Délicieuses pourritures – Joyce Carol Oates

41A04MpOufL._SY344_BO1,204,203,200_Direction la Nouvelle-Angleterre dans les années 70, dans une université à la rencontre de Gillian Bauer. Comme toutes ces copines étudiantes, elle va tomber amoureuse de leur professeur de littérature, passionné de poésie surtout par D.H. Lawrence, André Harrow. Quelque chose de particulier va les lier, dans le meilleur, comme dans le pire.

André Harrow anime en plus de son cours sur la littérature un atelier de poésie. Pour pousser les limites de ces élèves, « d’aller plus profond, de chercher la jugulaire« , il va les inciter à écrire un journal intime et de lire ensuite à l’ensemble du groupe. Pour attirer l’attention du professeur, elles vont faire étalage de leurs problèmes les plus extrêmes, quitte à en inventer. Chacune à son tour, va parler d’anorexie, d’abus sexuels, de prise de drogue, de fantasmes sexuels délurés, d’abandon…. Gillian Bauer est plus réservé et préfère des sujets plus neutres. Cette timidité va la pousser dans un monde qui lui était avant inconnu.

 » Je vous aimes, pourries,
Délicieuses pourritures.
(…) Un baiser, un spasme d’adieu, un orgasme momentané
de rupture
Puis seul, sur la route humide, jusqu’au prochain tournant,
Et là, un nouveau partenaire, à nouveau se quitter…
Une nouvelle ivresse de solitude parmi les feuilles périssantes glacées de gel. « 

 Il aime la poésie surtout lorsqu’elle aborde le sujet de la sexualité et de la femme. Il joue d’ailleurs dessus avec ces jeunes filles prêtent à tout pour le satisfaire. Son épouse, Dorcas, artiste, possède un côté mystérieux et intriguant. Ensemble, ils vont aider les demoiselles à faire des découvertes intimes étonnantes. Le couple invite des innocentes prêtent à tout pour satisfaire leurs envies surtout les plus folles et les plus avilissantes. Bien entendu, cela ne peut pas bien se terminer. Beaucoup vont plonger vers des chemins bien obscurs.

Les pages se tournent et le côté dérangeant apparaît au fur et à mesure à travers le récit de Gillian. N’y voyez aucun voyeurisme dans ce cours récit. C’est une longue descente dans les enfers où l’amour et l’espoir donnent la force de faire l’impensable. Le plus difficile est après d’assumer ce que l’on a fait. Joyce Carol Oates prend doucement le lecteur par la main pour doucement l’emmener dans les tréfonds de l’âme humaine. Les mots résonnent de plus en plus et on s’attache à ces filles. La perversion augmente de niveau et les descriptions de deviennent très détaillées. Pas besoin d’avoir les images pour voir.

Un roman surprenant qui nous emmène aux tréfonds de l’indicible avec une plume qui ne pourra pas vous laissez insensible. Que l’on aime ou pas, les mots vont trouver des échos que l’on ne soupçonne pas. Tentez l’expérience.

L’avis Les lectures d’Asphodèle, Plume de Cajou, Le Bison, Des mots sur des pages

 

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5 réflexions sur “Délicieuses pourritures – Joyce Carol Oates

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  4. J’en garde un excellent souvenir. Parmi mes Oates préférés. « Vous ne pouvez pas aller plus profond ? Allez plus profond. Frappez au point le plus faible. Cherchez la jugulaire. » J’adore cette citation et ces délicieuses pourritures font partie de celles que j’aurai envie de relire un jour…

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