Guylain Vignolles. Un héros triste, morne et sans hobbies à part lire des pages qu’il a sauvé de la machine dans le RER de 6h27. Heureusement qu’il tombe amoureux d’une fille en lisant son quotidien de dame-pipi. Sans trop d’émotion et d’embrassement. Toute mesure gardée. Je me suis légèrement ennuyée en me demandant quand le roman allait débuter.

Au final, c’est juste un roman gentillet sans prétention. Mais aussi sans meurtre à part quelques cadavres de rats qui peut parfois prêté à sourire. Ce livre m’a fait penser à La femme au carnet rouge d’Antoine Laurain. On retrouve une trame semblable avec un homme qui trouve le sac d’une femme et qui tombe amoureux des livres de son carnet de pensées. Il va tout faire pour la retrouver et apprendre à l’aimer. Dans ce roman, l’élégance des mots côtoie l’originalité du récit. Bref, j’ai adoré ce roman contrairement au Liseur du 6h27, trop facile et trop niais pour moi.

Si le liseur du 6h27 se présente à vous, passez votre chemin. Ce n’est pas que le roman soit mal écrit, c’est que l’histoire est ennuyante et pas assez aboutie. Quelques bonnes idées mais tellement de longueur, que je suis ravie de le rendre à la médiathèque.

Extrait 
« A l’intersection des trois allées principales, la grande fontaine m’offre son glouglou rassurant. Quelques pièces de monnaie luisent dans le fond du bassin, des pièces jetées là par quelques couples d’amoureux ou des joueurs de lotos superstitieux. Il m’arrive parfois à moi aussi d’en balancer une en passant, lorsque l’envie m’en prend. Comme ça, pour le seul plaisir de les voir scintiller tandis qu’elles s’enfoncent sous la surface en tournoyant sur elles-mêmes. Peut-être aussi parce qu’il reste en moi un peu de cette petite fille de huit ans qui attend que son prince charmant daigne enfin la libérer. Un vrai prince charmant qui après avoir garé son beau destrier blanc dans le parking (une Audi A3 ou une DS intérieur cuir par exemple), fera halte chez moi pour vider sa vessie avant de m’emporter dans ses bras pour une longue aventure amoureuse. Faut que j’arrête de feuilleter Nous Deux moi, ça me tape un peu trop sur les oestrogènes des lectures pareilles. »

L’avis de Natiora

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7 réflexions sur “Le liseur du 6h27 – Jean-Paul Didierlaurent

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