Le collier rouge – Jean-Christophe Rufin

product_9782070462971_195x320La guerre fait toujours des ravages. Ce n’est pas Jacques Morlac qui va dire le contraire. D’ailleurs, il est en prison en 1919 suite à un acte de désarroi. Pourquoi a-t’il fait cela? C’est ce que va essayer de découvrir le juge Hugues Lantier du Grez.

Jacques Morlac à la fin de la première guerre mondiale revient dans sa petite ville du Berry avec sa Légion d’Honneur. Toutefois, il n’est pas libre. Il est enfermé dans la prison et c’est l’unique occupant. A l’extérieur, son chien l’attend et aboie inlassablement. Le seul moment où il arrête c’est lorsque le juge interroge le prisonnier. Comment peut-il savoir ce qui se passe? Cela reste un mystère.

En tout cas, ce chien surnommé Guillaume est au coeur de l’histoire. Jacques Morlac est envoyé sur le Front d’Orient. Le chien a décidé de le suivre partout où il irait que cela soit bien protégé où sur les champs de bataille. Il ne quitte jamais son maître où qu’il soit sur la planète. Ce n’est pas pour autant que le maître fait preuve de plus d’affection envers l’animal. Ce lien très profond intrigue le juge qui veut connaître plus l’histoire de cet homme avant de rentrer de façon définitive chez lui.

Son enquête va lui permettre de mieux comprendre le prisonnier. Lui aussi sait ce que la guerre peut faire et comment elle peut modifier un être humain. Ces rencontres avec les habitants et avec l’animal va le pousser à prendre une décision radicalement différente de celle qu’il aurait prise pendant la guerre. L’horreur doit être derrière eux maintenant et avancer sur des bases meilleures.

« – C’étais lui, le héros. C’est ça que j’ai pensé, voyez-vous. Pas seulement parce qu’il m’avait suivi au front et qu’il avait été blessé. Non, c’était plus profond, plus radical. Il y avait toutes les qualités qu’on attendait d’un soldat. Il était loyal jusqu’à la mort, courageux, sans pitié envers les ennemis. Pour lui, le monde était fait de bons et de méchants. Il y avait un mot pour dire ça : il n’avait aucune humanité. Bien sûr, c’était un chien… Mais nous qui n’étions pas des chiens, on nous demandait la même chose. Les distinctions, médailles, citations, avancements, tout cela était fait pour récompenser des actes de bêtes. »

Le roman de Jean-Christophe Rufin lui a été inspiré suite à une discussion avec un de ces ami, le photographe, Benoît Gysembergh qui lui a fait part de l’histoire de son grand-père à la fin de la première guerre. Un récit surprenant qui m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière page car on ne sait pas de quoi est inculpé Jacques Morlac. On comprend qu’il aspire à un monde plus pacifique mais les enjeux économiques sont trop importants. Il veut se rebeller et veut accepter tout châtiment mais pourquoi? J’ai suivi le juge avec les même questions pour savoir pourquoi. L’auteur est un malin et maîtrise grandement l’art du récit. Un vrai petit bijou de lecture qui a su me surprendre.

La guerre a bien des visages. Jean-Christophe Rufin propose de vous en faire découvrir un à travers un homme et son chien.

L’avis Des mots et des notes

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29 réflexions sur “Le collier rouge – Jean-Christophe Rufin

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  3. Bon, si le chien aboie à la fin de la guerre quand son maître est en prison, ça veut dire que le chien a survécu… ok, alors je veux bien l’ajouter. Oui, je suis bizarre, je sais 😀

      • un animal est toujours plus fidèle qu’un humain. En plus, il te donne de l’amour sans condition. Alors je peux comprendre 🙂

      • Il ne te donne pas de l’amour, il sait pas ce qu’il ressent, tu es juste le dominant, c’est tout. Mon chien me suivait partout mais lorsque mon homme cuisinait, je n’existais plus, lorsque je le laissais chez mes parents lorsque je partais en vacances, il suivait ma mère partout, c’était elle le dominant.

      • chez mes parents, j’ai vécu quelque chose de différent. Le chat ou chien à un maître. Mais quand j’étais mal les animaux venaient naturellement vers moi pour me caliner et quand je voyais que l’animal était mal, j’allais le caliner.

      • Les chats, à la maison, vont soit chez ma soeur (elle en a eu deux exclusifs) ou chez ma mère (alors qu’elle n’aime pas les chats). J’en ai eu 2 qui n’étaient que pour moi, elles ne voyaient que moi, ne suivaient que moi et l’une d’entre elle disparaissait même toute la semaine, parce que je n’étais pas là et on ne la revoyait que le vendredi soir… ;-))

      • j’aime beaucoup le contact des animaux. Le chien de mes parents est mors à 14 ans, je l’ai connu tout bébé. Il me manque beaucoup lorsque je vais chez mes parents. Cela fait un vide.
        En ce moment, ils ont un chaton en pension qui prend beaucoup de place car il a beaucoup d’énergie et adore mordre et griffer 🙂

      • Le contact avec les animaux fait beaucoup de bien aux gens (pas à tous), mais dans le cas d’enfants handicapés ou autistes, cela leur est profitable, je remarque aussi que les personnes âgées dans les homes réagissent plus à l’arrivée d’un chien que des humains.

        S’il n’y avait plus de chiens chez mes parents, ce serait dur… entrer dans la cour et ne pas être accueillie par des fauves en joie, ça ferait un de ces vide !!

      • j’aimerai bien avoir un animal chez moi, mais cela serait injuste pour l’animal. Pas possibilité de sortir et pas d’espace vert. Alors j’aime retrouver des animaux chez mes parents 🙂

      • J’avais pris mon chien à Bruxelles, mais parce que j’avais l’opportunité de le prendre avec moi au bureau. Il était le copain des collègues (mais il a d’abord dû faire leur connaissance) et le super pote du chef de l’époque. Mais il est mort. Mon chien, pas mon ex-chef. J’ai pas eu le courage d’en reprendre un autre, c’est seulement après 5 ans que j’en reparle. Je vais peut-être attendre encore un peu, que mon mari ait plus de temps, plus facile aussi pour s’occuper d’un chien. Un chat, hors de question, trop peur de le perdre dans la ville et un chat qui sort pas, je veux pas lui imposer ça.

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